{"id":10306,"date":"2010-04-16T16:00:06","date_gmt":"2010-04-16T14:00:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=10306"},"modified":"2013-01-02T18:04:35","modified_gmt":"2013-01-02T17:04:35","slug":"liberation-samedi-17-avril-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/04\/16\/liberation-samedi-17-avril-2010\/","title":{"rendered":"Lib\u00e9ration, samedi 17 avril 2010"},"content":{"rendered":"<p>Lib\u00e9 publiera demain le d\u00e9bat entre Jean-Herv\u00e9 Lorenzi, le pr\u00e9sident du Cercle des Economistes, et moi, \u00e0 propos de <b>A quoi servent les \u00e9conomistes ?<\/b>, Cercle des Economistes, PUF \/ Descartes &#038; Cie, 2010.<\/p>\n<p><strong>\u00abLa finance est devenue un Etat dans l\u2019Etat\u00bb<\/strong><br \/>\nINTERVIEW<br \/>\nJean-Herv\u00e9 Lorenzi, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 Paris-Dauphine, et Paul Jorion, anthropologue et sociologue, interrogent le r\u00f4le des \u00e9conomistes, en perte de l\u00e9gitimit\u00e9 depuis qu\u2019ils ont \u00e9chou\u00e9 \u00e0 pr\u00e9voir la crise :<\/p>\n<p>Par VITTORIO DE FILIPPIS<\/p>\n<p>Les \u00e9conomistes sont-ils utiles ? L\u2019interrogation n\u2019est pas nouvelle, Winston Churchill y avait r\u00e9pondu avec cette formule assassine, rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre : \u00abSi vous mettez deux \u00e9conomistes dans une pi\u00e8ce, vous aurez deux avis diff\u00e9rents. A moins que l\u2019un d\u2019entre eux ne soit Lord Keynes. Dans ce cas, vous aurez trois avis diff\u00e9rents.\u00bb Dans les ann\u00e9es 20, tout nouveau chancelier de l\u2019Echiquier (ministre des Finances, ndlr), Churchill est confront\u00e9 \u00e0 la d\u00e9flation, au ch\u00f4mage et \u00e0 la gr\u00e8ve des mineurs. Pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle plus tard, les \u00e9tudiants en \u00e9conomie donnent dans l\u2019autod\u00e9rision, citant volontiers\u2026 un inconnu : \u00abLes \u00e9conomistes ont pr\u00e9vu neuf des cinq derni\u00e8res r\u00e9cessions.\u00bb Pourtant, entre mod\u00e8les stochastiques, al\u00e9a moral, effet d\u2019hyst\u00e9r\u00e8se et asym\u00e9trie informationnelle, les \u00e9conomistes et autres docteurs \u00e8s finances ont invent\u00e9 des m\u00e9thodes d\u2019analyses ultra-sophistiqu\u00e9es de la chose \u00e9conomique. L\u2019\u0153il riv\u00e9 \u00e0 leur \u00abmicroscope\u00bb, ils sont nombreux \u00e0 pr\u00e9tendre expliquer la totalit\u00e9 du monde \u00e0 l\u2019aide de leurs seuls mod\u00e8les. \u00abFini, expliquaient-ils, du moins avant la crise des subprimes, l\u2019\u00e9poque o\u00f9 dominait le poids de l\u2019incertitude et de l\u2019irrationalit\u00e9 d\u2019une partie des comportements humains.\u00bb Jusqu\u2019en 2007, avant que ne vole en \u00e9clats la finance, emportant avec elle ces \u00abbelles\u00bb convictions. Certes, beaucoup des th\u00e9ories \u00e9conomiques ont permis de mieux appr\u00e9hender les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et sociales. Mais voil\u00e0, les \u00e9conomistes, ou plut\u00f4t le courant dominant, celui pour lequel tout peut se r\u00e9sumer par une formalisation math\u00e9matique, n\u2019a rien vu venir. R\u00e9sultat : la figure de l\u2019\u00e9conomiste cens\u00e9e allier compr\u00e9hension, pr\u00e9vision et conseil pour l\u2019action a laiss\u00e9 la place \u00e0 la d\u00e9fiance. Pire. A sa remise en cause.<\/p>\n<p>Regards crois\u00e9s sur une discipline en perte de l\u00e9gitimit\u00e9 : Jean-Herv\u00e9 Lorenzi, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 Paris-Dauphine, pr\u00e9sident du Cercle des \u00e9conomistes (1) et du conseil de surveillance de la compagnie financi\u00e8re Edmond de Rothschild Private Equity Partners, discute avec Paul Jorion, anthropologue et sociologue, qui a v\u00e9cu plusieurs ann\u00e9es aux Etats-Unis et qui a travaill\u00e9 dans les milieux de la finance, sp\u00e9cialiste des sciences cognitives et de l\u2019intelligence artificielle. En f\u00e9vrier 2007, six mois avant que la crise des subprimes n\u2019\u00e9clate v\u00e9ritablement, Paul Jorion publie un ouvrage pr\u00e9monitoire dans lequel il \u00abd\u00e9cortique\u00bb point par point les d\u00e9s\u00e9quilibres financiers et \u00e9conomiques des Etats-Unis et de bien d\u2019autres pays. Autant d\u2019observations qui m\u00e8neront, selon lui, \u00e0 l\u2019in\u00e9vitable crise de la finance am\u00e9ricaine d\u2019abord, et mondiale plus tard (2).