{"id":12593,"date":"2010-06-06T21:04:59","date_gmt":"2010-06-06T19:04:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=12593"},"modified":"2013-01-02T18:01:08","modified_gmt":"2013-01-02T17:01:08","slug":"lactualite-de-la-crise-ce-que-le-capitalisme-a-declenche-est-il-dans-ses-moyens-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/06\/06\/lactualite-de-la-crise-ce-que-le-capitalisme-a-declenche-est-il-dans-ses-moyens-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: le capitalisme a-t-il les moyens de ce qu&rsquo;il a d\u00e9clench\u00e9 ? par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LE CAPITALISME A-T-IL LES MOYENS DE CE QU&rsquo;IL A D\u00c9CLENCH\u00c9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Avec toute la circonspection n\u00e9cessaire, une question d\u00e9finitive se doit d\u2019\u00eatre pos\u00e9e\u00a0: la crise que conna\u00eet le capitalisme financier est-elle dans ses moyens \u00a0? <\/p>\n<p>S\u2019il fallait s\u2019en tenir \u00e0 la seule actualit\u00e9, la r\u00e9ponse s\u2019imposerait d\u2019elle-m\u00eame : sans h\u00e9siter, c\u2019est non ! Une \u00e9ni\u00e8me r\u00e9union des ministres des finances du G20 et des banquiers centraux vient en effet de se tenir en Cor\u00e9e du Sud, et on se demande s\u2019il vaut la peine m\u00eame d\u2019en parler, car ce qu&rsquo;elle a donn\u00e9 \u00e0 entendre donnait l&rsquo;impression d&rsquo;un disque ray\u00e9. Que reste-t-il donc de l\u2019\u00e9lan initial de cette configuration pr\u00e9sent\u00e9e comme l\u2019amorce d\u2019une prometteuse gouvernance mondiale r\u00e9unissant pays <i>d\u00e9velopp\u00e9s<\/i> et <i>\u00e9mergents<\/i>\u00a0? Deux simples constats d\u2019\u00e9chec sans appel.<\/p>\n<p>A ce jour, elle n\u2019est toujours pas parvenue \u00e0 trouver les moyens de r\u00e9soudre la crise, et tout indique qu\u2019elle ne va pas l&#8217;emp\u00eacher de rebondir. La lecture du communiqu\u00e9 final de cette r\u00e9union est \u00e0 cet \u00e9gard proprement affligeante. <\/p>\n<p>Qu&rsquo;a-t-il \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 ? Il est laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de chaque pays la r\u00e9solution de l\u2019\u00e9quation qui associe relance \u00e9conomique et <i>consolidation fiscale<\/i>,  cette expression contourn\u00e9e qui signifie coupes claires dans les budgets des Etats. Mani\u00e8re de se d\u00e9fausser d\u2019un probl\u00e8me insoluble et d\u2019ent\u00e9riner, dans les faits, la d\u00e9pression promise \u00e0 toutes les \u00e9conomies occidentales, vers laquelle on glisse tout doucement !<\/p>\n<p><!--more-->Autre d\u00e9fausse du G20 finances, il est renvoy\u00e9 au Comit\u00e9 de B\u00e2le la responsabilit\u00e9 non pas d&rsquo;instruire mais de d\u00e9cider des modalit\u00e9s et du calendrier de fabrication d\u2019une sorte de bouclier cens\u00e9 permettre aux banques d&rsquo;endiguer une nouvelle crise financi\u00e8re, r\u00e9sultant de l\u2019accroissement de leurs fonds propres. Un dossier d\u2019une haute technicit\u00e9, selon Christine Lagarde, ministre fran\u00e7aise des finances, formule habituelle des financiers pour signifier qu\u2019il est propice \u00e0 tous les discrets accommodements. Les <i>techniciens<\/i> ont le champ libre. <\/p>\n<p>Certains revendiquent d\u00e9j\u00e0 que ce bouclier ne devra pas \u00eatre trop \u00e9pais, ni constitu\u00e9 trop pr\u00e9cipitamment, afin de ne pas d\u00e9munir les banques de moyens destin\u00e9s \u00e0 la relance \u00e9conomique. Une plaisanterie de plus, si l\u2019on consid\u00e8re leur comportement actuel. D&rsquo;autant que l&rsquo;endettement \u00e0 outrance n&rsquo;est plus envisageable et qu&rsquo;il faudrait y substituer une impensable redistribution de la richesse. Il y a longtemps, on d\u00e9criait d\u00e9j\u00e0 <i>les partageux<\/i>. Enfin, le calendrier