{"id":124220,"date":"2020-10-13T16:40:39","date_gmt":"2020-10-13T14:40:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=124220"},"modified":"2020-10-17T21:43:32","modified_gmt":"2020-10-17T19:43:32","slug":"silver-girl","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2020\/10\/13\/silver-girl\/","title":{"rendered":"<b>\u00ab Silver Girl \u00bb<\/b>"},"content":{"rendered":"\r\n<blockquote>\r\n<p>Tiens ! Vous avez l&rsquo;air d&rsquo;aimer <a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2020\/10\/11\/comment-apprendre-langlais\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">mes histoires\u00a0d&rsquo;amour<\/a>, alors, en voil\u00e0 encore une. Mais attention ! certaines sont tristes.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n<p>Ida \u00e9tait la s\u0153ur, la petite s\u0153ur, d\u2019une amie de Rebecca, ma copine \u00e0 l\u2019\u00e9poque. J\u2019avais vingt ans, Rebecca en avait seize, son amie sans doute aussi. Ida en avait quinze, une gamine, du moins si on ignorait son fin sourire.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ma relation avec Ida aura dur\u00e9 dix ans. Il se peut tr\u00e8s bien que ce soit la relation la plus longue que j\u2019ai eue avec une femme. Nous n\u2019avons pas fait l\u2019amour une seule fois. Ce qui n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 ma m\u00e8re d\u2019appeler Ida, avec une belle constance, \u00ab\u00a0ta fianc\u00e9e\u00a0\u00bb, pendant la seconde moiti\u00e9 de ces dix ann\u00e9es.<\/p>\r\n\r\n<p><!--more--><\/p>\r\n\r\n<p>La derni\u00e8re fois que je l\u2019ai vue, c\u2019\u00e9tait \u00e0 la maison, chez mes parents. Je venais d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Bruxelles, juste apr\u00e8s avoir d\u00e9fendu ma th\u00e8se. Mes parents avaient invit\u00e9 des amis \u00e0 eux, dont quelques coll\u00e8gues \u00e0 mon p\u00e8re, enseignants tous dans la m\u00eame universit\u00e9. Ma m\u00e8re avait dit : \u00ab\u00a0Tu ne vas pas venir tout seul\u2026\u00a0\u00bb. J\u2019avais r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Je peux demander \u00e0 Ida\u2026\u00a0\u00bb Ce qui lui convenait parfaitement : une fianc\u00e9e est en effet indispensable dans des occasions comme celles-l\u00e0.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Apr\u00e8s le petit raout, ma m\u00e8re m\u2019avait demand\u00e9 : \u00ab\u00a0Et alors ? Ida et toi, vous allez enfin\u2026 ?\u00a0\u00bb Elle ne voulait pas dire \u00ab\u00a0faire l\u2019amour\u00a0\u00bb, \u00e7a ne l\u2019effleurait s\u00fbrement pas qu\u2019en dix ann\u00e9es on n\u2019avait jamais bais\u00e9 : \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Rebecca, ma chambre d\u2019\u00e9tudiant, ancienne chambre de bonne, se trouvait par co\u00efncidence juste au-dessus dans l\u2019immeuble de celle de mes parents, et ma m\u00e8re s\u2019\u00e9tait plainte \u00e0 plusieurs reprises qu\u2019il \u00ab\u00a0faudrait faire quelque chose \u00e0 propos de ce lit qui grince vraiment tr\u00e8s fort\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Non, elle voulait dire \u00ab\u00a0Vous marier\u00a0\u00bb. J\u2019ai r\u00e9pondu que \u00e7a ne paraissait pas possible vu que G*** \u00e9tait enceinte. Ambiance\u00a0!\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0 Ida n\u2019aurait peut-\u00eatre pas dit non, je n\u2019en sais rien. Quoi qu\u2019il en soit, le probl\u00e8me ne se posait plus de cette mani\u00e8re. On se serait mari\u00e9s, j\u2019avais trente ans, elle en avait vingt-cinq, et le jour de nos noces nous aurions fait l\u2019amour pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>R\u00e9flexion faite, et connaissant le style de notre affaire, je ne pense pas. Pas m\u00eame ce jour-l\u00e0. Nous aurions fait comme nous avions fait pendant les dix ans qui pr\u00e9c\u00e9daient : nous nous serions battus comme des chiots, roulant sur le sol, sur mon grand tapis blanc et orange \u2013 premi\u00e8re d\u00e9pense munificente de mon premier salaire, sur le parquet, sur le dallage de la cuisine, que sais-je encore, o\u00f9 que ce soit que le premier pincement nous aurait saisis \u00e0 \u00e9changer un regard, aussit\u00f4t elle entr\u00e9e dans mon antre, pendant des heures.