{"id":126092,"date":"2021-01-06T17:58:44","date_gmt":"2021-01-06T16:58:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=126092"},"modified":"2021-01-08T17:20:19","modified_gmt":"2021-01-08T16:20:19","slug":"tout-dans-le-regard-1985","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/01\/06\/tout-dans-le-regard-1985\/","title":{"rendered":"<strong>Tout dans le regard<\/strong> (1985)"},"content":{"rendered":"<blockquote><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-125037\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne.png 415w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>\r\n<p class=\"p1\"><strong>Tout dans le regard<\/strong> a paru dans <b>L&rsquo;\u00c2ne Le magazine freudien<\/b>,\u00a023, 1985 : 22.<\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n\r\n<p>Du cours de notre vie nous avons une repr\u00e9sentation assez simple. Cela d\u00e9bute quelque part dans la nuit des temps, puis cela se ponctue de difficult\u00e9s diverses, la mort des uns, l\u2019hostilit\u00e9 des autres, les coups de chance et les coups de malchance. Bref une course d\u2019obstacles qu\u2019il s\u2019est agi de n\u00e9gocier intelligemment. En tout cas, un combat ou une fuite qu\u2019il a fallu mener seul, pas toujours tout seul, mais le plus souvent seul.&nbsp;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pour ce qui reste \u00e0 courir, nous avons une strat\u00e9gie globale, une id\u00e9e assez claire des prochains mouvements et plan d\u2019ensemble pour la suite. Strat\u00e9gie ambitieuse, l\u2019Acad\u00e9mie, le Goncourt, le Nobel ou plus humble, la Maison, la Retraite confortable. Les obstacles ne manqueront pas, mais puisqu\u2019on ne s\u2019en est pas si mal sorti jusqu\u2019ici, il n\u2019y a pas de raison que \u00e7a tourne \u00e0 la catastrophe.<\/p>\r\n\r\n<!--more-->\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Sur la chanson de Claude Fran\u00e7ois, \u00ab&nbsp;Comme d\u2019habitude&nbsp;\u00bb, Paul Anka, l\u2019inoubliable auteur de \u00ab&nbsp;Diana&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;Lonely Boy&nbsp;\u00bb a \u00e9crit \u00ab&nbsp;My Way&nbsp;\u00bb, surtout connue dans les interpr\u00e9tations de Frank Sinatra et de Sid Vicious. Le chanteur raconte en substance que malgr\u00e9 les d\u00e9faites, malgr\u00e9 les tentations d\u2019abandon, il a toujours \u00e9prouv\u00e9 la fiert\u00e9 d\u2019avoir men\u00e9 sa vie comme il l\u2019entendait, d\u2019avoir men\u00e9 sa barque \u00e0 sa fa\u00e7on&nbsp;: \u00ab&nbsp;I did it my way&nbsp;\u00bb. Il y a six ou sept ans un reporter de la BBC avait parcouru les rues le micro \u00e0 la main et la cam\u00e9ra \u00e0 l\u2019\u00e9paule et avait interrog\u00e9 l\u2019homme et la femme des foules&nbsp;: avait-il, ou elle, men\u00e9 sa barque comme il l\u2019entendait&nbsp;? Aucun doute, du facteur au boucher, de la m\u00e8re de famille \u00e0 l\u2019\u00e9boueur, tous avaient fait les choses, quoi qu\u2019il en ait co\u00fbt\u00e9, \u00e0 leur fa\u00e7on&nbsp;: du mariage impos\u00e9 \u00e0 des parents r\u00e9ticents \u00e0 la r\u00e9sistance opini\u00e2tre au chef de bureau, chacun pouvait exposer au regard du monde, l\u2019histoire de sa vie, contre vents et mar\u00e9es. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s beau.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Mais il n\u2019en a pas toujours \u00e9t\u00e9 ainsi. Et l\u2019on trouve encore des coins, m\u00eame en France, o\u00f9 la strat\u00e9gie d\u2019une vie ne se con\u00e7oit pas comme une aventure personnelle, essentiellement impr\u00e9visible, contre vents et mar\u00e9es. Il y a des coins, en Europe rurale, en Afrique, en Asie, o\u00f9 il s\u2019agit simplement \u2013 ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas difficile \u2013 pour un fils d\u2019advenir \u00e0 la place o\u00f9 \u00e9tait son p\u00e8re, et pour une fille l\u00e0 o\u00f9 \u00e9tait sa m\u00e8re. Cultiver le m\u00eame champ comme l\u2019ont fait les p\u00e8res et les p\u00e8res des p\u00e8res, ou conduire le m\u00eame bateau ou un bateau en tous points semblable&nbsp;; produire des enfants, faire la cuisine, entretenir la maison, comme cela s\u2019est fait toujours. L\u00e0, il n\u2019y a pas \u00e0 proprement parler de strat\u00e9gie, l\u2019image qu\u2019il s\u2019agit de reproduire est l\u00e0 devant vous, on entre petit \u00e0 petit et tr\u00e8s t\u00f4t dans le processus de travail et \u00e0 force de prendre des coups de pied au cul, on arrive par l\u2019harmonie pr\u00e9\u00e9tablie de l\u2019identification, \u00e0 advenir \u00e0 la place de la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e0 point nomm\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 celle-ci se retire. Sauf accidents de parcours toujours possibles.