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Comprendre notre rapport au temps, par Pierre-Yves Dambrine 

Billet invité.

On en revient toujours à cette lancinante question du temps. N’y-a-t-il pas en jeu un certain rapport au temps dans cette crise ? Le temps qui presse et le temps qui délivre, tout un. Nous semblons comme obligés de prendre parti pour l’un ou pour l’autre comme facteur causal. Ne faudrait-il pas au contraire considérer leur relation réciproque ?

La crise c’est étymologiquement le temps de la décision, du partage des choses entre les choses essentielles et celles qui ne le sont pas. D’où, l’importance, reconnue sur ce blog, de l’appréhension des choses, en amont. L’amont de ce point de vue, c’est ce qui procède de la distension, de la dislocation d’un cadre ancien de plus en plus ressenti comme carcan. L’hubris c’est alors, selon le point de vue que l’on adopte, à savoir, soit à l’intérieur du cadre, soit à l’extérieur, aussi bien l’ancien cadre qui se défait, que ce qui ouvre un nouveau possible. C’est un fait objectif : même ceux qui n’appréhendent pas les solutions en amont perçoivent l’existence d’un carcan.

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COMPTE-RENDU DE « Comment la vérité et la réalité furent inventées », par Gérard Chouquer

Merci à Gérard Chouquer pour ce compte-rendu de « Comment la vérité et la réalité furent inventées » (1) dans la revue Les Annales.

Paul Jorion dispose de talents multiples, étant aussi à l’aise dans l’analyse des marchés financiers, du second théorème de Gödel, du mode de raisonnement d’Aristote que de la philosophie de Hegel. Il propose ici un ouvrage d’anthropologie du savoir, ambitieux en ce qu’il n’hésite pas à se situer au niveau le plus élevé qui soit, celui de l’histoire de la rationalité. Son livre s’intéresse en effet à deux objets, la vérité et la réalité, qui, l’un et l’autre, ont à voir avec la formation de la pensée scientifique moderne. L’auteur entreprend de démonter que l’une et l’autre sont des productions culturelles majeures, l’une, la vérité, appartenant à l’Antiquité grecque, l’autre, la réalité, à la pensée rationnelle moderne du XVIIe s.

Parlant à plusieurs reprises de coup de force épistémologique, on pourrait se demander si l’entreprise de Paul Jorion est de s’engager dans une critique déconstructrice et quelque peu ravageuse des fondements de la science moderne. Le projet de l’auteur est différent. Il écrit : «  contrairement à ce que l’on pourrait craindre, la chronique que proposent les pages qui suivent ne débouche nullement sur un relativisme sceptique quant à la connaissance et à son caractère cumulatif où tous les chats sont gris » (p. 19). Je ne sais si cette brève mention liminaire suffira à rassurer le lecteur, mais je l’invite à s’aventurer dans le livre sans crainte d’être conduit là où il n’aurait pas envie d’aller, à savoir dans l’impasse d’une critique qui n’aboutirait nulle part par position anti-scientifique. Son but est, au contraire, de « prôner un retour à la rigueur dans le raisonnement » (p. 11).

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