Archives par mot-clé : rhétorique

150 citoyens ordinaires planchent sur le climat

Sur cette question, j’ai reproduit hier un de mes tweets : Comme les gens qui savent dérangent, demandons aux gens qui ne savent pas…, j’en ai parlé aussi dans ma vidéo : La démocratie en petite forme.

Comme le caractère grotesque de la proposition n’apparaît pas à tout le monde (vous m’écrivez), je vous ai fait un petit tableau à partir de ce que disait (déjà) Aristote (IVe siècle av. J-C) sur la question.

Aristote distinguait dans ce que nous appelons la « logique », trois domaines distincts, selon le public et les objectifs de ce qui est débattu : la rhétorique (conversation ordinaire), la dialectique (plaidoirie, discours politique), et l’analytique (technique, science).

Pertinence de tirer éventuellement au sort les participants au débat ? 

Domaine

Qui ?

Type d’argument

Le tirage au sort des participants a-t-il un sens ?

Rhétorique

Quiconque

Exemple isolé

Oui (question d’opinion)

Dialectique

Juristes, politiciens

Preuve par l’absurde

Oui (question d’opinion)

Analytique

Autorités reconnues

Démonstration scientifique

Non (question de savoir)

Je suis du même avis qu’Aristote.

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Scientifique ou Prophète ?, par Léopard Blanc

Billet invité. À propos de « La crise des subprimes, c’est bien simple… »

Vous dites « […] une explication simple, même si elle est grossièrement simpliste, a beaucoup plus de chance de l’emporter aux yeux du public qu’une explication complexe […] ». Je pense que ce n’est pas là que se situe le problème.

Il est possible d’aboutir à une conclusion fausse à partir d’une démonstration juste, par exemple : (2=1) donc (2-1=1-1) donc (1=0). 1 n’est pas égal à 0, mais la démonstration tient la route.

De même, je peux arriver avec des prémisses justes à une conclusion juste, via une démonstration fausse. En mathématiques, une démonstration n’est pas plus ou moins juste, elle est correcte ou incorrecte, on peut au mieux discuter de son élégance.

J’ai l’habitude d’élaborer de savants raisonnements que je tente d’exposer à l’innocente victime qui me passe sous la main, qui souvent manque de l’expertise technique nécessaire à la complète compréhension de l’explication, mais capable d’en saisir la finalité. Il m’est dès lors arrivé d’exposer une conclusion, que je suppose être vraie, à l’aide d’une démonstration simplifiée. La plupart du temps mon interlocuteur sera convaincu : est-ce parce que ma conclusion s’aligne correctement avec ses croyances personnelles ? par l’argument d’autorité qu’il/elle me reconnait ? par lassitude ? toujours est-il que sur le plan mathématique, ma démonstration raccourcie est tout simplement devenue fausse, elle ne passerait pas mon propre examen : « halte là, comment passes-tu du point A au point C, coquin ? il manque clairement quelque chose ! ».

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