{"id":11353,"date":"2010-05-09T03:14:30","date_gmt":"2010-05-09T01:14:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=11353"},"modified":"2013-01-02T18:02:46","modified_gmt":"2013-01-02T17:02:46","slug":"lactualite-de-la-crise-briser-lencerclement-de-la-dette-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/05\/09\/lactualite-de-la-crise-briser-lencerclement-de-la-dette-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: briser l&rsquo;encerclement de la dette, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>BRISER L&rsquo;ENCERCLEMENT DE LA DETTE<\/strong><\/p>\n<p>Deux r\u00e9unions vont se tenir en Suisse ce dimanche et en d\u00e9but de semaine, dont nous ne saurons probablement pas grand chose. Mais ce n\u2019est pas la discr\u00e9tion qui les entoure qui fait en soi leur int\u00e9r\u00eat, mais plut\u00f4t leurs objets respectifs. La premi\u00e8re est une r\u00e9union r\u00e9guli\u00e8re de la Banque des r\u00e8glements internationaux (BRI), la seconde un forum organis\u00e9 conjointement par le FMI et la Banque nationale suisse (BNS), la banque centrale du pays.<\/p>\n<p>La crise europ\u00e9enne est suivie de pr\u00e8s dans le monde entier, en raison de ses cons\u00e9quences <i>syst\u00e9miques<\/i> potentielles \u00e0 court terme, et de ses incidences \u00e0 moyen terme : l\u2019Europe, premi\u00e8re puissance \u00e9conomique, repr\u00e9sente plus de 30% du PIB mondial. Le G7 s\u2019est donc pench\u00e9 dessus dans l\u2019urgence vendredi dernier, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une t\u00e9l\u00e9conf\u00e9rence. <\/p>\n<p>Quant aux banques centrales, rest\u00e9es aux premi\u00e8res loges de la crise g\u00e9n\u00e9rale depuis son d\u00e9marrage, elles ont de nombreux sujets \u00e0 discuter ce week-end. Notamment <i>B\u00e2le III<\/i>, cette future r\u00e9glementation internationale qui vise \u00e0 renforcer les fonds propres des banques, et qui est l\u2019objet d\u2019un bras de fer avec les Am\u00e9ricains d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et les Europ\u00e9ens de l\u2019autre. <\/p>\n<p><!--more-->Mais la crise europ\u00e9enne risque de modifier l\u2019ordre du jour de leur rencontre. Quel r\u00f4le la BCE va-t-elle effectivement jouer au sein du dispositif permanent de \u00ab\u00a0stabilisation\u00a0\u00bb en cours de mise au point finale, afin de le consolider ? Va-t-elle \u00e9galement engager de discr\u00e8tes et vigoureuses actions de soutien \u00e0 l\u2019euro sur le Forex, avec ou sans l\u2019aide de la Fed et de la BoE\u00a0? Revenir \u00e0 ses modalit\u00e9s ant\u00e9rieures d\u2019allocation de liquidit\u00e9s aux banques, qu\u2019elle avait commenc\u00e9 \u00e0 restreindre \u00a0? Pourra-t-elle continuer \u00e0 refuser d&rsquo;acheter directement la dette souveraine de tel ou tel pays sur le second march\u00e9, afin d&rsquo;en soutenir le cours ? Rien n&rsquo;est moins certain, car une attaque du couple Espagne-Portugal ou de l\u2019Italie, qui ne peut \u00eatre exclue, fera \u00e0 nouveau dangereusement craquer l\u2019\u00e9difice, plan de \u00ab stabilisation \u00bb europ\u00e9en ou pas. Les banques, qui pourraient ainsi se d\u00e9lester, y seraient-elles favorables. <\/p>\n<p>Des d\u00e9cisions rapides de la part de la BCE sont esp\u00e9r\u00e9es et attendues, qui pour certaines d\u2019entre elles doivent faire l\u2019objet de concertations avec ses consoeurs. Car il n&rsquo;est pas vraiment garanti que le nouveau plan europ\u00e9en <i>intimide la sp\u00e9culation<\/i>, cette imagerie na\u00efve de la logique profonde des <i>march\u00e9s<\/i> dont se servent les chefs d\u2019Etat pour pu\u00e9rilement jouer au gendarme et au voleur devant les cam\u00e9ras. L\u2019inqui\u00e9tude r\u00e9it\u00e9r\u00e9e que vient d\u2019exprimer Barack Obama \u00e0 propos de la situation europ\u00e9enne est l\u00e0 pour le confirmer. <\/p>\n<p>Va-t-il falloir une nouvelle crise aigu\u00eb pour que ce qui a \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9 \u00e0 plus tard soit abord\u00e9 ? Afin de soulager les Etats de la dette qui les \u00e9trangle et les pr\u00e9cipite dans la r\u00e9cession, en