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L’actualité de la crise : DANS LA COULISSE DE GUIGNOL, par François Leclerc

Billet invité.

Le G8 de Deauville venait vendredi à peine de se terminer que la Commission de Bruxelles signalait par voie de presse que « le temps presse » pour trouver une issue au rebondissement de la crise grecque, qui risque de tout entraîner avec elle. Les semaines qui viennent ne seront pas de trop pour tenter de dénouer le nœud de contradictions aggravées que cette affaire révèle.

Cela part mal en cette fin de week-end, le commissaire européen Olli Rehn laissant entendre que l’Union européenne pourrait ne pas débloquer la prochaine tranche du prêt de 110 milliards d’euros, d’un montant de 12 milliards, le rapport de la Troïka chargé d’examiner sur place les comptes grecs pouvant être négatif. Tout se joue sur le programme de privatisation de 50 milliards d’euros, qui représente la seule garantie de remboursement possible, en raison de la situation dans laquelle le plan de sauvetage a plongé la Grèce.

Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroup, avait sonné le tocsin dès jeudi, mais c’était prématuré : il ne fallait pas brouiller la communication du sommet. Il avait mis en garde contre le risque que le FMI ne débloque pas, le 29 juin prochain, la tranche prévue de son prêt, entraînant l’Union européenne dans un même refus, plongeant alors la Grèce dans un défaut sur sa dette, faute d’avoir obtenu ce versement. Le même évoquait sans prendre plus de gants le méchant calcul d’un FMI cherchant à ce que les Européens se substituent à lui, éventualité hautement improbable en raison du blocage prévisible de nombreux pays.

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L’actualité de la crise : à la recherche des capitaux perdus, par François Leclerc

Billet invité.

A LA RECHERCHE DES CAPITAUX PERDUS

Il y a des fins de semaine où il n’est pas bon d’être une banque, quoi qu’on en dise ! Jeudi, le Comité de Bâle rendait public un projet de réglementation financière, très attendu, qui laisse des ouvertures mais va leur imposer de ferrailler dur. Vendredi, la BCE en faisait autant avec son rapport semestriel, qui annonce que de lourdes dépréciations (estimées à 187 milliards de dollars d’ici à la fin 2010) devront encore être passées par les banques de la zone euro, qui vont devoir faire face à des pertes accrues (en particulier dans les secteurs du crédit immobilier commercial et dans les pays d’Europe centrale et orientale). La pente, décidément, se révèle longue et lente à remonter. Comment la gravir fait problème.

De quoi les banques disposent-elles dans leur boîte à outils ? Les obligations hybrides, ou contingentes, ne seraient prochainement plus admises par le Comité de Bâle pour renforcer le noyau dur des fonds propres. On ne peut donc plus compter sur elles, alors qu’elles ont été abondamment utilisées et qu’elles ne vont plus être prises en considération. Le sort des CoCos (les obligations convertibles contingentes), ces nouveaux instruments de dette encore peu éprouvés et dans lequel de grands espoirs sont fondés, afin de les remplacer, reste encore incertain. Leur formule new look prévoit un dispositif de transformation automatique en actions de l’émetteur, un événement identifié à l’avance le déclenchant (par exemple le passage sous un seuil donné de ratio de solvabilité). C’est pourquoi il est espéré par les banques que le Comité de Bâle les regardera d’un oeil doux et considérera ces quasi fonds propres comme éligibles à son noyau dur, sur la base duquel leur ratio de solvabilité est calculé.

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