{"id":11536,"date":"2010-05-12T22:52:29","date_gmt":"2010-05-12T20:52:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=11536"},"modified":"2013-01-02T18:02:26","modified_gmt":"2013-01-02T17:02:26","slug":"lactualite-de-la-crise-leurope-prise-en-tenaille-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/05\/12\/lactualite-de-la-crise-leurope-prise-en-tenaille-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: l&rsquo;Europe prise en tenaille, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>L&rsquo;EUROPE PRISE EN TENAILLE<\/strong><\/p>\n<p>Au vent de panique qui eu pour effet l\u2019adoption du plan de sauvetage europ\u00e9en succ\u00e8de d\u00e9sormais une nouvelle phase faite de sourde inqui\u00e9tude sur l\u2019avenir, qui s\u2019annonce de longue dur\u00e9e, sauf rebondissement peu probable dans l\u2019imm\u00e9diat. <\/p>\n<p>Une seule journ\u00e9e \u00e0 \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour que les commentaires passent de l\u2019expression du soulagement au mode de l\u2019interrogation\u00a0: appliqu\u00e9 dans la pr\u00e9cipitation, le plan europ\u00e9en est certes un pansement indispensable et probablement efficace, mais une politique \u00e9conomique coh\u00e9rente \u00e0 la hauteur de la situation va-t-elle en r\u00e9sulter, et si oui laquelle? Dans la bouche d\u2019Angel Gurria, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OCDE, cela a donn\u00e9 hier \u00e0 Bruxelles\u00a0: \u00ab\u00a0Le paquet est cr\u00e9dible, a la bonne taille et va fournir le temps n\u00e9cessaire pour examiner objectivement (la situation)\u00bb.<\/p>\n<p>Comme d\u2019habitude, <i>les march\u00e9s<\/i> se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s plus rapides, exprimant \u00e0 leur mani\u00e8re leur profond doute \u00e0 ce propos. Ni l\u2019\u00e9volution des taux obligataires &#8211; ce march\u00e9 \u00e9tant maintenant largement sous le contr\u00f4le de la BCE, son premier acheteur, comme les \u00e9missions italienne et portugaise d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui l\u2019ont montr\u00e9 &#8211; ni le yoyo boursier, apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 une figure spectaculaire, ne sont en l\u2019esp\u00e8ce les bons indicateurs. <\/p>\n<p>Le cours de l\u2019euro par rapport au dollar est en r\u00e9alit\u00e9 plus illustratif : l\u2019euro est reparti \u00e0 la baisse apr\u00e8s s\u2019\u00eatre un peu r\u00e9tabli, entrant d\u00e9sormais dans une zone dangereuse. Celle o\u00f9 les investisseurs internationaux &#8211; dont l\u2019euro n\u2019est pas la devise &#8211; vont commencer \u00e0 h\u00e9siter \u00e0 son \u00e9gard, car sa valeur risque de descendre encore et de les mettre en perte, \u00e9tant donn\u00e9 la valeur moyenne \u00e0 laquelle ils ont acquis les r\u00e9serves en euro qu\u2019ils poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0. D\u2019apr\u00e8s Bank of New York Mellon, rapport\u00e9 par le Financial Times,\u00a0celles-ci ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9es au cours moyen de 1,2877 dollar pour 1 euro. Mercredi apr\u00e8s-midi, le taux de change \u00e9tait tomb\u00e9 \u00e0 1,2672. <\/p>\n<p><!--more-->Cette situation, si elle se confirme, va avoir pour cons\u00e9quence de restreindre la demande, lors des futures \u00e9missions obligataires europ\u00e9ennes, si elles sont effectu\u00e9es en euros, seuls les investisseurs de la zone euro ne subissant pas par d\u00e9finition les effets de sa baisse. Alors que beaucoup entrevoient un risque de poursuite, la parit\u00e9 avec le dollar devenant possible. <\/p>\n<p>Dans ces conditions, on comprend que les banques europ\u00e9ennes, qui se d\u00e9lestent actuellement de leurs obligations de certains pays europ\u00e9ens pr\u00e9sent\u00e9s comme en danger, ne seront pas non plus tr\u00e8s chaudes pour