<\/p>\n<p><strong>Comment expliquez-vous l\u2019incapacit\u00e9 des \u00e9conomistes \u00e0 pr\u00e9voir la crise ? Seraient-ils des joueurs de fl\u00fbte ?<\/strong><\/p>\n<p>Jean-Herv\u00e9 Lorenzi : L\u2019\u00e9conomie est devenue une discipline qui structure une partie du discours de la vie quotidienne. Il est donc normal de s\u2019interroger sur son utilit\u00e9. Nous sommes tr\u00e8s critiqu\u00e9s, mais \u00e0 tort. Car beaucoup d\u2019\u00e9conomistes avaient vu se dessiner les signes d\u2019une crise globale d\u00e8s 2006. Notre discipline souffre de son double nom : science \u00e9conomique et \u00e9conomie politique. Le premier veut la faire appara\u00eetre comme une discipline rigoureuse. Mais elle s\u2019est perdue dans cette qu\u00eate. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9conomie politique, elle est une mani\u00e8re d\u2019analyser le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9. Mais il est vrai que la financiarisation nous a fait perdre de vue l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. Ceci dit, la crise est tr\u00e8s largement une crise de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle, pas seulement de la finance.<\/p>\n<p>Paul Jorion : Pour comprendre la place de la science \u00e9conomique dans notre soci\u00e9t\u00e9, il faut saisir l\u2019int\u00e9r\u00eat tout particulier qu\u2019elle repr\u00e9sente pour le monde de la finance. Aux Etats-Unis, j\u2019ai vu la diff\u00e9rence de traitement accord\u00e9 aux d\u00e9partements universitaires. J\u2019ai vu les colonnes de marbre des d\u00e9partements informatiques ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des dons de Bill Gates. Et \u00e0 Yale University, dans le d\u00e9partement d\u2019anthropologie, les casseroles qui recueillaient l\u2019eau fuyant des toits. La science \u00e9conomique a la capacit\u00e9 de confirmer ou d\u2019infirmer la validit\u00e9 des d\u00e9cisions prises par les financiers. Ces derniers ont dispens\u00e9 leur manne au monde \u00abacad\u00e9mique\u00bb de la science \u00e9conomique de mani\u00e8re s\u00e9lective. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment aux d\u00e9partements sp\u00e9cialis\u00e9s dans la finance.<\/p>\n<p><strong>Int\u00e9r\u00eats, complots\u2026<\/strong><\/p>\n<p>P.J. : Il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, j\u2019ai soumis un article \u00e0 une des grandes revues d\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aises. On m\u2019a r\u00e9pondu : \u00abVotre article est d\u2019inspiration marxiste.\u00bb On aurait pu me dire : \u00abVotre article est refus\u00e9.\u00bb Les \u00e9conomistes qui ont vu venir la crise \u00e9taient en dehors du cercle des opinions admissibles et audibles.<\/p>\n<p>J.-H.L. : Le sujet est plus grave que \u00e7a. Cette volont\u00e9 de s\u2019appeler science \u00e9conomique correspond \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un savoir capable de traiter les sujets de mani\u00e8re scientifique. Notre discipline a chang\u00e9 de cap. Elle s\u2019est enfonc\u00e9e dans la recherche d\u2019une formalisation. Et formaliser suppose une vision normative des comportements. Je ne fais pas un mea-culpa, mais il est certain qu\u2019on a exclu de la r\u00e9flexion \u00e9conomique toute vision transversale incluant la philosophie, l\u2019anthropologie, l\u2019histoire\u2026<\/p>\n<p><strong>Cette finance hypermod\u00e9lis\u00e9e ne vous a pas aid\u00e9s dans vos pr\u00e9dictions\u2026<\/strong><\/p>\n<p>J.-H.L. : Et pour cause. Nous ne savons pas int\u00e9grer les mod\u00e8les macro\u00e9conomiques avec les mod\u00e8les financiers. Pas plus que nous ne savons rendre compte d\u2019une crise syst\u00e9mique. Les \u00e9conomistes se sont donc mis dans un corner qui leur interdisait d\u2019\u00e9couter ceux qui disaient, \u00e0 l\u2019instar de Paul Jorion, que notre monde \u00e9tait en train de d\u00e9river.