envisag\u00e9 \u00e0 l&rsquo;heure actuelle pour ce dispositif, qui sera selon toute vraisemblance revu, nous m\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 fin 2012, ce qui laisse de la marge pour qu\u2019entre temps un ou plusieurs nouveaux \u00e9pisodes de la crise puissent intervenir. <\/p>\n<p>Exit donc le G20, et cette gouvernance qui ne gouverne rien et qui, comme pr\u00e9vu, a ent\u00e9rin\u00e9 l\u2019enlisement du projet de taxe des \u00e9tablissements bancaires, ce gadget destin\u00e9 par ses promoteurs \u00e0 montrer que les gouvernements \u00e9taient \u00e0 l\u2019initiative. Alors que le projet d\u2019interdiction des <i>CDS nus<\/i>, et d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale le dossier de la r\u00e9gulation des produits d\u00e9riv\u00e9s, n\u2019ont m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9s au final. L\u2019\u00e9chec des Europ\u00e9ens et de leurs timides vell\u00e9it\u00e9s est consomm\u00e9. <\/p>\n<p>Les derniers rebondissements viennent par ailleurs de le d\u00e9montrer : il n\u2019y a pas de sortie de crise en vue. La seule et unique strat\u00e9gie admissible, sans alternative \u00e0 disposition, s\u2019appuie sur la capacit\u00e9 du syst\u00e8me financier, puissamment aid\u00e9 par les banques centrales, \u00e0 trouver par ses artifices sp\u00e9culatifs les moyens de s\u2019en sortir. Quitte \u00e0 ce que cela prenne beaucoup de temps et entra\u00eene dans la r\u00e9cession &#8211; et sans doute la d\u00e9flation &#8211; l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9conomie occidentale. Si une d\u00e9cision par d\u00e9faut a \u00e9t\u00e9 implicitement prise par les ministres du G20, c&rsquo;est bien celle-l\u00e0. <\/p>\n<p>Les Etats se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s incapables de financer le sauvetage des banques et le redressement de l&rsquo;\u00e9conomie, leurs finances totalement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es par les efforts qu\u2019ils ont d\u00e9j\u00e0 accomplis, sans y \u00eatre parvenus, sans tenir compte de ce qu&rsquo;il reste \u00e0 faire, notamment sur le march\u00e9 hypoth\u00e9caire immobilier am\u00e9ricain, qui est sans r\u00e9mission sinistr\u00e9. Quant aux pays \u00e9mergents, ils ne peuvent chercher leur salut que dans le renforcement des liens commerciaux qui les lient entre eux, court-circuitant davantage un commerce <i>Nord &#8211; Sud<\/i> d\u00e9clinant, en s\u2019engageant parall\u00e8lement dans un autre long processus qui aboutirait au d\u00e9veloppement prioritaire de leurs march\u00e9s int\u00e9rieurs. S&rsquo;ils y parviennent, bien s\u00fbr.<\/p>\n<p>Dans les deux camps, ce qui a \u00e9t\u00e9 entrepris va prendre de nombreuses ann\u00e9es, et on n&rsquo;en voit pas la fin. Le capitalisme financier nous entra\u00eene vers le fond. <\/p>\n<p>Les salles du grand casino ne sont pas pr\u00eates d\u2019\u00eatre ferm\u00e9es, car cela reviendrait \u00e0 tarir la source destin\u00e9e \u00e0 abreuver le syst\u00e8me financier, mettant alors tout l\u2019\u00e9difice d\u00e9j\u00e0 chancelant par terre. Les deux grands instruments qui ont donn\u00e9 \u00e0 la crise toute sa dimension sont intacts ou presque. La titrisation, cens\u00e9e diluer le risque, l\u2019a au contraire concentr\u00e9 ; les CDS, devant permettre de s&rsquo;assurer contre ce m\u00eame risque,  l\u2019ont \u00e0 l\u2019inverse accru. Double r\u00e9ussite \u00e9clatante de la cr\u00e9ativit\u00e9 financi\u00e8re et du talent. <\/p>\n<p>Une course de vitesse est dans l\u2019imm\u00e9diat engag\u00e9e entre la mise en place d\u2019un bouclier, sur lequel repose tous les espoirs de colmater la prochaine fuite, et l\u2019apparition inopin\u00e9e d\u2019un nouvel \u00e9pisode de la crise, sur la lanc\u00e9e des pr\u00e9c\u00e9dents. L\u2019\u00e9quivoque qui nous est