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Notre relation \u00e9tait physique. Trop physique sans doute pour faire l\u2019amour, qui est finalement un truc assez ritualis\u00e9 : crac &#8211; boum &#8211; hue. Assez plan-plan, et qui finit par s\u2019arr\u00eater dans un grand effondrement des \u00e9nergies. Nous, nous aimions que cela dure, sans conclusion pr\u00e9\u00e9tablie. Sauf peut-\u00eatre si nous avions pu faire l\u2019amour de la mani\u00e8re dont nous faisions ce que nous aimions faire. On voit \u00e7a en fait dans ce film de Doillon, \u00ab\u00a0Mes s\u00e9ances de lutte\u00a0\u00bb\u00a0: rouler par terre ensemble, en ne sachant pas tr\u00e8s bien quel est le morceau qu\u2019on tient \u00e0 un moment particulier, quel est l\u2019endroit pr\u00e9cis o\u00f9 le doigt a trouv\u00e9 \u00e0 s\u2019enfoncer. Comme les enfants, qui ne savent pas encore quelles sont les deux parties de l\u2019anatomie qu\u2019il faut embo\u00eeter proprement si l\u2019on peut dire, l\u2019une dans l\u2019autre &#8211; gaspation ! &#8211; pour que le drame se consume dans les r\u00e8gles de l\u2019art.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Un jour Stef, qui se trouvait au second \u00e9tage, moi j\u2019habitais au premier, est descendu en entendant le tintamarre pas possible qui venait de chez moi, et les portes qui claquaient, et me voyant sur le palier, avec ma main ensanglant\u00e9e qui pissait le sang sur le sol, il a dit, constern\u00e9 : \u00ab\u00a0Mais qu\u2019est-ce qui t\u2019est arriv\u00e9 ?\u00a0\u00bb. J\u2019ai r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0C\u2019est rien, c\u2019est Ida qui \u00e9tait l\u00e0, je me suis juste un peu \u00e9corch\u00e9 \u00e0 la grosse boucle de sa ceinture !\u00a0\u00bb. Et au lieu d\u2019appeler la police, il s\u2019est content\u00e9 de lever les yeux au ciel et de hausser les \u00e9paules car il connaissait Ida, et il me connaissait moi, et il n\u2019ignorait rien du pouvoir d\u00e9tonnant des deux ensemble.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Un jour &#8211; l\u00e0 c\u2019\u00e9tait au tout d\u00e9but &#8211; elle \u00e9tait au lit, malade, et j\u2019\u00e9tais venu la voir chez ses parents. Une immense chambre avec vue sur le parc faisant office de jardin qui entourait la maison. La maman est entr\u00e9e \u00e0 l\u2019improviste. Sans frapper, probablement \u00e0 dessein, pour essayer de comprendre ce que nous faisions quand nous \u00e9tions ensemble &#8211; Ida devait jurer \u00e0 sa maman que nous ne faisions pas l\u2019amour, et sa maman devait la croire (c\u2019\u00e9tait une famille tr\u00e8s catholique &#8211; j\u2019allais la chercher devant son \u00e9cole, \u00ab\u00a0L\u2019Immacul\u00e9e Conception\u00a0\u00bb) mais devinait, la fine mouche, qu\u2019il devait y avoir autre chose. Et l\u00e0, elle a tr\u00e8s bien compris, bien que j\u2019aie retir\u00e9 tr\u00e8s rapidement ma main de l\u2019endroit o\u00f9 elle se trouvait bien au milieu du lit &#8211; s\u2019acquittant diligemment de son bienveillant office. Encore heureux que je n\u2019aie pas essay\u00e9 d\u2019optimiser le rendement en aventurant la main sous la couette\u00a0! Mais la maman qui \u00e9tait une femme tr\u00e8s intelligente (LoL) m\u2019a dit avec une grande fermet\u00e9 : \u00ab\u00a0Je crois qu\u2019il est temps pour vous de partir\u00a0!\u00a0\u00bb. Elle n\u2019a pas ajout\u00e9 \u00ab\u00a0Et de ne jamais remettre les pieds ici\u00a0!\u00a0\u00bb car le sous-entendu allait de soi.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>C\u2019\u00e9tait une dame tr\u00e8s rev\u00eache, tr\u00e8s belle, tr\u00e8s raide ; ma relation avec elle, cela allait encore. Avec le p\u00e8re, c\u2019\u00e9tait tout autre chose : lui ne m\u2019aurait pas appel\u00e9 le \u00ab fianc\u00e9 \u00bb de sa fille, il m\u2019appelait \u00ab le communiste \u00bb, \u00ab l\u2019agitateur \u00bb, des mots comme \u00e7a plut\u00f4t. Un officier de r\u00e9serve qui fricotait avec des milices d\u2019extr\u00eame-droite, un machin qui s\u2019appelait \u00ab Jeune Belgique \u00bb, ou un truc comme \u00e7a. En fait r\u00e9trospectivement je me dis qu\u2019il devait avoir les id\u00e9es assez larges puisque je ne suis pas mort \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Quand nous \u00e9tions all\u00e9 voir pour la premi\u00e8re fois son amie, la grande s\u0153ur d\u2019Ida, Rebecca m\u2019avait dit mine de rien au moment de quitter leur maison : \u00ab\u00a0Est-ce qu\u2019elle n\u2019est pas super-mignonne, la petite s\u0153ur\u00a0?