{"id":103829,"date":"2018-04-21T11:48:51","date_gmt":"2018-04-21T09:48:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=103829"},"modified":"2018-04-22T08:27:59","modified_gmt":"2018-04-22T06:27:59","slug":"defaite-de-lamiral-theresa-may-dans-les-eaux-jamaicaines-laffaire-windrush","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2018\/04\/21\/defaite-de-lamiral-theresa-may-dans-les-eaux-jamaicaines-laffaire-windrush\/","title":{"rendered":"D\u00e9faite de l\u2019amiral Theresa May dans les eaux jama\u00efcaines&nbsp;: l\u2019affaire Windrush"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/uk-news\/2018\/apr\/20\/the-week-that-took-windrush-from-low-profile-investigation-to-national-scandal\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The week that took Windrush from low-profile investigation to national scandal<\/a>, par Amelia Gentleman, le 20 avril 2018 \u00a9 The Guardian<\/p>\n<blockquote><p>Introduction et traduction par Timiota. Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<p>\u00c0 moi comme \u00e0 la plupart des continentaux d\u2019Europe qui me lisez, le vocable britannique \u00ab\u00a0Windrush\u00a0\u00bb n\u2019\u00e9voquait rien. Il pointe pourtant un pan de l\u2019histoire coloniale r\u00e9cente du Royaume-Uni, celle des \u00ab\u00a0West Indies\u00a0\u00bb (Jama\u00efque, Cara\u00efbes britanniques) post 1945, qui vient de se solder par un rude coup [je n\u2019ose pas dire \u00ab\u00a0<em>coup de Trafalgar<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e9videmment,\u2026 ah ces Anglais sur mer\u2026] pour Theresa May et sa ministre de l\u2019int\u00e9rieur Amber Rudd notamment. L\u2019affaire &#8212; qui a fait de dizaine de milliers de Britanniques venus de l\u00e0-bas avant 1973 des demi-apatrides en puissance &#8212; me semble pr\u00e9monitoire de ce qui survient quand on choisit les immigr\u00e9s comme cible, avec des mots doux comme les \u00ab\u00a0illegal or would-be illegal\u00a0\u00bb qui g\u00e9n\u00e9ralisent le soup\u00e7on, ainsi que le sp\u00e9cifient des textes fuit\u00e9s du cabinet du Home Office. Le sommet du Commonwealth, qui se devait d\u2019\u00eatre consensuel, a \u00e9t\u00e9 quelque peu alt\u00e9r\u00e9 par cette affaire Windrush. Voici le r\u00e9sum\u00e9 d\u2019une semaine particuli\u00e8re que fait le Guardian de ces \u00e9v\u00e8nements survenus pendant la semaine \u00e9coul\u00e9e.<\/p><\/blockquote>\n<p><!--more-->Au cours des six derniers mois, le Guardian a mis en lumi\u00e8re les cas de brutalit\u00e9 du Home Office envers la g\u00e9n\u00e9ration Windrush, d\u00e9crivant comment des citoyens \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de la retraite qui ont v\u00e9cu et pay\u00e9 des imp\u00f4ts au Royaume-Uni pendant des d\u00e9cennies ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenus, se sont retrouv\u00e9s sans abri, licenci\u00e9s ou priv\u00e9s de prestations et de soins par le NHS [la S\u00e9cu+h\u00f4pitaux] parce qu&rsquo;ils ont eu du mal \u00e0 prouver qu&rsquo;ils sont Britanniques. Il y a sept jours, le gouvernement avait \u00e0 peine reconnu le scandale.<\/p>\n<p>Tout a chang\u00e9 cette semaine. En l&rsquo;espace de cinq jours, le premier ministre [Theresa May] a \u00e9t\u00e9 contraint de s&rsquo;excuser \u00e0 deux reprises pour le tort caus\u00e9 aux victimes, tandis que la ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur [Amber Rudd] s&rsquo;est excus\u00e9e pour les actions \u00ab\u00a0\u00e9pouvantables\u00a0\u00bb de son propre d\u00e9partement et a adress\u00e9 une r\u00e9primande s\u00e9v\u00e8re \u00e0 son personnel. Amber Rudd a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00ab\u00a0pr\u00e9occup\u00e9e