propos\u00e9e est magistrale : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, on nous promet que l&rsquo;on va prendre les pr\u00e9cautions n\u00e9cessaires et, de l\u2019autre, l\u2019in\u00e9luctabilit\u00e9 d\u2019une nouvelle crise est reconnue. Un improbable bouchon fait office de rem\u00e8de miracle, promesse qui ne sera pas tenue, car il sautera. Les d\u00e9fenseurs de ce syst\u00e8me inamendable sont incorrigibles. <\/p>\n<p>L\u2019Institute for International Finance, le lobby international des m\u00e9gabanques, est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la t\u00e2che, en train de rogner ce bouchon pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019ultime et d\u00e9cisif rempart. D&rsquo;une part, il argue de l\u2019impossibilit\u00e9 de r\u00e9unir sur <i>les march\u00e9s<\/i> les gigantesques montants n\u00e9cessaires \u00e0 sa constitution, dans les d\u00e9lais impartis, tout en faisant d&rsquo;autre part \u00e9tat d&rsquo;estimations catastrophiques en termes de points de croissance qui seraient perdus si les mesures de renforcement des fonds propres du Comit\u00e9 de B\u00e2le \u00e9taient appliqu\u00e9es. L\u2019IIF pr\u00e9conise, comme solution compensatoire \u00e0 leur all\u00e9gement et au report de leur date d\u2019application, la mise au point de proc\u00e9dures de d\u00e9mant\u00e8lements ordonn\u00e9s des banques en difficult\u00e9. Faisant liti\u00e8re de ce que la crise a d\u00e9voil\u00e9 de mani\u00e8re incontestable\u00a0: son caract\u00e8re syst\u00e9mique par construction, en raison des expositions crois\u00e9es des \u00e9tablissements financiers dans le cadre d\u2019un syst\u00e8me mondialis\u00e9. On marche de plus en plus \u00e0 reculons dans le domaine de la r\u00e9gulation financi\u00e8re.<\/p>\n<p>En attendant, la structure de la dette du syst\u00e8me bancaire \u00e9volue d\u00e9favorablement et accro\u00eet sa fragilit\u00e9, alors que les banques privil\u00e9gient de plus en plus un endettement \u00e0 court terme, au d\u00e9triment du long terme. Tandis que le march\u00e9 obligataire reste pour le moment ferm\u00e9 aux grandes entreprises, une situation qui ne sera pas tenable tr\u00e8s longtemps. Tout le syst\u00e8me financier continue de fonctionner de mani\u00e8re bancale et n\u2019a toujours pas retrouv\u00e9 son \u00e9quilibre, les indices de r\u00e9f\u00e9rence du march\u00e9 interbancaire redonnant le signal d\u2019une r\u00e9apparition de la d\u00e9fiance entre elles, expression d&rsquo;une crainte croissante devant leur fragilit\u00e9 persistante. Qui mieux qu&rsquo;une banque peut juger de la situation de ses consoeurs, connaissant sans fard la sienne\u00a0? <\/p>\n<p>Il est \u00e9galement significatif de la grande confusion r\u00e9gnante que deux grands p\u00e9rils sont simultan\u00e9ment craints, alors qu\u2019ils sont antinomiques : l\u2019inflation et la d\u00e9flation. Le d\u00e9mon de la premi\u00e8re est toujours agit\u00e9, les banques centrales assurant qu\u2019elles sauront prendre les mesures ad\u00e9quates \u00e0 temps afin de s\u2019en pr\u00e9munir, masquant l&rsquo;\u00e9tendue des inqui\u00e9tudes \u00e0 propos de la seconde, beaucoup plus sournoise. <\/p>\n<p>Les banquiers centraux affectent de pr\u00e9parer leur arsenal en vue de contrer le red\u00e9marrage de l\u2019inflation, \u00e9vitant de reconna\u00eetre &#8211; comme en t\u00e9moigne la crise d\u00e9flationniste que le Japon conna\u00eet sans parvenir \u00e0 en sortir &#8211; que leurs armes <i>mon\u00e9taires<\/i> sont impuissantes devant la d\u00e9flation, les th\u00e9ories mon\u00e9taristes \u00e9tant elles-m\u00eames inop\u00e9rantes devant cette \u00e9trange maladie chronique. Un aveu douloureux \u00e0 la port\u00e9e inacceptable. Apr\u00e8s la boucle r\u00e9troactive des bulles financi\u00e8res, la spirale descendante de