achetant partiellement celle-ci. En la restructurant \u00e9galement, avec d\u00e9cote, tout en soutenant parall\u00e8lement les banques qui en subiront les effets. Ces derni\u00e8res sont de toute fa\u00e7on menac\u00e9es si la d\u00e9pression s\u2019installe durement, soit en raison de leur portefeuille obligataire, soit par leurs encours commerciaux. Le nouveau plan europ\u00e9en p\u00e2tit du m\u00eame travers que le pr\u00e9c\u00e9dent : il va \u00eatre assorti de conditions injouables pour ceux qui en b\u00e9n\u00e9ficieraient, \u00e0 l&rsquo;instar de la Gr\u00e8ce. Or aucun pays, parmi ceux qui sont susceptibles d&rsquo;\u00eatre attaqu\u00e9s ou d\u2019autres consid\u00e9r\u00e9s plus solides, ne pourra revenir dans les clous du pacte de stabilit\u00e9 en trois ans. C\u2019est cette constatation qui a pr\u00e9cipit\u00e9 la crise la semaine derni\u00e8re. Rien n\u2019a chang\u00e9 depuis. La juste mesure de la crise n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 prise. <\/p>\n<p>Il ne va pas y avoir trente-six mille mani\u00e8res de faire face \u00e0 la crise de la dette publique, une fois qu\u2019il aura \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9 que les mesures budg\u00e9taires et fiscales des gouvernements n\u2019y suffiront pas, et que la croissance n\u2019y contribuera pas ou si peu. Il y en a trois : la restructuration de la dette au d\u00e9triment des cr\u00e9anciers, sa pure et simple mon\u00e9tisation ou encore le d\u00e9veloppement de plans de soutien publics \u00e0 l\u2019\u00e9conomie induisant une relance de l\u2019inflation au-del\u00e0 de la sacro-sainte norme des 2%. Elles peuvent \u00eatre combin\u00e9es. Les m\u00e9thodes sont diff\u00e9rentes mais le r\u00e9sultat attendu est en r\u00e9alit\u00e9 le m\u00eame\u00a0: la dette publique est dans les trois cas d\u00e9gonfl\u00e9e au d\u00e9triment de la dette priv\u00e9e. <\/p>\n<p>On en revient \u00e0 cette id\u00e9e que les bulles s\u2019alimentent tour \u00e0 tour, n\u2019ayant pas d\u2019autre issue. Dans l\u2019\u00e9tape actuelle, le syst\u00e8me financier, apr\u00e8s avoir cru pouvoir s\u2019exon\u00e9rer du payement de l&rsquo;addition, est rattrap\u00e9 par la crise de la dette publique, qui le menace d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Soit parce que les Etats risquent de faire d\u00e9faut, soit parce qu\u2019il est n\u00e9cessaire de les aider \u00e0 leur tour afin de l&rsquo;\u00e9viter. <\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que le FMI envisage d\u2019intervenir et d&rsquo;en \u00e9tudier les moyens lors de sa r\u00e9union de <i>brain-storming<\/i> \u00e0 Zurich mardi prochain. La liste des participants n\u2019est pas connue, mais on sait que de nombreux banquiers centraux y sont attendus, suite \u00e0 la r\u00e9union de B\u00e2le de la BRI qui se termine lundi apr\u00e8s-midi. Il ne s\u2019agit rien de moins que de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un nouveau Bretton Woods, une reconfiguration d\u2019ensemble du syst\u00e8me mon\u00e9taire international. <\/p>\n<p>Cette probl\u00e9matique n\u2019est pas en soi nouvelle, puisqu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 largement \u00e9voqu\u00e9e dans le cadre de ce qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 par les am\u00e9ricains la <i>global imbalance<\/i>, le d\u00e9s\u00e9quilibre global. Les dirigeants chinois avaient pr\u00e9sent\u00e9 un plan selon lequel il \u00e9tait \u00e0 terme substitu\u00e9 au dollar comme monnaie de r\u00e9serve un panier de devises incluant leur devise nationale. L&rsquo;id\u00e9e avait progressivement quitt\u00e9 le devant de l\u2019actualit\u00e9, le processus \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9cessairement \u00e0 long terme, et d\u2019autres urgences prenant le dessus. <\/p>\n<p>Elle rebondit d\u00e9sormais dans le cadre d\u2019une probl\u00e9matique \u00e9largie \u00e0 la question de la dette publique mondiale, celle de l\u2019Europe \u00e9tant bien moins importante que celles des Etats-Unis ou du Japon. Ce qui laisse supposer, m\u00eame compte-tenu des disparit\u00e9s de