par le fait que le minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur s&rsquo;est trop pr\u00e9occup\u00e9 de politique et de strat\u00e9gie et perd parfois de vue l&rsquo;individu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 pour provoquer cette soudaine reconnaissance de culpabilit\u00e9 ? Comment le gouvernement a-t-il pu ignorer si longtemps les rapports d\u00e9taill\u00e9s du Guardian sur les probl\u00e8mes tragiques que la politique d&rsquo;immigration phare de Theresa May, \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;environnement hostile \u00e0 la migration ill\u00e9gale<\/em>\u00ab\u00a0, qu&rsquo;elle a lanc\u00e9 en 2013 en tant que ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, a d\u00e9cha\u00een\u00e9 sur les citoyens de l&rsquo;\u00e8re Windrush sans passeport ? [<em>La \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ration Windrush\u00a0\u00bb se r\u00e9f\u00e8re aux Jama\u00efcains et autres Carib\u00e9ens du Commonwealth, donc par d\u00e9faut citoyens britanniques \u00e0 l\u2019\u00e9poque, venus en premier par le bateau \u00e9ponyme en 1948, et n\u2019ayant souvent pas fait de proc\u00e9dure formelle de naturalisation, puisque, notamment, il n\u2019y pas de carte d\u2019identit\u00e9 au Royaume-Uni, voir \u00ab\u00a0Q&amp;R\u00a0\u00bb en bas<\/em>].<\/p>\n<p>Une s\u00e9rie d&rsquo;articles ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans le Guardian, provoquant le choc de nos lecteurs et l&rsquo;indiff\u00e9rence du gouvernement. Nous avons document\u00e9 les cas de personnes telles que Paulette Wilson, 61 ans (ancienne employ\u00e9e de cuisine \u00e0 la Chambre des communes, devenue sans-abri, d\u00e9tenue et menac\u00e9e d&rsquo;expulsion vers la Jama\u00efque, apr\u00e8s 50 ans au Royaume-Uni), Michael Braithwaite, 66 ans (licenci\u00e9 en tant qu&rsquo;assistant d&rsquo;enseignement sp\u00e9cialis\u00e9 apr\u00e8s 56 ans au Royaume-Uni), Hubert Howard, 61 ans (licenci\u00e9 et incapable de rendre visite \u00e0 sa m\u00e8re mourante apr\u00e8s 49 ans au Royaume-Uni), et Albert Thompson (nom d\u2019emprunt, s\u2019est vu refus\u00e9 le traitement de son cancer par le NHS qui lui a dit que cela lui co\u00fbterait 54 000 \u00a3 apr\u00e8s qu\u2019il ait pay\u00e9 quatre d\u00e9cennies d&rsquo;imp\u00f4ts).<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agissait de personnes qui avaient pay\u00e9 leurs imp\u00f4ts pendant des d\u00e9cennies et dont la vie avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite par le harc\u00e8lement du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur au sujet de leur statut d&rsquo;immigration. Tous sont ici l\u00e9galement, mais aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;a la documentation pour le prouver. Le resserrement des r\u00e8gles d&rsquo;immigration de May signifie que les fonctionnaires ont commenc\u00e9 \u00e0 exiger de voir les papiers, ciblant souvent ceux qu\u2019ils soup\u00e7onnent (\u00e0 en juger par les accents et la couleur de la peau) de ne peut-\u00eatre pas les avoir.<\/p>\n<p>Lorsque le chef travailliste, Jeremy Corbyn, a pr\u00e9sent\u00e9 le cas de Thompson au Parlement en mai dernier \u00e0 Mme May, elle a dit qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait pas au courant. De toute \u00e9vidence, le premier ministre est occup\u00e9 et ne lit peut-\u00eatre pas beaucoup le Guardian, mais il est curieux que personne dans son cabinet n&rsquo;ait pens\u00e9 que cette question \u00e9tait suffisamment s\u00e9rieuse pour la briefer \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Le fait que ces cas n&rsquo;aient pas suscit\u00e9 une condamnation universelle bruyante plus t\u00f4t r\u00e9v\u00e8le quelque chose au sujet de la Grande-Bretagne. Plusieurs victimes se sont interrog\u00e9s en se demandant si cela leur serait arriv\u00e9 dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 leur peau avait \u00e9t\u00e9 de couleur diff\u00e9rente. Le fait que certains de ces cas remontent \u00e0 deux ou trois ans et n&rsquo;ont jamais fait les manchettes, et n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 non plus soulign\u00e9s par les d\u00e9put\u00e9s, dit aussi quelque chose d&rsquo;inconfortable au sujet du racisme dans ce pays.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;est occup\u00e9e de l&rsquo;affaire Thompson, la r\u00e9ponse de May a \u00e9t\u00e9 peu \u00e0 l\u2019aise. Thompson avait besoin de \u00a0\u00bb prouver son statut \u00e9tabli \u00a0\u00bb au Royaume-Uni, a-t-elle dit, apparemment sans savoir que c&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;il \u00e9tait incapable de faire : le minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur exige des preuves abondantes, les dossiers ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits et les fonctionnaires n&rsquo;ont pas accept\u00e9 (comme on aurait pu s&rsquo;y attendre) ses dizaines d&rsquo;ann\u00e9es de paiements d&rsquo;imp\u00f4ts. En r\u00e9ponse \u00e0 chaque cas soulev\u00e9 par le Guardian, le personnel du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur a \u00e9mis des d\u00e9clarations disant que les personnes concern\u00e9es avaient besoin d&rsquo;obtenir des conseils juridiques et de soumettre des candidatures correctes. Ils ne savaient apparemment pas que les r\u00e9ductions de l&rsquo;aide juridique rendaient cela impossible et que les frais du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur \u00e9taient prohibitifs pour les personnes qui se trouvaient \u00e0 la limite du d\u00e9nuement apr\u00e8s avoir perdu leur emploi et s&rsquo;\u00eatre vu refuser des prestations.<\/p>\n<p>Les choses ont chang\u00e9 apr\u00e8s que le haut-commissaire de La Barbade [<em>aupr\u00e8s de cour de St James,<\/em> son titre complet], Guy Hewitt, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que Downing Street avait rejet\u00e9 une demande officielle de 12 chefs de gouvernement des Cara\u00efbes pour discuter du probl\u00e8me avec May lors de la r\u00e9union des chefs de gouvernement du Commonwealth, qui s&rsquo;est ouverte lundi \u00e0 Londres. Dimanche, Hewitt a d\u00e9clar\u00e9 que cela \u00e9tait \u00ab\u00a0regrettable\u00a0\u00bb. En moins de 24 heures, David Lammy, du Parti travailliste, avait r\u00e9uni 140 d\u00e9put\u00e9s de tous les partis pour signer une lettre demandant au premier ministre d&rsquo;agir, et Rudd s&rsquo;est excus\u00e9e aux Communes et a mis en place une ligne directe d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la question \u00ab\u00a0Windrush\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;a pas fait grand-chose pour emp\u00eacher la crise de partir en vrille. La r\u00e9v\u00e9lation du Guardian, mardi, selon laquelle des milliers de cartes de d\u00e9barquement (landing slips, bordereaux d&rsquo;enregistrement) de l&rsquo;\u00e8re Windrush avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites en octobre 2010, a caus\u00e9 un nouvel embarras au gouvernement. Un ancien employ\u00e9 du Home Office a d\u00e9clar\u00e9 en tant que lanceur d\u2019alerte que les employ\u00e9s de son service ont dit que c&rsquo;\u00e9tait une mauvaise id\u00e9e de d\u00e9truire les documents, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait souvent du dernier document qui pouvait rester pour faire foi, en cas d&rsquo;incertitude sur la date d&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une personne au Royaume-Uni. Les cartes pourraient offrir des preuves cruciales d&rsquo;une arriv\u00e9e avant 1973, point cl\u00e9 pour obtenir un passeport britannique.<\/p>\n<p>Downing Street et le Home Office ont fait de leur mieux pour minimiser l&rsquo;importance de la r\u00e9v\u00e9lation, en offrant des informations diverses et changeantes sur ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9, et en d\u00e9clarant qu&rsquo;il serait \u00ab\u00a0trompeur et inexact\u00a0\u00bb de sugg\u00e9rer que les bordereaux d&rsquo;enregistrement auraient une incidence sur les cas d&rsquo;immigration du Commonwealth. Cependant, d&rsquo;autres lanceurs d\u2019alerte ont imm\u00e9diatement contact\u00e9 le Guardian pour dire que le personnel du Home Office avait \u00ab\u00a0r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0\u00bb utilis\u00e9 des informations port\u00e9es sur les cartes de d\u00e9barquement dans le cadre de son processus d\u00e9cisionnel, et pour d\u00e9tailler l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une attitude \u00ab\u00a0gotcha\u00a0\u00bb chez certains membres du personnel, qui aimaient bien attraper les candidats [wikipedia\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le \u00a0\u00bb journalisme Gotcha \u00a0\u00bb [I got you] est un terme p\u00e9joratif utilis\u00e9 par les critiques des m\u00e9dias pour d\u00e9crire des m\u00e9thodes d&rsquo;entrevue qui semblent con\u00e7ues pour pi\u00e9ger les personnes interrog\u00e9es dans des d\u00e9clarations qui sont pr\u00e9judiciables ou discr\u00e9dit\u00e9es \u00e0 leur cause, \u00e0 leur caract\u00e8re, \u00e0 leur int\u00e9grit\u00e9 ou \u00e0 leur r\u00e9putation. Le terme est enracin\u00e9 dans l&rsquo;affirmation que l&rsquo;intervieweur peut soutenir un programme cach\u00e9 et vise \u00e0 faire des enregistrements cin\u00e9matographiques ou sonores de la personne interview\u00e9e qui peuvent \u00eatre \u00e9dit\u00e9s, compil\u00e9s et diffus\u00e9s ou publi\u00e9s de mani\u00e8re s\u00e9lective afin de montrer intentionnellement le sujet sous un jour d\u00e9favorable. Le terme d\u00e9rive du mot gotcha, une forme contractuelle de \u00ab\u00a0got you\u00a0\u00bb, et a \u00e9merg\u00e9 dans le journalisme politique au cours des ann\u00e9es 1980 et 1990.<\/em>]<\/p>\n<p>Tout au long de la semaine, il y a eu des querelles politiques pour savoir si des citoyens de l&rsquo;\u00e8re Windrush avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s ou non ; il s&rsquo;agissait en grande partie d&rsquo;un faux-fuyant, car la d\u00e9portation n&rsquo;est qu&rsquo;une des nombreuses fa\u00e7ons dont les gens sont affect\u00e9s. Il y a eu une querelle entre Corbyn et May pour savoir quand la d\u00e9cision de d\u00e9truire les cartes a \u00e9t\u00e9 prise, et qui savait, mais c&rsquo;\u00e9tait aussi un faux-fuyant. L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est que les documents ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits sous la supervision de May, et elle a introduit deux ans plus tard des r\u00e8gles qui ont eu pour effet d&rsquo;obliger les gens \u00e0 rassembler des preuves documentaires de leur arriv\u00e9e au Royaume-Uni.