{"id":109180,"date":"2019-02-09T13:41:04","date_gmt":"2019-02-09T12:41:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=109180"},"modified":"2024-05-27T23:12:10","modified_gmt":"2024-05-27T21:12:10","slug":"externalites-negatives-non-brutalisation-par-vincent-burnand-galpin%ef%bb%bf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2019\/02\/09\/externalites-negatives-non-brutalisation-par-vincent-burnand-galpin%ef%bb%bf\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Externalit\u00e9s n\u00e9gatives\u00a0\u00bb ? Non : brutalisation ! par Vincent Burnand-Galpin"},"content":{"rendered":"\r\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00ab\u00a0En sciences \u00e9conomiques, on n\u2019a rien invent\u00e9 depuis Marx\u00a0\u00bb lancent les journalistes du Monde Diplomatique et coordinateurs du\u00a0<em>Manuel d\u2019\u00e9conomie critique,<\/em> H\u00e9l\u00e8ne Richard et Renaud Lambert lors d\u2019une conf\u00e9rence \u00e0 l\u2019ENSAE ParisTech le 6 d\u00e9cembre 2018. Leur id\u00e9e\u00a0? Les concepts de la science \u00e9conomique actuelle sont \u00ab\u00a0pauvres\u00a0\u00bb, autrement dit, ce sont des rustines que l\u2019on appose par-ci par-l\u00e0 pour que la th\u00e9orie n\u00e9oclassique reste valide\u00a0: un remake du g\u00e9ocentrisme de Ptol\u00e9m\u00e9e faisant face \u00e0 la th\u00e9orie de Copernic\u00a0? La science \u00e9conomique actuelle manque d\u2019un vrai travail sur les concepts, un concept devant \u00eatre une notion qui tend, par sa simple d\u00e9finition, \u00e0 coller au mieux \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9. Plus il rend compte et explique un spectre de ph\u00e9nom\u00e8nes par lui-m\u00eame, plus le concept est riche.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<!--more-->\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>Au-del\u00e0 des \u00ab&nbsp;externalit\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;: la \u00ab&nbsp;brutalit\u00e9&nbsp;\u00bb des choix \u00e9conomiques<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Le concept \u00ab&nbsp;d\u2019externalit\u00e9&nbsp;\u00bb caract\u00e9rise le fait qu&rsquo;un agent \u00e9conomique cr\u00e9e, par son activit\u00e9, un&nbsp;effet externe&nbsp;en procurant \u00e0 autrui, sans contrepartie mon\u00e9taire, une utilit\u00e9 ou un avantage de fa\u00e7on gratuite, ou au contraire une nuisance, un dommage sans compensation. Il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme pauvre car il n\u2019est pas ind\u00e9pendant de l\u2019id\u00e9e de \u00ab&nbsp;march\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;; et signifie simplement \u00ab&nbsp;absence de march\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Alors, comment repenser les externalit\u00e9s\u00a0? Comment rendre compte d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 plus grande \u00e0 partir de cette id\u00e9e fondamentale que, contrairement au postulat de base de la science \u00e9conomique, nous ne sommes pas ma\u00eetres des cons\u00e9quences de nos choix \u00e9conomiques\u00a0? En r\u00e9alit\u00e9, nos actions n\u2019ont pas\u00a0<em>parfois<\/em>\u00a0une externalit\u00e9 positive ou n\u00e9gative, nos actions ont\u00a0<em>toujours<\/em>\u00a0une infinit\u00e9 de cons\u00e9quences non-anticip\u00e9es, bonnes ou mauvaises. Au niveau macro\u00e9conomique, l\u2019humanit\u00e9 est un \u00e9l\u00e9phant dans un magasin de porcelaine\u00a0: quoi qu\u2019elle fasse, elle perturbera un \u00e9quilibre pr\u00e9existant \u00e0 son action. Nous avons froid\u00a0? Chauffons-nous\u00a0! Construisons les centrales thermiques qui permettront de nous fournir en \u00e9nergie. Le r\u00e9sultat\u00a0? Les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre qui entrainent le r\u00e9chauffement climatique, de la production de gaz toxiques qui d\u00e9truisent la biodiversit\u00e9, des rejets de particules fines qui encombrent nos poumons, etc.