{"id":125704,"date":"2020-12-24T22:36:07","date_gmt":"2020-12-24T21:36:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=125704"},"modified":"2020-12-24T22:36:07","modified_gmt":"2020-12-24T21:36:07","slug":"evanescence-eventuelle-de-lobjet-1986","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2020\/12\/24\/evanescence-eventuelle-de-lobjet-1986\/","title":{"rendered":"<b>\u00c9vanescence \u00e9ventuelle de l\u2019objet<\/b> (1986)"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-125037\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne.png 415w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><b>\u00c9vanescence \u00e9ventuelle de l\u2019objet <\/b>a paru dans <b>L&rsquo;\u00c2ne Le magazine freudien<\/b>,\u00a024, 1986 : 24.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p3\"><i>Si l\u2019on ne veut pas que l\u2019objet de l\u2019anthropologie ce soit les plumes, que faut-il qu\u2019il soit\u00a0?<\/i><\/p>\n<p class=\"p3\">On entend dire quelquefois que l\u2019anthropologie risque de dispara\u00eetre faute d\u2019objet. L\u00e9vi-Strauss, par exemple, avait dit cela il y a vingt-cinq ans [\u00e9crit en 1985] dans un article important publi\u00e9 par <i>le Courrier<\/i> de l\u2019UNESCO. Il affirmait que les cultures \u00e9tudi\u00e9es par l\u2019ethnologue disparaissent une \u00e0 une et que l\u2019objet de l\u2019anthropologie finirait par simplement s\u2019\u00e9vanouir.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p class=\"p3\">Il pensait aux Sauvages\u00a0: c\u2019est vrai que des hommes, des femmes, des enfants, appartenant aux soci\u00e9t\u00e9s les plus simples sont quelquefois massacr\u00e9s sans plus de d\u00e9tours. Souvent, des cultures originales s\u2019\u00e9dulcorent au contact d\u2019un monde moderne qui leur impose sa culture \u00ab\u00a0monotone\u00a0\u00bb. Mais plus souvent encore, les Sauvages d\u2019hier adoptent celle-ci d\u2019enthousiasme une fois qu\u2019ils l\u2019ont d\u00e9couverte\u00a0: forum des Halles, sous-terrain, snack-bar \u00e0 paillettes dor\u00e9es, r\u00eave prospectif de l\u2019homme \u00e9ternel\u00a0! Tendres Amazoniens qui s\u2019interrogent s\u2019il faut interdire ou non l\u2019usage du transistor durant les c\u00e9r\u00e9monies. Oui, tous les cas de figure se rencontrent.<\/p>\n<p class=\"p3\">Je lus ce texte de L\u00e9vi-Strauss alors que je n\u2019\u00e9tais qu\u2019anthropologue en puissance, mais l\u2019id\u00e9e que l\u2019ethnologie dusse dispara\u00eetre avec les derni\u00e8res parures en plumes me parut d\u00e9plaisamment suspecte. Il me semblait confus\u00e9ment que l\u2019anthropologie ne d\u00e9pendait pas tellement des cultures que des hommes. Et tant qu\u2019il en resterait un, comme disait le po\u00e8te (Victor Hugo, dans <i>Ultima Verba<\/i>), je pourrais \u00eatre celui-l\u00e0.<\/p>\n<p class=\"p3\">Sur ce point, L\u00e9vi-Strauss me donnait raison\u00a0: n\u2019avait-il pas \u00e9crit dans ces m\u00eames ann\u00e9es des paroles impies \u2013 qui lui ali\u00e9neraient pour toujours l\u2019anthropologie anglo-saxonne \u2013 \u00e0 savoir qu\u2019il lui \u00e9tait indiff\u00e9rent que l\u2019analyse des mythes am\u00e9rindiens nous r\u00e9v\u00e8le des choses inconnues sur les Indiens ou sur lui-m\u00eame, puisque, dans un cas comme dans l\u2019autre, c\u2019est notre compr\u00e9hension de l\u2019esprit humain qui s\u2019en trouverait augment\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>La parure ou celui qui la porte<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">M\u2019\u00e9tant convaincu qu\u2019il fallait express\u00e9ment dissocier l\u2019existence de l\u2019anthropologie de celle des Sauvages \u00e0 plumes, j\u2019allai vivre avec des p\u00eacheurs bretons qui m\u2019\u00e9tudi\u00e8rent avec autant de soin que je les \u00e9tudiai moi-m\u00eame. Je trouvai des gens avec du bon sens, des croyances injustifi\u00e9es et des peurs d\u00e9raisonnables. Bref, des gens comme vous et moi. Mais aussi du courage, beaucoup de courage, comme ni vous ni moi n\u2019en avons eu depuis tr\u00e8s longtemps.