l&rsquo;\u00e9conomie&#8230;<\/p>\n<p>Le retour d\u2019une inflation virulente dans les pays occidentaux est une hypoth\u00e8se qui en cache une autre, en raison de l\u2019existence de fortes capacit\u00e9s de suproduction inemploy\u00e9es ainsi que de la faiblesse de la consommation et de l\u2019importance du ch\u00f4mage. Si le danger de l\u2019inflation existe bien, c\u2019est dans les pays \u00e9mergents qu\u2019il faut aller le chercher, en raison des masses de capitaux qui, aliment\u00e9es par les robinets ouverts des banques centrales occidentales, inondent les march\u00e9s financiers et les \u00e9conomies des pays \u00e9mergents, contribuant \u00e0 l\u2019apparition de bulles financi\u00e8re et d\u00e9stabilisant leurs \u00e9conomies. <\/p>\n<p>L\u00e0, le rem\u00e8de est tout trouv\u00e9 mais nul ne l\u2019\u00e9voque encore publiquement, car il implique pour \u00eatre appliqu\u00e9 une refonte du syst\u00e8me mon\u00e9taire international, qui seul pourrait enrayer l\u2019immense jeu du si profitable <i>carry trade<\/i>. Car c\u2019est sur ces march\u00e9s, ainsi que sur celui de la dette souveraine, que le syst\u00e8me bancaire se refait en priorit\u00e9 une sant\u00e9 : il n\u2019est donc pas question d\u2019y toucher. <\/p>\n<p>Certes, <i>les march\u00e9s<\/i> peuvent n\u00e9anmoins craindre que les Etats aient recours \u00e0 l&rsquo;inflation, une fois tout au fond de l\u2019impasse et afin de soulager leur endettement. Mais sont-ils m\u00eames capables de la relancer dans la circonstance\u00a0? Ils semblent ne pas y croire eux-m\u00eames. <\/p>\n<p>La publication inusit\u00e9e, par le FMI, des \u00e9l\u00e9ments d\u2019un d\u00e9bat au sein de son conseil d\u2019administration du 28 mai dernier, portant sur l&rsquo;accumulation par certains Etats membres de r\u00e9serves de change abondantes, montre bien que certains sont \u00e0 la recherche d\u2019autres solutions. Au-del\u00e0 des divergences qui se sont manifest\u00e9es \u00e0 cette occasion sur les \u00e9ventuels dangers qui proviendraient, ou non, de l\u2019accumulation de tr\u00e8s fortes r\u00e9serves financi\u00e8res, il est int\u00e9ressant de noter que la direction du FMI a estim\u00e9 que cette accumulation de r\u00e9serves par des pays souhaitant selon elle se prot\u00e9ger contre une p\u00e9nurie de capitaux \u00e9tait \u00ab\u00a0\u00e9conomiquement st\u00e9rile\u00a0\u00bb. Constatant ce qu\u2019il consid\u00e8re \u00eatre un \u00ab\u00a0manque de coordination internationale\u00a0\u00bb dans la lutte contre les crises, le FMI s&rsquo;est propos\u00e9 de mettre ces r\u00e9serves en commun. <\/p>\n<p>Le compte-rendu des d\u00e9bats s\u2019arr\u00eate h\u00e9las lorsqu&rsquo;il devient int\u00e9ressant, n\u00e9gligeant d\u2019expliquer plus avant les modalit\u00e9s de cette mise en commun qui sonne comme un acte de refondation \u00e9quivalent \u00e0 la conf\u00e9rence de Bretton Woods. Cette pelote va aussi devoir \u00eatre d\u00e9vid\u00e9e, le FMI jouant les \u00e9claireurs. <\/p>\n<p>La premi\u00e8re impasse dans laquelle se trouve le capitalisme financier est l\u2019incapacit\u00e9 manifeste de se r\u00e9former de lui-m\u00eame, dont il fait plus que jamais preuve, la seconde est que sa crise a atteint un nouveau stade, les Etats ne parvenant pas \u00e0 <i>dig\u00e9rer<\/i> son sauvetage in extremis, une boucle r\u00e9troactive \u00e9tant engag\u00e9e entre eux et le syst\u00e8me financier. Le jeu de la patate chaude se poursuit, sans fin, sauf \u00e0 employer de grands moyens, inconcevables dans son cadre. <\/p>\n<p>Rien ne permet donc de r\u00e9pondre par l&rsquo;affirmative \u00e0 la question pos\u00e9e. <\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9but\u00e9 la phase active, et non plus uniquement sp\u00e9culative, d\u2019une grande aventure : l&rsquo;\u00e9laboration d\u2019une alternative au capitalisme