{"id":10848,"date":"2010-04-29T19:17:11","date_gmt":"2010-04-29T17:17:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=10848"},"modified":"2013-01-02T18:04:05","modified_gmt":"2013-01-02T17:04:05","slug":"lactualite-de-la-crise-la-quadrature-de-la-dette-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/04\/29\/lactualite-de-la-crise-la-quadrature-de-la-dette-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: la quadrature de la dette, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA QUADRATURE DE LA DETTE<\/strong><\/p>\n<p>La crise europ\u00e9enne &#8211; puisque l\u2019on ne dit plus grecque &#8211; illustre l\u2019impasse g\u00e9n\u00e9rale dans laquelle se trouve celle de la dette publique occidentale dans son ensemble. Et, pour faire bonne mesure, celle de la dette priv\u00e9e aussi, leurs sorts \u00e9tant li\u00e9s. Car, si les projecteurs sont aujourd\u2019hui braqu\u00e9s sur la premi\u00e8re, la seconde n\u2019en est pas moins toujours pr\u00e9sente et p\u00e8se lourdement sur la situation. La situation resserr\u00e9e du cr\u00e9dit bancaire, relev\u00e9e par la BCE, est l\u00e0 pour le d\u00e9montrer, qui contribue aux tendances d\u00e9flationnistes enregistr\u00e9es. <\/p>\n<p>Certes, la dette publique europ\u00e9enne a des particularit\u00e9s. Pas seulement parce qu&rsquo;elle est partag\u00e9e par plusieurs Etats au sein d&rsquo;une zone mon\u00e9taire unique dont la construction est incompl\u00e8te, comme le rel\u00e8vent souvent les observateurs, par opposition aux ensembles int\u00e9gr\u00e9s que constituent les deux plus importants d\u00e9biteurs mondiaux, les Etats-Unis et le Japon. Mais \u00e9galement parce qu&rsquo;elle est pour l\u2019essentiel d\u00e9tenue en son sein m\u00eame, \u00e0 l\u2019instar du Japon mais \u00e0 la diff\u00e9rence des Etats-Unis, ce qui rend la situation infiniment plus complexe. <\/p>\n<p>Ce qui est actuellement en discussion, au-del\u00e0 du sauvetage de la Gr\u00e8ce, c\u2019est la possibilit\u00e9 de stopper l\u2019effet domino qui est redout\u00e9 au sein de la zone euro. Une crainte appuy\u00e9e par le fait qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 clairement observ\u00e9 que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie se propage non seulement sur le terrain propice de la dette souveraine, de pays \u00e0 pays, mais \u00e9galement via le tissu bancaire, pouvant atteindre ainsi directement non seulement les pays les plus faibles mais \u00e9galement les plus puissants, via leurs m\u00e9gabanques. Cette constatation alarmante, et sous-estim\u00e9e, alimente les commentaires qui tournent tous autour de la m\u00eame id\u00e9e\u00a0: il faut faire tr\u00e8s vite quelque chose pour \u00e9viter cette contagion, car le plan destin\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce ne pourra pas \u00eatre reconduit, s&rsquo;il est n\u00e9cessaire de sauver d\u2019autres pays. <\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le paroxysme de la crise d\u00e9pass\u00e9 en raison du d\u00e9blocage de la situation, les bourses et <i>les march\u00e9s<\/i> respirent, les taux se d\u00e9tendent. Au chevet des malades &#8211; le Portugal, l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Italie &#8211; les experts rivalisent de propos apaisants et trouvent mille raisons pour dire que la situation de ces derniers est toute diff\u00e9rente de celle de la Gr\u00e8ce. Certes, mais est-cela qui est en cause ? Qu&rsquo;est ce qui permet d&rsquo;affirmer, une fois de plus, que tout est sous contr\u00f4le, vu ce que nous venons de voir ?  La tension enregistr\u00e9e aujourd&rsquo;hui sur le march\u00e9 interbancaire, sur lequel les banques se pr\u00eatent entre elles des fonds &#8211; montre bien que les le\u00e7ons de la journ\u00e9e d&rsquo;hier n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 perdues pour tout le monde : elles se d\u00e9fient \u00e0 nouveau les unes des autres. <\/p>\n<p><!