situation, qu\u2019elle n\u2019a comme unique issue possible qu\u2019une impasse identique. Le FMI, dont le costume de sauveteur a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement \u00e9largi par le G20, ne cesse depuis de chercher \u00e0 encore accro\u00eetre ses missions. Il puise dans ses r\u00e9serves et y a trouv\u00e9 une ressource qui lui semble pouvoir r\u00e9pondre aux exigences de la situation, \u00e0 quelques adaptations pr\u00e8s. Il a en effet \u00e9t\u00e9 dot\u00e9, comme les banques centrales, de la pr\u00e9rogative r\u00e9galienne de la cr\u00e9ation de la monnaie. Pendant longtemps, les Etats-Unis ont frein\u00e9 toute utilisation de celle-ci, les <i>droits de tirage sp\u00e9ciaux<\/i> (DTS), qui dans la pratique n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que marginalement utilis\u00e9s par les Etats membres du fonds. Remis au go\u00fbt du jour, cet outil serait susceptible selon le FMI de contribuer au financement de la dette publique. <\/p>\n<p>Un package a \u00e9t\u00e9 clairement avanc\u00e9, auquel s&rsquo;ajoute la proposition que les banques centrales adoptent un nouveau seuil acceptable d\u2019inflation. Sans discuter, pour ne pas enterrer le d\u00e9bat, les modalit\u00e9s de son calcul actuel. L\u2019id\u00e9e \u00e9tant de faciliter ainsi la r\u00e9sorption de la dette gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9rosion mon\u00e9taire, en compl\u00e9ment de son financement. <\/p>\n<p>Enfin, un autre dossier est sous-jacent \u00e0 ces pr\u00e9occupations. C\u2019est celui du <i>carry trade<\/i>, cette sp\u00e9culation qui s\u2019appuie sur les \u00e9carts de rendement entre les monnaies, un march\u00e9 dont le volume est estim\u00e9 \u00e0 1.500 milliards de dollars. Il a fait dire d\u00e9but mai \u00e0 Heiner Flassbeck, l\u2019\u00e9conomiste en chef de la Conf\u00e9rence des Nations unies pour le commerce et le d\u00e9veloppement (Cnuced)\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous me demandez quel est le plus s\u00e9rieux probl\u00e8me actuellement dans le monde, je dirais que c&rsquo;est le carry trade\u00a0\u00bb. Adair Turner, le responsable du FSA (le r\u00e9gulateur britannique) ne manque pas non plus une occasion de dire son inqui\u00e9tude devant son d\u00e9veloppement et ses cons\u00e9quences. La crise ayant abouti \u00e0 des taux tr\u00e8s bas aux Etats-Unis, les investisseurs se sont alors ru\u00e9s sur le dollar pour investir dans les monnaies des pays \u00e9mergents o\u00f9 les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats sont \u00e9lev\u00e9s, perturbant leurs \u00e9conomies et contribuant \u00e0 la cr\u00e9ation de bulles financi\u00e8res. <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9croulement du syst\u00e8me mis en place \u00e0 Bretton Woods, dans les ann\u00e9es soixante-dix, sonnant la fin du syst\u00e8me de monnaies \u00e0 parit\u00e9s fixes, a cr\u00e9\u00e9 les conditions de l\u2019essor progressif du <i>carry trade<\/i>, sans doute le plus performant des instruments ayant permis la formation de l&rsquo;impressionnante masse des <i>capitaux flottants<\/i> actuelle. Une r\u00e9flexion \u00e0 ce sujet est-elle sur l\u2019agenda du forum du FMI ? Nous avons toutes les chances, vu le caract\u00e8re explosif du sujet, de ne pas l\u2019apprendre dans l\u2019imm\u00e9diat. Il s\u2019agit en effet de l\u2019un des plus beaux terrains de jeu des m\u00e9gabanques, qui a donn\u00e9 le signal de la d\u00e9r\u00e9gulation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des ann\u00e9es quatre-vingt et envoy\u00e9 le signal de la grande folie. Aboutissant \u00e0 la Grande Crise.<\/p>\n<p>Ainsi allait aujourd\u2019hui le monde. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>BRISER L&rsquo;ENCERCLEMENT DE LA DETTE<\/strong><\/p>\n<p>Deux r\u00e9unions vont se tenir en Suisse ce dimanche et en d\u00e9but de semaine, dont nous ne saurons probablement pas grand chose. Mais ce n\u2019est pas la discr\u00e9tion qui les entoure qui fait en soi leur int\u00e9r\u00eat, mais plut\u00f4t leurs objets respectifs. 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