{"id":107777,"date":"2018-12-17T15:56:11","date_gmt":"2018-12-17T14:56:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=107777"},"modified":"2018-12-17T16:02:48","modified_gmt":"2018-12-17T15:02:48","slug":"la-quinzaine-litteraire-n-1206-tu-auras-cesse-de-gagner-ton-pain-a-la-sueur-de-ton-front-le-16-decembre-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2018\/12\/17\/la-quinzaine-litteraire-n-1206-tu-auras-cesse-de-gagner-ton-pain-a-la-sueur-de-ton-front-le-16-decembre-2018\/","title":{"rendered":"La Quinzaine Litt\u00e9raire, N\u00b0 1206, \u00ab TU AURAS CESS\u00c9 DE GAGNER TON PAIN \u00c0 LA SUEUR DE TON FRONT&nbsp;\u00bb, le 16 d\u00e9cembre 2018"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p>La seconde de mes chroniques mensuelles pour<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-106892\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\" alt=\"\" width=\"471\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png 471w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine-300x71.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/a><\/p>\n<h5><a href=\"https:\/\/www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr\/mode-lecture\/tu-auras-cesse-de-gagner-ton-pain-a-la-sueur-de-ton-front-1224\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab Tu auras cess\u00e9 de gagner ton pain \u00e0 la sueur de ton front\u00a0\u00bb<\/a>&nbsp;:<\/h5>\n<p>\u00ab\u00a0Player Piano\u00a0\u00bb, le premier roman de l\u2019auteur am\u00e9ricain Kurt Vonnegut Jr. fut publi\u00e9 par Scribner en 1952. \u00c9tiquet\u00e9 \u00ab\u00a0science-fiction\u00a0\u00bb par la critique maigrelette qu\u2019il suscita \u00e0 sa parution (\u00ab\u00a0Je parle bien d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0\u00bb, s\u2019insurgea alors l\u2019auteur), l\u2019ouvrage se vendit mal.<\/p>\n<p><!--more-->La renomm\u00e9e ne viendrait \u00e0 Kurt Vonnegut (1922-2007) que dix-sept ans plus tard, en 1969, quand\u00a0<i>Slaughterhouse 5 or the Children\u2019s Crusade<\/i> serait, lui, un succ\u00e8s de librairie assurant la gloire de son auteur. Vonnegut rapporte l\u00e0, sur le mode du d\u00e9sarroi et dans le style de la d\u00e9rision, son aventure de prisonnier de guerre am\u00e9ricain, captur\u00e9 lors de la bataille des Ardennes en d\u00e9cembre 1944 et ne survivant au bombardement de Dresde, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9, que pour s\u2019\u00eatre enferm\u00e9 parmi les carcasses dans une chambre froide, au troisi\u00e8me sous-sol d\u2019un abattoir. Le livre \u00e9tait porteur du message pacifiste qu\u2019attendait l\u2019Am\u00e9rique, tout sp\u00e9cialement sa jeunesse \u00e9c\u0153ur\u00e9e par la guerre men\u00e9e en son nom en Asie et dont elle \u00e9tait \u00e0 la fois le bras arm\u00e9 et la victime sacrificielle.<\/p>\n<p>Si le titre de cet ouvrage fut traduit, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019usage, en\u00a0<i>Abattoir\u00a05 ou la Croisade des enfants,<\/i>\u00a0<i>Player Piano<\/i>\u00a0subit, vingt-trois ans apr\u00e8s sa publication, l\u2019avanie d\u2019\u00eatre appel\u00e9\u00a0<i>Le Pianiste d\u00e9cha\u00een\u00e9.<\/i>\u00a0Incongruit\u00e9 inexplicable \u2013 car il n\u2019est question nulle part dans le roman d\u2019un pianiste,\u00a0<i>a fortiori<\/i>\u00a0d\u00e9cha\u00een\u00e9 \u2013 due sans doute \u00e0 une confusion dans le chef de la traductrice entre\u00a0<i>\u00ab\u00a0piano player\u00a0\u00bb,<\/i>\u00a0ce qui veut dire \u00ab\u00a0pianiste\u00a0\u00bb, et\u00a0<i>\u00ab\u00a0player piano\u00a0\u00bb,<\/i>\u00a0le nom en anglais du \u00ab\u00a0piano m\u00e9canique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Cet automate r\u00e9jouissant appara\u00eet bien dans le roman en tant que symbole m\u00eame du monde nouveau d\u00e9crit par Vonnegut et dont il entend d\u00e9voiler la nature cach\u00e9e aux yeux \u00e9berlu\u00e9s de lecteurs au nez toujours chauss\u00e9 de lunettes aux verres devenus d\u00e9formants, car reliques d\u2019un autre \u00e2ge.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne se d\u00e9roule dans un bar o\u00f9 s\u2019encanaille le h\u00e9ros du roman, Paul Proteus, transgressant par sa pr\u00e9sence en ces lieux la s\u00e9paration implicite mais devenue irr\u00e9versible entre ceux qui ont \u00e9t\u00e9 irr\u00e9m\u00e9diablement remplac\u00e9s par la machine et ceux qui travaillent encore au titre de ses servants\u00a0: ses instructeurs et superviseurs.<\/p>\n<p>Bien que Proteus soit l\u2019un des ultimes barons d\u2019un univers quasi enti\u00e8rement m\u00e9canis\u00e9, adepte attard\u00e9 de l\u2019antique fiert\u00e9 de l\u2019ouvrage bien faite, son c\u0153ur continue de \u00ab\u00a0battre \u00e0 gauche\u00a0\u00bb. Il ne peut ainsi s\u2019emp\u00eacher de se frotter aux travailleurs de jadis, devenus des d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s sans lendemain.