--more-->Les sommes en jeu, afin de pouvoir demain faire face, sont estim\u00e9es \u00e0 environ 600 milliards d\u2019euros, soit l\u2019\u00e9quivalent du programme am\u00e9ricain TARP (700 milliards de dollars), \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s que la BCE n\u2019est pas la Fed et ne peut pas financer, au moins pour partie, un tel besoin. C\u2019est dire qu\u2019il va falloir faire preuve de cr\u00e9ativit\u00e9. <\/p>\n<p>Les gouvernements europ\u00e9ens, comme les instances europ\u00e9ennes, ont montr\u00e9 qu\u2019ils \u00e9taient totalement d\u00e9pass\u00e9s par les \u00e9v\u00e9nements, \u00e0 tel point qu\u2019il a fallu au directeur g\u00e9n\u00e9ral du FMI et au pr\u00e9sident de la BCE aller \u00e0 Berlin pour convaincre les parlementaires allemands de d\u00e9bloquer la situation\u00a0! Ce manque de r\u00e9activit\u00e9 s&rsquo;explique non seulement par leur incapacit\u00e9 \u00e0 sortir de leur cadres de pens\u00e9e, alors que les dogmes de la th\u00e9orie \u00e9conomique continuent de s\u2019\u00e9crouler, mais aussi \u00e0 assumer la t\u00e2che qui leur est implicitement confi\u00e9e par <i>les march\u00e9s<\/i>\u00a0: faire payer l\u2019addition par leurs administr\u00e9s. <\/p>\n<p>Car son montant, on commence \u00e0 le comprendre, est bien trop important pour que cela soit possible sans cr\u00e9er les conditions d\u2019une importante crise sociale, personne ne pouvant se hasarder \u00e0 dessiner les contours de ses cons\u00e9quences politiques. Ce qui reste en question aujourd&rsquo;hui, en filigrane, c\u2019est comment trouver la recette pour faire supporter une partie de l\u2019addition au syst\u00e8me financier priv\u00e9. <\/p>\n<p>Des exp\u00e9dients sont dans l\u2019imm\u00e9diat possibles pour rendre moins douloureuse l&rsquo;addition. La BCE peut d\u00e9cider de baisser la garde et d\u2019accepter comme collat\u00e9raux (pour le refinancement des banques) des titres de la dette souveraine not\u00e9s en dessous du seuil fix\u00e9 actuellement, par exemple. Les gouvernements peuvent essayer de mettre sur pied un syst\u00e8me de garanties r\u00e9ciproques de leurs dettes, ce qui leur \u00e9viterait d\u2019aller sur <i>les march\u00e9s<\/i> et de devoir accepter des conditions d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es pour leurs emprunts. L\u2019\u00e9mission d\u2019obligations europ\u00e9ennes pourrait \u00eatre \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9e. Enfin, il pourrait \u00eatre envisag\u00e9, sans enclencher la lourde et longue machine de la r\u00e9vision des statuts de la BCE, de faire intervenir celle-ci sur le march\u00e9 secondaire des obligations d\u2019Etat (les achetant non pas aux Etats, mais aux banques). <\/p>\n<p>Mais toutes ces solutions ont en commun de n\u00e9cessiter une d\u00e9cision politique, dont il est peu cr\u00e9dible, si l&rsquo;on consid\u00e8re ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 pour la Gr\u00e8ce, qu\u2019elle puisse \u00eatre prise avant que la crise ne s&rsquo;approfondisse. Nous risquons donc fort d&rsquo;assister \u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition des atermoiements dont nous venons de sortir. Avec comme cons\u00e9quence similaire l&rsquo;augmentation du co\u00fbt de futures op\u00e9rations. <\/p>\n<p>En fin de compte, pourra-t-on \u00e9viter de commettre un sacril\u00e8ge et de demander au syst\u00e8me financier une contribution \u00e0 son propre sauvetage ? C&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9, de mani\u00e8re tr\u00e8s modeste, avec le projet de taxe sur les banques qui a depuis lamentablement capot\u00e9. Alors que les d\u00e9mocrates am\u00e9ricains viennent de mettre de l\u2019eau dans leur vin \u00e0 ce propos, afin de d\u00e9bloquer l\u2019adoption de la loi de r\u00e9gulation financi\u00e8re par le S\u00e9nat, les ministres des finances du G20 n\u2019ont pas pu se mettre d\u2019accord sur cette question lors de leur derni\u00e8re r\u00e9union \u00e0 Washington. Les discussions qui ont eu lieu en Allemagne \u00e0 propos du plan