{"id":11506,"date":"2010-05-12T00:45:47","date_gmt":"2010-05-11T22:45:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=11506"},"modified":"2013-01-02T18:02:41","modified_gmt":"2013-01-02T17:02:41","slug":"une-occasion-manquee-par-jean-pierre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/05\/12\/une-occasion-manquee-par-jean-pierre\/","title":{"rendered":"Une occasion manqu\u00e9e, par Jean-Pierre"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Formidable! Il leur a fallu trois jours pour arriver enfin \u00e0 une conclusion que l&rsquo;on attendait depuis plus de trois mois. Et nos doctes dirigeants estiment avoir r\u00e9solu le probl\u00e8me. Ils ne se rendent pas compte qu\u2019ils viennent de l\u2019aggraver. Pourtant, dans leurs \u00e9lucubrations de derni\u00e8re minute se cachait une id\u00e9e formidable. Elle a malheureusement \u00e9t\u00e9 balay\u00e9e d\u2019un revers de main par deux acteurs \u00e9minents : la Grande-Bretagne et l\u2019Allemagne.<\/p>\n<p>De quoi s\u2019agit-il? Comme on le sait, la Banque Centrale Europ\u00e9enne (BCE) n\u2019a pas le droit d\u2019acheter des emprunts d\u2019Etat directement aupr\u00e8s des tr\u00e9sors concern\u00e9s. Elle n&rsquo;accepte ces titres que dans le cadre d&rsquo;avances sur nantissement. Les titres doivent n\u00e9anmoins \u00eatre de qualit\u00e9 et leur notation ne peut \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 BBB-. Mais depuis la r\u00e9trogradation de la Gr\u00e8ce sous ce seuil, la BCE n\u2019a pas eu d\u2019autre alternative que d\u2019accepter tous les titres des pays membres de l\u2019Union. Ne pas le faire e\u00fbt sonn\u00e9 le glas de l\u2019euro.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, cette proc\u00e9dure ne concerne que les banques. Ces derni\u00e8res souscrivent aux \u00e9missions d\u2019Etat apr\u00e8s en avoir convenu les modalit\u00e9s avec le Tr\u00e9sor \u00e9metteur. Ensuite, ces banques n\u00e9gocient ces emprunts avec les investisseurs int\u00e9ress\u00e9s. De temps \u00e0 autre, en fonction de leurs besoins en liquidit\u00e9s, elles mettent ces titres en pension aupr\u00e8s de la BCE et obtiennent un cr\u00e9dit tr\u00e8s bon march\u00e9 de sa part. La BCE g\u00e8re ses diff\u00e9rentes fen\u00eatres de cr\u00e9dit en fonction de sa politique mon\u00e9taire.<\/p>\n<p>Depuis que la crise financi\u00e8re s\u00e9vit, la BCE a d\u00fb introduire de nouvelles facilit\u00e9s pour soutenir le syst\u00e8me bancaire. Elle acceptait des titres de pi\u00e8tre qualit\u00e9, provenant m\u00eame du secteur priv\u00e9. Depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, cependant, la BCE a commenc\u00e9 \u00e0 enlever prudemment tous ces nouveaux filets de sauvetage. La crise \u00e9tait jugul\u00e9e, paraissait-il. Jusqu\u2019\u00e0 ce que la prise de fonction d&rsquo;un nouveau Premier Ministre en Gr\u00e8ce en octobre 2009, George Papandreou, ne fasse, par ricochet, trembler toute la zone euro. Comme tout politicien qui se respecte, la premi\u00e8re chose qu\u2019il entreprit apr\u00e8s son \u00e9lection fut de critiquer ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, en affirmant avoir h\u00e9rit\u00e9 de caisses vides et de comptes gravement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s. Jusqu\u2019alors, personne ne s\u2019en souciait v\u00e9ritablement. Le 5 novembre, le gouvernement annon\u00e7ait un d\u00e9ficit de 12,7% du PIB et une dette \u00e0 113,4%. Le 11 novembre, la Commission d\u00e9clenchait une proc\u00e9dure pour d\u00e9ficits excessifs. Le 8 d\u00e9cembre, l&rsquo;agence de notation Fitch abaissait la note de la Gr\u00e8ce de A- \u00e0 BBB+.<\/p>\n<p><!--more-->La joie des sp\u00e9culateurs \u00e9tait grande. Ils disposaient enfin d\u2019une alternative aux Bourses qu\u2019ils avaient pouss\u00e9es vers des sommets difficilement justifiables \u00e9conomiquement. Aujourd\u2019hui, ils pouvaient s\u2019en prendre aux emprunts d\u2019Etat. Ils ont entam\u00e9 leurs assauts par la Gr\u00e8ce. Tant et si bien que les politiciens et la gent acad\u00e9mique se sont pench\u00e9s sur cette affaire, fron\u00e7ant les sourcils. La Gr\u00e8ce avait os\u00e9 les berner, rendez-vous compte!