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The Guardian exige la démission de Boris Johnson

L’éditorial du quotidien britannique The Guardian, intitulé The Guardian view on Boris Johnson and the crown: a clear abuse of power : « L’opinion du Guardian sur Boris Johnson et la couronne : un cas flagrant d’abus de pouvoir », se clôt par les mots suivants qui commentent la machine-arrière qu’a dû opérer le bureau du Premier ministre après qu’un de ses porte-paroles a mis en cause l’impartialité des juges écossais ayant statué hier que l’ajournement (prorogation) du parlement était illégal, étant motivé par la volonté d’entraver son bon fonctionnement (to stymie) :

Un gouvernement digne de confiance n’a pas à faire connaître explicitement sa foi en l’indépendance de la magistrature et sa propre volonté de faire respecter la primauté du droit. Mais le cabinet actuel foule aux pieds les préceptes fondamentaux de la démocratie. Puisque M. Johnson n’a aucun respect pour les conventions implicites sous-tendant la Constitution britannique, il est tout simplement impossible de lui confier les pouvoirs conférés par ces mêmes conventions à la fonction de Premier ministre.

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ACHTUNG ! « LES DÉFENSEURS DE LA DÉMOCRATIE FONT LE JEU DE L’ENNEMI ! »

Note à l’intention de la personne qui m’a envoyé un mail avant-hier pour attirer mon attention sur le fait que mon blog est « un blog économique » : ma une est la même que celle du Monde en ce moment. Soyez gentil aussi de me rappeler le numéro du formulaire où j’avais indiqué la catégorie dans laquelle j’entendais inscrire mon blog.

P. S. L’utilisation de l’expression « Achtung » dans mon titre renvoie seulement à une période bien déterminée de l’histoire : de 1934 à 1945.

Alan Rusbridger, le rédacteur en chef d’un grand journal s’adresse aujourd’hui au gouvernement de son pays et affirme que la liberté de la presse n’y étant plus assurée, les nouvelles importantes seront diffusées à partir d’autres capitales.

Ce rédacteur en chef d’un grand journal rédigeait-il son éditorial à Pyongyang ? ou à Damas ? ou à Caracas peut-être ? Non : c’était à Londres.

Dans le texte qu’il publie aujourd’hui, Rusbridger décrit la scène où une équipe venue de Whitehall, des bureaux du Premier Ministre, détruit dans les caves du Guardian, des disques durs contenant de l’information transmise par Edward Snowden. C’est la remarque finale du chef d’équipe, fonctionnaire d’un rang certainement honorable, qui est la plus révélatrice, quand il exprime sa satisfaction que l’information détruite est désormais à l’abri des agents chinois.

L’argument d’un ennemi de la démocratie est le même en tout temps, en tout lieu et en toutes circonstances : « En vous opposant à moi, vous faites le jeu de l’ennemi ! »

Je ne sais plus où et quand précisément (c’était en tout cas au tout début de la crise) j’avais dit ou écrit que les régimes politiques des nations occidentales et de la Chine tendraient à devenir identiques, mais que ce n’était pas comme on l’imaginait à l’époque parce que « la Chine a cessé d’être communiste » mais parce que nos régimes mimeraient toujours davantage celui de la Chine.

Il n’est jamais de bonne politique de se rabaisser au niveau que l’on attribue à tout hasard à son ennemi supposé (plus on le méprise [sans aucun doute à juste titre !] plus ce niveau est en effet bas) : il vaut mieux l’obliger à s’élever au sien propre. C’est le meilleur moyen après tout de se donner le sentiment que l’on a vraiment des valeurs à défendre.

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