Archives par mot-clé : Puerta del Sol

L’actualité de la crise : PLACES COMBLES, par François Leclerc

Billet invité.

Les indignés font place comble quand ils s’y mettent. A deux bouts de l’Europe, place Syndagma à Athènes, et à la Puerta del Sol à Madrid, une immense foule de tous âges s’est rassemblée ce soir. Les Espagnols ne sont plus seuls, ils ont fait modèle, ce qui n’était pas assuré.

Des dizaines de milliers d’Athéniens (et d’habitants du Pirée tout proche) manifestent devant une gigantesque banderole qui proclame « La plus grande violence est la pauvreté ». Des concerts d’armes par destination de 3ème catégorie (les casseroles à Barcelone), alternent avec des rafales de sifflet, pour réclamer « une vraie démocratie ».

Suivant la consigne « Toma los barrios ! » (Investis les quartiers), les indignés madrilènes avaient organisé samedi plus de 150 assemblées locales dans les quartiers de la ville, dont les représentants rapportaient cet après-midi sur la Puerta del Sol, en attendant que soient décidées ce soir les modalités des suites à donner à l’acapamento. Ces assemblées locales devraient continuer à se réunir une fois par semaine, élargissant la base de la mobilisation et la structurant.

Sur la place du Rossio à Lisbonne, avec comme mots d’ordre « A bas la dictature financière ! », « FMI dehors ! » et « Démocratie réelle maintenant », les jeunes Portugais tentent à leur tour de relancer leur mouvement qui avait été en réalité précurseur, le 12 mars dernier à l’initiative de la « génération galère ».

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

LA PUERTA DEL SOL CONTRE LE NIHILISME FINANCIER, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Triomphe du nihilisme

Le capitalisme financier consiste à attribuer des prix à des titres dont la contre-réalité n’est pas vérifiable. Ce régime de prix est ontologiquement vide. Il contient en lui-même la contradiction de sa matière ; il confond le néant et la réalité. La crise des subprimes a révélé aux acteurs financiers que la confiance nécessaire à leurs transactions ne reposait sur aucune preuve objective. Les banques centrales ont dû forcer la liquidité du système en empruntant les actifs toxiques pour prêter de la monnaie garantie par la Loi. Les États ont dû emprunter massivement pour simuler la confiance des prêteurs par l’autorité de la Loi. Banques, banques centrales et États se sont coalisés pour décréter la confiance : le 15 mai 2011, les indignés de la Puerta del Sol déclarent qu’ils se savent leurrés par le système. Les indignés de la Puerta del sol déclarent qu’ils n’ont confiance qu’en eux-mêmes ; à proportion de la connaissance interpersonnelle qu’ils nouent avec leurs concitoyens.

La chute du matérialisme communiste en 1989 a renvoyé le formalisme capitaliste à son nihilisme. Jusqu’à cette date, les démocraties libérales avaient dû empiriquement reconnaître des garanties économiques au travail humain pour qu’il respecte la propriété privée des moyens de production. A partir de 1989, l’échec de la propriété collective des moyens de production est avéré. Le capitalisme libertarien en profite pour abolir la responsabilité publique de la propriété des moyens de production. Le travailleur a toujours des droits ; mais il n’est plus possible de savoir qui détient les moyens de  réaliser ces droits. Le capital est titrisé et détenu anonymement à partir des paradis fiscaux. Le capital est dématérialisé, défiscalisé et factuellement exempté d’obligation de garantir le prix des droits promis aux citoyens.
Continuer la lecture de LA PUERTA DEL SOL CONTRE LE NIHILISME FINANCIER, par Pierre Sarton du Jonchay

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : COMMENT TAIRE L’INDIGNATION ? par François Leclerc

Billet invité.

Depuis mardi dernier, les indignés ont pris un relais sur la place Syntagma. Progressivement, ils se sont installés sur la grande place d’Athènes avec armes et bagages, avec leurs banderoles et leurs tentes. Ils étaient finalement 20.000 à s’y être retrouvés le premier soir, rompant avec le rituel des défilés des grandes centrales syndicales et réclamant « une vraie démocratie », avant d’en faire un rendez-vous quotidien. Une pétition est proposée à la signature, qui réclame un référendum à propos du mémorandum signé par le gouvernement avec l’Union européenne et le FMI.

