{"id":113096,"date":"2019-09-06T11:51:14","date_gmt":"2019-09-06T09:51:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=113096"},"modified":"2019-09-06T11:53:54","modified_gmt":"2019-09-06T09:53:54","slug":"pour-en-finir-avec-le-jugement-de-dieu-lenfant-roi-et-ses-juges-ou-greta-et-michel-lancien-par-vincent-teixeira","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2019\/09\/06\/pour-en-finir-avec-le-jugement-de-dieu-lenfant-roi-et-ses-juges-ou-greta-et-michel-lancien-par-vincent-teixeira\/","title":{"rendered":"<b>\u00ab POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU&#8230; \u00bb &#8211; L\u2019ENFANT-ROI ET SES JUGES ou GRETA ET MICHEL L\u2019ANCIEN<\/b>, par Vincent Teixeira"},"content":{"rendered":"\r\n<blockquote>\r\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>En cette p\u00e9riode de \u00ab\u00a0murs\u00a0\u00bb, face \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;ordure politique\u00a0\u00bb, et aussi, si j&rsquo;ose dire, face \u00e0 une certaine ordure intellectuelle fran\u00e7aise, je devrais sans doute \u00e9riger plus haut mes murs&#8230; H\u00e9las, m\u00eame si je suis loin, tr\u00e8s loin, d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur de ces\/ses murs, un Flaubert lui-m\u00eame disait faire tous ses efforts pour \u00ab\u00a0t\u00e2cher de vivre dans une tour d&rsquo;ivoire\u00a0\u00bb, mais faisait le constat amer qu\u2019\u00ab\u00a0une mar\u00e9e de merde en bat les murs\u00a0\u00bb&#8230;\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Un si\u00e8cle et demi plus tard, sauf \u00e0 vivre sur une \u00eele d\u00e9serte (et encore\u00a0!), difficile de se prot\u00e9ger et d\u2019\u00e9chapper totalement \u00e0 ces multiples mar\u00e9es noires qui envahissent et ab\u00eement notre monde, qu\u2019il soit g\u00e9ographique, bien terrestre, marin, ou symbolique.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Mar\u00e9es noires dont participent certains pseudo-penseurs m\u00e9diatiques, qui semblent d\u00e9sormais avoir pour principale t\u00e2che \u00ab\u00a0intellectuelle\u00a0\u00bb d\u2019accabler leurs pr\u00e9tendus \u00ab\u00a0ennemis\u00a0\u00bb (\u00e0 compter qu\u2019ils ne se trompent pas de cibles) de leurs jugements pleins d\u2019un fiel obsc\u00e8ne et \u00e9m\u00e9tique. Dans ce qui a \u00e9t\u00e9 un des tristes feuilletons \u00ab\u00a0intellectuels\u00a0\u00bb (vache maigre), ou plut\u00f4t m\u00e9diatiques de l\u2019\u00e9t\u00e9, la petite Su\u00e9doise Greta Thunberg en a fait largement les frais. Mais l\u2019hydre du nihilisme et du cynisme (pour reprendre les termes de Paul Jorion) a le go\u00fbt du venin, se compla\u00eet dans ses f\u00e9tides persiflages (et sans doute en vit-elle\u00a0?)&#8230; Alors qu\u2019avec une once de dignit\u00e9, il conviendrait bien plut\u00f4t d\u2019\u00ab\u00a0avoir le go\u00fbt des autres dans la bouche\u00a0\u00bb, pour paraphraser le po\u00e8te Pierre Peuchmaurd.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><!--more-->Soyons clairs\u00a0: je suis de ceux qui, comme Desproges, pensent qu\u2019\u00ab on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde\u00a0\u00bb, et aussi qui\u00a0rient volontiers du mauvais go\u00fbt provocateur et rigolard, tirant tous azimuts, sans tabou ni moraline, \u00e0 la\u00a0<em>Hara-kiri<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>Charlie Hebdo<\/em>, dont certains acteurs ont fait les frais, payant cette libert\u00e9 de leur peau, au sens propre. Mais le distinguo est de taille entre d\u2019un c\u00f4t\u00e9, cet humour ravageur et revendiqu\u00e9 comme tel, au-del\u00e0 du jugement moral, relevant peu ou prou de l&rsquo;esprit de la farce,\u00a0balayant toute id\u00e9e de soumission, d\u00e9votion \u00e0 un \u00ab\u00a0ordre moral\u00a0\u00bb,\u00a0sup\u00e9rieur