{"id":125590,"date":"2020-12-21T18:52:31","date_gmt":"2020-12-21T17:52:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=125590"},"modified":"2020-12-21T18:52:31","modified_gmt":"2020-12-21T17:52:31","slug":"je-hais-les-voyages-et-les-aspirateurs-1985","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2020\/12\/21\/je-hais-les-voyages-et-les-aspirateurs-1985\/","title":{"rendered":"<b>\u00ab&nbsp;Je hais les voyages et les aspirateurs&nbsp;\u00bb<\/b> (1985)"},"content":{"rendered":"<blockquote><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-125037\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne.png 415w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>\r\n<p class=\"p1\"><b>\u00ab\u00a0Je hais les voyages et les aspirateurs\u00a0\u00bb <\/b>a paru dans <b>L&rsquo;\u00c2ne Le magazine freudien<\/b>,\u00a020, 1985 : 24.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n<p><em>L\u2019anthropologue doit-il tuer l\u2019explorateur qui sommeille encore en chacun de nous\u00a0?<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00ab\u00a0Aspirateurs\u00a0\u00bb s\u2019est impos\u00e9 \u00e0 la plume, car des \u00ab\u00a0explorateurs\u00a0\u00bb, qui se souvient\u00a0? <em>Tristes Tropiques<\/em>, le manifeste de l\u2019anthropologie structurale d\u00e9butait\u00a0 par ces mots blasph\u00e9matoires, \u00ab\u00a0Je hais les voyages et les explorateurs.\u00a0\u00bb. \u00c0 l\u2019\u00e9poque il y avait d\u00e9j\u00e0 des voyages et il restait quelques explorateurs, et chacun les aimait. Aux yeux du commun, les ethnologues \u2013 on ne les appelait pas encore \u00ab\u00a0anthropologues\u00a0\u00bb &#8211; \u00e9taient une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019explorateurs, puisqu\u2019on pouvait les voir se faire quelque argent de poche \u00e0 <em>Connaissance du Monde<\/em>.\u00a0<\/p>\r\n\r\n<p><!--more--><\/p>\r\n\r\n<p><strong>L\u2019explorateur dans la th\u00e9orie<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Un th\u00e8me r\u00e9current chez L\u00e9vi-Strauss, c\u2019est celui de \u00ab\u00a0la petite diff\u00e9rence\u00a0\u00bb. La petite diff\u00e9rence surgit \u00e0 la faveur d\u2019une asp\u00e9rit\u00e9 dans le chromatique, dans le continuum du monde. \u00c0 des fins cognitives, c\u2019est-\u00e0-dire pour que l\u2019on puisse s\u2019y retrouver, l\u2019esprit humain prend pr\u00e9texte de ces asp\u00e9rit\u00e9s pour creuser des \u00e9carts. Avant 1955, avant la publication de <em>Tristes Tropiques<\/em>, la petite diff\u00e9rence entre explorateurs et ethnologues demeurait imperceptible. Ensuite, l&rsquo;\u00e9cart devint abyssal, et pour bien le marquer, on rebaptisa l\u2019\u00ab\u00a0ethnologue\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0anthropologue\u00a0\u00bb (les ethnologues anglais et am\u00e9ricains s\u2019appelaient d\u00e9j\u00e0 anthropologues pour des raisons de querelles d\u2019\u00e9coles purement contingentes). Les anthropologues existaient d\u00e9j\u00e0 bien s\u00fbr, c\u2019\u00e9taient de petits messieurs \u00e0 barbiche poivre et sel qui mesuraient des cr\u00e2nes et inventaient \u00e0 l\u2019occasion le calcul des corr\u00e9lations. Leur pratique avait sombr\u00e9 dans le ridicule, mais l\u2019aur\u00e9ole du \u00ab\u00a0savant\u00a0\u00bb restait associ\u00e9e \u00e0 leur image, ce qui n\u2019\u00e9tait pas pour d\u00e9plaire \u00e0 L\u00e9vi-Strauss. Car si \u00e0 l\u2019image de l\u2019explorateur \u00e9tait attach\u00e9e la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 amateuresque, \u00e0 celle du savant s\u2019attachait la gravit\u00e9 professionnelle. La phrase inaugurale des <em>Tristes Tropiques<\/em> signifiait que l\u2019exotisme n\u2019emp\u00eache pas n\u00e9cessairement de penser.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Beaucoup plus r\u00e9cemment, en 1982 [\u00e9crit en 1984], dans le <em>Savoir des anthropologues<\/em>, Dan Sperber reprenait le m\u00eame th\u00e8me sous une forme diff\u00e9rente, il traquait les explorateurs infiltr\u00e9s dans la profession anthropologique. Il reprenait \u00e0 cette fin le tr\u00e8s vieux mot d\u2019\u00ab\u00a0ethnographe\u00a0\u00bb, avec sa connotation de scribe appliqu\u00e9, pour caract\u00e9riser l\u2019explorateur se faisant passer pour un anthropologue, lequel se trahit par l\u2019amour des voyages qui transpara\u00eet dans ses \u00e9crits, et par la logique purement litt\u00e9raire de ses d\u00e9monstrations. Allant \u00e0 l\u2019encontre de certaines modes r\u00e9centes [\u00e9crit en 1984] (*), Sperber affirme que si l\u2019ethnographe se pare aujourd\u2019hui des atours de l\u2019herm\u00e9neutique et d\u00e9clare s\u2019adresser \u00e0 l\u2019intuition de l\u2019humain, c\u2019est tout bonnement faute de pouvoir faire mieux. Ce qui est sans doute vrai dans la plupart des cas.