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pour aller plus loin, un rien a une influence sur tout, c\u2019est l\u2019effet papillon de nos actions, les externalit\u00e9s sont infinies et incommensurables. Je m\u2019ach\u00e8te un McDo \u00e0 12:32 et 28 secondes le 25 janvier 2019 pour mon d\u00e9jeuner\u00a0? Je m\u2019alourdis sensiblement et mon pas est donc ralenti pour prendre le bus, j\u2019arrive en retard, je le rate, je dois prendre le prochain, et donc j\u2019arrive en retard \u00e0 mon entretien, rendez-vous qui sera donc annul\u00e9, entretien qui aurait pu \u00eatre d\u00e9cisif pour le reste de ma carri\u00e8re, carri\u00e8re que je ne m\u00e8nerai donc pas, je ne serai donc pas le grand chercheur en m\u00e9decine que je voulais devenir, je ne d\u00e9couvrirai donc pas le vaccin contre le paludisme, des milliers des personnes dans le monde continueront \u00e0 en souffrir\u2026 vous pouvez imaginer la suite.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Comment nommer cette r\u00e9alit\u00e9&nbsp;? La \u00ab&nbsp;brutalit\u00e9&nbsp;\u00bb des choix \u00e9conomiques. Dans le sens commun, la brutalit\u00e9 d\u2019un comportement \u00e9tant son caract\u00e8re grossier et inattentionn\u00e9, le terme refl\u00e8terait dans son sens \u00e9conomique, la non-prise en compte des cons\u00e9quences infinies d\u2019un choix \u00e9conomique r\u00e9alis\u00e9. Le concept de brutalit\u00e9 des choix \u00e9conomiques peut rendre compte d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 plus large que l\u2019id\u00e9e d\u2019externalit\u00e9 et cela ind\u00e9pendamment de la notion de \u00ab&nbsp;march\u00e9&nbsp;\u00bb. Et s\u2019ils s\u2019appliquent aux choix individuels, la \u00ab&nbsp;brutalit\u00e9&nbsp;\u00bb peut \u00e9galement qualifier un syst\u00e8me \u00e9conomique dans son ensemble&nbsp;: l\u2019engrenage infernal de son fonctionnement broie toute sensibilit\u00e9 \u00e0 son infinit\u00e9 d\u2019effets externes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>La \u00ab&nbsp;brutalisation&nbsp;\u00bb des comportements \u00e9conomiques au cours de l\u2019histoire<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Et si le concept historiographique de \u00ab&nbsp;brutalisation&nbsp;\u00bb propos\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par l\u2019historien am\u00e9ricano-allemand George L. Mosse dans&nbsp;<em>De la grande guerre au totalitarisme, la brutalisation des soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes<\/em>&nbsp;(1990) trouvait un tout nouveau sens appliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire des faits \u00e9conomiques&nbsp;?<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Propos\u00e9 dans son sens premier, il d\u00e9signe l&rsquo;acceptation, voire la d\u00e9sirabilit\u00e9, d&rsquo;un \u00e9tat d&rsquo;esprit issu de la\u00a0Grande guerre, par la \u00ab\u00a0banalisation\u00a0\u00bb de la violence,\u00a0qui entra\u00eene la poursuite d&rsquo;attitudes agressives dans la vie politique en temps de paix. Cette brutalisation des esprits aurait alors entrain\u00e9 le caract\u00e8re fondamentalement violent de la vie politique de l\u2019entre-deux-guerres en Europe avec le d\u00e9veloppement du fascisme.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Dans l\u2019id\u00e9e de brutalisation, on peut entendre le sens du terme \u00ab&nbsp;abrutissant&nbsp;\u00bb signifiant \u00ab&nbsp;rendre incapable de penser et de sentir&nbsp;\u00bb. Et c\u2019est dans ce sens-l\u00e0 du terme que l\u2019on peut retenir de la brutalisation des syst\u00e8mes \u00e9conomiques&nbsp;: la perte progressive des facult\u00e9s de percevoir les effets de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique humaine sur son environnement (tout autant naturel que social), la d\u00e9connexion de l\u2019esp\u00e8ce humaine avec son environnement, sa tendance \u00e0 s\u2019en extraire psychologiquement et \u00e0 ne plus pouvoir le sentir respirer.