investir sur ce march\u00e9. Ce qui impliquera que la BCE, qui a saut\u00e9 le pas et y intervient d\u00e9sormais, sera alors condamn\u00e9 \u00e0 poursuivre et amplifier ce qu&rsquo;elle a entam\u00e9. Probablement au-del\u00e0 des limites qu\u2019elle doit s\u2019\u00eatre donn\u00e9e, mais qu\u2019elle n\u2019a pas rendu publiques. <\/p>\n<p>Cette perspective remet \u00e0 sa modeste place les d\u00e9clarations insistantes de Jean-Claude Trichet, selon qui la planche \u00e0 billet n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 mise en marche. Les analystes financiers consid\u00e8rent pour leur part qu\u2019elle devra t\u00f4t ou tard l&rsquo;\u00eatre, la BCE entra\u00een\u00e9e plus loin qu\u2019elle ne souhaite aller, au nom de son r\u00f4le de pr\u00eateur en dernier ressort qu\u2019elle va devoir \u00e9tendre des banques aux Etats. C\u2019est pour eux l\u2019expression d\u2019une implacable logique de march\u00e9, pour les raisons \u00e9voqu\u00e9es plus haut. <\/p>\n<p>Pour tendre encore plus cette situation, et pour accro\u00eetre la foule qui se masse d\u00e9j\u00e0 aux abords du march\u00e9 obligataire d\u00e9j\u00e0 bien encombr\u00e9, une \u00e9tude de Standard &#038; Poor\u2019s vient d\u2019\u00e9tablir que les collectivit\u00e9s locales des douze pays de l\u2019Europe de l\u2019Ouest vont \u00e9galement venir en force sur celui-ci. Elles vont venir y chercher 210 milliards de dollars cette ann\u00e9e, soit 20% de plus qu\u2019en 2009. Pudiquement, S&#038;P \u00e9voque pour justifier cet accroissement \u00ab\u00a0des performances financi\u00e8res d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00e0 dire les bouillons que les banques leur ont fait prendre, ainsi que la baisse de leurs recettes fiscales. <\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que les collectivit\u00e9s locales allemandes repr\u00e9sentent  \u00e0 elles seules pr\u00e8s de la moiti\u00e9 (47%) de ces emprunts (122 milliards d\u2019euros). Viennent ensuite les collectivit\u00e9s espagnoles (17%) et fran\u00e7aises (8%). Comme quoi on ne peut \u00eatre vertueux en tout. <\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019accroissement de la demande obligataire, les \u00e9tablissements financiers manifestent leur inqui\u00e9tude devant la perspective de devoir s\u2019y rendre \u00e0 leur tour, afin d\u2019accro\u00eetre leurs fonds propres suivant la formule magique des CoCos, les titres hybrides convertibles. Tout du moins si le Comit\u00e9 de B\u00e2le donne, comme probable, le feu vert \u00e0 l\u2019utilisation de cette formule qui n\u2019affectera pas le taux de rentabilit\u00e9 de capital des banques, leur credo. <\/p>\n<p>Du point de vue des m\u00e9gabanques, il y deux excellentes raisons de crier au loup \u00e0 propos de la dette publique\u00a0: solder \u00e0 leur avantage l\u2019addition actuelle de la crise et obtenir que leur soit c\u00e9d\u00e9e la meilleure place sur le march\u00e9 obligataire. <\/p>\n<p>Les pays europ\u00e9ens sont maintenant pris en tenaille. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ils subissent une hausse du co\u00fbt de financement de leurs d\u00e9ficits et du refinancement de leurs dettes, de l\u2019autre, ils s\u2019installent dans une croissance tr\u00e8s faible, qui pourrait facilement \u00eatre menac\u00e9e. Un pari stupide de plus est en train d\u2019\u00eatre pris, selon lequel il faudrait en m\u00eame temps jouer la rigueur, la relance et la diminution du d\u00e9ficit. Il ne faut pas s\u2019\u00e9tonner que <i>les march\u00e9s<\/i> n\u2019y croient pas avant m\u00eame la mise en oeuvre. <\/p>\n<p>Pour les 27 pays de l\u2019Union europ\u00e9enne, Eurostat vient d\u2019estimer cette croissance \u00e0 un taux moyen de 0,2% pour le premier trimestre 2010. Selon l&rsquo;Institut national de la statistique espagnol (Ine), l&rsquo;\u00e9conomie du pays est sortie de la r\u00e9cession au premier trimestre et a enregistr\u00e9 une croissance de 0,1% par rapport au dernier trimestre 2009. Il faut s\u2019appeler Christian Noyer, et \u00eatre le gouverneur de la Banque de France, pour d\u00e9clarer sans sourciller que les mesures de restriction budg\u00e9taire qui n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9es et donn\u00e9 leur effet n\u2019auront pas de cons\u00e9quence sur la croissance. <\/p>\n<p>Cette reprise tr\u00e8s faible est menac\u00e9e et n&rsquo;aidera pas les gouvernements \u00e0 r\u00e9duire rapidement leurs d\u00e9ficits. \u00ab\u00a0L&rsquo;impact de la rigueur budg\u00e9taire est encore \u00e0 venir. Avec les gouvernements de toute la r\u00e9gion forc\u00e9s de serrer leur ceinture, la reprise ne va pas mettre longtemps \u00e0 faiblir, et une nouvelle r\u00e9cession menace dans la p\u00e9riph\u00e9rie\u00a0\u00bb, analyse ainsi Jennifer McKeown, \u00e9conomiste de Capital Economics, un institut de recherche londonien cit\u00e9 par l\u2019AFP. <\/p>\n<p>Fid\u00e8le \u00e0 son r\u00f4le de sentinelle avanc\u00e9e, le FMI vient dans son dernier rapport de d\u00e9clarer que la dette publique a atteint \u00ab\u00a0la cote d\u2019alerte\u00a0\u00bb, reconnaissant que l\u2019 \u00ab\u00a0on observe une reprise mod\u00e9r\u00e9e et in\u00e9gale de l&rsquo;activit\u00e9 dans toute l&rsquo;Europe, qui est aliment\u00e9e par le rebond du commerce mondial et les mesures de relance prises par les pouvoirs publics\u00a0\u00bb. Mod\u00e9r\u00e9 est le mot-cl\u00e9, le FMI consid\u00e9rant que \u00ab\u00a0les moteurs traditionnels de la reprise seront sans doute moins vigoureux que par le pass\u00e9\u00a0\u00bb, une litote de plus. <\/p>\n<p>Comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, le Fonds admet que \u00ab\u00a0des politiques macro\u00e9conomiques d&rsquo;accompagnement restent n\u00e9cessaires pour que la reprise puisse se poursuivre\u00a0\u00bb, tout en consid\u00e9rant que \u00ab\u00a0les indicateurs de viabilit\u00e9 de la dette publique ont atteint la cote d&rsquo;alerte dans la plupart des pays, o\u00f9 de vigoureux efforts de r\u00e9\u00e9quilibrage s&rsquo;imposeront \u00e0 moyen terme\u00a0\u00bb. Le terme cl\u00e9 est \u00ab\u00a0moyen terme\u00a0\u00bb, une nuance dont il n\u2019est pas n\u00e9cessairement fait preuve partout. <\/p>\n<p>Venant en premier lieu de la Gr\u00e8ce, du Portugal et de l\u2019Espagne, aucun gouvernement ne restant silencieux, toute l\u2019Europe retentit d\u2019un m\u00eame appel \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Le nouveau gouvernement de coalition britannique &#8211; auquel les mauvais esprits pr\u00e9disent d\u00e9j\u00e0 une vie aussi difficile que celle que connait la coalition allemande &#8211; en fait son objectif num\u00e9ro un. L\u2019Espagne et le Portugal doivent aller au rapport \u00e0 ce propos \u00e0 Bruxelles, le 18 mai prochain. <\/p>\n<p>Seule voix un tant soit peu discordante, celle de Didier Reynders, le ministre belge des Finances, qui a d\u00e9clar\u00e9 au Soir, quotidien de r\u00e9f\u00e9rence francophone, ne pas \u00ab\u00a0\u00eatre oppos\u00e9 \u00e0 ce qu&rsquo;on \u00e9tale un peu sur la dur\u00e9e l&rsquo;effort de r\u00e9duction du d\u00e9ficit budg\u00e9taire, (&#8230;) seulement \u00e0 une condition: que cela aille de pair avec un vrai travail sur l&rsquo;am\u00e9lioration de la comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00bb. Il a poursuivi \u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;esp\u00e8re que la crise servira \u00e0 faire comprendre qu&rsquo;il faut une vraie politique \u00e9conomique et sociale, en mati\u00e8re de sant\u00e9, de pensions, de recherche, et pas seulement rester riv\u00e9s au budget\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Appuy\u00e9e