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 le projecteur se tourne vers le piano m\u00e9canique, Proteus, accoud\u00e9 au comptoir, vient d\u2019\u00eatre reconnu par un vieux de la vieille qui l\u2019apostrophe et qui oscille entre l\u2019admiration qu\u2019il porte \u00e0 un vainqueur du nouveau monde automatis\u00e9 et le ressentiment qu\u2019il \u00e9prouve envers un complice de l\u2019av\u00e8nement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fractur\u00e9e en deux secteurs d\u00e9sormais s\u00e9par\u00e9s par un gouffre. Le vieux s\u2019avisant de qu\u00e9mander du boulot pour l\u2019un de ses fils, Proteus, dans ses petits souliers, improvise, cherchant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment une voie de sortie&nbsp;:<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0\u201cIl devrait peut-\u00eatre se faire d\u00e9panneur.\u201d<\/i><\/p>\n<p><i>L\u2019homme fit entendre un r\u00e2le. D\u00e9courag\u00e9, il se tassa. \u201cDu d\u00e9pannage. Entreprise de d\u00e9pannage, soupira-t-il, combien de bo\u00eetes de d\u00e9pannage une ville comme la n\u00f4tre peut-elle compter, hein\u00a0? Une bo\u00eete de d\u00e9pannage, mais oui, pourquoi pas\u00a0? J\u2019allais en ouvrir une quand on m\u2019a vir\u00e9. Et Joe aussi allait en ouvrir une, et Sam, et Alf, lui aussi. Nous nous d\u00e9brouillons bien tous avec nos mains, et c\u2019est pour \u00e7a que nous ouvrirons des bo\u00eetes de d\u00e9pannage. Un r\u00e9parateur par ustensile cass\u00e9 dans la ville. Et pendant ce temps-l\u00e0, nos femmes deviendront couturi\u00e8res\u00a0: une couturi\u00e8re par femme dans notre ville.\u201d&nbsp;\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Sur quoi le vieillard se dirige vers le piano m\u00e9canique qui se trouve l\u00e0 et, glissant une pi\u00e8ce dans la fente, il dit\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0De la musique\u00a0!\u00a0\u00bb<\/i>\u00a0Et commentant la mani\u00e8re dont les touches se meuvent d\u2019elles-m\u00eames\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0Regardez\u00a0! regardez ces deux-l\u00e0 qui montent et qui descendent, Docteur\u00a0! Juste comme si un type mettait son doigt. Regardez comme elles bougent&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Et, la musique s\u2019\u00e9tant tue\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0\u00c7a vous donne la chair de poule, pas vrai, Docteur\u00a0? de voir ces touches qui montent et qui descendent\u00a0? C\u2019est presque comme si on devinait l\u00e0 un fant\u00f4me jouant de tout son c\u0153ur&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Ce th\u00e8me des salari\u00e9s d\u2019autrefois, d\u00e9sormais laiss\u00e9s pour compte, sera repris dans les livres que Vonnegut \u00e9crira par la suite sous la forme g\u00e9n\u00e9rique\u00a0du m\u00e9pris qu\u2019\u00e9prouvent ceux qui travaillent pour ceux qui ne le font pas ou qui ont cess\u00e9 de le faire. Du moins quand ces derniers sont pauvres, le riche oisif ayant toujours suscit\u00e9 \u2013 sauf en de rares \u00e9poques d\u2019esprit rebelle \u2013 l\u2019admiration respectueuse. Vonnegut offrira \u00e0 ce m\u00e9pris une ascendance inattendue pour nous qui ne sommes pas du Nouveau Monde\u00a0: ce serait celui qu\u2019\u00e9prouve le travailleur libre envers le travailleur asservi, dont la protestation devant son sort se manifeste par la r\u00e9sistance passive, la volont\u00e9 d\u2019en faire le moins possible\u00a0: l\u2019esclave enlev\u00e9 autrefois de sa patrie, l\u2019Afrique.\u00a0<i>\u00ab\u00a0La terreur, la culpabilit\u00e9 et la haine que ressentent les Blancs pour les descendants des victimes d\u2019un crime incroyable que nous avons commis il n\u2019y a pas si longtemps\u00a0: l\u2019esclavage humain\u00a0\u00bb,<\/i>\u00a0dira-t-il lors d\u2019un entretien en 1973.<\/p>\n<p>Anthropologue de formation, Vonnegut jeta sur son pays le regard d\u2019un h\u00e9r\u00e9tique, dynamitant ses mythes les plus chers, comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e aussi les plus complaisants, tel celui du sans-travail comme mauvaise herbe ne devant s\u2019en prendre qu\u2019\u00e0 lui-m\u00eame, th\u00e8me aujourd\u2019hui repris dans de fameux propos\u00a0:\u00a0<i>\u00ab\u00a0Du travail\u00a0? Je traverse la rue et je vous en trouve\u00a0!