{"id":115863,"date":"2019-12-13T21:12:23","date_gmt":"2019-12-13T20:12:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=115863"},"modified":"2019-12-13T21:12:23","modified_gmt":"2019-12-13T20:12:23","slug":"la-rationalite-economique-face-a-lurgence-climatique-par-vincent-burnand-galpin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2019\/12\/13\/la-rationalite-economique-face-a-lurgence-climatique-par-vincent-burnand-galpin\/","title":{"rendered":"<b>La rationalit\u00e9 \u00e9conomique face \u00e0 l\u2019urgence climatique<\/b>, par Vincent Burnand-Galpin"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Notre syst\u00e8me \u00e9conomique tel qu\u2019il est aujourd\u2019hui ne fait qu\u2019aggraver le processus d\u2019extinction dans lequel nous sommes engag\u00e9s. Il est le reflet de la nature humaine : indiff\u00e9rent aux d\u00e9g\u00e2ts collat\u00e9raux, sa logique est celle de l\u2019exploitation jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ass\u00e8chement complet de la source elle-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 cela s\u2019ajoute la rationalit\u00e9 sous-jacente au syst\u00e8me : la rationalit\u00e9 \u00e9conomique \u00e0 opposer \u00e0 la rationalit\u00e9 logique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans l\u2019action publique, cette primaut\u00e9 de la rationalit\u00e9 \u00e9conomique se retrouve aujourd\u2019hui dans le calcul \u00ab co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice \u00bb que r\u00e9alisent les autorit\u00e9s avant de mettre en \u0153uvre une politique publique. Issu du monde de l\u2019entreprise, il vise \u00e0 chiffrer de mani\u00e8re s\u00e9rieuse les avantages et les d\u00e9savantages d\u2019un investissement. Il peut aussi servir \u00e0 comparer des solutions entre elles. Cette m\u00e9thode a inspir\u00e9 l\u2019\u00e9cole du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">new public management<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> qui tend \u00e0 appliquer la logique d\u2019investissement en entreprise aux investissements publics : la politique publique devrait avant tout minimiser ses co\u00fbts et maximiser ses gains. La m\u00e9thode peut avoir un int\u00e9r\u00eat si elle n\u2019est qu\u2019un indicateur parmi d\u2019autres dans la d\u00e9cision politique. Les probl\u00e8mes commencent quand elle en devient l\u2019unique motivation.<\/span><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Comparer l\u2019\u00c9tat \u00e0 une entreprise est tout simplement absurde. \u00c0 la diff\u00e9rence de l\u2019entreprise priv\u00e9e, l\u2019\u00c9tat a un r\u00f4le macro\u00e9conomique \u00e0 jouer. Il doit modifier les structures et les comportements \u00e9conomiques dans son ensemble en fonction de la volont\u00e9 d\u00e9mocratique et non uniquement en fonction d\u2019une logique comptable. L\u2019\u00e9conomiste fran\u00e7ais, Alain Grandjean, pourtant issu du <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">nec plus ultra<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> de la \u00ab science \u00bb \u00e9conomique (Polytechnique\u2026 et l\u2019ENSAE !), \u00e9crit dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Agir sans attendre<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> (2019) :<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab En France, la gratuit\u00e9 de nombreux services publics implique n\u00e9cessairement qu\u2019ils soient \u2018d\u00e9ficitaires\u2019 et ne g\u00e9n\u00e8rent pas de recettes qui couvrent directement ce qu\u2019ils co\u00fbtent. Ce sont les recettes fiscales dans leur ensemble qui sont utilis\u00e9es pour les financer. N\u2019est-il pas franchement absurde de n\u00e9gliger ce qui ne se mesure pas (lien social, pr\u00e9sence et attractivit\u00e9 territoriale, qualit\u00e9 des services rendus), le service public ne se vide-t-il pas de son sens premier et essentiel ? \u00bb (<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Agir pour le climat<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, 2019, Alain Grandjean avec Marion Cohen et K\u00e9vin Puisieux)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans le cadre des politiques publiques et de la transition \u00e9cologique en particulier, Alain Grandjean note deux limites fondamentales au calcul co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice. La premi\u00e8re est d\u2019attribuer un prix \u00e0 des grandeurs qui ne sont pas commercialis\u00e9es et qui n\u2019ont pas vocation \u00e0 l\u2019\u00eatre. Certains biens, en particulier les biens communs naturels, ont une valeur incommensurable. La science \u00e9conomique propose quelques m\u00e9thodes pour estimer la valeur mon\u00e9taire des \u00ab services rendus \u00bb par la nature. Par exemple, on peut estimer la valeur de certaines plantes pour leur pouvoir m\u00e9dicinal en estimant le co\u00fbt qu\u2019elles \u00e9vitent de payer par ailleurs : des individus malades sont des individus non productifs, et la valeur de ce co\u00fbt peut s\u2019estimer. Ou encore, on peut comparer le pouvoir m\u00e9dicinal d\u2019une plante par rapport au co\u00fbt de production d\u2019un m\u00e9dicament \u00ab chimique \u00bb aux effets \u00e9quivalents.