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LA RÉALITÉ : UN MOT POUR DEUX CHOSES DIFFÉRENTES, par Jérôme Grynpas

Billet invité

Dans « La révolte sans la solution », j’ai tenté de montrer qu’il n’y a pas de société sans  idéologie et que, dans l’incapacité d’en trouver  une – ou­vrant des voies nouvelles – nos indignations, nos révoltes sont sans solution. D’où, dans un second papier : « décroissance de la démocratie », ce constat : un sentiment généralisé d’impuissance, jusqu’aux niveaux les plus élevés de décision, qui humilie l’institution démocratique. Aujourd’hui, je me propose d’inventorier la nature intellectuelle de cette impuissance. A mon sens, elle tient à une confusion sur le concept de réalité.

Faire preuve de réalisme, voilà une vertu chaudement recommandée depuis l’origine des temps. Ceux qui participent au pouvoir, à toutes les formes de pouvoir, n’ont que ce mot à la bouche. Ils estiment  posséder l’argument irréfutable : c’est la réalité… vous ne pouvez que vous soumettre ! Or le terme est ambigu, car il recouvre deux domaines différents.

Il y a, d’une part, les faits de nature (tant physique que biologique). Notre rapport à ces phénomènes consiste à toujours mieux appréhender/approfondir leurs lois (science) pour nous en servir (technique). Là, un fait est un fait même si, parfois, il semble ne pas correspondre aux critères habituels de perception de la réalité (voir la physique quantique). D’autre part, il y a les artefacts humains : des silex taillés aux satellites, du totémisme aux grandes religions ou aux systèmes philosophiques, de la métrique poétique à la théorie des ensembles, du troc à la financiarisation de l’économie, des coutumes tribales aux constitutions démocratiques, etc. Ici, tout est activité, plus ou moins consciente, des humains en société. Ces artefacts sont mouvants, non permanents. Ils connaissent des hauts et des bas. L’explication de leur accélération ou de leur apparente immobilité, de leur avancée ou de leur déclin tient à l’idée que nous nus faisons de la nature de la réalité des artefacts qui nous entourent. Soit, tout se passe comme si notre acceptation de l’évidence naturelle déteignait sur l’idée que nous nous faisons des « réalités » tant sociétales qu’individuelles. Alors, nos actions nous apparaissent comme des gesticulations sans prise véritable sur le « réel ». Soit, nous avons la conviction que nous  pouvons maîtriser le présent en fonction d’un avenir souhaité … même si nous peinons à définir les grandes lignes de cet avenir.

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COMMENT LA RÉALITÉ ET LA DÉMOCRATIE POURRAIENT ÊTRE RÉINVENTÉES, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Imaginez-vous que les marchés d’option actuels sont pour la plupart fictifs au sens épistémologique du terme. Fictifs parce que non fondés sur la réalité objective vérifiable. En l’occurrence une réalité humainement engagée au présent dans le futur qui contienne un intérêt à réaliser ce qu’on promet. Imaginez-vous que ce vrai marché se fonde sur la cosmologie antérieure à la Renaissance où l’être donné était encore distinct du réel objectif ; où le prix n’était pas la marchandise mais annonçait un droit nominal à accéder à une valeur réelle distincte de la parole du vendeur.

Dans ce marché réel d’options réelles, tout est optionnel, tout est garanti, tout est réel et tout est temporel. Imaginez-vous que n’importe qui puisse se tromper y compris un commerçant, un financier ou un gouvernement et paye à l’avance la probabilité de ses erreurs. La probabilité de l’erreur est l’écart anticipé vérifiable entre le prix nominal et le prix réel à l’échéance. La probabilité n’est donc plus seulement une fiction mathématique mais la prime réelle d’option du prix nominal d’un objet livrable effectivement vendu à terme. Dans ce marché réel, il y a compensation entre le prix nominal de la vente effective du réel et la prime d’achat de la probabilité d’évaluation erronée du prix nominal.

Compensation signifie différenciation par l’intelligence libre de l’être donné de la réalité par le réel objectif du prix décomposé en nominal et prime. Compensation signifie réconciliation en droit de l’acheteur, du vendeur et du primaire de la réalité probable ; de la réalité qui se constate avec les prix et qui sera traduite en réalité physique sensible. Compensation signifie encore que l’acheteur primaire devra régler à l’échéance la différence visible sur le marché comptant entre le prix nominal promis et le prix réel effectif dans la livraison réelle de l’objet promis.

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