\u00a0\u00bb, <\/i>\u00e9cho persistant d\u2019une m\u00e9morable brioche. Mais il alla plus loin encore\u00a0: de ces addictions de toutes sortes dont on nous dit qu\u2019elles sont l\u2019aboutissement de calamiteux choix personnels ou, plus charitablement, qu\u2019elles sont l\u2019effet d\u2019une maladie, Vonnegut affirme qu\u2019elles n\u2019ont qu\u2019une seule cause\u00a0: elles sont le fruit des in\u00e9galit\u00e9s, et la concentration de la richesse les r\u00e9pand. Voici ce qu\u2019il en dit dans le m\u00eame entretien de 1973&nbsp;:<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Eh bien, des milliers de gens dans nos soci\u00e9t\u00e9s ont d\u00e9couvert qu\u2019ils \u00e9taient trop stupides, trop peu attirants ou trop ignorants pour s\u2019\u00e9lever dans la soci\u00e9t\u00e9. Ils ont pris conscience qu\u2019ils n\u2019arriveraient jamais \u00e0 avoir une belle bagnole, une belle maison ou un bon boulot. Car ce n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde, n\u2019est-ce pas\u00a0? Il faut \u00eatre tr\u00e8s aimable. Il faut avoir belle mine. Il faut avoir des relations. Et ils ont r\u00e9alis\u00e9 que si vous \u00eates perdant, si vous ne vous \u00e9levez pas dans notre soci\u00e9t\u00e9, vous vivrez au sein d\u2019une grande laideur, et que la police cherchera \u00e0 vous y ramener chaque fois que vous tenterez d\u2019y \u00e9chapper.\u00a0<\/i>[\u2026]<i>\u00a0Alors, que faire\u00a0? On peut changer son esprit. On peut changer ce qui se passe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur.\u00a0<\/i>[\u2026]\u00a0<i>Et cela me frappe comme \u00e9tant \u00e0 la fois atroce et risible que nous partagions dans notre culture cette attente qu\u2019un homme soit toujours capable de r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes. Il y a ce pr\u00e9suppos\u00e9 qu\u2019avec un petit peu plus d\u2019\u00e9nergie, en \u00e9tant un peu plus combatif, le probl\u00e8me pourra toujours \u00eatre r\u00e9solu.&nbsp;\u00bb<\/i><\/p>\n<p>La violence de tels propos n\u2019emp\u00eachera cependant pas Vonnegut, dans une nouvelle de 1961 intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Harrison Bergeron\u00a0\u00bb, de ridiculiser une soci\u00e9t\u00e9 qui tenterait d\u2019\u00e9liminer toutes les formes d\u2019in\u00e9galit\u00e9s en imposant un handicap \u00e0 quiconque d\u00e9collerait du niveau standard\u00a0: enlaidissant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les plus beaux en leur faisant porter un masque de \u00ab\u00a0personne ordinaire\u00a0\u00bb, alourdissant les ballerines les plus gracieuses de sacs de chevrotines ou vrillant le cerveau des plus intelligents par des sons inopportuns en vue d\u2019interrompre le cours de leurs raisonnements trop brillants. Cette satire offrira \u00e0 Vonnegut l\u2019occasion de confirmer la th\u00e8se \u00e9minemment pessimiste qui fit sa renomm\u00e9e\u00a0: \u00e0 la plupart des probl\u00e8mes auxquels la condition humaine est confront\u00e9e, il n\u2019existe d\u00e9cid\u00e9ment aucune solution.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La seconde de mes chroniques mensuelles pour<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-106892\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png\" alt=\"\" width=\"471\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine.png 471w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Quinzaine-300x71.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 471px) 100vw, 471px\" \/><\/a><\/p>\n<h5><a href=\"https:\/\/www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr\/mode-lecture\/tu-auras-cesse-de-gagner-ton-pain-a-la-sueur-de-ton-front-1224\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab Tu auras cess\u00e9 de gagner ton pain \u00e0 la sueur de ton front\u00a0\u00bb<\/a>&nbsp;:<\/h5>\n<p>\u00ab\u00a0Player Piano\u00a0\u00bb, le premier roman de l\u2019auteur am\u00e9ricain Kurt Vonnegut Jr. fut publi\u00e9 par Scribner en 1952. \u00c9tiquet\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5197,14,102],"tags":[2121,5436,3805],"class_list":["post-107777","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-robotique","category-science-fiction","category-travail","tag-disparition-du-travail","tag-kurt-vonnegut","tag-mecanisation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107777","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107777"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107777\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":107785,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107777\/revisions\/107785"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107777"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107777"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107777"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}