<\/p>\n<p>P.J. : L\u2019homo \u0153conomicus est normatif : il est l\u2019homme rationnel, celui qui sait ce qu\u2019il conviendrait de faire. Mais le \u00abmarch\u00e9 efficace\u00bb, \u00abla th\u00e9orie du portefeuille\u00bb, qui pr\u00e9tend depuis les ann\u00e9es 50 pouvoir optimiser tout investissement financier, sont des th\u00e9ories qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es erron\u00e9es. L\u2019homo \u0153conomicus est un homme bien particulier : celui qui ne recherche que son propre int\u00e9r\u00eat. Un tel homme a exist\u00e9 : c\u2019est le marchand de la fin du XVIIIe si\u00e8cle, l\u2019inventeur spontan\u00e9 du lib\u00e9ralisme. La science \u00e9conomique &#8211; par opposition \u00e0 l\u2019ancienne \u00ab\u00e9conomie politique\u00bb, qui cr\u00e9ait des \u00abtableaux\u00bb o\u00f9 \u00e9voluaient des corporations, des classes sociales &#8211; continue de mettre en \u0153uvre ce programme. Mais les erreurs m\u00e9thodologiques ne sont pas innocentes : elles engendrent des erreurs de jugement. Pourquoi les \u00e9conomistes n\u2019ont-ils pas compris que l\u2019explosion du cr\u00e9dit fragilisait mortellement la \u00abnouvelle \u00e9conomie\u00bb comme on l\u2019appelait ? Parce que la distorsion id\u00e9ologique pr\u00e9sente dans le mod\u00e8le de l\u2019homo \u0153conomicus encourageait \u00e0 assimiler les reconnaissances de dette \u00e0 de la v\u00e9ritable richesse. Les f\u00ealures du syst\u00e8me restaient du coup invisibles. Le r\u00e9sultat ne s\u2019est pas fait attendre.<\/p>\n<p>J.-H.L. : Je suis d\u2019accord pour dire que les \u00e9conomistes ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9duits par une esth\u00e9tique de la formalisation math\u00e9matique de l\u2019\u00e9conomie. Avec une production de mod\u00e8les que nous savions erron\u00e9s, simplifi\u00e9s et intemporels\u2026 Mais je ne suis pas dans la d\u00e9nonciation radicale. Je crois que l\u2019\u00e9conomiste a sa place, mais il doit se r\u00e9inventer, \u00eatre moins dans l\u2019id\u00e9ologie du formalisme math\u00e9matique responsable en partie de la crise.<\/p>\n<p>P.J. : Vous avez voulu mimer l\u2019astronomie. En astronomie, on peut d\u00e9crire l\u2019orbite des plan\u00e8tes en ne tenant compte que d\u2019un tr\u00e8s petit nombre de variables. Quand on tente d\u2019expliquer les soci\u00e9t\u00e9s humaines, c\u2019est impossible. Si on ne retient que quelques variables, la r\u00e9alit\u00e9 foisonnante passe entre les mailles du mod\u00e8le. Le rapport du Cercle des \u00e9conomistes le dit \u00e0 propos de la crise : \u00abOn \u00e9tudiait telles variables et on n\u00e9gligeait celles dont il aurait fallu tenir compte.\u00bb<\/p>\n<p><strong>De quelle mani\u00e8re ?<\/strong><\/p>\n<p>P.J. : C\u2019est le \u00absyndrome du r\u00e9verb\u00e8re\u00bb : les \u00e9conomistes n\u2019\u00e9tudient que ce qui est \u00e9clair\u00e9 par le r\u00e9verb\u00e8re. Ce qui ne les emp\u00eache pas de pr\u00e9tendre que leur \u00abscience\u00bb rend compte de tout. Votre rapport le dit : les \u00e9conomistes ont oubli\u00e9 d\u2019\u00e9tudier les cons\u00e9quences de l\u2019effet de levier de la dette. Ce n\u2019est pas accidentel : ils avaient, par biais id\u00e9ologique, confondu l\u2019argent que l\u2019on poss\u00e8de et celui que l\u2019on a emprunt\u00e9. Et il y a une autre chose que les \u00e9conomistes n\u2019aper\u00e7oivent pas par manque de familiarit\u00e9 avec le milieu des affaires : les r\u00e8gles implicites.<\/p>\n<p>J.-H.L. : Nos d\u00e9saccords sont profonds. Dans les hypoth\u00e8ses de la formation \u00e9conomique, l\u2019homo \u0153conomicus joue un r\u00f4le majeur\u2026 C\u2019est le squelette intellectuel d\u2019une repr\u00e9sentation des march\u00e9s, notamment financiers. Mais la plupart des probl\u00e8mes auxquels le monde est confront\u00e9 aujourd\u2019hui sont des probl\u00e8mes dans lesquels il n\u2019y a pas seulement une dimension financi\u00e8re. Le sujet est large. L\u2019effort mis sur la r\u00e9flexion qui touche \u00e0 la finance est excessif.