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>La brutalit\u00e9 de notre pr\u00e9sence au monde est omnipr\u00e9sente<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Cette brutalisation de nos comportements \u00e9conomiques se l\u00e9gitime dans la \u00ab\u00a0science \u00e9conomique\u00a0\u00bb. D\u2019une entit\u00e9 vivante dont on savait prendre le pouls, notre environnement (ou \u00ab\u00a0la nature\u00a0\u00bb dont on se garde bien de mettre \u00e0 distance) est devenu un simple \u00ab\u00a0capital\u00a0\u00bb inerte et convertible en capital financier. En s\u2019autonomisant des autres sciences, la science \u00e9conomique a jet\u00e9 un voile pudique sur les effets de nos comportements \u00e9conomiques sur toutes les autres sph\u00e8res de la vie. Alors que les premiers \u00e9crits \u00e9conomiques d\u2019Aristote sur la formation des prix s\u2019inscrivaient enti\u00e8rement dans le contexte social et moral de l\u2019antiquit\u00e9, la \u00ab\u00a0loi de l\u2019offre et de la demande\u00a0\u00bb, de par m\u00eame uniquement son nom, r\u00e9v\u00e8le bien sa pr\u00e9tention \u00e0 la naturalit\u00e9 et \u00e0 l\u2019exclusivit\u00e9 de la sph\u00e8re \u00e9conomique pour expliquer les faits \u00e9conomiques. En isolant l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique du reste du monde, la science \u00e9conomique a agi comme un discours de l\u00e9gitimation de la technoscience consum\u00e9riste en obstruant toute une partie de la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019elle a fini par timidement nommer \u00ab\u00a0les externalit\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Symptomatique de la brutalit\u00e9 de notre pr\u00e9sence au monde est la banalisation de la destruction de la nature. Que Serge Gainsbourg mette feu \u00e0 un billet de 500 francs en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, cela a choqu\u00e9 la France enti\u00e8re mais qu\u2019en 2018 la d\u00e9forestation de la for\u00eat amazonienne, le \u00ab\u00a0poumon de la plan\u00e8te\u00a0\u00bb, ait atteint 7\u00a0900 km\u00b2, soit 1,2 milliards d\u2019arbres abattus, ou encore 75 fois la ville de Paris, cela n\u2019a pas offusqu\u00e9 grand monde\u00a0: la preuve en est, les Br\u00e9siliens en veulent toujours plus en \u00e9lisant comme Pr\u00e9sident du Br\u00e9sil Jair Bolsonaro. \u00c0 son investiture, notons que sa premi\u00e8re mesure \u00ab\u00a0\u00e9cologique\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 de fondre le minist\u00e8re de l\u2019Environnement dans le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture\u2026 tout un programme\u00a0!<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pour observer ce processus de brutalisation des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9conomie \u00ab\u00a0d\u00e9velopp\u00e9e\u00a0\u00bb, citons l\u2019exemple historique de l\u2019arriv\u00e9e de Christophe Colomb en Am\u00e9rique\u00a0: alors que les Europ\u00e9ens ne d\u00e9barquaient qu\u2019avec pour seul objectif de trouver des richesses \u00e0 exploiter, les Am\u00e9rindiens se ruaient pour leur offrir milles merveilles en signe de bienvenue. Mais les Europ\u00e9ens ont commenc\u00e9 \u00e0 devenir insistants et quand les Am\u00e9rindiens n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par la violence ou\u00a0la maladie,\u00a0l&rsquo;esclavage a conduit des familles enti\u00e8res au suicide collectif\u00a0: les suicides am\u00e9rindiens furent massifs ne supportant pas cette brutalit\u00e9 inou\u00efe venue du \u00ab\u00a0monde moderne\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>\u00ab&nbsp;D\u00e9veloppement&nbsp;\u00bb \u00e9conomique et brutalisation&nbsp;: un cercle vicieux<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Comment expliquer cette brutalisation progressive de nos comportements \u00e9conomiques\u00a0? Les diff\u00e9rentes \u00e9tapes du d\u00e9veloppement \u00e9conomique de l\u2019humanit\u00e9 (domestication de la nature dans l\u2019agriculture, urbanisation, industrialisation\u2026) expliquent notre distanciation progressive avec notre environnement et donc la brutalit\u00e9 croissante. \u00c0 chaque \u00e9tape suppl\u00e9mentaire, le surcroit de brutalit\u00e9 permettait de passer \u00e0 l\u2019\u00e9tape d\u2019apr\u00e8s. C\u2019est uniquement parce que nous sommes n\u00e9s dans une soci\u00e9t\u00e9 brutalis\u00e9e que nous la supportons comme telle et que nous pouvons ainsi la pousser plus loin encore dans de nouveaux \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb techniques. C\u2019est uniquement parce que nos soci\u00e9t\u00e9s contemporaines sont \u00e0 un stade \u00e9lev\u00e9 de brutalit\u00e9, que nous connaissions, par exemple, les industries les plus polluantes comme les centrales \u00e0 charbon, que nous avons pu moralement accepter la construction des centrales nucl\u00e9aires, v\u00e9ritable \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s au-dessus de nos t\u00eates.