ou abstrait (Bataille ne disait-il pas que \u00ab\u00a0le monde n&rsquo;est habitable qu&rsquo;\u00e0 la condition que rien n&rsquo;y soit respect\u00e9\u00a0\u00bb)&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>et de l&rsquo;autre, le masque de l&rsquo;esprit de s\u00e9rieux d&rsquo;un Michel Onfray (me rappelant ces paroles d\u2019un authentique sage, Amadou Hamp\u00e2t\u00e9 Ba\u00a0: \u00ab\u00a0toujours trop s\u00e9rieux n\u2019est pas tr\u00e8s s\u00e9rieux\u00a0\u00bb), s\u2019\u00e9rigeant en statue de Commandeur, ou sycophante, immacul\u00e9 Chevalier blanc, Juge de tout et tous (vivants\u00a0ou morts), et se d\u00e9lectant des bons mots de ses incessants persiflages&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ce qu\u2019il y a d\u2019\u00e9c\u0153urant dans les propos de ces dits intellectuels hyper-m\u00e9diatis\u00e9s, c\u2019est qu\u2019ils n\u2019assument plus le mauvais go\u00fbt ravageur d\u2019un certain humour. Bien au contraire, qu\u2019il s\u2019agisse de Michel Onfray ou de Rapha\u00ebl Enthoven, Pascal Bruckner, et autres (sans parler des pi\u00e8tres hommes politiques, dont le m\u00e9tier et la fonction participent largement du th\u00e9\u00e2tre et du mensonge), ils s\u2019affichent avec s\u00e9rieux, en pr\u00e9sentant le visage d\u2019un humanisme fadasse et bon teint.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Parmi ces persifleurs, dans l\u2019actuel \u00ab\u00a0paysage intellectuel fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, Onfray tient bien le haut du pav\u00e9, apparaissant comme le grand h\u00e9raut, \u00e0 la mode, de ce diktat du jugement moral. D\u2019ailleurs, dans son travail de \u00ab\u00a0la pens\u00e9e\u00a0\u00bb, il ne cite jamais ses contemporains\u00a0; alors qu\u2019il y a tout de m\u00eame de nombreux penseurs tout aussi, voire tout autrement \u00ab\u00a0s\u00e9rieux\u00a0\u00bb, comme si son narcissisme l\u2019avait persuad\u00e9 d&rsquo;\u00eatre le seul sur le Radeau de la pens\u00e9e&#8230; sans compter qu\u2019il refuse, \u00e9vite soigneusement ses contradicteurs &#8211; tellement plus facile de soliloquer ou parader sur des plateaux de t\u00e9l\u00e9 d\u00e9biles. Nous le voyons donc et entendons continuellement dans la posture du Juge, drap\u00e9 dans la soie de la Bonne et Belle conscience morale, porteur de cet humanisme bon teint&#8230; cosm\u00e9tique ?\u00a0Cosm\u00e9tique comme peut-\u00eatre son \u00ab\u00a0h\u00e9donisme solaire\u00a0\u00bb (fa\u00e7on cr\u00e8me \u00e0 bronzer ?), sans myst\u00e8re, sans d\u00e9lire, sans po\u00e9sie, sans amour ni humour,\u00a0sans nuit (comme si le jour pouvait exister sans la nuit ?!),\u00a0bref sans Joie (et on chercherait en vain ce que cette pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0philosophie\u00a0\u00bb a avoir avec son pr\u00e9tendu \u00ab\u00a0ma\u00eetre \u00e0 penser\u00a0\u00bb, Nietzsche)&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Mais il convient de ne point trop s\u2019attacher \u00e0 cette figure \u00e0 la triste mine, de crainte de trop se salir, non pas les mains, mais l&rsquo;\u00e2me et la bouche, en ayant l&rsquo;air de reprendre ses tics \u00e0 lui, alors qu&rsquo;il serait pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;en rire, et c&rsquo;est tout (m\u00eame si je dois dire que quand bien m\u00eame je pr\u00e9f\u00e8re l&rsquo;\u00e9viter, comme\u00a0<em>Il est partout<\/em>,\u00a0p\u00e9riodiquement il me retombe \u00e0 la figure&#8230;).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Au-del\u00e0 donc de la personne, quelle est cette d\u00e9faite de la pens\u00e9e que lui et d\u2019autres incarnent si haut et fort\u00a0? \u00c9videmment, dans leurs jactances, le politique se trouve rabaiss\u00e9 \u00e0 de basses pol\u00e9miques, r\u00e8glements de comptes, jugements moraux, assortis du minable arsenal des jugements\u00a0<em>ad personam<\/em>.