de sauvetage de la Gr\u00e8ce sont instructives \u00e0 cet \u00e9gard. Que demandaient, avant de se rallier au projet gouvernemental, le SPD (les sociaux d\u00e9mocrates allemands) et certains parlementaires\u00a0? Et qu&rsquo;a refus\u00e9 la Bundesbank ? Que les banques priv\u00e9es allemandes soient mises \u00e0 contribution pour pr\u00eater \u00e0 la Gr\u00e8ce, ce qui revenait, puisque le chiffon rouge d\u2019un d\u00e9faut de remboursement \u00e9tait agit\u00e9, \u00e0 faire prendre une partie du risque par celles-ci. Nous y revoil\u00e0 \u00a0! <\/p>\n<p>La nouvelle mouture du plan de sauvetage de la Gr\u00e8ce, si elle se confirme, revient \u00e0 la placer pendant les trois ann\u00e9es \u00e0 venir <i>hors march\u00e9<\/i> en lui garantissant des conditions de pr\u00eat plus favorables. Une mani\u00e8re de reculer pour mieux sauter et d&rsquo;\u00e9viter dans l&rsquo;imm\u00e9diat un d\u00e9faut, un r\u00e9\u00e9chelonnement de la dette (\u00e0 la charge du d\u00e9biteur) et une restructuration (\u00e0 celle des cr\u00e9anciers). Si un autre pays prend la succession de la Gr\u00e8ce, sans m\u00eame attendre l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance du plan, qu&rsquo;en sera-t-il ? <\/p>\n<p>La situation des banques, nonobstant leurs r\u00e9sultats actuels qui cachent leur faiblesse, reste tr\u00e8s fragile. C\u2019est en cela que les deux bulles priv\u00e9e et publique sont toutes les deux aussi mena\u00e7antes. La principale cons\u00e9quence est que faire payer le syst\u00e8me financier pour ses propres turpitudes est plus complexe que l\u2019on pourrait simplement le concevoir. Il faut identifier un levier, et l&rsquo;actionner pour d\u00e9graisser le mammouth et r\u00e9duire le pouvoir de la finance et ses \u00e9normes capitaux flottants.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;on \u00e9voque, comme plus haut pour la Gr\u00e8ce, la possiblit\u00e9 d&rsquo;une restructuration de la dette, il faut se rappeler qu&rsquo;un pas en avant en ce sens avait \u00e9t\u00e9 fait, en 2002, lorsque la directrice adjointe du FMI,  Anne Krueger, avait obtenu que soit adopt\u00e9 par le Comit\u00e9 mon\u00e9taire et financier international (CMFI) de celui-ci le principe d\u2019un <i>tribunal des faillites<\/i>, sur le mod\u00e8le de la loi et du syst\u00e8me am\u00e9ricain (d\u00e9nomm\u00e9e <i>chapter eleven<\/i>). Les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines avaient coup\u00e9 court, craignant que sa mise en pratique puisse nuire \u00e0 Wall Street. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait d\u2019organiser sous la houlette d\u2019une instance internationale accept\u00e9e par tous la n\u00e9gociation de la restructuration et de la d\u00e9cote de la dette d\u2019un pays, rendue tr\u00e8s difficile en raison de la multiplicit\u00e9 des cr\u00e9anciers et de leur nature et int\u00e9r\u00eats diff\u00e9rents. L\u2019inconv\u00e9nient du dispositif \u00e9tait qu\u2019il pr\u00e9voyait de facto de donner la main aux plus importants d\u2019entre eux, c\u2019est \u00e0 dire aux m\u00e9gabanques. <\/p>\n<p>Il faudra tr\u00e8s probablement y revenir, car l\u2019autre hypoth\u00e8se, celle d\u2019une pouss\u00e9e inflationniste, est fort peu cr\u00e9dible. Non seulement en raison du fait que les milieux d\u2019affaires y sont farouchement oppos\u00e9s &#8211; on le voit aux Etats-Unis, o\u00f9 ils souhaitent que la Fed rel\u00e8ve au plus vite ses taux, afin d\u2019y faire obstacle, ayant tout \u00e0 y perdre &#8211; mais aussi et surtout parce que le contexte \u00e9conomique est tr\u00e8s nettement d\u00e9flationniste. Le chiffon rouge de l\u2019inflation ne cache pas la protection des petits rentiers, derri\u00e8re laquelle on se r\u00e9fugie ! Au contraire de l&rsquo;inflation, qui touche tout le monde, des ren\u00e9gociations structur\u00e9es de la dette publique permettraient d\u2019appliquer des d\u00e9cotes diff\u00e9renci\u00e9es suivant la nature des cr\u00e9anciers et d\u2019ainsi mieux