Archives par mot-clé : système monétaire

QUAND UNE BANQUE CENTRALE CÈDE… par François Leclerc

Billet invité.

« La maman et la putain », le nom du film culte de Jean Eustache, conviendrait au mieux au comportement de financiers recherchant à la fois la sécurité et le rendement. Sur la corde raide, ceux-ci trouvent refuge là où ils le peuvent – le marché de l’or et obligataire, les facilités de dépôts des banques centrales ou les monnaies fortes du Forex (le marché monétaire) – tout en manifestent parallèlement un grand appétit au risque dans d’autres compartiments de l’activité financière, les plus sophistiqués de préférence.

Le franc suisse vient d’en faire les frais. Après s’y être épuisée. la Banque nationale suisse (BNS) a jeté l’éponge sans crier gare et abandonné un taux plancher fixé il y a trois ans, car il devenait impossible à faire respecter. C’était cela ou continuer à amasser à son bilan des masses d’euros à la valeur allant s’effriter en raison des mesures à venir de la BCE. La hausse du franc suisse était bridée, et elle a immédiatement explosé.

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L’actualité de la crise: LES MODELES DE LA MONDIALISATION EN PANNE, par François Leclerc

Billet invité

LES MODÈLES DE LA MONDIALISATION EN PANNE

Est-il indispensable d’épiloguer sur l’impuissance qui vient de se manifester au grand jour vis à vis de la guerre monétaire, qu’il faut tout de même appeler par son nom ? Oui, car il est utile de se demander où pourrait bien se trouver la clé qui permettrait de l’arrêter et en quoi elle consisterait. Toutes les approches peuvent y contribuer.

Le trousseau ne comporte a priori que deux clés, qui se trouvent à Pékin et à Washington. Le malheur voulant que ni les Chinois ni les Américains ne semblent en mesure de les actionner. C’est aussi ce que doivent se dire – ouvertement ou in petto – tous ceux qui subissent les effets de la déstabilisation monétaire en cours. Les effets collatéraux, comme on dit désormais en empruntant au vocabulaire de la guerre. Signe que les temps sont durs !

Le forcing des Américains est brutal, tandis que la réaction chinoise qu’il suscite en retour joue sur la souplesse. Doit-on en tirer la conclusion que les premiers sont particulièrement le dos au mur ? Qu’ils s’arc-boutent sur une vision de la crise reposant sur le déséquilibre global qu’ils dénoncent, auquel il faudrait à toute force et dans les meilleurs délais remédier ? De manière similaire – mais sur un autre terrain – que les Allemands, qui ne voient eux de salut que dans la lutte acharnée contre les déficits publics ?

Il ne peut qu’être déploré ce qui est au mieux, dans les deux cas, une idée fixe et au pire une tragique erreur historique.

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L’actualité de la crise: TOUJOURS PLUS HAUT, LES ÉQUILIBRISTES!, par François Leclerc

Billet invité

A Washington, la conclusion qui vient d’être apportée aux multiples réunions et assemblées qui se sont tenues à propos de la situation monétaire internationale tient en une seule consigne : les 187 Etats membres du FMI l’ont appelé « à approfondir son travail », par la voix de son Comité monétaire et financier international, qui a conclu: « Nous avons hâte d’examiner de nouvelles analyses et propositions au cours de l’année prochaine ». Ce ne pouvait être plus maigre.

Dans la grande tradition des discussions qui n’aboutissent pas, les propositions ont fusé à propos du meilleur cadre possible pour que celles-ci aboutissent plus tard. Pour les uns le FMI, pour les autres le G20, pour les derniers le G7+1 (la Chine). Le FMI l’a emporté, qui avait la préférence des Américains puisqu’ils le contrôlent de fait.

Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor américain, s’est chargé de donner une explication de texte : « Le FMI doit renforcer sa surveillance des politiques de taux de change et des pratiques d’accumulation des réserves ». Il a ajouté « … une accumulation excessive de réserves à l’échelle mondiale entraîne des distorsions graves sur le système monétaire et financier international, et inhibe le processus international d’ajustement [entre les taux de change] ».

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Qu’est-ce qu’un système monétaire?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

A la proposition d’un étalon monétaire international, « aliena » oppose une analyse pointue des mythes de l’étalon-or et des changes fixes. Cette démonstration compare le défunt système de Bretton Woods et l’actuel système de « fiat currency ». Bretton Woods avait retenu la définition des monnaies en poids d’or avec convertibilité par le dollar. Le fiat currency system (FCS) se contente d’une définition des monnaies par elles-mêmes. Instituées par les lois nationales, les monnaies sont dites inconvertibles : le prix de la monnaie en or ou en toute autre matière n’est pas défini. Deux monnaies différentes s’échangent au prix d’équilibre de l’offre et de la demande à l’instant où il est calculé. Les conversions effectives de l’une par l’autre déterminent la parité de change.

Le FCS s’inscrit dans une dialectique de la valeur intérêt public/intérêt privé alors que le Gold Exchange Standard (GES) de Bretton Woods s’inscrivait dans la dialectique paix/guerre internationale. Le GES organise la finance internationale pour éviter les guerres entre les États mais délaisse la question de la légitimité de chaque puissance publique. Le FCS pose l’existence de la paix internationale et veut régler la collaboration entre intérêt public et intérêt privé dans chaque sphère politique nationale. La fiat currency associée aux changes flottants permettent à ceux qui produisent la valeur réelle, les entrepreneurs et les travailleurs de statut public ou privé, d’échapper au moins partiellement à la dépense nominalement publique qu’ils ne contrôlent pas. C’est à dire la dépense vendue verbalement aux électeurs par la dette publique non adossée à la valeur réelle.

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