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Bien s\u00fbr, le conflit est vital en politique, mais la \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb devrait consister \u00e0\u00a0s&rsquo;opposer, sans se massacrer&#8230; et le travail de la pens\u00e9e se creuser au-del\u00e0 d\u2019un jeu de massacres sur les personnes, a fortiori des enfants, ou presque. Elle est bien l\u00e0, aussi, cette d\u00e9faite de la pens\u00e9e, remplac\u00e9e par la moraline,\u00a0le jugement permanent ; du coup, on se focalise surtout sur les personnes, on les \u00e9tiquette, un autre mal et diktat bien contemporain,\u00a0<em>la dictature des identit\u00e9s<\/em>\u00a0(selon le\u00a0titre d&rsquo;un r\u00e9cent essai), qui revient \u00e0 ignorer, ali\u00e9ner, nier les individus, r\u00e9duits \u00e0 des\u00a0abstractions, des \u00e9quations simplistes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00c0\u00a0propos de cette surench\u00e8re de hargne, sinon de haine, d\u00e9vers\u00e9e sur la petite Greta, un ami m\u2019\u00e9crivait qu\u2019elle est le signe d\u2019une d\u00e9faite de la pens\u00e9e face \u00e0 l\u2019Enfant-Roi (Alain Finkielkraut nous dit : \u00ab\u00a0L&rsquo;enfant-roi a remplac\u00e9 l&rsquo;homme cultiv\u00e9\u00a0\u00bb), et que c\u2019est pour lui \u00ab\u00a0le signe d&rsquo;un d\u00e9ni : d\u00e9ni de ce qu&rsquo;ils sont devenus, &#8211; n&rsquo;avoir plus que des enfants comme adversaires. Et en effet, imagine-t-on \u00e9galement un Sartre, un Merleau-Ponty (pour ne pas remonter aux calendes&#8230; grecques) s&rsquo;\u00e9puisant en diatribes acharn\u00e9es contre une adolescente (qui m\u00eame l&rsquo;est \u00e0 peine) ? Jamais, autrefois, un Marx ne se serait attir\u00e9 de critiques aussi vulgaires, et jamais on ne l&rsquo;aurait compar\u00e9 \u00e0 un acteur de cin\u00e9ma d&rsquo;\u00e9pouvante, m\u00eame s&rsquo;il aurait fait pour la bourgeoisie un excellent Barbe-Bleue&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ces messieurs de la \u00ab\u00a0pens\u00e9e pure\u00a0\u00bb et dure, ou molle, qui apparaissent bien, eux, \u00e0 la fin\u00a0comme des corps sans id\u00e9es ou des id\u00e9es sans corps, se trouvent en r\u00e9alit\u00e9 bien d\u00e9munis face \u00e0\u00a0\u00ab\u00a0l&rsquo;Enfant-Roi\u00a0\u00bb&#8230; Pourtant, ils\u00a0devraient se rappeler la figure de l&rsquo;Enfant dieu qui, m\u00eame si elle ne recouvre pas exactement celle de l&rsquo;Enfant-Roi en est malgr\u00e9 tout comme l&rsquo;origine ou le parangon&#8230; et en hommes cultiv\u00e9s qu&rsquo;ils sont se rappeler que, du c\u00f4t\u00e9 de chez Nietzsche et des m\u00e9tamorphoses de l\u2019Esprit telles que rapport\u00e9es dans\u00a0<em>Zarathoustra,<\/em>\u00a0le lion, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chameau, finit par devenir Enfant&#8230; Mais eux s\u2019apparentent bien plus au chameau qu\u2019au lion. Et le\u00a0<em>ni dieu ni ma\u00eetre<\/em>, voil\u00e0 bien ce qui fait peur \u00e0 ces chameaux&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Certes, la jeune Greta ne rayonne pas d&rsquo;une innocence divine, et de fait, on n&rsquo;est pas na\u00eff au point d&rsquo;ignorer tout le syst\u00e8me, voire les int\u00e9r\u00eats, qui la portent par derri\u00e8re (si j\u2019ose dire&#8230;), ou derri\u00e8re son discours\u00a0; malgr\u00e9 tout, elle est \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;une nouvelle jeunesse qui semble retrouver les appels d&rsquo;air de certains id\u00e9aux, en l&rsquo;occurrence, celui de sauver la plan\u00e8te, lutter pour la vie, ce qui n&rsquo;est tout de m\u00eame pas rien !