PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 12 (IV), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Il y a nécessairement deux types de pertinence : une pertinence de court terme qui joue au cours d’une conversation particulière où ce qui vient d’être dit ne doit pas être répété, et une pertinence de long terme, où ce qui a été pertinent lors de conversations antérieures, le sera probablement aussi dans des conversations ultérieures (renforcement hebbien).

Le frayage ou « renforcement hebbien »

Ceci veut dire qu’il ne suffit pas que les compteurs soient remis à zéro à la fin de chaque session, il faut encore que les valeurs d’affect associées aux signifiants témoignent des frayages qui ont eu lieu. Rappelons ce qu’est le frayage pour Freud :

« La mémoire est représentée par les frayages existant entre les neurones Ψ […] Le frayage dépend de la quantité (Q η) qui traverse le neurone au cours du processus d’excitation, et du nombre de fois où le processus se répète […] Il est […] tout à fait clair que l’état de frayage d’une barrière de contact (appelée en 1897 “synapse” par Foster et Sherrington, note P. J.) donnée doit être indépendant de celui de toutes les autres barrières de contact du même neurone Ψ… » (Freud 1956 [1895] : 320-321.)

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 12 (III), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Qu’est-ce qui nous pousse à causer ?

L’affect et la pertinence

À quoi peut nous servir de savoir que chez l’homme les valeurs d’affect trop élevées attachées à certains signifiants interdisent l’accès à certaines parties de la mémoire ? Cette observation est capitale pour la guérison des névrosés, mais elle ne présente qu’un intérêt limité pour la mise au point des systèmes intelligents : il s’agit là, comme pour l’association matérielle, de quelque chose de l’ordre du « ratage », dont il vaudrait mieux épargner les effets à un système intelligent.

En réalité l’affect a partie liée avec la pertinence et avec les choix qui se présentent à l’occasion du parcours d’un réseau mnésique. En voici une illustration. Quelqu’un reçoit une lettre du percepteur lui réclamant une somme importante au titre d’arriérés d’impôts. Accompagnant cette lettre est une note manuscrite lui disant de ne pas s’inquiéter : il s’agit d’une erreur qui a déjà été enregistrée. Comme un numéro de téléphone est mentionné, la personne décide d’appeler tout de même la perception – jugeant qu’on n’est jamais trop prudent dans ce genre d’affaires. La préposée est malheureusement absente pour quelques jours. Durant toute la journée, la personne demeure cependant « soucieuse». Ayant décidé d’analyser sa préoccupation, elle constate la chose suivante : quel que soit l’objet qui retienne son attention à un moment donné, sa « pensée » parvient à chaque fois à parcourir une suite d’enchaînements associatifs qui débouchent sur l’idée d’« impôts ». À ce moment-là, ses associations s’interrompent, et elle ressent l’affect : elle souffre, elle est « soucieuse ». Si elle est en compagnie, ses conversations subissent le même processus : elle rapportera l’anecdote, une, deux, de multiples fois, et si elle se rend compte alors qu’elle ennuie son entourage en manifestant ainsi son souci, elle s’aperçoit que les autres sujets qu’elle parvient à évoquer tournent cependant tous autour de sa préoccupation : elle parle du taux de change du dollar, d’administrations kafkaïennes, et ainsi de suite.

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