{"id":116564,"date":"2020-01-11T10:44:50","date_gmt":"2020-01-11T09:44:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=116564"},"modified":"2020-01-11T10:44:50","modified_gmt":"2020-01-11T09:44:50","slug":"financer-la-transition-ecologique-par-vincent-burnand-galpin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2020\/01\/11\/financer-la-transition-ecologique-par-vincent-burnand-galpin\/","title":{"rendered":"<b>Financer la transition \u00e9cologique<\/b>, par Vincent Burnand-Galpin"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab Les caisses de l\u2019\u00c9tat sont vides, ma bonne dame ! \u00bb. Le porte-monnaie est toujours l\u00e9ger quand on ne souhaite pas d\u00e9penser. Si l\u2019on ne trouve pas l\u2019argent n\u00e9cessaire pour financer aujourd\u2019hui la transition \u00e9cologique, c\u2019est parce qu\u2019elle n\u2019est pas la premi\u00e8re des priorit\u00e9s de nos dirigeants. Nous avons su, par le pass\u00e9, trouver des sommes consid\u00e9rables pour financer des guerres ou de grands projets de modernisation, nous devrions pouvoir le faire aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><em>L\u2019exemple du financement de la Seconde Guerre mondiale<\/em><\/p>\n<p>L\u2019exemple historique de la Seconde Guerre mondiale est riche d\u2019enseignements. Apr\u00e8s dix ans de grave crise \u00e9conomique, les \u00c9tats bellig\u00e9rants ont su trouver les ressources pour financer massivement l\u2019effort de guerre. Rappelons que les d\u00e9penses militaires repr\u00e9sentaient alors environ 35% du PIB entre 1939 et 1945 pour les principaux bellig\u00e9rants, contre 2 \u00e0 3% en temps normal (Ch\u00e9lini 2016 : 145). Michel-Pierre Ch\u00e9lini montre que les \u00c9tats-Unis sont pass\u00e9s de 2% en 1940 \u00e0 un maximum de 42,7% en 1944. Ces d\u00e9penses ont pu repr\u00e9senter entre 2\/3 et 4\/5 des d\u00e9penses budg\u00e9taires totales des \u00c9tats, avec un pic de 87% pour les \u00c9tats-Unis (Ch\u00e9lini 2016 : 152).<!--more--><\/p>\n<p>Ces d\u00e9penses d\u00e9mesur\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es \u00e0 \u00e9galit\u00e9 entre imp\u00f4ts et emprunts. Aux \u00c9tats-Unis, \u00ab en 1938, les recettes [fiscales] couvrent 97% des d\u00e9penses, mais en 1942 le taux de couverture descend \u00e0 44% avant que le gouvernement ne provoque sa remont\u00e9e \u00e0 70 % en 1946 \u00bb (Ch\u00e9lini 2016 : 152). L\u2019effort fiscal f\u00e9d\u00e9ral est multipli\u00e9 par 7 entre la p\u00e9riode 1938-1940 et 1944-1945 : \u00ab l\u2019imp\u00f4t sur le revenu des personnes rapporte vingt fois plus en 1944 qu\u2019en 1940, l\u2019imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s 16 fois plus et les deux imp\u00f4ts, qui repr\u00e9sentaient 50% des recettes fiscales en 1940, en forment 72% en 1944 \u00bb (Ch\u00e9lini 2016 : 153).<\/p>\n<p>En parall\u00e8le \u00e0 l\u2019imp\u00f4t, les \u00c9tats bellig\u00e9rants recourent \u00e0 l\u2019emprunt : \u00ab aux \u00c9tats-Unis, la dette publique courante passe ainsi de 37 milliards en 1938 \u00e0 269 milliards en 1946 (et 257 en 1950), soit de 43% \u00e0 130% du PIB (en 90% en 1950). Le recours est rendu possible par les souscriptions du public. La charge annuelle des int\u00e9r\u00eats repr\u00e9sente en moyenne 2% du total du montant de la dette. En 1945 sur 260 milliards de dette publique, les comptables du Tr\u00e9sor public en d\u00e9tiennent un peu moins de 10% (<em>Federal Government Accounts<\/em>), le Federal Reserve System (Banque f\u00e9d\u00e9rale et son r\u00e9seau) environ 8%, ce qui t\u00e9moigne d\u2019un appel limit\u00e9 \u00e0 la Banque centrale, ind\u00e9pendante du Tr\u00e9sor, et l\u2019ensemble du public 82%. Les bons du Tr\u00e9sor repr\u00e9sentent classiquement \u00e0 cette p\u00e9riode les 2\/3 du financement de la dette en 1940 \u00bb (Ch\u00e9lini 2016 : 153).