<\/p>\n<p class=\"p3\">Plus tard, l\u2019occasion me fut donn\u00e9e de vivre avec des p\u00eacheurs africains, gens estimables dont les f\u00eates pa\u00efennes et tambourin\u00e9es nous donnent le droit de les consid\u00e9rer comme authentiques \u00ab\u00a0Sauvages \u00e0 plumes\u00a0\u00bb (tr\u00e8s belles, rouges et de perroquet). \u00c0 ma surprise, ils m\u2019\u00e9taient beaucoup plus proches que les p\u00eacheurs bretons\u00a0: la barri\u00e8re d\u2019un catholicisme int\u00e9griste sans doute (le Vaudou est, comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 not\u00e9, un polyth\u00e9isme peu \u00e9loign\u00e9 d\u2019un ath\u00e9isme). Encore une fois, des gens comme vous et moi, mais davantage.<\/p>\n<p class=\"p3\">Il existe en anthropologie un postulat, emprunt\u00e9 par Franz Boas (1858-1942) \u00e0 Adolf Bastian (1826-1905), qui lui-m\u00eame le tenait de Guillaume de Humboldt (1767-1835)\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019unit\u00e9 psychique de l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit d\u2019un postulat parce que personne ne s\u2019est jamais souci\u00e9 de le d\u00e9montrer. C\u2019est quelque chose qui va de soi, et pour qui a fait l\u2019\u00e9preuve de la psychanalyse, cela va encore davantage de soi. Oh, ce n\u2019est pas que l\u2019analyse fasse du bidasse un h\u00e9ros, ni qu\u2019elle vous offre la clef de l\u2019empathie automatique, mais la psychanalyse balaie les fondements d\u2019une certaine m\u00e9connaissance de soi qui constitue l\u2019autre comme autre, c\u2019est-\u00e0-dire incompris et ha\u00ef. Cette ignorance de soi qui fait dire\u00a0: \u00ab\u00a0Alors, tu sais comme je suis, je lui ai r\u00e9pondu\u00a0: \u00ab\u00a0Monsieur Dugenou, ce genre de choses vous pouvez les dire \u00e0 certains, mais pas \u00e0 moi, etc.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"p3\">Ce qui fait que quand le soir, entre la lampe-temp\u00eate et la bouteille de sodabi pos\u00e9es sur la table, on vous confie les yeux dans les yeux, \u00ab\u00a0Vous savez, chez nous, ce qui rend malade, c\u2019est l\u2019envie du voisin, c\u2019est le spectacle de l\u2019enfant qui souffre et pour qui on ne peut rien\u2026\u00a0\u00bb, on dit \u00ab\u00a0Oui, chez nous c\u2019est pareil\u00a0\u00bb, sans flagornerie, simplement parce que c\u2019est vrai. Alors on se surprend \u00e0 penser, si demain ces gens r\u00e9v\u00e9raient la Vierge de Dassa (Notre-Dame d\u2019Arigbo), au lieu de H\u00e9vioso (dieu vaudou de la foudre et du tonnerre) comme aujourd\u2019hui, m\u00e9riteraient-ils moins notre respect\u00a0? \u00ab\u00a0Vous savez Monsieur Jorion\u00a0\u00bb, me dit Philom\u00e8ne, un peu coquine, \u00ab\u00a0La Vierge de Dassa et H\u00e9vioso, c\u2019est exactement la m\u00eame chose\u00a0!\u00a0\u00bb. N\u2019y aurait-il pas dans cette suggestion que l\u2019objet de l\u2019anthropologie s\u2019\u00e9vanouit, comme un plus grand respect pour la parure en plumes que pour celui qui la porte\u00a0?<\/p>\n<p class=\"p3\">Alors, si l\u2019on ne veut pas que l\u2019objet de l\u2019anthropologie ce soit les plumes, que faut-il qu\u2019il soit\u00a0? Dans une interview r\u00e9cente (<i>Magazine Litt\u00e9raire<\/i>, novembre 1985), Michel Serres dit\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026 je voudrais aussi qu\u2019on \u00e9tudie une promotion de l\u2019ENA, ou des acad\u00e9miciens\u00a0; on ne demande jamais \u00e0 ces messieurs le rythme des r\u00e8gles de leurs \u00e9pouses, tandis qu\u2019on a tout \u00e0 fait le droit de le demander aux paysans\u00a0\u00bb. Bien entendu, le v\u00e9ritable anthropologue ne pose jamais de questions, ni sur ce sujet-l\u00e0 ni sur aucun autre : la menstruation, c\u2019est une chose qu\u2019on lui dit ou qu\u2019on ne lui dit pas, mais on ne peut reprocher \u00e0 Serres de juger la profession sur ses repr\u00e9sentants m\u00e9diocres. Ce que Michel Serres affirme, c\u2019est que l\u2019anthropologie consiste \u00e0 poser le regard du haut vers le bas. Et c\u2019est vrai. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle peut l\u00e9gitimement appara\u00eetre comme le regard du riche port\u00e9 sur le pauvre.<\/p>\n<p class=\"p3\"><b>Porter le regard au loin<\/b><\/p>\n<p class=\"p3\">Il en est toujours ainsi de l\u2019anthropologie exotique, presque toujours de l\u2019anthropologie rurale, et encore davantage de l\u2019anthropologie urbaine. Et pourquoi donc\u00a0? On peut \u00e9voquer le rapport de force qui autorise le nanti \u00e0 poser des questions au mis\u00e9rable mais, comme on vient de le voir, l\u2019anthropologie, ce n\u2019est pas n\u00e9cessairement poser des questions. La r\u00e9ponse est que les pauvres, il faut les expliquer, alors que les riches vont de soi. Or, c\u2019est une question de m\u00e9thode, l\u2019anthropologie ne parle pas de ce qui va de soi.