<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Alors m\u00eame que depuis quelques d\u00e9cennies, avec la chute des id\u00e9ologies et des utopies, sans parler du consum\u00e9risme et de l&rsquo;individualisme triomphants,\u00a0\u00e0 part la mont\u00e9e de rances et inqui\u00e9tants \u00ab\u00a0id\u00e9aux\u00a0\u00bb\u00a0(retours des tribus, d\u00e9sirs d&rsquo;identit\u00e9s, replis communautaires, mont\u00e9es des nationalismes, aspirations et soumissions \u00e0 des chefs, etc.), l&rsquo;impression dominante \u00e9tait qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus de r\u00eaves, plus d&rsquo;utopies, plus d\u2019horizon, que ce flambeau\u00a0semblait \u00e9teint&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Aujourd&rsquo;hui, quel qu&rsquo;en soit le devenir, ce que l&rsquo;on sent tout de m\u00eame fr\u00e9mir dans ces indignations et mouvements d&rsquo;une certaine jeunesse \u00e0 travers le monde, nous fait retrouver, partager un \u00e9lan vital salutaire, entre r\u00e9volte et r\u00e9volution, col\u00e8re et promesse. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, il est \u00e9vident que ces \u00ab\u00a0penseurs\u00a0\u00bb en vue, connus et reconnus (pas par tous, quand m\u00eame !) sont tout sauf des hommes r\u00e9volt\u00e9s, bien plut\u00f4t des faiseurs autosatisfaits,\u00a0des Assis ne faisant qu\u2019afficher des postures de \u00ab\u00a0r\u00e9volte\u00a0\u00bb, des indignations fard\u00e9es de bien-pensance, placard\u00e9es au fronton d\u2019une terreur id\u00e9ologique, qui ne dit pas son nom, mais dont ils ont rev\u00eatu les habits neufs.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ainsi donc, que dans le\u00a0champ de la pens\u00e9e, du haut de leur estrade\u00a0ou tribune, ces \u00ab\u00a0Anciens\u00a0\u00bb s&rsquo;en prennent ainsi, avec autant de hargne et bassesse,\u00a0\u00e0 l&rsquo;Enfance (m\u00eame si la petite Greta ne nage plus dans ces eaux du \u00ab\u00a0vert paradis\u00a0\u00bb) ou\u00a0la jeunesse,\u00a0n&rsquo;est vraiment pas un signe de bonne Sant\u00e9 (encore une fois au sens nietzsch\u00e9en) pour notre monde, nos soci\u00e9t\u00e9s (sans parler du \u00ab\u00a0milieu intellectuel\u00a0\u00bb)&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>alors qu&rsquo;au-del\u00e0 du \u00ab\u00a0cas\u00a0\u00bb Greta,\u00a0le feu qu&rsquo;une certaine\u00a0jeunesse semble porter aujourd&rsquo;hui\u00a0(\u00e0 Hong Kong bien s\u00fbr, et\u00a0ailleurs, ici ou l\u00e0)\u00a0incarne\u00a0toute la flamme\u00a0de la r\u00e9volte, du d\u00e9sir et du r\u00eave, cette attente, vivante, de quelque chose, et qui ne vient pas, comme une promesse&#8230; Le r\u00eave, m\u00eame illusoire (comme tous les r\u00eaves, ou presque), de pouvoir changer le monde, changer les perspectives et ne pas se satisfaire des consentements, des injonctions \u00e0 \u00ab\u00a0s&rsquo;adapter\u00a0\u00bb du \u00ab\u00a0there&rsquo;s no alternative\u00a0\u00bb&#8230; Bien s\u00fbr, il ne s&rsquo;agit pas de s&rsquo;extasier ou communier avec ang\u00e9lisme, mais de\u00a0revendiquer et\u00a0vivre\u00a0ce \u00ab\u00a0droit de r\u00eaver\u00a0\u00bb, propre \u00e0 l&rsquo;homme (pas s\u00fbr\u00a0?),\u00a0cher au vieux Bachelard (un autre Barbe-Bleue ?!)&#8230; et \u00e0 Nietzsche : \u00ab\u00a0il faut que je continue \u00e0 r\u00eaver pour ne pas p\u00e9rir\u00a0\u00bb.\u00a0<em>Ecce homo<\/em>.