{"id":115724,"date":"2019-12-31T14:58:20","date_gmt":"2019-12-31T13:58:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=115724"},"modified":"2020-01-01T20:43:26","modified_gmt":"2020-01-01T19:43:26","slug":"quinzaines-ishiguro-le-sens-de-la-vie-ne-tombe-pas-du-ciel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2019\/12\/31\/quinzaines-ishiguro-le-sens-de-la-vie-ne-tombe-pas-du-ciel\/","title":{"rendered":"Quinzaines, <b>Ishiguro\u00a0: Le sens de la vie ne vient pas tout cuit tout r\u00f4ti<\/b>, le 31 d\u00e9cembre 2019"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<figure id=\"attachment_116282\" aria-describedby=\"caption-attachment-116282\" style=\"width: 380px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/never-let-me-go-miroir-de-nos-destinees-e1577800613576.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-116282\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/never-let-me-go-miroir-de-nos-destinees-e1577800613576.jpg\" alt=\"\" width=\"380\" height=\"213\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-116282\" class=\"wp-caption-text\">Le film \u00e0 partir du roman<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ishiguro\u00a0: Le sens de la vie ne vient pas tout cuit tout r\u00f4ti<\/a><\/strong><\/p>\n<p><em>Contrairement \u00e0 Woody Allen d\u00e9cr\u00e9tant que \u00ab\u00a0la vie n\u2019a aucun sens\u00a0\u00bb, Ishiguro r\u00e9p\u00e8te inlassablement que le sens de notre vie, c\u2019est \u00e0 chacun de nous de la lui donner\u00a0: une vie s\u2019y pr\u00eate, car elle nous parvient tout \u00e9quip\u00e9e pour le meilleur des usages.<\/em><\/p>\n<p>Quel exploit que r\u00e9colter en 2017 un prix Nobel de litt\u00e9rature en ayant \u00e9crit plusieurs romans maladroitement d\u2019intention d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, afin de mettre en sc\u00e8ne des innocents racontant leur propre histoire, des personnages \u00e0 qui a \u00e9chapp\u00e9 enti\u00e8rement ce qu\u2019il aurait fallu faire d\u2019une vie. Dans <em>The Remains of the Day<\/em>, c\u2019est Stevens, le <em>head butler<\/em>, s\u2019identifiant jusqu\u2019au bout des ongles avec le r\u00f4le qui est le sien \u00e0 l\u2019un des bas \u00e9chelons d\u2019un syst\u00e8me \u00e0 castes de Ma\u00eetres et de domestiques, et qui s\u2019y \u00e9tiole. Dans <em>Never Let Me Go<\/em>, ce sont les adolescents Kathy H., Ruth et Tommy, ayant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas se rebeller contre un syst\u00e8me o\u00f9 ils ne sont que les doubles jetables de citoyens \u00e0 part enti\u00e8re, grandissant dans l\u2019acceptation de la cruelle et inhumaine pr\u00e9dation dont ils seront les victimes, du premier don d\u2019organe jusqu\u2019au dernier, quand le corps \u00e0 bout de force \u00ab\u00a0compl\u00e8te\u00a0\u00bb habituellement. Kathy H. aide-soignante, rapporte\u00a0: \u00ab\u00a0Mes donneurs ont toujours eu tendance \u00e0 r\u00e9pondre bien mieux qu\u2019esp\u00e9r\u00e9. Leur temps de r\u00e9cup\u00e9ration \u00e9tait impressionnant, et il n\u2019y en a pratiquement pas eu qui aient \u00e9t\u00e9 class\u00e9s \u2018agit\u00e9\u2019, m\u00eame avant le quatri\u00e8me don\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Un style volontairement gauche de la part d\u2019Ishiguro, qui lui permet de faire ressortir l\u2019immaturit\u00e9 de la narratrice de <em>Never Let Me Go <\/em>en mettant en \u00e9vidence au d\u00e9part de chaque paragraphe sa touchante incapacit\u00e9 \u00e0 assurer une transition sans asp\u00e9rit\u00e9s d\u2019une pens\u00e9e \u00e0 l\u2019autre. D\u2019o\u00f9 ces feuilles de vigne cachant pudiquement un coq-\u00e0-l\u2019\u00e2ne\u00a0: tous ces \u00ab\u00a0par ailleurs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0maintenant que j\u2019y repense\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0comme je disais\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0imaginez alors\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Surprise