<\/p>\n<p>Les gouvernants ont tergivers\u00e9 pendant plus de trois mois. Pour les sp\u00e9culateurs, la situation est du pain b\u00e9nit. Ils matraquent sans vergogne le cours des emprunts grecs, aggravant les conditions de refinancement du pays. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que l\u2019Union vient de rater le coche. Ses membres \u00e9taient \u00e0 deux doigts de cr\u00e9er l\u2019arme la plus redoutable qui soit pour casser les reins des sp\u00e9culateurs. Malheureusement, ni la Grande-Bretagne, ni l\u2019Allemagne n\u2019ont os\u00e9 assumer cette responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Le but \u00e9tait de cr\u00e9er un fonds qui \u00e9mettrait des emprunts au nom de l\u2019Union, garantis par l\u2019avoir budg\u00e9taire de l\u2019Union, donc par ses membres, et pouvant directement n\u00e9gocier les titres sur le march\u00e9 obligataire afin d\u2019en stabiliser le cours. On aurait pu \u00e9largir les pr\u00e9rogatives de ce fonds en invitant, par exemple, les Tr\u00e9sors nationaux \u00e0 c\u00e9der une partie de leurs emprunts afin que le fonds puissent les utiliser lors de ses interventions sur le march\u00e9.<\/p>\n<p>Imaginez que ce fonds re\u00e7oive des Bunds et des OAT, les vende et, avec le produit ainsi d\u00e9gag\u00e9, ach\u00e8te les titres grecs \u00e0 vil prix. Aucun risque! Le fonds aurait de la sorte pris les sp\u00e9culateurs \u00e0 leur propre jeu. Au lieu que ces derniers aspirent les milliards d\u2019euros des contribuables que les gouvernements dans leur inanit\u00e9 leur conc\u00e8dent, le fonds r\u00e9cup\u00e9rerait ces milliards au profit de l\u2019Union en g\u00e9n\u00e9ral et de la Gr\u00e8ce en particulier. Malheureusement, cette id\u00e9e est morte avant m\u00eame d\u2019avoir vu le jour!<\/p>\n<p>Non, les membres de l\u2019Union, en collaboration avec le Fonds Mon\u00e9taire International (FMI), pr\u00e9f\u00e8rent mettre 750 milliards d\u2019euros \u00e0 la disposition des march\u00e9s. Les sp\u00e9culateurs doivent se frotter les mains. L\u2019allocation de d\u00e9part de 30 milliards a gonfl\u00e9 en moins de deux semaines, d\u2019abord jusqu&rsquo;\u00e0 110 milliards, quatre fois la somme initiale, puis jusqu\u2019\u00e0 750 milliards, 25 fois la somme promise. De telles largesses sont totalement irr\u00e9fl\u00e9chies.<\/p>\n<p>Car, dans l\u2019intervalle, rien n\u2019est entrepris pour stopper la sp\u00e9culation. Les banques pourront continuer de manipuler les cours comme elles l\u2019entendent. Surtout qu\u2019elles sont maintenant assur\u00e9es d\u2019\u00eatre rembours\u00e9es. L\u2019euphorie du lundi 10 mai suite \u00e0 l\u2019annonce de ce plan gigantesque \u00e9tait d\u2019ailleurs spectaculaire. Elle fut de courte dur\u00e9e. Car rien n\u2019est r\u00e9solu. Que du contraire\u00a0!<\/p>\n<p>La volatilit\u00e9 des prix, de tous les prix, augmentera. Ce n\u2019est que de cette mani\u00e8re que les banques gagnent de l\u2019argent. Gageons que les sp\u00e9culateurs voudront s\u2019accaparer les 750 milliards qui leur sont pr\u00e9sent\u00e9s. Et qui sait, on leur promettra encore plus s\u2019ils y parviennent. Ils ne s\u2019attardent pas sur le fait qu\u2019ils se d\u00e9truisent eux-m\u00eames. Leur horizon d\u00e9passe rarement l&rsquo;heure.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Formidable! Il leur a fallu trois jours pour arriver enfin \u00e0 une conclusion que l&rsquo;on attendait depuis plus de trois mois. Et nos doctes dirigeants estiment avoir r\u00e9solu le probl\u00e8me. Ils ne se rendent pas compte qu\u2019ils viennent de l\u2019aggraver. Pourtant, dans leurs \u00e9lucubrations de derni\u00e8re minute se cachait une id\u00e9e formidable. 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