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais ces m\u00e9thodes n\u2019en demeurent pas moins approximatives, et surtout tr\u00e8s incompl\u00e8tes. Si l\u2019on peut estimer la valeur d\u2019un service rendu par la nature pris isol\u00e9ment, le bien commun naturel est, lui, infiniment complexe et multidimensionnel. Distinguer isol\u00e9ment quelques \u00ab services rendus \u00bb par la nature c\u2019est n\u00e9cessairement voiler l\u2019existence d\u2019une infinit\u00e9 d\u2019autres \u00ab services rendus \u00bb. Pour reprendre l\u2019exemple des plantes m\u00e9dicinales, leur aspect th\u00e9rapeutique n\u2019est pas leur unique \u00ab service rendu \u00bb : imaginons qu\u2019elles peuvent aussi avoir une valeur nutritive int\u00e9ressante pour les \u00eatres humains. Mais les services rendus par une plante en particulier peuvent \u00eatre des services rendus \u00e0 d\u2019autres \u00eatres vivants, non-humains. Elles peuvent servir pour la pr\u00e9servation d\u2019une certaine humidit\u00e9, elles peuvent abriter certains insectes ou bact\u00e9ries, etc. La plante participe certainement \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre du milieu naturel dans son ensemble : elle participe \u00e0 un syst\u00e8me complexe d\u2019interrelations et en interd\u00e9pendance avec les autres \u00e9l\u00e9ments du milieu. Et ces autres \u00e9l\u00e9ments naturels peuvent alors rendre des services \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine, ou \u00e0 d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments naturels etc.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pour aller plus loin, la nature ne rend pas des services, elle est tout simplement notre support de vie : sans le cadre, il n\u2019y a pas de tableau. Alors, est-il possible de donner une valeur mon\u00e9taire \u00e0 l\u2019existence de la vie sur Terre, de l\u2019existence de l\u2019esp\u00e8ce humaine ? Non, la valeur mon\u00e9taire n\u2019a de sens qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du cadre de la vie et des \u00e9changes entre les individus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Selon Alain Grandjean, la deuxi\u00e8me difficult\u00e9 fondamentale du calcul co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice est qu\u2019il fait implicitement l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019infinit\u00e9 des ressources naturelles. Tant que je suis pr\u00eat \u00e0 payer le prix, je peux d\u00e9truire l\u2019environnement \u00e0 ma guise : dans le calcul co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice, il ne s\u2019agit que d\u2019une question de co\u00fbt, tout peut s\u2019acheter y compris les biens naturels.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En \u00ab science \u00bb \u00e9conomique, on r\u00e9alise des raisonnements \u00ab \u00e0 la marge \u00bb, autrement dit, si on consomme une unit\u00e9 suppl\u00e9mentaire, aussi infiniment petite soit-elle, quel en sera mon co\u00fbt et quel en sera mon gain ? Si j\u2019extrais un litre de p\u00e9trole des souterrains de la Terre, je peux produire X litres d\u2019essence et je peux rouler Y kilom\u00e8tres, juste assez pour rendre visite \u00e0 des amis. Le co\u00fbt est celui de l\u2019extraction et de la transformation du p\u00e9trole en essence. Le b\u00e9n\u00e9fice est celui de rendre visite \u00e0 ses amis, passer du bon temps. C\u2019est un raisonnement \u00ab \u00e0 la marge \u00bb parce que c\u2019est un litre de p\u00e9trole suppl\u00e9mentaire, un voyage suppl\u00e9mentaire pour rendre visite \u00e0 mes amis. Ce litre de p\u00e9trole est si n\u00e9gligeable par rapport au tout que je ne prends pas en compte : l\u2019impact sur l\u2019environnement. Or, c\u2019est bien cela le probl\u00e8me : \u00e0 force de raisonnements marginaux de la sorte, ce sont des effets macros que l\u2019on ne prend pas en compte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019\u00e9conomiste Claude Henry, pr\u00e9sident du conseil scientifique d\u2019IDDRI (Institut du D\u00e9veloppement Durable et des Relations Internationales), d\u00e9veloppe l\u2019exemple particuli\u00e8rement parlant du projet de la \u00ab Montagne d\u2019or \u00bb, un projet d\u2019exploitation mini\u00e8re d\u2019une concession aurif\u00e8re dans l\u2019ouest de la Guyane fran\u00e7aise :<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab En 2010 d\u00e9j\u00e0, le magazine <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">The Economist<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">, dont les pr\u00e9occupations principales ne sont pas d\u2019ordre \u00e9cologique, avertissait : \u2018Si la for\u00eat amazonienne partait en fum\u00e9e \u2013 un sc\u00e9nario qui n\u2019est pas inconcevable avec un peu plus de d\u00e9frichement et un peu plus de r\u00e9chauffement \u2013 elle cracherait dans l\u2019atmosph\u00e8re l\u2019\u00e9quivalent de dix ans d\u2019\u00e9missions r\u00e9sultant de la combustion de combustibles fossiles.