par Angela Merkel, la Commission prend quand \u00e0 elle une initiative, chose assez rare pour \u00eatre soulign\u00e9e, m\u00eame si elle y a \u00e9t\u00e9 probablement aid\u00e9e. Prenant au mot les gouvernements europ\u00e9ens, elle vient de proposer un ensemble de mesures afin de renforcer la discipline budg\u00e9taire, qui font d\u00e9j\u00e0 grincer des dents. Examen pr\u00e9alable des budgets nationaux d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e prochaine, avertissements et sanctions financi\u00e8res en cas de d\u00e9ficits excessifs, constitution de r\u00e9serves financi\u00e8res dans les p\u00e9riodes grasses, r\u00e9duction des \u00e9carts de comp\u00e9titivit\u00e9 (une formule laiss\u00e9e dans le vague) et cr\u00e9ation \u00e0 moyen terme d\u2019un m\u00e9canisme permanent de gestion de crise pour la zone euro sont au menu. Le calendrier m\u00eame dans lequel certaines de ses mesures s\u2019inscrivent indique que la crise europ\u00e9enne va \u00eatre tr\u00e8s durable. <\/p>\n<p>D\u2019autres propositions viennent d\u2019\u00eatre faites par Dominique Strauss-Kahn, dont l\u2019objectif est aussi de se pr\u00e9parer \u00e0 g\u00e9rer des situations difficiles dans les temps \u00e0 venir. Tout en regrettant, mais \u00e0 titre personnel a-t-il dit, que des \u00e9missions d\u2019euro-obligations ne soient pas actuellement envisag\u00e9es, il propose que soient mises sur pied des possibilit\u00e9s de transfert fiscaux provisoires entre Etats, au m\u00eame titre que le font d\u00e9j\u00e0 certains fonds d\u2019intervention communautaires. Une id\u00e9e lointaine cousine de celle d\u2019un <i>Front Mon\u00e9taire Europ\u00e9en<\/i>, propos\u00e9 il y a plusieurs semaines par les Allemands. Mais son objectif irait plus loin, puisqu\u2019il pourrait contribuer \u00e0 momentan\u00e9ment pallier les d\u00e9s\u00e9quilibres internes \u00e0 la zone euro. Le temps n\u00e9cessaire \u00e0 ce que des ajustements de politique \u00e9conomique soient faits, mais c&rsquo;est sous-entendu. La Commission tourne autour du m\u00eame pot avec sa proposition de m\u00e9canisme permanent de gestion de crise, mais la proposition du FMI offre une m\u00e9thode de correction des d\u00e9s\u00e9quilibres \u00e9conomiques communautaires.<\/p>\n<p>Deux questions sont actuellement pos\u00e9es, auxquelles m\u00eame un d\u00e9but de commencement de r\u00e9ponse n&rsquo;a pu \u00eatre encore apport\u00e9. La premi\u00e8re est que, comme le fait remarquer Martin Wolf dans sa derni\u00e8re chronique du Financial Times, la cr\u00e9ation de l\u2019euro n\u2019a de fait pas abouti \u00e0 la convergence \u00e9conomique esp\u00e9r\u00e9e entre ses membres, mais au contraire \u00e0 l\u2019accroissement des divergences entre eux. La seconde est que refuser par principe la perspective que certains pays puissent faire d\u00e9faut au sein de la zone euro &#8211; ce qui est in\u00e9vitable selon lui &#8211; c\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 prot\u00e9ger le syst\u00e8me bancaire et se pr\u00e9parer \u00e0 en subir les cons\u00e9quences. Pour la deuxi\u00e8me fois, pourrait-on ajouter \u00e0 son analyse. <\/p>\n<p>Marek Belka, le directeur pour l\u2019Europe du FMI, a annonc\u00e9 cet apr\u00e8s-midi que son institution \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 augmenter sa mise, si n\u00e9cessaire, sans qu&rsquo;il ne lui soit rien demand\u00e9. Cela peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 de trois fa\u00e7ons, qui ne sont en rien antinomiques\u00a0: il s\u2019agit d\u2019anticiper la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019augmenter le montant du plan d\u00e9cid\u00e9 ce week-end, en pr\u00e9vision de ce qui va se passer ; cela t\u00e9moigne de la forte implication des Am\u00e9ricains dans la crise europ\u00e9enne et