<\/p>\n<p><em>Le financement de la transition \u00e9cologique comparable \u00e0 la seconde r\u00e9volution industrielle<\/em><\/p>\n<p>L\u2019effort financier \u00e0 r\u00e9aliser aujourd\u2019hui est beaucoup moindre que celui qu\u2019a n\u00e9cessit\u00e9 la Seconde Guerre mondiale. Son ordre de grandeur se rapproche du co\u00fbt de la seconde r\u00e9volution industrielle. Jeremy Rifkin (Rifkin, 2019) compare le co\u00fbt de construction d\u2019un nouveau r\u00e9seau \u00e9lectrique am\u00e9ricain intelligent au co\u00fbt des infrastructures routi\u00e8res am\u00e9ricaines construites dans la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle. Le \u00ab National Interstate and Defense Highways Act \u00bb, sign\u00e9e en 1956 par le Pr\u00e9sident Eisenhower, \u00e9tait un grand projet de travaux publics pour relier tout le pays par la route. Sa construction a co\u00fbt\u00e9 425 milliards de dollars (calcul\u00e9s en 2006, soit 379 milliards d\u2019euros). 90% du projet a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, les 10% restant par les \u00c9tats. L\u2019Electric Power Research Institute a estim\u00e9 \u00e0 476 milliards dollars (soit 425 milliards d\u2019euros) la construction de ce r\u00e9seau \u00e9lectrique intelligent permettant de g\u00e9rer une production \u00e9lectrique 100% renouvelable (Electric Power Research Institute 2011).<\/p>\n<p>En termes d\u2019infrastructures, les co\u00fbts de la seconde r\u00e9volution industrielle et de la transition \u00e9cologique sont relativement \u00e9quivalents. Les \u00c9tats ont su financer ces infrastructures, il n\u2019y a pas de raison qu\u2019ils ne sachent plus le faire aujourd\u2019hui. Les \u00c9tats doivent avoir un r\u00f4le central dans la construction et le financement des infrastructures cl\u00e9s \u00e0 la transition.<\/p>\n<p>O\u00f9 trouver l\u2019argent aujourd\u2019hui, quand \u00ab les caisses sont vides \u00bb ? Rappelons que le budget de la D\u00e9fense am\u00e9ricaine repr\u00e9sentait encore 716 milliards de dollars (639 milliards d\u2019euros) en 2019, dont un tiers est consacr\u00e9 au financement de nouvelles armes.<\/p>\n<p><em>Comptabiliser les investissements publics comme les entreprises priv\u00e9es<\/em><\/p>\n<p>La transition \u00e9cologique exige de grands plans d\u2019investissements publics. Or, on entend dire que cela exige des sommes hors d\u2019atteinte pour l\u2019\u00c9tat. Les \u00c9tats ont en effet une propension constante \u00e0 d\u00e9penser davantage que le total de leurs recettes : ils vivent majoritairement \u00e0 cr\u00e9dit. Il est d\u2019autant plus important de pas confondre d\u00e9penses courantes et investissements.<\/p>\n<p>Tous les ans, les gouvernements \u00e9tablissent des budgets pour l\u2019ann\u00e9e suivante. En France, la comptabilit\u00e9 nationale consid\u00e8re les investissements publics comme une simple d\u00e9pense courante, c\u2019est-\u00e0-dire une d\u00e9pense r\u00e9alis\u00e9e chaque ann\u00e9e de mani\u00e8re relativement stable (payer les fonctionnaires, entretenir les infrastructures publiques, verser les aides sociales,\u2026). Dans la comptabilit\u00e9 nationale, si l\u2019\u00c9tat r\u00e9alise un investissement (par exemple la construction d\u2019une infrastructure publique routi\u00e8re ou ferr\u00e9e) de X millions d\u2019euros, cette sommes sera inscrite telle quelle comme une d\u00e9pense de X millions d\u2019euros dans le budget de l\u2019ann\u00e9e. Or, un investissement n\u2019est pas une d\u00e9pense comme une autre.