<\/p>\n<p class=\"p3\">L\u2019anthropologie doit expliquer, et pour ce faire, elle ne peut se confier nonchalamment \u00e0 la compr\u00e9hension imm\u00e9diate qui vaut seulement pour les choses qui nous sont sues. \u00ab\u00a0Il faut tout dire\u00a0\u00bb, comme au commissariat, soit sur le mode ph\u00e9nom\u00e9nologique, en se contentant de \u00ab\u00a0styliser\u00a0\u00bb un r\u00e9el sinon trop foisonnant, soit sur le mode objectivant en mod\u00e9lisant dans un espace de mod\u00e9lisation <i>ad hoc<\/i>. Tout dire, pour augmenter les chances de comprendre, pour d\u00e9boucher sur une explication totale, et non sur une description impressionniste o\u00f9 l\u2019intuition doit palier les lacunes, en tombant d\u2019ailleurs \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque une fois sur deux. Voil\u00e0 pourquoi, comme le dit L\u00e9vi-Strauss apr\u00e8s Rousseau, il vaut mieux porter le regard au loin.<\/p>\n<p class=\"p3\">Ce qui explique pourquoi la bonne ethnologie urbaine est plus difficile \u00e0 \u00e9crire que la rurale, et la bonne ethnologie rurale plus difficile que l\u2019exotique. Car comme le veut la sociologie \u2013 sinon l\u2019optique \u2013 plus l\u2019objet est proche, plus on a de mal \u00e0 le distinguer. La ville, cela va de soi, beaucoup trop, la campagne cela va encore un peu de soi, \u00ab\u00a0Ce sont des gens comme nous, n\u2019est-ce pas\u00a0?\u00a0\u00bb La Nouvelle-Guin\u00e9e, cela ne va plus de soi. C\u2019est pour cela que le pauvre est plus facile \u00e0 ethnologiser que le riche, non pas parce qu\u2019il est pauvre, mais parce qu\u2019\u00e9tant pauvre il est n\u00e9cessairement lointain aux yeux de l\u2019anthropologue commun, donc plus facile \u00e0 expliciter (ce qui ne veut pas dire plus facile \u00e0 <i>expliquer<\/i>) que le riche trop proche, car identique \u00e0 lui.<\/p>\n<p class=\"p3\">On pourrait \u00e0 bon droit me r\u00e9torquer qu\u2019il faudrait s\u2019entendre sur la notion de \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019Irlande rurale, c\u2019est la Bretagne il y a soixante ans, en Afrique, on rencontre l\u2019Europe du XVIII<span class=\"s1\"><sup>e<\/sup><\/span> si\u00e8cle : l\u2019octroi sur les routes, la personnalisation r\u00e9tribu\u00e9e des rapports administratifs, le respect appliqu\u00e9 de l\u2019\u00e9criture comme indice d\u2019ascension sociale, etc. C\u2019est exact\u00a0: pourquoi cette incompr\u00e9hension radicale de ce qui fut le lot commun de nos arri\u00e8re-grands-parents, ou parfois de nos grands-parents\u00a0? Parce que nous avons oubli\u00e9\u00a0: notre chevauch\u00e9e fantastique se fait au prix de l\u2019amn\u00e9sie culturelle, le refoulement de ce qui, sit\u00f4t apr\u00e8s, para\u00eet indigne. M\u00eame si nous y \u00e9chappons comme individus\u00a0; notre culture toute enti\u00e8re est une culture de nouveaux riches dont le carburant est l\u2019oubli. L\u2019anthropologie, c\u2019est l\u00e0 sa gloire, viole les s\u00e9pultures de notre culturel refoul\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p3\">Il me faut donc revenir pour finir sur mon intuition juv\u00e9nile, la condition minimale de survie de l\u2019anthropologie, ce n\u2019est pas la mienne propre, c\u2019est celle \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi d\u2019un autre \u2013 sid\u00e9rant dans sa diff\u00e9rence \u2013 \u00e0 expliquer\u00a0: \u00ab\u00a0Que n\u2019est-il pas moi\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"p4\"><i>13 novembre 1985<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-125037\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne.png 415w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><b>\u00c9vanescence \u00e9ventuelle de l\u2019objet <\/b>a paru dans <b>L&rsquo;\u00c2ne Le magazine freudien<\/b>,\u00a024, 1986 : 24.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p3\"><i>Si l\u2019on ne veut pas que l\u2019objet de l\u2019anthropologie ce soit les plumes, que faut-il qu\u2019il soit\u00a0?<\/i><\/p>\n<p class=\"p3\">On entend dire quelquefois que l\u2019anthropologie risque de dispara\u00eetre faute d\u2019objet. 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