A la Puerta del Sol, au centre de Madrid, l’acapamento n’a donc pas plié bagage aux lendemains de la déroute électorale du PSOE. Les participants avaient décidé de poursuivre leur mouvement jusqu’à ce dimanche, comme à Grenade, Saragosse, Valence, Malaga ou à Barcelone. Avec la perspective de s’éparpiller dans les quartiers pour y tenir des assemblées, afin de continuer sur un autre mode.

C’est sur la place de Catalogne, au centre de Barcelone, qu’a été involontairement relancé le mouvement, la police intervenant violemment vendredi au petit matin pour dégager la place, au prétexte de la nettoyer pour qu’elle puisse accueillir samedi soir les célébrations alcoolisées faisant suite au match de football Manchester United contre le FC Barcelone. Tout un symbole.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : COMMENT TAIRE L’INDIGNATION ? par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

PARA QUE VIVA ESPAÑA ; CONDITION FINANCIÈRE DE LA DÉMOCRATIE RÉELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Démocratie réelle

Les Espagnols s’indignent. L’Espagne, c’est du lourd. La deuxième guerre mondiale a commencé entre espagnols en 1936 ; par la guerre entre communistes et fascistes, républicains et démocrates, anarchistes et monarchistes, régionalistes et internationalistes. Les Espagnols posent les débats de fonds. Quel régime politique exprime l’aspiration humaine à la justice ? Quel régime économique produit des richesses pour tous les citoyens ? Quel régime de pensée et de discours rend-il à l’homme sa dignité ?

Les manifestants de la Puerta del Sol formulent un message limpide. Ils ne vivent pas pour l’argent. La démocratie n’est pas l’application de la loi de l’argent. Leur valeur morale n’est pas mesurée par l’argent. Ils veulent que leur travail soit le moyen de vivre dignement. Que la démocratie soit réelle ; qu’elle soit la discussion d’une société réelle et vraie ; que son gouvernement soit motivé par le bien commun ; que le citoyen soit personnellement représenté dans les institutions. Les Espagnols n’ont pas peur des moulins à vent de la Manche ; ils veulent simplement mettre le monde sur ses pieds.

Le nouveau « nouveau monde » de la Puerta del Sol met la société humaine à la tête. La morale du bien commun est au service de la personne. La démocratie discute du bien commun au service de la dignité personnelle. Et l’argent compte le prix des biens au service de l’homme. L’argent est au service de la démocratie. L’argent compte la chose publique inscrite dans les limites du monde réel. La Puerta del Sol contredit le monde qui marche sur la tête. Elle contredit le pouvoir de l’argent qui fixe à l’homme des limites arbitraires pour piétiner la réalité du monde, pour en épuiser les ressources au profit d’individus tout puissants.

Continuer la lecture de PARA QUE VIVA ESPAÑA ; CONDITION FINANCIÈRE DE LA DÉMOCRATIE RÉELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : ESTAMOS PENSANDO…, par François Leclerc

Billet invité.

«  Maintenant, nous sommes illégaux ! » ont scandé les quelques 28.000 madrilènes (selon la police), présents sur la Puerta del Sol et dans les rues avoisinantes vendredi alors que sonnaient les douze coups de minuit, avant de lancer comme annoncé un « cri muet », la bouche barrée d’un scotch.

Samedi matin, des centaines de manifestants se réveillaient sous les bâches tendues, après avoir discuté et joué de la musique jusque tard dans la nuit.

Y faisant écho, des dizaines de milliers d’Espagnols avaient répondu à la clameur de l’Acapamento del Sol dans d’innombrables villes d’Espagne, de Vigo en Galice, à Bilbao au Pays Basque et Barcelone en Catalogne, où la protestation s’amplifiait.

Répondant à un autre appel, celui des autorités qui manifestaient leur intention de faire preuve de « compréhension », les forces de police continuaient de se faire discrètes, en dépit de l’interdiction formulée par la Commission électorale.

« Estamos pensando » (nous pensons) ont également scandé les manifestants de la Puerta del Sol, tournant en dérision la vocation officielle de ce week-end électoral destiné à la réflexion… Elle est aujourd’hui stimulée par un programme prévoyant un concert, des ateliers de clowns et des musiciens des rues, pour ne pas donner de prétexte à une intervention et préparer le rendez-vous de lundi.

Il devrait y du monde, ce soir !

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail