{"id":107290,"date":"2018-11-16T20:25:24","date_gmt":"2018-11-16T19:25:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=107290"},"modified":"2018-11-16T20:26:49","modified_gmt":"2018-11-16T19:26:49","slug":"la-quinzaine-litteraire-n-1204-tous-jouets-des-circonstances-le-16-novembre-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2018\/11\/16\/la-quinzaine-litteraire-n-1204-tous-jouets-des-circonstances-le-16-novembre-2018\/","title":{"rendered":"La Quinzaine Litt\u00e9raire, N\u00b0 1204, \u00ab\u00a0Tous jouets des circonstances\u00a0\u00bb, le 16 novembre 2018"},"content":{"rendered":"<p>La premi\u00e8re de mes chroniques mensuelles pour<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-106892\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\" alt=\"\" width=\"471\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png 471w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine-300x71.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/a><\/p>\n<h5><a href=\"https:\/\/www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr\/mode-lecture\/tous-jouets-des-circonstances-1222\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tous jouets des circonstances<\/a> :<\/h5>\n<blockquote><p>Avec sa pi\u00e8ce <em>La L\u00e9gende d\u2019une vie<\/em>, Stefan Zweig, commentateur g\u00e9n\u00e9reux et du coup constamment d\u00e9sappoint\u00e9 de l\u2019entre-deux-guerres, nous offrit en 1919 un charmant portrait en trois actes de la condition humaine, o\u00f9 toute histoire d\u2019une vie se raconte avec un degr\u00e9 \u00e9gal de plausibilit\u00e9 comme un navrant naufrage ou un triomphe exaltant. C\u2019est que la mort souligne par n\u00e9cessit\u00e9 notre d\u00e9faite mais que la vie magnifie au contraire notre victoire h\u00e9ro\u00efque contre des \u00e9l\u00e9ments tous injustement ligu\u00e9s contre nous.<\/p><\/blockquote>\n<p><!--more-->L\u2019intrigue de\u00a0<em>La L\u00e9gende d\u2019une vie<\/em>\u00a0de Stefan Zweig, pi\u00e8ce parue en 1919, se relate en deux mots\u00a0: un jeune homme s\u2019\u00e9nerve alors qu\u2019un grand acteur va lire, pour la premi\u00e8re fois et \u00e0 l\u2019intention d\u2019un public restreint, certains de ses po\u00e8mes dans la demeure hant\u00e9e par le souvenir de son p\u00e8re, illustre auteur. Sa m\u00e8re, sa s\u0153ur et un ami, \u00e9diteur et biographe de l\u2019\u00e9crivain disparu, tentent de le rassurer. La belle ordonnance de la soir\u00e9e s\u2019\u00e9croule quand s\u2019invite inopin\u00e9ment un cinqui\u00e8me personnage\u00a0: une femme dont on comprend bient\u00f4t que son existence a \u00e9t\u00e9 soigneusement gomm\u00e9e de la version officielle de la vie du h\u00e9ros de la r\u00e9publique des lettres.<\/p>\n<p>Tout cela est \u00e9crit d\u2019une mani\u00e8re exquise par Zweig \u00e0 partir d\u2019un argument emprunt\u00e9, de son propre aveu, \u00e0\u00a0<em>Dans l\u2019ombre des statues<\/em>\u00a0de Georges Duhamel, publi\u00e9 sept ans auparavant. La pi\u00e8ce se joue en ce moment et jusqu\u2019au 25\u00a0novembre au Th\u00e9\u00e2tre Montparnasse \u00e0 Paris, excellemment interpr\u00e9t\u00e9e par Macha M\u00e9ril, Natalie Dessay, Ga\u00ebl Giraudeau, Bernard Alane et Valentine Galey.<\/p>\n<p>Plusieurs morales peuvent \u00eatre tir\u00e9es de\u00a0<em>La L\u00e9gende d\u2019une vie<\/em>. Par exemple qu\u2019un grand homme (ou une grande femme) de lettres ne met pas \u00e0 contribution sa seule personne dans son besoin d\u2019\u00e9crire, mais r\u00e9quisitionne, au service de la passion pressante qui le (ou la) pousse \u00e0 coucher sur le papier les phrases qui se bousculent dans sa t\u00eate, toute une intendance de parents\u00a0(\u00e9pouse, fils, filles), d\u2019autres proches et collaborateurs \u00e0 titres divers, embrigad\u00e9s bon gr\u00e9 mal gr\u00e9 pour constituer la troupe charg\u00e9e de couver d\u2019abord l\u2019\u0153uvre admirable en gestation et de la promouvoir ensuite.<\/p>\n<p>Autre morale de\u00a0<em>La L\u00e9gende d\u2019une vie\u00a0<\/em>: la difficult\u00e9 \u00e0 se constituer un nom, quand la place est d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9e depuis une ou plusieurs g\u00e9n\u00e9rations et qu\u2019il ne reste que le strapontin d\u2019un pr\u00e9nom pour se constituer une personne \u00e0 soi, contrainte par le carcan pr\u00e9existant d\u2019une bonne renomm\u00e9e d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie, \u00e0 n\u2019\u00e9corner \u00e0 aucun prix. Le docteur Jacques Lacan nous a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le Nom-du-P\u00e8re n\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas une mince affaire pour un quidam et que c\u2019est encore une autre paire de manches quand il s\u2019agit du nom d\u2019un auguste d\u00e9funt. C\u2019est l\u00e0 la morale que Zweig lui-m\u00eame privil\u00e9gie pour sa pi\u00e8ce, quand il \u00e9crit \u00e0 Romain Rolland qu\u2019il s\u2019agit d\u2019<em>\u00ab\u00a0un drame moral et contemporain, combat h\u00e9ro\u00efque du fils contre la figure l\u00e9gendaire et fauss\u00e9e de son p\u00e8re qui l\u2019opprime moralement par sa grandeur id\u00e9alis\u00e9e et qu\u2019il ne commence \u00e0 aimer qu\u2019apr\u00e8s avoir arrach\u00e9 le masque h\u00e9ro\u00efque model\u00e9 par la famille et reconnu l\u2019homme coupable et humain en lui\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Une autre le\u00e7on encore \u2013 et c\u2019est le d\u00e9nouement merveilleux de la pi\u00e8ce qui sugg\u00e8re celle-ci plus sp\u00e9cialement\u00a0: le fait que s\u2019offre \u00e0 chacun de nous une double option dans le r\u00e9cit que nous \u00e9laborons de notre propre vie, qu\u2019il s\u2019agisse du cas limite d\u2019une version cens\u00e9ment compl\u00e8te\u00a0: l\u2019objet de pompeux m\u00e9moires, ou des bribes dont nous \u00e9maillons constamment nos propos dans la vie quotidienne, \u00e0 savoir le choix de nous y mettre en sc\u00e8ne avec une vraisemblance \u00e9gale comme victime ou h\u00e9ros, toute vie se r\u00e9sumant, malgr\u00e9 l\u2019immense vari\u00e9t\u00e9 des p\u00e9rip\u00e9ties, en les m\u00eames trois mots\u00a0: na\u00eetre, vivre et mourir, soit \u00ab\u00a0Les trois cloches\u00a0\u00bb qui rythment la vie de Jean-Fran\u00e7ois Nicot dans la fameuse chanson de Jean Villard\u00a0: la cloche annon\u00e7ant le bapt\u00eame, celle retentissant \u00e0 l\u2019occasion des noces, enfin le glas des fun\u00e9railles.<\/p>\n<p>Car dans le dernier acte, o\u00f9 dialoguent, r\u00e9unies, les deux femmes du grand homme\u00a0: celle officielle et celle occult\u00e9e, et o\u00f9 nous spectateurs avons jusqu\u2019ici, men\u00e9s par la main du dramaturge, reconnu l\u2019une comme triomphante et l\u2019autre comme vaincue, celle qui l\u2019a emport\u00e9 explique \u00e0 l\u2019autre que sa victoire n\u2019a \u00e9t\u00e9 en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019une longue d\u00e9faite grim\u00e9e en son contraire\u00a0: le travail ingrat et \u00e9puisant d\u2019arc-boutant de la cath\u00e9drale de l\u2019\u0153uvre, sacrifiant dans sa construction ses b\u00e2tisseurs, seulement pions \u00e0 son service. Car l\u2019\u0153uvre est cette suite de mots align\u00e9s dans un ordre dont la beaut\u00e9 est telle (si propre \u00e0 nous \u00e9mouvoir, \u00e0 nous faire saisir une chose demeur\u00e9e encore inaper\u00e7ue dans la t\u00e2che d\u2019\u00eatre une femme ou un homme) qu\u2019elle nous convainc que les sacrifices humains consentis durant son \u00e9dification en valaient la chandelle.<\/p>\n<p>Se pr\u00eate parfaitement \u00e0 cette derni\u00e8re interpr\u00e9tation le suicide de Zweig et celui de sa compagne, Charlotte Elizabeth Altmann, dont bien des indices sugg\u00e8rent qu\u2019il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 simultan\u00e9, mais le fruit de la part de celle-ci d\u2019une d\u00e9cision \u00ab\u00a0r\u00e9flexion faite\u00a0\u00bb. Un commentateur actuel n\u2019\u00e9crit-il pas \u00e0 leur propos\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Le 22\u00a0f\u00e9vrier 1942, courageux ou l\u00e2ches, les \u00e9poux Zweig d\u00e9cident de quitter ce monde.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0D\u00e9cision courageuse ou l\u00e2che\u00a0? \u00ab\u00a0Les deux, mon commandant\u00a0!\u00a0\u00bb, selon la mani\u00e8re dont on raconte l\u2019histoire, et surtout sur quel ton.<\/p>\n<p>Autre morale possible de\u00a0<em>La L\u00e9gende d\u2019une vie,<\/em>\u00a0celle-ci loin des sentiers battus\u00a0: y lire chaque vie comme les jalons qu\u2019elle posa, quand elle fit des enfants con\u00e7us, \u00e0 sa guise, des h\u00e9ritiers ou des spectres qui la hanteront.<\/p>\n<p>Car face \u00e0 la procr\u00e9ation d\u00e9coulant des al\u00e9as de notre inclination pour la copulation, nous pouvons y consentir ou nous rebeller contre elle \u00e0 des degr\u00e9s divers\u00a0: appeler certains enfants \u00ab\u00a0non voulus\u00a0\u00bb ou, plus brutalement, oblit\u00e9rer leur existence par l\u2019avortement tant qu\u2019elle est encore cach\u00e9e ou par l\u2019infanticide quand elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/p>\n<p>Un moment cl\u00e9 de la pi\u00e8ce n\u2019est-il pas en effet celui o\u00f9 le po\u00e8te en herbe demande \u00e0 l\u2019amante occult\u00e9e du grand homme, resurgie du pass\u00e9, quelle fut la v\u00e9ritable cause de son \u00e9viction autrefois et qu\u2019elle r\u00e9pond dans un cri\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Mais c\u2019est toi\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Car elle avait, quant \u00e0 elle, effac\u00e9 par l\u2019avortement les cons\u00e9quences inopportunes de sa copulation avec le grand homme, alors que celle qui lui succ\u00e9derait dans le c\u0153ur de celui-ci ferait le choix inverse\u00a0: elle ferait basculer la donne en pr\u00e9servant l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre, mettant ainsi brutalement fin \u00e0 une p\u00e9riode de relation \u00e0 trois.<\/p>\n<p>Et l\u2019on apprend plus tard que le fils se trouve \u00e0 son tour confront\u00e9 \u00e0 la bifurcation dans un destin que cause une grossesse inopin\u00e9e. Soit un autre aspect cl\u00e9 encore de la condition humaine pour une pi\u00e8ce se penchant sur une multitude d\u2019entre eux, celui-l\u00e0 nous rapprochant davantage de la sph\u00e8re de pr\u00e9dilection de Freud, et o\u00f9 l\u2019inventeur de la psychanalyse se situait de son propre aveu en rival d\u2019un troisi\u00e8me Viennois de l\u2019\u00e9poque\u00a0: le romancier et dramaturge Arthur Schnitzler, pour qui l\u2019histoire de la vie des fr\u00eales cr\u00e9atures que nous sommes s\u2019assimile au spectacle de nos tentatives affligeantes de r\u00e9tablir le cap, alors que