<\/p>\n<p>Alain Grandjean propose de traiter dans la comptabilit\u00e9 nationale, un investissement public comme un investissement dans une entreprise priv\u00e9e : les charges d\u2019int\u00e9r\u00eat et la d\u00e9pr\u00e9ciation du capital doivent \u00eatre incluses dans le budget annuel, mais non la somme totale de l\u2019investissement r\u00e9alis\u00e9 (Grandjean 2019 : 45-46).<\/p>\n<p>Un investissement sert un certain nombre d\u2019ann\u00e9es : si l\u2019\u00c9tat construit aujourd\u2019hui une \u00e9cole dans une ville, il n\u2019a plus besoin de le faire l\u2019ann\u00e9e prochaine. Le co\u00fbt de l\u2019investissement sur le budget doit donc \u00eatre liss\u00e9 dans le temps. Si les b\u00e2timents d\u2019une \u00e9cole servent 50 ans, on r\u00e9partira le co\u00fbt de l\u2019investissement dans le temps sur l\u2019ensemble des ann\u00e9es d\u2019exploitation. Au lieu d\u2019inscrire 10 millions d\u2019euros au budget 2020 pour la construction d\u2019une \u00e9cole en 2020, on inscrira 200.000 euros par an : en langue comptable, on \u00ab amortit \u00bb le co\u00fbt d\u2019investissement dans le temps. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les charges d\u2019int\u00e9r\u00eat s\u2019il s\u2019agit d\u2019une somme emprunt\u00e9e et le co\u00fbt de la d\u00e9pr\u00e9ciation du capital, \u00e0 savoir le co\u00fbt d\u2019entretien de l\u2019\u00e9cole chaque ann\u00e9e pour conserver le b\u00e2timent dans son \u00e9tat initial.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019ici, les investissements ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des d\u00e9penses courantes car le budget des investissements publics \u00e9tait relativement stable au cours du temps. Pour reprendre l\u2019exemple des \u00e9coles, il suffit aujourd\u2019hui de renouveler le \u00ab stock \u00bb : si une \u00e9cole a fait son temps, elle est reconstruite enti\u00e8rement. Le budget d\u2019investissement, quasiment le m\u00eame chaque ann\u00e9e, pouvait donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une d\u00e9pense sans besoin d\u2019amortissement dans le temps.<\/p>\n<p>Pourquoi les entreprises priv\u00e9es comptabilisent-elles leurs investissements autrement ? Car un investissement est une d\u00e9pense transitoire. Sch\u00e9matiquement, une entreprise investit au d\u00e9but de son existence pour \u00eatre productive par la suite. Construire une usine est une d\u00e9pense exceptionnelle qui sert pour les 30 ans \u00e0 venir. Elle ne r\u00e9alise ce type de d\u00e9penses que tr\u00e8s occasionnellement.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, au vu des d\u00e9penses exceptionnelles \u00e0 r\u00e9aliser pour la transition \u00e9cologique, la situation des \u00c9tats est similaire \u00e0 celle d\u2019une entreprise priv\u00e9e \u00e0 son lancement. Ils doivent op\u00e9rer un certain nombre d\u2019investissements massifs pour r\u00e9aliser la transition \u00e9cologique et arriver, en quelque sorte, au \u00ab prochain plateau \u00bb de d\u00e9veloppement. Il s\u2019agit ici de limiter cette comptabilit\u00e9 aux investissements pour la transition \u00e9cologique, car, comme nous l\u2019expliquions \u00ab les d\u00e9penses courantes de l\u2019\u00e9ducation nationale, de la d\u00e9fense ou de la sant\u00e9 sont constantes en ordre de grandeur. \u00c0 l\u2019inverse, la transition \u00e9nerg\u00e9tique requiert de donner aujourd\u2019hui un gros coup de collier \u00bb (Grandjean 2019 : 56).