pr\u00e9server certains. <\/p>\n<p>Nous n\u2019en sommes pas l\u00e0. Les m\u00e9gabanques s&rsquo;activent plut\u00f4t pour emp\u00eacher toute tentative de taxation &#8211; les derni\u00e8res en date \u00e0 monter au cr\u00e9neau \u00e9tant les banques suisses &#8211; et font l\u2019assaut du Comit\u00e9 de B\u00e2le, des gouvernements et des banques centrales, afin que les futures mesures visant \u00e0 accro\u00eetre leurs fonds propres et leur qualit\u00e9, ainsi qu\u2019\u00e0 r\u00e9duire les effets de levier (les ratios d\u2019endettement) soient repouss\u00e9es \u00e0 plus tard et revues \u00e0 la baisse. Ceci sans prendre en compte l\u2019\u00e2pre bagarre qui se d\u00e9roule dans les coulisses entre banques europ\u00e9ennes et am\u00e9ricaines, chacune d\u00e9fendant la conception des mesures \u00e0 prendre qui les avantage. <\/p>\n<p>Recevant le prix du \u00ab\u00a0Leadership des affaires\u00a0\u00bb \u00e0 Washington, Josef Ackermann, pr\u00e9sident du directoire de la Deutsche Bank, vient de demander que les r\u00e9formes financi\u00e8res \u00ab\u00a0n&rsquo;\u00e9touffent pas l&rsquo;\u00e9conomie en \u00e9touffant le syst\u00e8me bancaire\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 la ligne de d\u00e9fense que l&rsquo;on entend partout: \u00ab\u00a0le syst\u00e8me bancaire devrait pouvoir fournir du capital, flux vital de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique\u00a0\u00bb. Chiche, et \u00e0 son plus juste prix ! <\/p>\n<p>La discussion sur la meilleure mani\u00e8re d\u2019\u00e9viter une nouvelle crise (comme si celle qui est en cours \u00e9tait termin\u00e9e !) ne peut que rebondir. Ce qui restera dans la loi am\u00e9ricaine de r\u00e9gulation financi\u00e8re, une fois adopt\u00e9e, va \u00eatre \u00e0 tous \u00e9gards pitoyable, notamment \u00e0 ce propos. La conception m\u00eame de la <i>r\u00e9glementation Volcker<\/i> \u00e9tait en soi d\u00e9j\u00e0 tout un po\u00e8me, puisqu&rsquo;elle reposait sur l\u2019id\u00e9e que l\u2019on allait tracer une fronti\u00e8re entre un secteur bancaire sain et prot\u00e9g\u00e9 et un autre qui pourrait s\u2019adonner en toute libert\u00e9 \u00e0 ses folies, et qui pourrait \u00eatre laiss\u00e9 \u00e0 son in\u00e9vitable triste sort. La traduction qui va en \u00eatre faite dans la loi va rendre le trac\u00e9 de cette fronti\u00e8re extr\u00eamement hasardeux, laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation du r\u00e9gulateur, plus concr\u00e8tement dans les mains de la Fed. Et la probl\u00e9matique de l&rsquo;al\u00e9a moral &#8211; la certitude qu&rsquo;ont les grands banques qu&rsquo;elles devront \u00eatre sauv\u00e9es quoi qu&rsquo;elles fassent &#8211; restera sans solution. <\/p>\n<p>L\u2019interdiction de tout pari sur les fluctuations de prix aurait pour effet, comme une taxe sur les transactions financi\u00e8res (une mesure bien moins radicale), d\u2019entamer la drastique cure d&rsquo;amaigrissement financi\u00e8re qui est la seule issue. Une ren\u00e9gociation d\u2019ensemble de la dette publique, sans que le montant de celle-ci soit soumise \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation des agences de notation, sans que soit utilis\u00e9e la planche \u00e0 billet des banques centrales, ou sans qu\u2019une autre \u00e9chappatoire soit trouv\u00e9e telle la proposition du FMI de financer la dette des Etats par la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle monnaie, serait incontestablement la meilleur porte de sortie. Elle r\u00e9parerait cette iniquit\u00e9 flagrante qui veut que les banques sont financ\u00e9es hors march\u00e9 par les banques centrales et que les Etats n\u2019y sont que tr\u00e8s partiellement, quand les banques centrales ach\u00e8tent de la dette souveraine (ce qui n\u2019est pas le cas au sein de la zone euro). On est, bien \u00e9videmment, tr\u00e8s loin de cette ren\u00e9gociation. <\/p>\n<p>Incorrigibles, \u00e0 court de munitions dans leur arsenal de mesures mon\u00e9taires, il se profile que