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Donc l\u00e0 aussi, h\u00e9las, comme cet \u00e9t\u00e9, et toute cette ann\u00e9e, nous l\u2019ont montr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9vidence,\u00a0l&rsquo;impression que tout br\u00fble (?!),\u00a0y compris la petite intelligentsia fran\u00e7aise\u00a0(du moins dans son versant le plus apparent, qui fait les unes de \u00ab\u00a0l&rsquo;actualit\u00e9 litt\u00e9raire et philosophique\u00a0\u00bb\u00a0; car malgr\u00e9 tout, dans les laisses ou les \u00ab\u00a0bas-fonds\u00a0\u00bb, d&rsquo;autres portent encore dignement le flambeau de la Pens\u00e9e et pour certains, celui d&rsquo;une authentique r\u00e9volte)&#8230; Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de la nature (et la plus grande d&rsquo;entre elles, l&rsquo;Amazonie &#8211; dont la beaut\u00e9 du nom est si \u00e9vocateur de mythologies, oubli\u00e9es, massacr\u00e9es)&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Au-del\u00e0 de ces inqui\u00e9tudes et d\u00e9sastres en cours, ces remous bien peu dignes d\u2019un r\u00e9el effort de pens\u00e9e, rev\u00eatus des \u00ab\u00a0habits neufs du scepticisme\u00a0\u00bb, m\u2019apparaissent \u00e0 la fin comme une nouvelle illustration de ce que l\u2019auteur hongrois <i>L\u00e1szl\u00f3 F. F\u00f6ld\u00e9nyi<\/i>, dans un magnifique petit opuscule philosophique, intitul\u00e9\u00a0<em>Dosto\u00efevski lit Hegel en Sib\u00e9rie et fond en larmes\u00a0<\/em>(Actes Sud, 2008), a pr\u00e9sent\u00e9 comme la barbarie ordinaire et celle d\u2019une rationalit\u00e9 \u00ab\u00a0pure\u00a0\u00bb d\u00e9truisant les r\u00eaves, et la soif d\u2019infini. Une Raison, tout compte fait vou\u00e9e aux chim\u00e8res, qui refoule les passions et r\u00e9duit la libert\u00e9 aux grilles abstraites de ses froids concepts&#8230; toujours la m\u00eame hydre des \u00ab\u00a0conceptions abstraites de l\u2019homme\u00a0\u00bb sacrifiant les individus et la libert\u00e9 de \u00ab\u00a0l\u2019homme concret\u00a0\u00bb. En se posant \u00e9hont\u00e9ment en Juges de l\u2019Enfant roi ou dieu, bafouant sans s\u2019en apercevoir ces \u00ab\u00a0limites divines de l\u2019homme\u00a0\u00bb (pour parler comme Bataille, et que recherchaient Dosto\u00efevski), fussent-elles illusoires, Michel l\u2019Ancien et ses pairs, au nom d\u2019une pr\u00e9tendue Raison sup\u00e9rieure, condamnent en fait toute exp\u00e9rience et recherche de l\u2019infini&#8230; \u00ab\u00a0La libert\u00e9 rationnelle\u00a0<em>n\u2019est pas<\/em>\u00a0la libert\u00e9. Ce qui est rationnel est toujours limit\u00e9\u00a0; or la libert\u00e9 est illimit\u00e9e\u00a0\u00bb (L\u00e1szl\u00f3 F. F\u00f6ld\u00e9nyi)\u00a0; et bien s\u00fbr, \u00e0 la fin, aucun dieu ne sera l\u00e0 pour nous sauver.<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette p\u00e9riode de \u00ab\u00a0murs\u00a0\u00bb, face \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;ordure politique\u00a0\u00bb, et aussi, si j&rsquo;ose dire, face \u00e0 une certaine ordure intellectuelle fran\u00e7aise, je devrais sans doute \u00e9riger plus haut mes murs&#8230; H\u00e9las, m\u00eame si je suis loin, tr\u00e8s loin, d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur de ces\/ses murs, un Flaubert lui-m\u00eame disait faire [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4494,6],"tags":[6594,776,1748,6196,5230,4065,2854,6597,6614],"class_list":["post-113096","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-environnement","category-questions-essentielles","tag-alain-finkielkraut","tag-friedrich-nietzsche","tag-georges-bataille","tag-greta-thunberg","tag-laszlo-f-foldenyi","tag-michel-onfray","tag-pascal-bruckner","tag-raphael-enthoven","tag-vincent-teixeira"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113096","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113096"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113096\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":113099,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113096\/revisions\/113099"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113096"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=113096"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=113096"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}