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La matière noire ou l’inversion de la réalité, par Francis Arness

Billet invité

Je m’appelle Phil Smith, et je n’existe pas. Je veux dire : je suis un personnage de fiction. Je suis ce qu’on appelle un prête-nom de société financière offshore, dans les paradis fiscaux. Légalement, je dispose de centaines de comptes dans le monde partout dans le monde, à Singapour, Londres, Genève, aux îles Vierges. Je suis très riche, toujours plus même, lis-je régulièrement dans les données informatiques qui m’entourent, puisque je ne suis qu’un être de mémoire digitale. Je n’ai donc ni corps ni esprit. Je n’ai pas de vie, pas d’existence, chère lectrice, cher lecteur. Je suis un être issu de l’imagination d’un juriste qui lui-même travaille pour une personne juridique, une société anonyme, qui n’existe pas, en même temps qu’elle a des droits, et bien plus qu’une personne réelle. Je suis quelque chose, chère lectrice, cher lecteur, à la fois de faux et d’inexistant, et pourtant j’existe dans ma fausseté et mon inexistence, par et pour elle : par et pour la fausseté du juriste qui m’a inventé, par les milliers de juristes qui nous inventent, par l’immense machine juridique, informatique, étatico-économique qui nous invente, moi et tous mes avatars fictionnels, entreprises, personnages, produits de consommation, etc. Le corps du roi, il y a bien longtemps, qui nous faisait dire : « le roi est mort, vive le roi ! » ; le corps du roi aussi donc était une fiction. Rien de plus puissant que ce qui n’existe pas et se répand, lie le monde, comme le corps du roi qui habitait tout, décidait de tout.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 8 MARS 2013

Un parfum de printemps
Eric Holder, Adair Turner, Michel Barnier, Finance Watch
John Maynard Keynes
Citoyen / Bourgeois

Sur YouTube, c’est ici.

Gilles Dostaler sur « Keynes et la politique » :

Comme sa pensée politique, l’action politique de Keynes est peu souvent évoquée. Ses positions sont en tout cas sujettes aux interprétations les plus diverses et les plus contradictoires, plus encore que sa pensée économique ou sa vision philosophique. C’est ainsi que, pour certains, Keynes se situe très à gauche sur l’échiquier politique. Plusieurs conservateurs le considéraient comme un crypto-communiste. À l’autre extrême, les communistes et les marxistes le jugeaient comme un conservateur d’autant plus dangereux qu’il se présentait comme un ami de la classe ouvrière et critiquait les politiques du parti conservateur, Entre ces deux appréciations, on trouve toutes les positions intermédiaires imaginables. Nouveau libéral, progressiste et radical, pour les uns, Keynes est un libéral centriste, de tendance droitière, pour les autres. Lui-même semblait prendre plaisir à brouiller les pistes en se décrivant tantôt comme modérément conservateur et ailleurs comme à gauche du Parti travailliste. Il a vexé le premier ministre travailliste MacDonald en déclarant, au terme d’une réunion, qu’il se considérait comme le seul véritable socialiste présent !

Inutile de dire que je partage l’opinion de Keynes sur lui-même !

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