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>La diff\u00e9rence entre les deux mod\u00e8les : celui de l\u2019innovation hors des chemins battus, et celui de la reproduction identique, apparaissent quand il s\u2019agit de raconter cette vie. Il n\u2019y a pas de doute que nous avons de notre vie une th\u00e9orie qui appara\u00eet quand on nous demande de la raconter, et cette th\u00e9orie se r\u00e9sume \u00e0 ceci que \u00ab&nbsp;la vie est un roman&nbsp;\u00bb. Nous n\u2019\u00e9prouvons aucune difficult\u00e9 \u00e0 raconter notre vie sur le mode narratif, en commen\u00e7ant par le d\u00e9but et en finissant par la fin, ayant connect\u00e9 tous les \u00e9v\u00e9nements marquants entretemps \u2013 ceux qui n\u00e9cessit\u00e8rent des d\u00e9cisions douloureuses \u2013 sur le mode causal. Bref, nous avons sur nous-m\u00eame une belle histoire \u00e0 raconter, celle de la mani\u00e8re dont nous avons men\u00e9 notre barque comme nous l\u2019entendions. C\u2019est cette th\u00e9orie de nous-m\u00eame qui nous autorise \u2013 quand le psychanalyste nous y invite \u2013 \u00e0 produire une histoire qui fasse sens au prix d\u2019un petit nombre seulement de remaniements.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Mais les autres, comment font-ils&nbsp;? Eh bien, ils ont du mal \u00e0 raconter une histoire. Marie-C\u00e9cile et Edmond Ortigues, dans leur <em>\u0152dipe Africain<\/em> (1966) nous rapportent comment leurs consultants \u00e0 Dakar n\u2019ont pas de roman \u00e0 offrir quand on leur demande de raconter leur vie. Il y a bien des crises, des moments difficiles o\u00f9 il a fallu faire intervenir des alli\u00e9s institutionnels, le contre-sorcier, l\u2019herboriste, le pr\u00eatre sacrificateur, pour se sortir d\u2019un mauvais pas. Mais ces moments ne sont pas li\u00e9s causalement entre eux, ils sont d\u00e9connect\u00e9s, leur ordre chronologique importe peu. Toutes les mauvaises passes sont \u00e9quivalentes, il s\u2019est agi chaque fois d\u2019un d\u00e9sordre ponctuel qu\u2019il a fallu restaurer pour en refaire un ordre, mais il n\u2019y a pas de plan, une fois c\u2019est un ennemi humain qui en veut \u00e0 votre peau, une autre fois un sorcier professionnel d\u00e9voreur d\u2019\u00e2mes, une autre fois encore un anc\u00eatre contrari\u00e9.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>On peut voir l\u00e0 la preuve d\u2019une stupidit\u00e9 culturelle&nbsp;: n\u2019est-il pas \u00c9VIDENT que la vie est un roman&nbsp;? Mais non ! quand il s\u2019agit d\u2019advenir \u00e0 une place qui a toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 sur un lopin de terre, bien pr\u00e9cis, il n\u2019y a pas de roman, rien qu\u2019un immuable sc\u00e9nario. L\u2019inconfort de celui que l\u2019on force \u00e0 produire un roman est tr\u00e8s visible dans ce genre ethnographique dont les Am\u00e9ricains sont friands, l\u2019histoire de vie (\u00ab&nbsp;<em>life history<\/em>&nbsp;\u00bb). Le style s\u2019est impos\u00e9 non seulement parce que tout Am\u00e9ricain a une splendide histoire \u00e0 raconter sur lui-m\u00eame (sur le mode <em>New Frontier<\/em>), mais aussi du fait que les cultures indiennes \u00e9taient suffisamment d\u00e9labr\u00e9es au moment o\u00f9 les ethnographes commenc\u00e8rent \u00e0 s\u2019y int\u00e9resser pour que seule une histoire de vie puisse ressusciter les rituels disparus, les camps de chasse estivaux, les guerres intertribales. L\u2019histoire de vie a produit des documents passionnants, dont on trouve quelques exemples dans la belle collection <em>Terre Humaine<\/em> chez Plon, mais il y a toujours quelque chose qui ne colle pas : le narrateur n\u2019est pas \u00e0 l\u2019aise. Le talent quand il existe est celui du compilateur, l\u2019histoire d\u2019Ishi le dernier Indien Yana a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par Theodora Kroeber dont le talent de romanci\u00e8re devait se retrouver chez sa fille Ursula le Guin.