les plus hautes autorit\u00e9s &#8211; quand elles sont \u00e9clair\u00e9es et \u00e0 condition que cela n&rsquo;entre pas en contradiction frontale avec leurs int\u00e9r\u00eats nationaux (comme c\u2019est le cas pour les Etats-Unis) &#8211; vont chercher de nouvelles <i>solutions<\/i> dans ces entrep\u00f4ts-l\u00e0. Prochainement, on va beaucoup reparler de la r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international. Le FMI va tenir en mai prochain une conf\u00e9rence \u00e0 ce propos avec la Banque nationale suisse (BNS); Nicolas Sarkozy a l\u2019intention d\u2019en faire le cheval de bataille de sa future pr\u00e9sidence du G20. Mais cela va se limiter, dans l\u2019imm\u00e9diat, \u00e0 agiter des projets, \u00e0 \u00e9voquer des principes, sans que rien ne puisse aboutir \u00e0 court terme. Et quand bien m\u00eame, cela ne r\u00e9glerait pas le probl\u00e8me des bulles priv\u00e9e et publique existantes. <\/p>\n<p>La crise de la dette publique, elle, ne va donc pas attendre. Pr\u00e9voyant une hausse des taux des T-bonds am\u00e9ricains, Peter Orszag, le directeur du budget de la Maison Blanche, vient de d\u00e9clarer \u00e0 propos de la dette am\u00e9ricaine que \u00ab\u00a0le probl\u00e8me essentiel auquel nous sommes confront\u00e9 est que nous devons nous assurer d&rsquo;agir avant que cette pression ne devienne une crise (&#8230;) Car si nous voulons mettre un terme \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de ce type de crise que franchement nous voyons dans d&rsquo;autres pays dans le monde aujourd&rsquo;hui, la situation sera beaucoup plus d\u00e9plaisante qu&rsquo;en s&rsquo;y attaquant \u00e0 temps\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Barack Obama vient d&rsquo;installer une \u00ab\u00a0Commission nationale pour la responsabilit\u00e9 budg\u00e9taire et la r\u00e9forme\u00a0\u00bb, afin de proposer au Congr\u00e8s d&rsquo;ici au 1er d\u00e9cembre des pistes d&rsquo;\u00e9conomies. \u00ab\u00a0L&rsquo;heure de v\u00e9rit\u00e9 approche\u00a0\u00bb a-t-il dit \u00e0 cette occasion, en affirmant que \u00ab\u00a0tout doit \u00eatre sur la table\u00a0\u00bb. Annon\u00e7ant des hausses d\u2019imp\u00f4ts, Ben Bernanke a \u00e9t\u00e9 plus explicite en d\u00e9clarant\u00a0: \u00ab\u00a0Aucune pr\u00e9vision cr\u00e9dible ne permet de penser que le futur rythme de croissance de l&rsquo;\u00e9conomie am\u00e9ricaine sera suffisant pour r\u00e9duire (le d\u00e9ficit) sans que l&rsquo;on modifie profond\u00e9ment la politique budg\u00e9taire\u00a0\u00bb. Toute la question sera d\u2019y proc\u00e9der sans porter atteinte, dans un pays o\u00f9 la consommation des particuliers, et donc leurs revenus, joue un r\u00f4le aussi grand dans la croissance \u00e9conomique. <\/p>\n<p>Avant les Am\u00e9ricains, les Europ\u00e9ens ne vont pas pouvoir \u00e9viter d&rsquo;en venir \u00e0 la conclusion que cette piste-l\u00e0 n\u2019est pas \u00e0 elle seule la solution. L&rsquo;addition va \u00eatre partag\u00e9e, la bagarre va consister \u00e0 d\u00e9terminer o\u00f9 le curseur va \u00eatre plac\u00e9. Le test grec, de ce point de vue, va \u00eatre suivi de pr\u00e8s, afin d&rsquo;essayer de d\u00e9terminer la charge maximale qui va pouvoir \u00eatre support\u00e9e par les Grecs eux-m\u00eames. Le poids de ce que les \u00e9conomistes appellent si joliment des \u00ab\u00a0ajustements fiscaux\u00a0\u00bb. D&rsquo;autant que, \u00e0 peine remis de leurs frayeurs, pour les faire payer, les uns et les autres en rajoutent sur les sacrifices qui vont devoir \u00eatre consentis. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA QUADRATURE DE LA DETTE<\/strong><\/p>\n<p>La crise europ\u00e9enne &#8211; puisque l\u2019on ne dit plus grecque &#8211; illustre l\u2019impasse g\u00e9n\u00e9rale dans laquelle se trouve celle de la dette publique occidentale dans son ensemble. Et, pour faire bonne mesure, celle de la dette priv\u00e9e aussi, leurs sorts \u00e9tant li\u00e9s. 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