\u2019 Une marche \u00e0 l\u2019ab\u00eeme s\u2019il en est : cela nous ferait basculer sans retour dans un climat hostile. Consid\u00e9r\u00e9 isol\u00e9ment, le projet de Montagne d\u2019or ne para\u00eet pas \u00e0 cet \u00e9gard v\u00e9ritablement dangereux. Mais cela n\u2019a pas de sens de le consid\u00e9rer isol\u00e9ment. Il serait en effet un maillon dans une cha\u00eene de destructions \u00e0 travers la for\u00eat amazonienne tout enti\u00e8re : mines, barrages, d\u00e9frichements l\u00e9gaux ou ill\u00e9gaux pour faire place au soja ou \u00e0 l\u2019\u00e9levage, appropriation du bois, incendies criminels pour faciliter certaines de ces op\u00e9rations. \u00c0 toutes ces entreprises de destruction et \u00e0 ceux qui en sont responsables, l\u2019op\u00e9ration Montagne d\u2019or \u2013 sur le sol fran\u00e7ais et avec la b\u00e9n\u00e9diction de l\u2019\u00c9tat \u2013 apporterait une caution inestimable. Or les enjeux attach\u00e9s \u00e0 la conservation de la for\u00eat amazonienne sont tels qu\u2019il s\u2019agit aujourd\u2019hui d\u2019un imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique, tel que le d\u00e9finit Emmanuel Kant dans <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Critique de la raison pratique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">. Un imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique n\u2019autorise par les compromis politiques habituels, il est incompatible avec les m\u00e9thodes \u00ab co\u00fbts-avantages \u00bb d\u2019\u00e9valuation, coutumi\u00e8res dans les \u00e9tudes \u00e9conomiques. Rien qui le viole ne peut \u00eatre tenu pour marginal. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Claude Henry nous dit que le raisonnement \u00e0 la marge typique de la \u00ab science \u00bb \u00e9conomique ne peut pas s\u2019appliquer \u00e0 l\u2019\u00c9tat. On dit souvent que l\u2019\u00c9tat est l\u2019acteur principal en charge de \u00ab l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral \u00bb. Son but n\u2019est pas d\u2019accumuler les biens comme le sugg\u00e8re la rationalit\u00e9 \u00e9conomique, mais de tendre vers <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">le<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> bien commun \u00e0 l\u2019aide de la rationalit\u00e9 logique. Le \u00ab bien commun \u00bb est la fin finale de l\u2019\u00c9tat. Il ne peut y avoir de petits compromis avec une fin finale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au \u00ab gouvernement par les nombres \u00bb, au calcul co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice, il s\u2019agit de remettre \u00e0 sa juste place le qualitatif. \u00c0 <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">la<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> \u00ab valeur \u00bb \u00e9conomique, il s\u2019agit s\u2019opposer <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">les<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\"> valeurs. C\u2019est donc n\u00e9cessairement l\u2019imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique qui doit guider l\u2019action publique. L\u2019imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique, dans sa seconde formulation, est \u00e9nonc\u00e9e ainsi par Kant : \u00ab Agis de telle sorte que tu traites l\u2019humanit\u00e9 aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en m\u00eame temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen \u00bb (Kant, <em>Fondements de la m\u00e9taphysique des m\u0153urs<\/em>, 1785). Pourquoi l\u2019humanit\u00e9 doit \u00eatre une fin en soi ? Car les \u00eatres humains sont dot\u00e9s d\u2019une dignit\u00e9 et non pas d\u2019un prix. Le prix s\u2019applique aux objets interchangeables, comme les marchandises. La dignit\u00e9 concerne ce qui est sans \u00e9quivalent. Tout \u00eatre digne a le droit au respect : les \u00eatres humains \u00e0 titre individuel, l\u2019esp\u00e8ce humaine, la vie et son environnement. <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Notre syst\u00e8me \u00e9conomique tel qu\u2019il est aujourd\u2019hui ne fait qu\u2019aggraver le processus d\u2019extinction dans lequel nous sommes engag\u00e9s. Il est le reflet de la nature humaine : indiff\u00e9rent aux d\u00e9g\u00e2ts collat\u00e9raux, sa logique est celle de l\u2019exploitation jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ass\u00e8chement complet de la source elle-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 cela s\u2019ajoute la [&hellip;]<\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,4494,2769],"tags":[6915,6914,6916,6917],"class_list":["post-115863","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-environnement","category-science-economique-2","tag-alain-grandjean","tag-calcul-cout-benefice","tag-claude-henry","tag-la-montagne-dor"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115863","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=115863"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115863\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":115865,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115863\/revisions\/115865"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=115863"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=115863"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=115863"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}