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Faut-il pour autant vilipender l\u2019ethnographe, l\u2019anthropologue explorateur\u00a0? Apr\u00e8s tout, c\u2019est lui qui fit la fortune de l\u2019ethnologie, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019ethnologue n\u2019\u00e9tait pas encore aussi d\u00e9class\u00e9 que l\u2019explorateur. Ce sont les Malinowski, les Margaret Mead et les plus humbles conf\u00e9renciers de <em>Connaissance du Monde<\/em> qui, en s\u2019attirant la sympathie du public, permirent \u00e0 ce domaine de rassembler les fonds qui l\u2019amen\u00e8rent \u00e0 s\u2019institutionnaliser en autant de \u00ab\u00a0Centres\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0D\u00e9partements\u00a0\u00bb. S\u2019il n\u2019y avait que les \u00e9panchements lyriques des ethnographes \u00e0 d\u00e9plorer, le mal serait minime. Mais il y a plus grave.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Si l\u2019on comptabilise la somme d\u2019efforts d\u00e9ploy\u00e9s en plus de cent ann\u00e9es d\u2019anthropologie, il faut bien s\u2019affliger du caract\u00e8re \u00e9tique des r\u00e9sultats obtenus. L\u2019anthropologie ambitionne de produire une th\u00e9orie globale de l\u2019humain, et Foucault voulut lui reconna\u00eetre, \u00e0 elle et \u00e0 la psychanalyse, un regard critique portant sur l\u2019homme tout entier. Mais les acquis sont bien maigres. Tous les torts ne doivent pas \u00eatre imput\u00e9s \u00e0 l\u2019explorateur, mais sa pr\u00e9sence omnipr\u00e9sente, l\u2019imposition de son style \u2013 qui fait retour \u00e0 l\u2019occasion de chaque crise th\u00e9orique \u2013 contribue dans la profession \u00e0 une certaine asphyxie de la pens\u00e9e.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, nous posions \u00e0 notre ma\u00eetre Leach, la question de la maigreur des acquis. Pour lui, la r\u00e9ponse \u00e9tait simple, d\u2019ordre uniquement statistique\u00a0: nous constituons une profession peu nombreuse o\u00f9 nous sommes peu nombreux \u00e0 penser. Le nombre de g\u00e9nies dans une population \u00e9tant \u00e0 peu pr\u00e8s constant, il \u00e9tait donc naturel que nous soyons si peu avanc\u00e9s. Certes, nous sommes peu nombreux, mais les inventeurs de la m\u00e9canique quantique l\u2019\u00e9taient, eux aussi. Il ne peut donc \u00eatre question de seuil critique. Bourdieu et d\u2019autres penseurs de l\u2019histoire des sciences ont attir\u00e9 notre attention sur ces effets d\u2019entra\u00eenement qui agitent un domaine du savoir quand la rumeur se r\u00e9pand qu\u2019il\u00a0\u00ab\u00a0s\u2019y passe quelque chose\u00a0\u00bb. D\u2019ailleurs l\u2019anthropologie a connu un tel \u00e9v\u00e8nement\u00a0; il est vrai, il y a longtemps. Le d\u00e9bat du tot\u00e9misme prend son envol dans les ann\u00e9es 1870, mais en quatre ans, de 1910 \u00e0 1913, paraissent les ouvrages de Frazer (<em>Totemism and Exogamy, <\/em>1910), de Durkheim (<em>Les Formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse<\/em>, 1912), de Freud (<em>Totem und Tabu<\/em>, 1913), et un ouvrage mineur de Malinowski (<em>The Family among the Australian Aborigines<\/em>, 1913). Les feux ne se sont pas enti\u00e8rement \u00e9teints, mais les excursions g\u00e9niales de penseurs ext\u00e9rieurs ont pris fin (on notera quand m\u00eame la r\u00e9\u00e9criture de Frazer par Ren\u00e9 Girard, malgr\u00e9 son caract\u00e8re \u00e9trangement pr\u00e9-psychanalytique).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Alors, l\u2019explorateur comme ennemi de la pens\u00e9e\u00a0? Oui, sans doute, mais pas comme personnage s\u00e9par\u00e9. L\u2019explorateur est un d\u00e9mon int\u00e9rieur \u00e0 l\u2019homme, et la pratique de l\u2019anthropologie l\u2019autorise \u00e0 d\u00e9ployer toute sa force. Tout comme sa passion peut perdre le toxicomane, l\u2019explorateur peut perdre l\u2019anthropologie. \u00c0 moins\u2026 \u00c0 moins que l\u2019autre demeure une mati\u00e8re \u00e0 penser, que le narcissisme l\u2019emporte sur la perversion.