<\/p>\n<p>Le d\u00e9part en vrille de ce scandale a compl\u00e8tement \u00e9clips\u00e9 la r\u00e9union des chefs de gouvernement du Commonwealth, alors que le gouvernement esp\u00e9rait confirmer les liens post-Brexit avec d&rsquo;anciens alli\u00e9s. La veille d&rsquo;une r\u00e9union programm\u00e9e en h\u00e2te avec les dirigeants des Cara\u00efbes (un revirement embarrassant de Downing Street), la m\u00e8re de Dexter Bristol, qui est mort le mois dernier apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 pour n&rsquo;avoir pas de papiers, a dit au Gardien qu&rsquo;elle croyait que le stress caus\u00e9 par ses probl\u00e8mes d&rsquo;immigration \u00e9tait responsable de sa mort. Dexter Bristol \u00e9tait au Royaume-Uni depuis 49 ans, arriv\u00e9 ici \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de huit ans. Appelant Theresa May \u00e0 d\u00e9missionner, sa m\u00e8re, Sentina Bristol, a d\u00e9clar\u00e9 que son fils \u00e9tait la victime de la \u00ab\u00a0politique raciste\u00a0\u00bb du gouvernement.<\/p>\n<p>Cela vaut la peine de regarder les images des excuses maladroites que May a pr\u00e9sent\u00e9es aux dirigeants des Cara\u00efbes. Elle admet mine de rien [sans avoir l\u2019air d\u2019en jauger l\u2019importance] qu&rsquo;elle \u00e9tait responsable de toute la catastrophe, d\u00e9clarant que \u00ab\u00a0la question avait \u00e9t\u00e9 mise au jour gr\u00e2ce aux mesures que nous avons introduites r\u00e9cemment\u00a0\u00bb et sugg\u00e9rant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait simplement d&rsquo;une pr\u00e9occupation bureaucratique pour les personnes qui ont maintenant \u00ab\u00a0besoin de prouver leur statut d&rsquo;immigration\u00a0\u00bb. Elle n&rsquo;a fait aucune mention de la douleur caus\u00e9e \u00e0 des milliers de personnes.<\/p>\n<p>Entre-temps, Thompson s\u2019irritait du fait que, m\u00eame si May avait dit aux Communes qu&rsquo;il recevrait \u00ab\u00a0le traitement dont il a besoin\u00a0\u00bb, personne n&rsquo;avait pris la peine de communiquer avec lui pour lui expliquer s&rsquo;il recevrait ou non la radioth\u00e9rapie qui aurait d\u00fb commencer en novembre. Il attend toujours une explication et aimerait des excuses.<\/p>\n<p>Des dizaines de victimes de \u00ab\u00a0Windrush\u00a0\u00bb ont contact\u00e9 le Guardian et des r\u00e9cits de 19 vies ruin\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s. Chacune est d\u00e9vastatrice. Les gens ont parl\u00e9 de parents qui ont quitt\u00e9 les Cara\u00efbes pour chercher une vie meilleure au Royaume-Uni, \u00e9pargnant souvent pendant des ann\u00e9es avant d&rsquo;avoir les moyens que leurs enfants les rejoignent ; travaillant dur dans des emplois vitaux et mal pay\u00e9s dans la fonction publique et \u00e9tant souvent trop pauvres pour envisager des vacances, donc ne demandant jamais de passeports. D&rsquo;autres histoires sont dans le tuyau.<\/p>\n<p>Le lien entre les politiques du premier ministre et cette trag\u00e9die est clair. Il lui sera impossible de concilier son r\u00f4le central dans le scandale \u00ab\u00a0Windrush\u00a0\u00bb avec sa promesse ant\u00e9rieure de d\u00e9barrasser le Parti conservateur de l&rsquo;\u00e9tiquette de \u00ab\u00a0m\u00e9chant\u00a0\u00bb qui lui colle au dos, ainsi qu\u2019avec ses paroles sur le perron de Downing Street lorsqu&rsquo;elle devint premier ministre en juillet 2016. Elle avait alors promis de lutter contre l&rsquo;injustice et de faire de la Grande-Bretagne \u00ab\u00a0un pays qui marche pour tous\u00a0\u00bb. Dans le m\u00eame discours, elle avait not\u00e9 que \u00ab\u00a0si vous \u00eates Noir, vous \u00eates trait\u00e9 plus durement par le syst\u00e8me de justice p\u00e9nale que si vous \u00eates Blanc\u00a0\u00bb. On pourrait en dire autant [sur l\u2019impossible r\u00e9conciliation] au sujet de son minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur (Home Office).<\/p>\n<p>Aucune des victimes de Windrush interrog\u00e9es par le Guardian au cours des six derniers mois n&rsquo;est heureuse aujourd&rsquo;hui. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un scandale qui a caus\u00e9 des dommages incalculables \u00e0 la r\u00e9putation de la Grande-Bretagne.