<\/p>\n<p>P.J. : Il faut peut-\u00eatre aborder la question de l\u2019\u00e9chec \u00e0 pr\u00e9voir la crise d\u2019une mani\u00e8re beaucoup plus directe, certains diront plus cynique. Ma biblioth\u00e8que o\u00f9 se trouvent les livres de finance ne contient que des ouvrages \u00e9crits par des ing\u00e9nieurs financiers. Pas par des \u00e9conomistes. A partir des ann\u00e9es 80, la finance a organis\u00e9 une \u00e9norme fuite des cerveaux. Ceux qui sont rest\u00e9s \u00e9conomistes au sein des universit\u00e9s, c\u2019est parce que la finance les y avait laiss\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi ne parlez-vous pas de l\u2019interaction entre les \u00e9conomistes et les politiques ?<\/strong><\/p>\n<p>P.J. : Je ne la vois pas. Les politiques n\u2019ont aucun besoin des d\u00e9tenteurs d\u2019un savoir d\u00e9sincarn\u00e9. Si un politique a une heure \u00e0 consacrer \u00e0 un \u00e9conomiste ou \u00e0 un financier, il n\u2019h\u00e9sitera pas une seconde : le financier est dans la pratique, dans le monde r\u00e9el. C\u2019est avec lui que le politique voudra parler.<\/p>\n<p>J-H.L. : Je ne suis pas d\u2019accord. Je pense qu\u2019il y a, chez les \u00e9conomistes, deux populations : ceux qui pensent en termes de syst\u00e8me de production et ceux qui se sont focalis\u00e9s sur la finance\u2026<\/p>\n<p>P.J. : La finance est devenue un Etat dans l\u2019Etat. La crise l\u2019a mis en \u00e9vidence. Elle fonctionne en autarcie. Les financiers sont juges et parties. Les \u00e9conomistes sont en dehors de ce cercle.<\/p>\n<p>J-H.L. : D\u2019accord pour dire qu\u2019il y a une mont\u00e9e en puissance de la finance. Mais je pense que le politique est confront\u00e9 \u00e0 une rupture de l\u2019\u00e9conomie mondiale qui va bien au-del\u00e0 de la prise de pouvoir de la finance. On pourrait presque dire que cette mondialisation est difficile \u00e0 appr\u00e9hender intellectuellement. Au fond, \u00e9conomistes et politiques se retrouvent confront\u00e9s \u00e0 la m\u00eame difficult\u00e9.<\/p>\n<p>P.J. : Toute concentration de la richesse fait qu\u2019il y a de l\u2019argent en trop qu\u2019on voudra investir, ce qui d\u00e9bouche sur une surproduction &#8211; Keynes l\u2019avait bien vu. Il faut alors constamment trouver de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s. La globalisation en est la cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>Photos Fr\u00e9d\u00e9ric Stucin. MYOP<\/p>\n<p>(1) Le Cercle des \u00e9conomistes vient de publier \u00abA quoi servent les \u00e9conomistes\u00bb, \u00e9d. PUF, 15 euros. <\/p>\n<p>(2) \u00abLa crise du capitalisme am\u00e9ricain\u00bb, Editions du Croquant, 20 euros. \u00abLa crise : Des subprimes au s\u00e9isme financier plan\u00e9taire\u00bb, \u00e9d. Fayard, 20 euros.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lib\u00e9 publiera demain le d\u00e9bat entre Jean-Herv\u00e9 Lorenzi, le pr\u00e9sident du Cercle des Economistes, et moi, \u00e0 propos de <b>A quoi servent les \u00e9conomistes ?<\/b>, Cercle des Economistes, PUF \/ Descartes &#038; Cie, 2010.<\/p>\n<p><strong>\u00abLa finance est devenue un Etat dans l\u2019Etat\u00bb<\/strong><br \/> INTERVIEW<br \/> Jean-Herv\u00e9 Lorenzi, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 Paris-Dauphine, et Paul Jorion, anthropologue [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[35],"class_list":["post-10306","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-science-economique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10306","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10306"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10306\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48383,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10306\/revisions\/48383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10306"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}