\u00a0\u00bb. J\u2019avais d\u00fb dire : \u00ab\u00a0Ah ! oui ! une petite s\u0153ur ? Je ne pas s\u00fbr d\u2019en avoir vu une\u00a0!\u00a0\u00bb. J\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 sournois.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>En fait, en attirant mon attention ailleurs que sur elle, Rebecca pr\u00e9parait d\u00e9j\u00e0 en douce sa propre sortie. Il faut dire que je n\u2019\u00e9tais pas sur notre brave plan\u00e8te, de la confession qu\u2019il fallait, et ses parents &#8211; gentiment mais fermement &#8211; le lui rappelaient \u00e0 intervalles r\u00e9guliers.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Rebecca se pr\u00e9parait \u00e0 aller au Canada passer l\u2019\u00e9t\u00e9 chez des gens de sa famille. Quand elle est revenue, elle m\u2019a dit deux choses : \u00ab\u00a0Tiens !\u00a0\u00bb, et elle me tendait un 33 tours : le premier disque de Leonard Cohen dont personne en Europe n\u2019avait encore entendu parler, \u00ab\u00a0C\u2019est ce qu\u2019ils \u00e9coutent au Canada en ce moment !\u00a0\u00bb, et la deuxi\u00e8me, c\u2019\u00e9tait : \u00ab\u00a0Je vais me fiancer avec quelqu\u2019un que j\u2019ai rencontr\u00e9 l\u00e0-bas\u00a0\u00bb. Si j\u2019ai bon souvenir, il avait le double de son \u00e2ge, ce qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque je trouvais extr\u00eamement choquant : concurrence d\u00e9loyale, n\u2019est-ce pas\u00a0?<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s triste. Il n\u2019en \u00e9tait pas moins vrai qu\u2019Ida \u00e9tait super-mignonne. Nous nous promenions au parc du Wolvendael (le val aux loups en flamand &#8211; \u00e7a devait se passer vraiment dans l\u2019ancien temps vu que la ville est aujourd\u2019hui tout autour). Elle n\u2019avait peut-\u00eatre que quinze ans lorsque nous nous \u00e9tions vus la premi\u00e8re fois mais elle avait d\u00e9sormais quinze ans et demi &#8211; chaque mois qui passe compte et fait une \u00e9norme diff\u00e9rence \u00e0 cet \u00e2ge l\u00e0 ! Nous nous sommes donc assez rapidement mis \u00e0 nous battre comme des chiots. Et \u00e7a nous a tellement plu que nous l\u2019avons fait, comme je l\u2019ai dit, pendant dix ans.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Il y avait une chanson \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, que nous aimions beaucoup \u2013 nous \u00e9tions tr\u00e8s loin d\u2019\u00eatre les seuls \u2013 \u00ab\u00a0A Bridge Over Troubled Water\u00a0\u00bb, un pont jet\u00e9 sur une eau tumultueuse, de Paul Simon et chant\u00e9e par Art Garfunkel. Je la passais quand elle \u00e9tait chez moi, avenue Beau-S\u00e9jour. Elle savait que je l\u2019associais \u00e0 elle. \u00ab\u00a0Sail on Silver Girl\u00a0\u00bb, navigue encore Fille d\u2019Argent, \u00ab\u00a0Sail on by\u00a0\u00bb, passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, me laissant seul.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Et j\u2019ai d\u00fb l\u2019appeler comme cela \u00e0 l\u2019occasion\u00a0: \u00ab\u00a0Silver Girl\u00a0\u00bb\u00a0: Fille d\u2019Argent, pas fille des sous, mais du m\u00e9tal. \u00c7a lui allait bien.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>J\u2019ai eu des tas de copines sur ces dix ann\u00e9es. Ida venait les inspecter pour me dire ce qu\u2019elle pensait d\u2019elles. Et ses inspections ne passaient pas inaper\u00e7ues des demoiselles en question qui saisissaient rapidement qu\u2019Ida veillait et qu\u2019elle continuerait de me voir &#8211; pour renouveler p\u00e9riodiquement son option &#8211; tout particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019improviste, pour faire monter le stress chez celles qu\u2019il faudrait appeler ses adversaires plut\u00f4t que ses rivales.