financier, suite d\u00e9sormais envisageable \u00e0 ce qui \u00e9tait abusivement pr\u00e9sent\u00e9 comme un accomplissement, un ind\u00e9passable stade supr\u00eame. Y font obstacle non seulement l\u2019immanence et le poids d\u2019une id\u00e9ologie pourtant en totale d\u00e9route, mais aussi la largeur du foss\u00e9 qui est \u00e0 franchir. Tel un saut dans l&rsquo;inconnu \u00e0 accomplir, car difficile \u00e0 concevoir, incarnation d&rsquo;une rupture \u00e0 laquelle les esprits n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ce \u00e0 quoi ils ont \u00e9t\u00e9 conditionn\u00e9s. Les raisonnements n&rsquo;y suffiront pas, mais la force de l&rsquo;exemple y contribuera. <\/p>\n<p>Une des mani\u00e8res de l\u2019aborder serait peut-\u00eatre de se demander ce que pourraient \u00eatre les exigences d\u2019une d\u00e9mocratie qui approfondirait celle dont nous avons d\u00e9sormais rencontr\u00e9 les extr\u00eames limites au plan politique, et qui serait \u00e9largie \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, les deux aspects d\u2019une vie sociale et individuelle accomplie ? <\/p>\n<p>Sans croire que cette aventure se r\u00e9sumera \u00e0 un simple exercice intellectuel, m\u00eame collectif.<\/p>\n<p>En attendant, laissons le mot de la fin \u00e0 David Cameron, premier ministre britannique : \u00ab\u00a0Une dette \u00e9norme doit \u00eatre g\u00e9r\u00e9e. Croiser les doigts, en attendant la croissance et en esp\u00e9rant qu&rsquo;elle disparaisse, n&rsquo;est simplement pas une r\u00e9ponse\u00a0\u00bb, vient-il d&rsquo;expliquer en affirmant que \u00ab\u00a0Le pays est \u00e0 d\u00e9couvert\u00a0\u00bb. Nick Clegg, leader des Lib-Dem (d\u00e9mocrates lib\u00e9raux) et vice-premier ministre, a cru bon de pr\u00e9ciser : \u00ab\u00a0Nous allons faire les choses diff\u00e9remment. Nous n&rsquo;allons pas faire les choses comme nous les avons faites dans les ann\u00e9es 1980\u00a0\u00bb (les ann\u00e9es Thatcher). Il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 en convaincre les Britanniques, \u00e0 qui Cameron promet \u00ab\u00a0des ann\u00e9es de souffrance\u00a0\u00bb. Autant, pour une fois, appeler les choses par leur nom.<\/p>\n<p>Voila au moins enfin une promesse qui sera tenue, m\u00eame s&rsquo;il a fallu attendre que les \u00e9lections soient pass\u00e9es pour qu&rsquo;elle soit solennellement faite. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LE CAPITALISME A-T-IL LES MOYENS DE CE QU&rsquo;IL A D\u00c9CLENCH\u00c9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Avec toute la circonspection n\u00e9cessaire, une question d\u00e9finitive se doit d\u2019\u00eatre pos\u00e9e\u00a0: la crise que conna\u00eet le capitalisme financier est-elle dans ses moyens \u00a0? <\/p>\n<p>S\u2019il fallait s\u2019en tenir \u00e0 la seule actualit\u00e9, la r\u00e9ponse s\u2019imposerait d\u2019elle-m\u00eame : sans h\u00e9siter, c\u2019est non [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[26,56,203,41,31,30,397,76,58,113,108],"class_list":["post-12593","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","tag-capitalisme","tag-cds","tag-comite-de-bale","tag-deflation","tag-fmi","tag-immobilier","tag-inflation","tag-japon","tag-produits-derives","tag-regulation","tag-taxe-financiere"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12593","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12593"}],"version-history":[{"count":87,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12593\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48243,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12593\/revisions\/48243"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12593"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12593"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12593"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}