<\/p>\n<p><em>Le monde \u00e9pargne, le monde est riche : profitons-en !<\/em><\/p>\n<p>L\u2019investissement public ne peut \u00eatre la seule source de financement de la transition \u00e9cologique : les march\u00e9s financiers doivent \u00e9galement prendre part \u00e0 l\u2019effort de guerre \u00e9cologique.<\/p>\n<p>L\u2019encours des principaux placements financiers des m\u00e9nages de l\u2019Union europ\u00e9enne s\u2019\u00e9levait en 2016, en valeur de march\u00e9, \u00e0 26.308 milliards d\u2019euros fin 2016 hors Royaume-Uni. Le Royaume-Uni pesait 7.544 milliards d\u2019euros \u00e0 cette m\u00eame date. L\u2019assurance-vie et les fonds de pension arrivent en t\u00eate, avec 8.890 milliards d\u2019euros, soit plus de 33,7% du total. Suivent les d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 vue avec 8.253 milliards (31,4%) puis les investissements en actions avec 7.167 milliards (27,2%).<\/p>\n<p>Les fonds de pension sont une source de financement titanesque. Aux \u00c9tats-Unis, ils repr\u00e9sentaient une somme de de 41.300 milliards de dollars (37.000 milliards d\u2019euros) en 2017.<\/p>\n<p>Les premiers signaux envoy\u00e9s par les march\u00e9s sont positifs : les march\u00e9s financiers anticipent les changements rapides \u00e0 venir. Selon une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e en 2018 aupr\u00e8s des gestionnaires de fonds britanniques par l\u2019UK Sustainable Investment and Finance Association et la Climate Change Collaboration, 62% des g\u00e9rants de fonds \u00ab anticipent un pic de la demande de p\u00e9trole impactant les cours de bourse d\u2019ici cinq ans, et un pic de la demande de gaz impactant les cours de bourse d\u2019ici dix ans. 54% des enqu\u00eat\u00e9s affirment qu\u2019investir dans les \u00e9nergies fossiles constitue d\u00e9j\u00e0 un risque pour leur r\u00e9putation et joue d\u00e9j\u00e0 un r\u00f4le n\u00e9gatif sur leur \u00e9valuation. Jeremy Rifkin note que d\u00e9j\u00e0 \u00ab plus de 1.000 investisseurs institutionnels de 37 pays en tout se sont engag\u00e9s \u00e0 retirer 7.200 milliards d\u2019euros de fonds de l\u2019industrie des combustibles fossiles \u00bb (Rifkin 2019 : 18). Mais il faut aller plus loin.<\/p>\n<p>Ces sommes consid\u00e9rables seraient largement suffisantes en soi pour financer la transition \u00e9cologique. Il est grand temps que la finance remplisse enfin son r\u00f4le premier : tel un syst\u00e8me sanguin, il doit allouer au mieux les ressources existantes. La finance doit retrouver le chemin de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle, et en particulier la transition \u00e9cologique. Nous verrons comment par la suite.<\/p>\n<p>============<\/p>\n<p>Ch\u00e9lini, Michel-Pierre, \u201cLe financement de la Seconde Guerre mondiale : probl\u00e8mes g\u00e9n\u00e9raux et exemples nationaux\u201d, in Baechler, Jean et Soutou, Georges-Henri (sous la dir. de), <em>Guerre, \u00e9conomie et fiscalit\u00e9<\/em>, Paris : Hermann 2016, 145-151<\/p>\n<p>Grandjean, Alain, avec Cohen, Marion et Puisieux, K\u00e9vin, <em>Agir sans attendre<\/em>, Paris : les Liens qui Lib\u00e8rent et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l\u2019Homme, 2019<\/p>\n<p>Rifkin, Jeremy, <em>Le New Deal vert mondial. Pourquoi la civilisation fossile va s\u2019effondrer d\u2019ici 2028. Le plan \u00e9conomique pour sauver la vie sur Terre<\/em>, Paris, Les liens qui lib\u00e8rent, 2019<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab Les caisses de l\u2019\u00c9tat sont vides, ma bonne dame ! \u00bb. 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