<\/p>\n<p>____________<\/p>\n<p>Q&amp;R \u00ab\u00a0<strong><em>Qu&rsquo;est-ce que la crise de la d\u00e9portation Windrush ?\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui est la g\u00e9n\u00e9ration Windrush ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce sont des gens qui sont arriv\u00e9s au Royaume-Uni apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale en provenance des pays des Cara\u00efbes \u00e0 l&rsquo;invitation du gouvernement britannique. Le premier groupe [quelques centaines de gens] est arriv\u00e9 sur le navire <em>MV Empire Windrush<\/em> en juin 1948.<\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui leur arrive ?<\/strong><\/p>\n<p>On estime que 50 000 personnes risquent d&rsquo;\u00eatre expuls\u00e9es si elles n&rsquo;ont jamais officialis\u00e9 leur statut de r\u00e9sident et ne disposent pas des documents requis pour le prouver.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi cela se produit-il maintenant ?<\/strong><\/p>\n<p>Elle d\u00e9coule d&rsquo;une politique, d\u00e9finie par Theresa May alors qu&rsquo;elle \u00e9tait ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, visant \u00e0 faire du Royaume-Uni \u00ab\u00a0un environnement vraiment hostile pour les immigrants ill\u00e9gaux\u00a0\u00bb. Elle exige que les employeurs, le personnel du NHS, les propri\u00e9taires priv\u00e9s et d&rsquo;autres organismes exigent des preuves de la citoyennet\u00e9 ou du statut d&rsquo;immigration des personnes.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi n&rsquo;ont-ils pas les documents et le statut corrects ?<\/strong><\/p>\n<p>Certains enfants, qui voyagent souvent avec le passeport de leurs parents, n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 officiellement naturalis\u00e9s et beaucoup ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 au Royaume-Uni avant que les pays dans lesquels ils sont n\u00e9s ne deviennent ind\u00e9pendants, de sorte qu&rsquo;ils ont suppos\u00e9 qu&rsquo;ils \u00e9taient Britanniques. Dans certains cas, ils n&rsquo;ont pas fait de demande de passeport. Le Minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur n&rsquo;a pas tenu de registre des personnes entrant dans le pays et a accord\u00e9 une autorisation de s\u00e9jour, qui a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 toute personne vivant de fa\u00e7on continue dans le pays depuis le 1er janvier 1973.<\/p>\n<p><strong>Que fait le gouvernement pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me ?<\/strong><\/p>\n<p>Lundi, la ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur Amber Rudd a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle \u00e9quipe du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur pour s&rsquo;assurer que les r\u00e9sidents de longue date du Royaume-Uni n\u00e9s dans le Commonwealth ne soient plus consid\u00e9r\u00e9s comme se trouvant ill\u00e9galement au Royaume-Uni.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/uk-news\/2018\/apr\/20\/the-week-that-took-windrush-from-low-profile-investigation-to-national-scandal\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The week that took Windrush from low-profile investigation to national scandal<\/a>, par Amelia Gentleman, le 20 avril 2018 \u00a9 The Guardian<\/p>\n<blockquote>\n<p>Introduction et traduction par Timiota. Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<p>\u00c0 moi comme \u00e0 la plupart des continentaux d\u2019Europe qui me lisez, le vocable britannique \u00ab\u00a0Windrush\u00a0\u00bb n\u2019\u00e9voquait rien. 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