toujours renouvel\u00e9e de d\u00e9couvrir, dans les comptes-rendus de <em>Never Let Me Go<\/em> au moment de sa parution en 2005, la multitude de raisons souvent exclusives l\u2019une de l\u2019autre pour lesquelles des lecteurs auront aim\u00e9 un livre. Certains ont compris l\u2019ouvrage comme de la science-fiction : une exploration des cons\u00e9quences d\u2019une perc\u00e9e technologique, d\u2019autres y ont vu une dystopie : notre monde familier ayant mal tourn\u00e9 dans l\u2019un de ses aspects, d\u2019autres enfin comme une fable ou un conte moral : une le\u00e7on \u00e0 tirer en mettant en avant un trait particulier de la nature humaine.<\/p>\n<p>Le film qui fut tourn\u00e9 de <em>Never Let Me Go<\/em> en 2010 par Mark Romanek, \u00e0 partir du sc\u00e9nario tir\u00e9 du roman par Alex Garland, eut l\u2019assentiment d\u2019Ishiguro, une gageure si l\u2019on pense aux relations souvent tumultueuses entre auteur et r\u00e9alisateur. Pourtant alors qu\u2019Ishiguro nous m\u00e8ne, par touches imperceptibles, de la vie quotidienne de cette pension mod\u00e8le de pr\u00e9-adolescents qu\u2019est Hailsham, \u00e0 une compr\u00e9hension progressive du statut de b\u00e9tail de ses \u00e9l\u00e8ves, le d\u00e9senchantement nous est d\u2019embl\u00e9e jet\u00e9 \u00e0 la face dans la version cin\u00e9matographique. Cela commence par un carton\u00a0: un texte blanc sur fond noir laissant entendre que les enfants que nous allons voir sont des <em>clones<\/em>, simples mines \u00e0 organes \u00e0 pr\u00e9lever au b\u00e9n\u00e9fice de vrais humains existant eux quelque part ailleurs, dans le vrai monde. Le premier plan ensuite est une anticipation de la sc\u00e8ne finale d\u2019un pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019organe, dont nous comprendrons bien plus tard que la femme qui observe et l\u2019homme que l\u2019on d\u00e9coupe, sont les protagonistes de l\u2019histoire qui nous sera narr\u00e9e : Tommy, la victime, et Kathy H., l\u2019aide-soignante, amants combl\u00e9s selon eux, mais \u00e0 nos yeux, martyris\u00e9s.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 leur <em>wild goose chase<\/em>, leur qu\u00eate absurde de sens dans des vies pr\u00e9-programm\u00e9es et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment abr\u00e9g\u00e9es, leur attachement candide \u00e0 la rumeur circulant parmi les <em>clones<\/em> comme eux, que les couples qui s\u2019aiment b\u00e9n\u00e9ficieront d\u2019un report. D\u2019o\u00f9 la crudit\u00e9 de la conclusion prof\u00e9r\u00e9e par Kathy H. alors que le film s\u2019ach\u00e8ve, conclusion vers laquelle le roman nous guide lui habilement seulement peu \u00e0 peu : \u00ab\u00a0Notre vie est-elle aussi diff\u00e9rente que nous l\u2019imaginons de celle des gens ordinaires ?\u00a0\u00bb. Et c\u2019est \u00e0 nous, lectrices et lecteurs, de compl\u00e9ter\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026 leur vie de b\u00e9tail promis \u00e0 l\u2019abattoir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La critique de <em>Never Let Me Go<\/em> existe peut-\u00eatre, mais je ne l\u2019ai pas vue, qui aurait dit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une fable dont le th\u00e8me est\u00a0\u00ab\u00a0Et si les veaux pouvaient parler\u00a0?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas indiff\u00e9rent qu\u2019avant d\u2019\u00e9crire, Ishiguro fut trois ans assistant social, s\u2019occupant de sans-abri, et qu\u2019il rapporte \u00e0 ce propos que si l\u2019exp\u00e9rience fut enrichissante, elle le laissa cependant d\u00e9sillusionn\u00e9. Ce contre quoi il nous met en garde est en effet que m\u00eame si les d\u00e9s sont pip\u00e9s, un sursaut devant le mauvais tour pris par les \u00e9v\u00e9nements est non seulement toujours envisageable, mais m\u00eame imp\u00e9ratif. Ce n\u2019est nullement que la vie soit priv\u00e9e de sens, insiste-t-il, c\u2019est seulement que si nous n\u00e9gligeons de lui en donner un, nul ne viendra le faire pour nous. \u00ab\u00a0Rebellez-vous\u00a0!