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Mais la f\u00ealure est venue un jour, et comme dans le po\u00e8me de Sully Prudhomme, \u00ab\u00a0le coup d\u2019\u00e9ventail dut effleurer \u00e0 peine\u00a0\u00bb, mais c\u2019\u00e9tait cuit, le vase \u00e9tait bris\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0la l\u00e9g\u00e8re meurtrissure, Mordant le cristal chaque jour, D&rsquo;une marche invisible et s\u00fbre En a fait lentement le tour\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Comme elle \u00e9tait &#8211; je ne l\u2019ai pas encore dit mais vous l\u2019aurez maintenant devin\u00e9 &#8211; tr\u00e8s belle, tr\u00e8s grande et tr\u00e8s blonde, tirant sur le roux (le genre de r\u00eave d\u2019un footballeur ayant r\u00e9ussi dans la vie &#8211; profession honorable au demeurant !), elle \u00e9tait vite devenue mannequin, dans le pr\u00eat-\u00e0-porter. Et l\u00e0 eut lieu l\u2019incident qui f\u00eala le vase irr\u00e9versiblement. J\u2019\u00e9tais dans sa petite maison &#8211; elle avait grandi entre-temps, et ses maisons avaient elles, rapetiss\u00e9 &#8211; quand on a sonn\u00e9 \u00e0 la porte. Elle a jet\u00e9 un \u0153il par la fen\u00eatre et a dit : \u00ab Merde ! Merde ! Merde ! C\u2019est mon agent ! \u00bb Et puis : \u00ab Viens, on n\u2019a pas le choix ! \u00bb. Elle m\u2019a fait descendre et m\u2019a pouss\u00e9 dans un cagibi sous l\u2019escalier, entre les balais, les seaux et les serpilli\u00e8res, en me disant : \u00ab Ne bouge surtout pas ! \u00bb Heureusement l\u2019exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 br\u00e8ve, le commercial ayant \u00e9t\u00e9 vite \u00e9conduit, et je ne risquais pas ma vie &#8211; contrairement \u00e0 ma seconde exp\u00e9rience similaire, l\u00e0 c\u2019\u00e9tait au Liberia, et j\u2019\u00e9touffais un peu dans la cage \u00e0 lapins, et il ne s\u2019agissait pas d\u2019un impresario mais de gens encore plus redoutables si la chose est possible : la soldatesque.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00ab\u00a0Tu ne m\u2019en veux pas ?\u00a0\u00bb Si, je lui en voulais. Et, tr\u00e8s honn\u00eatement, je lui en veux toujours. Mais cela n\u2019emp\u00eache nullement Ida d\u2019\u00eatre l\u2019une des quatre femmes que j\u2019ai aim\u00e9es par-dessus tout.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Il y a un an \u00e0 peu pr\u00e8s, je l\u2019ai recherch\u00e9e sur la toile. Je l\u2019ai retrouv\u00e9e. C\u2019\u00e9tait un faire-part de d\u00e9c\u00e8s. Morte il y a quelques ann\u00e9es, \u00e0 61 ans. J\u2019ai pleur\u00e9. Heureusement qu\u2019on n\u2019\u00e9crit plus \u00e0 l\u2019encre, sinon la phrase l\u00e0, celle que vous lisez \u00e0 l\u2019instant, vous auriez du mal \u00e0 la lire, tellement elle serait barbouill\u00e9e.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>Sail on Silver Girl.\u00a0Sail on by\u00a0!\u00a0<\/em><\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Tiens ! Vous avez l&rsquo;air d&rsquo;aimer <a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2020\/10\/11\/comment-apprendre-langlais\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">mes histoires\u00a0d&rsquo;amour<\/a>, alors, en voil\u00e0 encore une. Mais attention ! certaines sont tristes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ida \u00e9tait la s\u0153ur, la petite s\u0153ur, d\u2019une amie de Rebecca, ma copine \u00e0 l\u2019\u00e9poque. J\u2019avais vingt ans, Rebecca en avait seize, son amie sans doute aussi. Ida en avait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6025,833,6],"tags":[3617],"class_list":["post-124220","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a-love-supreme","category-la-vie-de-tous-les-jours","category-questions-essentielles","tag-amour"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/124220","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=124220"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/124220\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":124228,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/124220\/revisions\/124228"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=124220"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=124220"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=124220"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}