notre plan de carri\u00e8re est constamment d\u00e9fait par l\u2019ascendant que prennent sur notre esprit les envies d\u00e9sordonn\u00e9es de notre corps. En offre la plus d\u00e9licieuse illustration sa fameuse\u00a0<em>Traumnovelle<\/em>\u00a0de 1925, immortalis\u00e9e au cin\u00e9ma par Stanley Kubrick en 1999, sous le nom de\u00a0<em>Eyes Wide Shut<\/em>. Voici donc deux \u00eatres, Fridolin et Albertine, qui s\u2019aiment plus que tout mais ne cessent pour autant d\u2019exorciser avec un succ\u00e8s mitig\u00e9 les tentations r\u00e9elles et les visions hallucin\u00e9es de copuler avec quiconque passe \u00e0 leur port\u00e9e et s\u2019av\u00e8re aussi disponible qu\u2019eux-m\u00eames envers la chose.<\/p>\n<p>On dit que Schnitzler consid\u00e9rait les psychanalystes comme autant de snobs lyophilisant \u00e0 l\u2019aide de concepts alambiqu\u00e9s les v\u00e9rit\u00e9s que les romanciers avaient mises au jour de temps imm\u00e9moriaux. La revanche ironique de la psychanalyse contre son d\u00e9dain lui fut malencontreusement offerte par la mort de sa fille, Lili, \u00e2g\u00e9e de 18\u00a0ans et nouvellement mari\u00e9e, heureuse en tout si l\u2019on en croit ce qu\u2019elle confiait \u00e0 son entourage, qui s\u2019excusa un instant aupr\u00e8s de son mari au moment o\u00f9 ils quittaient leur domicile, affirmant avoir laiss\u00e9 quelque chose dans la salle de bains, mais qui s\u2019empara alors du pistolet qui se trouvait dans la maison pour le d\u00e9charger sur sa poitrine. Elle eut encore la force de murmurer qu\u2019elle ignorait ce qui l\u2019avait prise. Or c\u2019est l\u00e0 que nous en sommes, individus particuliers et esp\u00e8ce tout enti\u00e8re\u00a0: en proie \u00e0 de simples \u00ab\u00a0instants de nervosit\u00e9\u00a0\u00bb, pour reprendre les termes qui furent alors ceux de la jeune femme. La trag\u00e9die grecque fut la premi\u00e8re \u00e0 prendre la pleine mesure de cela. H\u00e9las\u00a0! depuis, nous n\u2019avons gu\u00e8re progress\u00e9 d\u2019un seul pas.<\/p>\n<p>[Paul Jorion est sociologue, anthropologue et psychanalyste. Il a publi\u00e9 vingt et un essais et une bande dessin\u00e9e.]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La premi\u00e8re de mes chroniques mensuelles pour<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-106892\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\" alt=\"\" width=\"471\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png 471w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine-300x71.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/a><\/p>\n<h5><a href=\"https:\/\/www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr\/mode-lecture\/tous-jouets-des-circonstances-1222\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tous jouets des circonstances<\/a> :<\/h5>\n<blockquote>\n<p>Avec sa pi\u00e8ce <em>La L\u00e9gende d\u2019une vie<\/em>, Stefan Zweig, commentateur g\u00e9n\u00e9reux et du coup constamment d\u00e9sappoint\u00e9 de l\u2019entre-deux-guerres, nous offrit en 1919 un charmant portrait en trois actes de la [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[6127,6098],"class_list":["post-107290","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature","tag-quinzaine-litteraire","tag-stefan-zweig"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107290"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107290\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":107341,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107290\/revisions\/107341"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}