des craintes qu&rsquo;elle suscite chez eux (apr\u00e8s la d\u00e9cision de la Fed d\u2019instaurer \u00e0 nouveau des swaps de dollars, comme au plus fort de la crise financi\u00e8re) ; ou encore c\u2019est une mani\u00e8re de dire que le FMI est pr\u00eat \u00e0 jouer un r\u00f4le plus important, en mettant un pied dans la zone pour commencer \u00e0 financer la dette publique, afin qu&rsquo;il soit plus naturel demain de le faire de mani\u00e8re encore plus ample. Et, les Etats membres ne pouvant plus r\u00e9pondre aux appels de fonds du FMI, qu&rsquo;ils en viennent \u00e0 accepter que ce dernier batte \u00e0 son tour monnaie. <\/p>\n<p>Peu de choses ont filtr\u00e9, comme attendu, des deux r\u00e9unions qui se sont successivement tenues en Suisse, la r\u00e9union r\u00e9guli\u00e8re de la Banque des r\u00e8glements internationaux (BRI) et le Forum organis\u00e9 par le FMI et la Banque nationale Suisse. Une chose est n\u00e9anmoins \u00e0 retenir de ce qui a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9 \u00e0 propos des d\u00e9bats dans ce dernier, au-del\u00e0 de l\u2019appel assez symbolique aux gouvernements \u00e0 r\u00e9duire leur d\u00e9pendance au dollar, en leur proposant d&rsquo;introduire le yen et l\u2019euro dans leurs r\u00e9serves de change. Ou bien de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019instaurer une meilleur surveillance des capitaux, allusion transparente mais d\u00e9pourvue de propositions d\u2019actions vis-\u00e0-vis du ravageur <i>carry-trade<\/i> dans les pays <i>\u00e9mergents<\/i>. <\/p>\n<p>A retenir plut\u00f4t donc la troisi\u00e8me mesure, de plus grande port\u00e9e, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e\u00a0: l\u2019utilisation plus intensive des droits de tirage sp\u00e9ciaux (DTS), cet instrument de r\u00e9serve du FMI bas\u00e9 sur un panier de devises. Cela pourrait \u00e0 la fois permettre de faire entrer, \u00e0 terme, le yuan chinois dans le jeu, et de soulager aussi les pays occidentaux d&rsquo;une partie de leur dette. Avec \u00e0 la cl\u00e9, pour les premiers, des garanties substantielles de ne pas voir fondre &#8211; sans pouvoir s&rsquo;y opposer, sauf \u00e0 la marge &#8211; leurs r\u00e9serves en dollars. <\/p>\n<p>C\u2019est ce fil rouge que le FMI commence \u00e0 tirer. Comme une porte de sortie de crise pour laquelle il avance ses pions, afin de prendre la succession de banques centrales, dont la BCE, aux bilans d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s. Une option de dernier recours et une \u00e9chappatoire de plus. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>L&rsquo;EUROPE PRISE EN TENAILLE<\/strong><\/p>\n<p>Au vent de panique qui eu pour effet l\u2019adoption du plan de sauvetage europ\u00e9en succ\u00e8de d\u00e9sormais une nouvelle phase faite de sourde inqui\u00e9tude sur l\u2019avenir, qui s\u2019annonce de longue dur\u00e9e, sauf rebondissement peu probable dans l\u2019imm\u00e9diat. <\/p>\n<p>Une seule journ\u00e9e \u00e0 \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour que les commentaires passent de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[80,499,203,556,32,75,4475,4479,555,31,74,354,264,243],"class_list":["post-11536","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","tag-bce","tag-belgique","tag-comite-de-bale","tag-commission-de-bruxelles","tag-dts","tag-espagne","tag-etats-unis","tag-europe","tag-eurostat","tag-fmi","tag-grande-bretagne","tag-ocde","tag-portugal","tag-zone-euro"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11536"}],"version-history":[{"count":49,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11536\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48306,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11536\/revisions\/48306"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}