{"id":10947,"date":"2010-04-30T23:04:09","date_gmt":"2010-04-30T21:04:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=10947"},"modified":"2013-01-02T18:03:43","modified_gmt":"2013-01-02T17:03:43","slug":"lactualite-de-la-crise-le-syndrome-grec-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/04\/30\/lactualite-de-la-crise-le-syndrome-grec-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: le syndrome grec, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LE SYNDROME GREC<\/strong><\/p>\n<p>En Europe, la crise a \u00e9largi son terrain. Elle \u00e9tait celle d&rsquo;un Etat devant faire face au refinancement de sa dette alors que ses taux obligataires grimpaient (ils sont toujours tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, m\u00eame s\u2019ils se sont d\u00e9tendus), elle est aussi devenue celle du syst\u00e8me bancaire dans son ensemble.<\/p>\n<p>Certes, certaines banques sont plus expos\u00e9es que d\u2019autres au risque grec &#8211; ou bien demain portugais ou espagnol &#8211; mais toutes sont en r\u00e9alit\u00e9 menac\u00e9es. Car quand elles ne le sont pas en raison de leurs filiales &#8211; toutes les banques du pays \u00e9tant d\u00e9sormais tenues hors de l\u2019eau par la BCE &#8211; elles le sont en raison de la dette souveraine qu\u2019elles ont en portefeuille, toujours susceptible d&rsquo;une d\u00e9cote en d\u00e9pit de l\u2019activation probable du plan de sauvetage, qui n\u2019en pr\u00e9voit pas. Enfin, elles ont subi des baisses en bourse, touchant indiff\u00e9remment les valeurs financi\u00e8res, sans faire le d\u00e9tail. Aujourd&rsquo;hui vendredi, le march\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme serein est dans l&rsquo;attentisme, suivant l&rsquo;expression consacr\u00e9e, les financi\u00e8res souvent encore \u00e0 la baisse.<\/p>\n<p>La crise des banques europ\u00e9ennes va-t-elle \u00eatre stopp\u00e9e par le sauvetage de la Gr\u00e8ce ? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr, car elles vont \u00eatre d\u00e9sormais sous une triple menace\u00a0: celle qu\u2019un nouveau point faible de la zone euro soit pris dans une tourmente identique, celle d\u2019une d\u00e9cote des obligations grecques, qui pourra ult\u00e9rieurement s&rsquo;imposer, celle d&rsquo;une d\u00e9cote d&rsquo;autres obligations \u00e0 la faveur d&rsquo;une extension de la crise \u00e0 un autre pays et d&rsquo;un plan de sauvetage l&rsquo;impliquant.  <\/p>\n<p><!--more-->La prochaine r\u00e9union de la BCE, pr\u00e9vue jeudi prochain \u00e0 Lisbonne, est donc attendue avec beaucoup d\u2019attention. L\u2019un des enjeux est que celle-ci continue d\u2019accepter en pension la dette souveraine de pays dont la notation continuerait \u00e0 baisser, l\u2019obligeant \u00e0 revoir \u00e0 nouveau le plancher qu\u2019elle a fix\u00e9 dans ce domaine. Pouvant aboutir \u00e0 une situation o\u00f9 la BCE en viendrait \u00e0 accepter syst\u00e9matiquement en pension la dette souveraine de la zone euro, ce qui reviendrait \u00e0 totalement d\u00e9tourner &#8211; sinon dans la lettre tout au moins dans l\u2019esprit &#8211; ses propres statuts et l\u2019interdiction qui lui est faite de financer directement la dette des Etats. <\/p>\n<p>Les chefs d\u2019Etat et de gouvernement, qui devront encore ent\u00e9riner le 7 ou 8 mai prochains le plan de sauvetage de la Gr\u00e8ce \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, ne s\u2019en tireront pas \u00e0 si bon compte. Non sans de grandes difficult\u00e9s, ils ont fait de mauvais choix auxquels ils vont \u00eatre confront\u00e9s. D&rsquo;abord en pla\u00e7ant la barre beaucoup trop haut pour le gouvernement grec. Combien de temps sera-t-il possible de ne pas le reconna\u00eetre ? Ensuite, en choisissant de prot\u00e9ger leurs banques sans se soucier du montant exorbitant de l&rsquo;addition qu&rsquo;ils veulent faire payer aux grecs. Les Allemands faisant preuve de plus d&rsquo;intelligence politique en associant tout de m\u00eame leurs banques au sauvetage. <\/p>\n<p>Si l\u2019on consid\u00e8re la Gr\u00e8ce, la t\u00e2che du gouvernement serait facilit\u00e9e s&rsquo;il pouvait laisser entrevoir aux Grecs une lumi\u00e8re au bout du tunnel. Des financements europ\u00e9ens auraient pu lui permettre de lancer un programme d\u2019investissement dans des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices d\u2019une future croissance. Ce n&rsquo;est pas le cas. Le plus probable est que le pays va s\u2019enfoncer dans la r\u00e9cession, vu ce qui est exig\u00e9 de lui. <\/p>\n<p>Si l\u2019on envisage la zone euro, une r\u00e9flexion devrait \u00eatre au plus vite engag\u00e9e sur un m\u00e9canisme de sauvetage global afin d\u2019\u00e9viter d\u2019aborder par \u00e9tapes une crise concernant toute la zone car mettant en cause l&rsquo;euro, ce qui est le meilleur moyen d\u2019augmenter son co\u00fbt final. Le montant minimum qui circule \u00e0 ce propos est de 500 \u00e0 600 milliards d&rsquo;euros, une enveloppe dont la couverture ne peut pas \u00eatre le r\u00e9sultat d\u2019une nouvelle improvisation, ni la reconduction \u00e9largie du dispositif actuel. <\/p>\n<p>La mutualisation de la dette europ\u00e9enne, sous une forme ou sous une autre, est la seule solution si les gouvernements veulent \u00e9viter ce qui sera sinon, au mieux, un long d\u00e9rapage non contr\u00f4l\u00e9. Poser le pr\u00e9alable d&rsquo;une politique \u00e9conomique commune, d&rsquo;une Europe fiscale ainsi que sociale est un luxe qui n\u2019est m\u00eame pas envisageable, faute de temps et d\u2019accord politique. Faute, \u00e9galement, d\u2019un leadership europ\u00e9en qui fait totalement d\u00e9faut, au vu de ce que la g\u00e9n\u00e9ration actuelle des femmes et des hommes politiques europ\u00e9ens est capable de produire. <\/p>\n<p>Sortir de la tendance d\u00e9flationniste dans laquelle l\u2019Europe se trouve, et va continuer de s\u2019enfoncer en application du vide strat\u00e9gique actuel, ne se r\u00e9glera pas par l\u2019op\u00e9ration du Saint Esprit. Cela suppose de prendre en compte la dimension sociale de la crise, et non pas de s\u2019en tenir \u00e0 des param\u00e8tres \u00e9conomiques et financiers d\u00e9sincarn\u00e9s, qui masqueront l\u2019accroissement des in\u00e9galit\u00e9s sociales et de la pr\u00e9carit\u00e9 ainsi que le d\u00e9classement d&rsquo;une partie des <i>classes moyennes<\/i>. <\/p>\n<p>Les derni\u00e8res statistiques d\u2019Eurostat viennent de sortir, qui font \u00e9tat pour mars d\u2019un ch\u00f4mage au dessus de la barre des 10% au sein de la zone euro. Il s\u2019agit \u00e9videmment d\u2019une moyenne, calcul\u00e9e sur la base des chiffres officiels fournis par les gouvernements. L\u2019augmentation du nombre de ch\u00f4meurs, qui se poursuit, pourrait simplement cro\u00eetre moins vite, est-il pronostiqu\u00e9. Mais la publication de cette statistique est \u00e9clips\u00e9e par les nouvelles se voulant apaisantes de la d\u00e9tente des taux obligataires, de la baisse du co\u00fbt des CDS sur la dette. Comme pour la brasse papillon, on sort la t\u00eate de l&rsquo;eau avant de la replonger. <\/p>\n<p>Le syndrome grec va d\u00e9sormais hanter l&rsquo;Europe. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LE SYNDROME GREC<\/strong><\/p>\n<p>En Europe, la crise a \u00e9largi son terrain. 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