\u00a0\u00bb ass\u00e8ne <em>Never Let Me Go<\/em>, comme l\u2019avait fait avant lui <em>The Remains of the Day <\/em>(1989), sans quoi vous n\u2019aurez v\u00e9cu qu\u2019une suite incoh\u00e9rente de tribulations, \u00e9trang\u00e8res \u00e0 un authentique destin et indiff\u00e9rentes au cours de l\u2019histoire du monde et,\u00a0au soir de la vie, vous contemplerez le mis\u00e9rable projet avort\u00e9 d\u2019une aventure qui disposait pourtant de tous les atouts pour se combler de signification.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi on se m\u00e9prendrait si l\u2019on assimilait le message d\u2019Ishiguro \u00e0 celui que Woody Allen (Allan K\u00f6nigsberg) n\u2019a eu de cesse de r\u00e9p\u00e9ter dans ses entretiens, affirmant que \u00ab\u00a0la vie n\u2019a aucun sens\u00a0\u00bb, l\u2019argumentation du cin\u00e9aste newyorkais n\u2019\u00e9tant nullement fond\u00e9e sur la vie elle-m\u00eame mais sur la mort qui la cl\u00f4t. La th\u00e8se d\u2019Allen est simple\u00a0: le fait m\u00eame de la mort individuelle annule en termes de signification tout ce que nous aurions pu accomplir de notre vivant.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pensez-vous que Shakespeare se soucie de son h\u00e9ritage (ou de quoi que ce soit d\u2019autre), un jour apr\u00e8s sa mort\u00a0?\u00a0\u00bb, dit par exemple Allen \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un entretien.<\/p>\n<p>\u00c0 quoi cela sert-il d\u2019\u00eatre Shakespeare, laisse-t-il entendre, puisque seulement 24 heures apr\u00e8s sa mort, le Barde avait d\u00e9j\u00e0 cess\u00e9 de jouir du fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 Shakespeare, et d\u2019avoir peut-\u00eatre jou\u00e9 avec l\u2019id\u00e9e qu\u2019il serait un jour le <em>Grand<\/em> <em>Shakespeare<\/em> dans la m\u00e9moire des hommes\u00a0?<\/p>\n<p>Or cette absence apparente de signification r\u00e9sulte seulement du fait qu\u2019Allen consid\u00e8re comme une chose allant sans dire que le sens de notre vie comprend de mani\u00e8re indissociable deux p\u00e9riodes successives : celle o\u00f9 nous sommes en vie et l\u2019\u00e9ternit\u00e9 qui s\u2019\u00e9coulera apr\u00e8s notre d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>Or cette hypoth\u00e8se implicite exclut le regret pourtant sym\u00e9trique que nous pourrions entretenir de ne pas d\u00e9j\u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 en vie avant notre naissance. Cet oubli est incons\u00e9quent : si je regrette par anticipation que je ne serai plus Paul Jorion apr\u00e8s ma mort et que (au contraire de Jean d\u2019Ormesson) je ne jouirai pas du fait de voir mes \u0153uvres compl\u00e8tes publi\u00e9es dans les \u00e9ditions de la Pl\u00e9iade, pourquoi ne d\u00e9plorerais-je pas au m\u00eame titre de ne pas avoir pu tenir la chronique des m\u00e9faits de Caligula et de N\u00e9ron comme je le fais aujourd\u2019hui pour ceux de Donald Trump ?<\/p>\n<p>Le sens de la vie de Shakespeare a \u00e9t\u00e9 d\u2019\u00eatre Shakespeare au moment m\u00eame, et au cas o\u00f9 il aurait entretenu des r\u00eaves de grandeur, de se dire qu\u2019il ne manquerait pas d\u2019\u00eatre un jour le <em>Grand Will<\/em>, au sens o\u00f9 nous pensons avec \u00e9motion et \u00e9merveillement au dramaturge qui marqua de son empreinte non seulement sa langue, mais la culture tout enti\u00e8re de son peuple.<\/p>\n<p>Woody Allen nous dit aussi : \u00ab\u00a0Tous les cent ans quelqu\u2019un pousse sur un bouton et la chasse est tir\u00e9e d\u2019un grand WC, et tous les gens de la plan\u00e8te sont remplac\u00e9s. [\u2026] Et une nouvelle s\u00e9rie entre en sc\u00e8ne. Tous les cent ans, c\u2019est comme si la plan\u00e8te \u00e9tait compl\u00e8tement nettoy\u00e9e, avec tout le monde dessus\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le fait est incontestable mais ne rend pas pour autant la vie d\u2019un \u00eatre humain tout enti\u00e8re priv\u00e9e de signification : seulement si l\u2019on ajoute au cadre de son bilan celui de l\u2019\u00e9ternit\u00e9 devant lui, nullement si son contexte est le laps de temps \u00e9coul\u00e9 entre le jour de sa naissance et celui de sa mort. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de cet intervalle, ce qui se sera pass\u00e9 aura un sens ou non, selon les circonstances, et si l\u2019on croit au libre-arbitre, de ce que chacun ou chacune d\u2019entre nous aura voulu, ou pu, faire de ce nombre d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p>La lectrice ou le lecteur de <em>Never Let Me Go<\/em> s\u2019identifiera enti\u00e8rement ou non \u00e0 ses malheureux h\u00e9ros, selon que sa vie aura \u00e9t\u00e9 vide ou plus ou moins pleine. Et ce qu\u2019Ishiguro nous aura incit\u00e9 \u00e0 faire, c\u2019est de la remplir du mieux que nous pouvons d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui l\u2019auront \u00e9toff\u00e9e de signification. \u00c0 d\u00e9faut, nous serons condamn\u00e9s \u00e0 penser au moment de parvenir \u00e0 son terme : \u00ab\u00a0Je n\u2019ai rien \u00e9t\u00e9 d\u2019autre qu\u2019un donneur d\u2019organes par destination : un agent passif, un veau, un poulet \u00e0 plumer, incapable de laisser de mon passage la moindre trace, le moindre souvenir dans l\u2019univers, que ce soit dans la m\u00e9moire des hommes, ou dans la forme que cet univers aura pris.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 d\u00e9colle l\u2019avion qui me remm\u00e8ne en Europe,\u00a0ce qui m\u2019appara\u00eet par le hublot, c\u2019est la ligne jaune clairement trac\u00e9e au milieu du vert tout autour de la piste reliant d\u00e9sormais Avl\u00e9k\u00e9t\u00e9 port de p\u00eache c\u00f4tier et Pahou situ\u00e9e sur la route menant de Cotonou \u00e0 Lom\u00e9, qui permettra aux femmes de vendre au march\u00e9 le poisson p\u00each\u00e9 par leur mari, piste qui, si je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 moi l\u2019auteur de ce projet et ne m\u2019\u00e9tais battu \u2013 vraiment battu &#8211; pour qu\u2019on le r\u00e9alise, n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 fray\u00e9e dans la brousse \u00e0 grands coups de machettes et au prix des copieux litres de sueur que vers\u00e8rent ses valeureux b\u00e2tisseurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Kazuo Ishiguro, <em>Never Let Me Go<\/em>, London\u00a0: Faber and Faber, 2005<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3KTNmhiEkhA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Woody Allen on The Meaninglessness of Life &amp; The Role of The Artist<\/a>, 1 d\u00e9cembre 2014<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ishiguro\u00a0: Le sens de la vie ne vient pas tout cuit tout r\u00f4ti<\/a><\/strong><\/p>\n<p><em>Contrairement \u00e0 Woody Allen d\u00e9cr\u00e9tant que \u00ab\u00a0la vie n\u2019a aucun sens\u00a0\u00bb, Ishiguro r\u00e9p\u00e8te inlassablement que le sens de notre vie, c\u2019est \u00e0 chacun de nous de la lui donner\u00a0: une vie s\u2019y pr\u00eate, car [&hellip;]<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10,11],"tags":[6970,2968,3053],"class_list":["post-115724","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-arts","category-litterature","tag-kazuo-ishiguro","tag-le-sens-de-la-vie","tag-woody-allen"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115724","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=115724"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115724\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":116336,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115724\/revisions\/116336"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=115724"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=115724"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=115724"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}