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Plus g\u00e9n\u00e9ralement, c\u2019est un changement d\u2019approche vis-\u00e0-vis de la nature qui s\u2019op\u00e8re dans le processus de brutalisation. L\u2019anthropologue am\u00e9ricain Marshall Sahlins, dans\u00a0<em>\u00c2ge de Pierre, \u00e2ge d\u2019abondance<\/em>, affirme qu\u2019il existe deux conceptions diff\u00e9rentes de la richesse dans les soci\u00e9t\u00e9s du monde. La premi\u00e8re est celle v\u00e9cue par les soci\u00e9t\u00e9s aux syst\u00e8mes \u00e9conomiques dits \u00ab\u00a0primitifs\u00a0\u00bb vivant au plus pr\u00e8s de la nature\u00a0: contrairement \u00e0 ce que l\u2019on peut croire, ils vivent sous le signe de l\u2019abondance car, pour eux, la nature leur donne tout, ils sont si riches de leur environnement qu\u2019ils n\u2019ont pas besoin de travailler. Il suffit de cueillir le fruit du travail de la nature. Les travaux de Marshall Sahlins montrent comment les tribus Bemba, ne travaillent que tr\u00e8s peu. Si ce sont uniquement les hommes de plus de 20 ans qui travaillent (chasser, construire, cueillir,\u2026), on ne travaille environ qu\u2019un jour sur 2 et uniquement 3 ou 4 heures par jour de travail. Eux connaissent les sp\u00e9cificit\u00e9s de chaque plante, connaissent les cycles de la nature, sentent les effets de leur activit\u00e9 sur la nature et sentent la nature respirer\u00a0: ils se fondent dans leur environnement au contact de celui-ci, ils savent vous dire si la nature \u00ab\u00a0va bien\u00a0\u00bb ou non.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>La deuxi\u00e8me conception de la richesse et de son environnement est la vision occidentale\u00a0: la nature nous \u00ab\u00a0m\u00e8ne la vie dure\u00a0\u00bb, elle est hostile et nous devons travailler sans cesse pour nous permettre d\u2019y survivre. L\u2019environnement est une r\u00e9alit\u00e9 inerte que l\u2019on ne sait plus appr\u00e9hender. C\u2019est cette vision qui nous fait dire que les pauvres \u00ab\u00a0Indiens\u00a0\u00bb et autres tribus recul\u00e9es vivent dans le d\u00e9nuement le plus total\u2026mais c\u2019est une illusion de nos esprits brutalis\u00e9s devenus si emp\u00eatr\u00e9s qu\u2019ils ne ressentent plus la richesse de la nature, nature que l\u2019on a de toute fa\u00e7on d\u00e9figur\u00e9e et dont on doit donc se passer pour survivre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>Vers l\u2019extinction de l\u2019esp\u00e8ce humaine&nbsp;?<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Comme la brutalisation politique des ann\u00e9es 1920 et 1930 en Europe qui a men\u00e9 au chaos de la Seconde Guerre mondiale, la brutalisation \u00e9conomique nous m\u00e8ne-t-elle \u00e0 la catastrophe\u00a0? Notre inconscience \u00e9cologique faisant que nous d\u00e9passions la capacit\u00e9 de charge de notre environnement et que nous l\u2019endommagions donc de mani\u00e8re irr\u00e9versible\u00a0; notre inconscience sociale faisant que l\u2019on tol\u00e8re un syst\u00e8me \u00e9conomique in\u00e9galitaire, ne partageant pas la richesse mais les concentrant de plus en plus dans les mains que quelques-uns seulement\u00a0; et notre inconscience politique faisant qu\u2019arrivent progressivement au pouvoir des partis portant la haine et la violence, bient\u00f4t pr\u00eats \u00e0 se battre les uns contre les autres\u00a0; tout cela, nous am\u00e8ne-t-il \u00e0 l\u2019extinction prochaine de l\u2019esp\u00e8ce humaine\u00a0?<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0En sciences \u00e9conomiques, on n\u2019a rien invent\u00e9 depuis Marx\u00a0\u00bb lancent les journalistes du Monde Diplomatique et coordinateurs du\u00a0<em>Manuel d\u2019\u00e9conomie critique,<\/em> H\u00e9l\u00e8ne Richard et Renaud Lambert lors d\u2019une conf\u00e9rence \u00e0 l\u2019ENSAE ParisTech le 6 d\u00e9cembre 2018. 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