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><strong>\u00catre le Premier Blanc<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Car l\u2019explorateur est un pervers. Qu\u2019il soit sadomasochiste, il vous le dira lui-m\u00eame. Qu\u2019il soit voyeur, cela va sans dire\u00a0; qu\u2019il soit exhibitionniste, on peut le montrer. Dans un village recul\u00e9, nous assistons Bernard et moi \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie aux couleurs de chromo, et \u00e0 l\u2019exotisme grandiose et surann\u00e9. Il s\u2019interroge\u00a0: sommes-nous bien, comme ses acteurs nous l\u2019ont affirm\u00e9 p\u00e9remptoirement, les premiers Blancs \u00e0 assister \u00e0 cette fantasmagorie animiste\u00a0? Il devait bien y avoir, dans les ann\u00e9es trente ou cinquante, des administrateurs que l\u2019on conviait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ce genre de spectacle\u00a0? Oui, sans doute\u00a0; Sir Richard Burton et Raymond Roussel d\u00e9crivent des c\u00e9r\u00e9monies toutes semblables. Et apr\u00e8s\u00a0?<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>D\u2019o\u00f9 vient cette joie enfantine d\u2019\u00eatre le <em>Premier Blanc<\/em> \u00e0 voir quelque chose ou quelqu\u2019un\u00a0? Ce n\u2019est pas voir, bien s\u00fbr, c\u2019est d\u2019\u00eatre vu. M\u00eame, \u00ab\u00a0vous \u00eates le premier Blanc qu\u2019on ait vu depuis vingt ans\u00a0\u00bb, cela fait plaisir. Soi, comme individu apte \u00e0 repr\u00e9senter tout enti\u00e8re la cat\u00e9gorie incroyable du Blanc. Tout comme la strip-teaseuse transport\u00e9e de repr\u00e9senter pour quelques instants la Femme toute enti\u00e8re\u00a0; miracle de l\u2019accession soudaine et gratuite du singulier \u00e0 l\u2019universel\u00a0!<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>On peut jouer \u00e0 l\u2019anthropologue qui ne serait pas explorateur, ou, si l\u2019on veut, \u00e0 l\u2019explorateur qui ne serait pas pervers. Leiris et Griaule y ont cru. Citons quelques lignes de cette <em>Afrique fant\u00f4me<\/em> (1934) : \u00ab Rien autre que l\u2019usine. Trois enqu\u00eateurs fonctionnent simultan\u00e9ment et \u00e0 jet continu : Mouchet \u00e0 une table avec deux des enfants, moi \u00e0 une autre table avec les deux autres enfants, Griaule n\u2019importe o\u00f9 avec Mamadou Vad. Tous les spectacles possibles croulent et s\u2019\u00e9vanouissent derri\u00e8re la magie des r\u00e9cits, qui rendent cette vie s\u00e9dentaire dans un b\u00e2timent de gare beaucoup plus intense que celle que nous pourrions mener si, touristes, nous nous promenions. C\u2019est la grande guerre au pittoresque, le rire au nez de l\u2019exotisme. \u00bb (p. 70).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Cette grande guerre fut, Dieu merci, perdue. La vie reprit son cours. Le salut de l\u2019anthropologie comme discours critique, coh\u00e9rent et cumulatif exige sans doute que tout anthropologue ha\u00efsse un peu l\u2019explorateur tapi en lui\u00a0; mais s\u2019il va jusqu\u2019\u00e0 l\u2019assassiner, il devient pareil \u00e0 nos inquisiteurs de hall de gare, une ombre silencieuse \u00e9chapp\u00e9e \u00e0 Delvaux.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>Cotonou, le 18 octobre 1984<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>(*) George W. Stocking, Jr. (ed.) <em>Observed. Essays on Ethnographic Fieldwork. History of Anthropology, Volume I. <\/em>The University of Wisconsin Press, Madison (Wisc.), 1983.<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-125037\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne.png 415w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><b>\u00ab\u00a0Je hais les voyages et les aspirateurs\u00a0\u00bb <\/b>a paru dans <b>L&rsquo;\u00c2ne Le magazine freudien<\/b>,\u00a020, 1985 : 24.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><em>L\u2019anthropologue doit-il tuer l\u2019explorateur qui sommeille encore en chacun de nous\u00a0?<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aspirateurs\u00a0\u00bb s\u2019est impos\u00e9 \u00e0 la plume, car des \u00ab\u00a0explorateurs\u00a0\u00bb, qui se souvient\u00a0? <em>Tristes Tropiques<\/em>, le manifeste [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[97,7719,7721,7720,4147,7722,7651,5079],"class_list":["post-125590","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anthropologie","tag-claude-levi-strauss","tag-explorateurs","tag-james-frazer","tag-marcel-griaule","tag-michel-leiris","tag-rene-girard","tag-richard-burton-explorateur","tag-tristes-tropiques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=125590"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125590\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":125594,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125590\/revisions\/125594"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=125590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=125590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=125590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}