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Nous ne savons pas ce que c\u2019est que mener une vie qui ne soit pas un roman. Nous en trouvons une vague \u00e9vocation chez ces rares personnes qui ne quittent pas leur lit un vendredi 13. Mais pour une explication syst\u00e9matique il vaut mieux se tourner vers des gens qui vivent de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale selon l\u2019horoscope. Je pense en particulier aux populations des r\u00e9gions m\u00e9ridionales du Togo, du B\u00e9nin et du Nig\u00e9ria occidental. Ces populations ont un syst\u00e8me de divination appel\u00e9 Afa chez les Ev\u00e9 et Mina du Togo, Fa chez les Fon de l\u2019ex-Dahomey et Ifa chez les Yoruba du Nig\u00e9ria. Ce syst\u00e8me est fond\u00e9 sur la manipulation de noix de palme tir\u00e9es par une ou par deux en huit fois et qui r\u00e9alisent ainsi 256 figures possibles. \u00c0 ces 256 figures sont associ\u00e9es des fables qui fournissent des \u00e9l\u00e9ments d\u2019interpr\u00e9tation des questions pos\u00e9es au devin. La repr\u00e9sentation de la vie humaine qui sous-tend la consultation est la suivante&nbsp;: l\u2019homme a de nombreux alli\u00e9s ou ennemis visibles et invisibles, humains et inhumains, morts et vivants. Ceux-ci peuvent lui vouloir du bien ou du mal. De sorte qu\u2019\u00e0 chaque moment il se trouve dans un champ de chance ou plus souvent de malchance. S\u2019il maintient un \u00ab&nbsp;profil bas&nbsp;\u00bb, il n\u2019a pas trop lieu de s\u2019inqui\u00e9ter, car il offre peu de prise \u00e0 ses ennemis. Mais souvent la vie oblige \u00e0 s\u2019exposer&nbsp;: d\u00e9cision importante \u00e0 prendre, voyage lointain, placement. Dans de tels cas, il faut pouvoir situer ses chances objectives. Il va alors consulter le devin (que l\u2019on appelle ici \u00ab&nbsp;charlatan&nbsp;\u00bb, selon la traduction pas trop subtile impos\u00e9e par les missionnaires). Et le devin lui r\u00e9v\u00e8le o\u00f9 il en est, les sacrifices \u00e0 faire pour mettre toutes les choses de son c\u00f4t\u00e9 ou bien lui conseille carr\u00e9ment de laisser tomber pour le moment.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Souvent, on imagine a priori que les choses vont bien, alors on se casse la figure, et c\u2019est a posteriori, en se mordant les doigts, qu\u2019on va trouver le devin pour lui demander ce qui n\u2019a pas march\u00e9. Une telle repr\u00e9sentation du destin individuel et quotidien aboutit \u00e0 une attitude qui est tax\u00e9e par celui qui n\u2019y comprend rien de fatalisme. Ainsi, Bonaventure, escroc notoire se terre \u00e0 150 kilom\u00e8tres de la capitale. La police d\u00e9cide un beau jour d\u2019aller le chercher. Grande exp\u00e9dition dans un pays o\u00f9 la police a souvent du mal \u00e0 r\u00e9unir les fonds n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019achat d\u2019essence. On arrive chez Bonaventure, sa femme dit qu\u2019il n\u2019est pas l\u00e0, il est sorti il y a dix minutes. Chercher, attendre, \u00e9tablir une sourici\u00e8re&nbsp;? Pas du tout, on rentre chez soi. Christian s\u2019arrache les cheveux, il comptait sinon r\u00e9cup\u00e9rer ses sous \u2013 \u00f4 bienheureuse r\u00eaverie&nbsp;! \u2013 du moins passer un savon \u00e0 cette crapule.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Que s\u2019est-il pass\u00e9&nbsp;? Eh bien, l\u2019affaire \u00e9tait mal engag\u00e9e, la preuve c\u2019est que Bonaventure n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0. En insistant, on serait all\u00e9 de p\u00e9pin en p\u00e9pin. On allait tout droit \u00e0 la catastrophe. La prochaine fois on ne fera pas la connerie de ne pas consulter. On attendra le bon jour et quand le devin aura d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que tout se pr\u00e9sente pour le mieux, on y retournera. Et cette fois-l\u00e0, on l\u2019aura, car on sera s\u00fbr de l\u2019\u00e9pingler m\u00eame s\u2019il faut camper cent ans dans son enclos.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Geertz avait lanc\u00e9 l\u2019id\u00e9e dans les ann\u00e9es soixante-dix que l\u2019ethnographie bien con\u00e7ue consistait \u00e0 voir le monde \u00ab&nbsp;par les yeux de l\u2019indig\u00e8ne&nbsp;\u00bb (\u00ab&nbsp;through the native\u2019s eyes&nbsp;\u00bb). Oui, peut-\u00eatre. Seulement voil\u00e0, ce que je peux voir avec les yeux de l\u2019acteur ne ressemble en rien \u00e0 ce que lui-m\u00eame peut voir avec ses propres yeux, parce que ce qui compte, ce ne sont pas les yeux mais le regard. Ce serait tellement simple&nbsp;!<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>3 juin 1985<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-125037\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"112\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne-300x112.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LAne.png 415w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p class=\"p1\"><strong>Tout dans le regard<\/strong> a paru dans <b>L&rsquo;\u00c2ne Le magazine freudien<\/b>,\u00a023, 1985 : 22.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Du cours de notre vie nous avons une repr\u00e9sentation assez simple. 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