{"id":126205,"date":"2021-01-12T20:19:33","date_gmt":"2021-01-12T19:19:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=126205"},"modified":"2021-01-12T22:32:39","modified_gmt":"2021-01-12T21:32:39","slug":"aux-origines-de-lanthropologie-francaise-1980","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/01\/12\/aux-origines-de-lanthropologie-francaise-1980\/","title":{"rendered":"<strong>\u00ab&nbsp;Aux origines de l\u2019anthropologie fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb<\/strong> (1980)"},"content":{"rendered":"\r\n<blockquote><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-125141\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LHomme.png\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"260\" \/>\r\n<p><strong>\u00ab\u00a0Aux origines de l\u2019anthropologie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\r\n<p>A paru dans <strong><i>L\u2019Homme, avr.-juin 1980, XX (2) : 91-98.<\/i><\/strong><\/p>\r\n<\/blockquote>\r\n\r\n\r\n\r\n<ul class=\"wp-block-list\">\r\n<li>\u00c0 propos de <em>Aux origines de l\u2019anthropologie fran\u00e7aise. Les M\u00e9moires de la Soci\u00e9t\u00e9 des Observateurs de l\u2019Homme en l\u2019an VIII<\/em>. Textes publi\u00e9s et pr\u00e9sent\u00e9s par Jean COPANS et Jean JAMIN. Pr\u00e9face de Jean-Paul Faivre. Paris, Le Sycomore, 1978, 230p. (\u00ab\u00a0Les Hommes et leurs Signes\u00a0\u00bb), 1981, XVI + 327 p., bibl., index, ill ; (\u00ab Les Hommes et leurs Signes)<\/li>\r\n<\/ul>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Saluons l\u2019excellente initiative qu\u2019ont prise J. Copans et J. Jamin en r\u00e9unissant un ensemble de textes \u00e9crits sous l\u2019impulsion de la Soci\u00e9t\u00e9 des Observateurs de l\u2019Homme, la premi\u00e8re soci\u00e9t\u00e9 d\u2019anthropologie, qui tint ses s\u00e9ances de 1799 \u00e0 1804. L\u2019ouvrage est compos\u00e9 de trois parties\u00a0: une pr\u00e9face de J.-P. Faivre, une pr\u00e9sentation intitul\u00e9e \u00ab\u00a0De la Filiation d\u00e9vi\u00e9e \u00e0 l\u2019oubli des origines\u00a0\u00bb, par J. Copans et J. Jamin, et un choix de huit textes, dont les fameuses <em>Consid\u00e9rations sur les diverses m\u00e9thodes \u00e0 suivre dans l\u2019observation des peuples sauvages, 1800<\/em>, de J.-M. Deg\u00e9rando. Il \u00e9tait temps qu\u2019un ouvrage fran\u00e7ais soit consacr\u00e9 \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Observateurs de l\u2019Homme, puisque le lecteur anglophone pouvait d\u00e9j\u00e0 consulter G. W. Stocking (1964) et F. G. T. Moore, ed. (1969), et le lecteur italien un livre tr\u00e8s complet sur le sujet\u00a0: <em>La Scienza dell\u2019uomo nel Settecento<\/em>de S. Moravia (1970).<\/p>\r\n\r\n<p><!--more--><\/p>\r\n\r\n<p>Commen\u00e7ons par le choix de textes. Les pr\u00e9sentateurs ont rassembl\u00e9 la plupart des textes courts en rapport avec les activit\u00e9s de la Soci\u00e9t\u00e9 des Observateurs de l\u2019Homme, notamment ceux qui furent reproduits dans les diverses revues publi\u00e9es par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Anthropologie de Paris au d\u00e9but du si\u00e8cle. On trouve en outre un extrait de la correspondance du commandant Baudin. Manquent, entre autres, la communication de J. Itard, \u00ab\u00a0De l\u2019\u00c9ducation d\u2019un homme sauvage\u00a0\u00bb (1801), reproduite par L. Malson (1964), toutes les le\u00e7ons d\u2019histoire naturelle de l\u2019homme de L.-F. Jauffret, l\u2019\u00ab Histoire de ma vie \u00bb de J. Massieu, pr\u00e9sent\u00e9e par lui-m\u00eame dans \u00ab\u00a0Le Langage par signes des sourds-muets\u00a0\u00bb \u00e0 une r\u00e9union de la Soci\u00e9t\u00e9 \u2013 on peut la trouver dans F. Berthier (1873) \u2013 et le rapport de Deg\u00e9rando sur <a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/01\/11\/fou-sauvage-ou-les-deux-a-la-fois-1982\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Victor de l\u2019Aveyron<\/em><\/a> de J. Itard, qui parut pour la premi\u00e8re fois dans les <em>Annales de l\u2019\u00c9ducation des Sourds-muets et des Aveugles<\/em> en 1848. C\u2019est surtout l\u2019absence de ce dernier texte qu\u2019on regrettera. Deg\u00e9rando va en effet \u00e0 l\u2019encontre de Pinel dont le rapport figure dans le recueil. Alors que Pinel assimile de fa\u00e7on peu convaincante Victor \u00e0 une s\u00e9rie d\u2019enfants idiots dont il dresse le portrait d\u00e9taill\u00e9, Deg\u00e9rando \u00e9met pour la premi\u00e8re fois l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un frayage n\u00e9cessaire des fonctions intellectuelles \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une fourchette d\u2019\u00e2ges, sans quoi ces fonctions r\u00e9gressent d\u00e9finitivement ; il oppose ainsi tr\u00e8s finement un \u00ab idiotisme moral \u00bb au d\u00e9faut organique. Je ne pense pas qu\u2019il y ait eu, de la part des auteurs du recueil, une intention d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e d\u2019\u00e9carter ce texte ; plus vraisemblablement, ils n\u2019ont pas d\u00fb en retrouver la trace, ce dont on ne saurait les bl\u00e2mer. Les notes d\u2019introduction sont sans doute trop laconiques et n\u2019ajoutent rien de neuf aux commentaires de Georges Herv\u00e9 qui pr\u00e9senta ces textes au d\u00e9but du si\u00e8cle. Seule innovation par rapport \u00e0 Herv\u00e9, le souci syst\u00e9matique de d\u00e9nigrer l\u2019\u0153uvre anthropologique de Fran\u00e7ois P\u00e9ron. Nous reviendrons sur cet aspect.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>La pr\u00e9sentation de Copans et Jamin est tr\u00e8s bien faite. Manifestement les deux auteurs poss\u00e8dent leur sujet et se montrent \u00e0 m\u00eame de tirer les le\u00e7ons de cet embryon d\u2019anthropologie (ou de cet avorton) pour notre pratique actuelle. Les quelques critiques que je dois leur faire ne visent donc nullement \u00e0 amoindrir leur m\u00e9rite.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Une critique d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral : les pr\u00e9sentateurs, s\u2019ils font preuve de ma\u00eetrise pour la p\u00e9riode envisag\u00e9e (1799-1805), semblent moins \u00e0 l\u2019aise quand ils \u00e9voquent le d\u00e9veloppement de l\u2019anthropologie au cours du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ainsi la mauvaise querelle avec les anthropologues physiques, par laquelle d\u00e9bute leur expos\u00e9 (pp. 25-28), r\u00e9v\u00e8le-t-elle surtout une ignorance des rapports entre ethnologie et anthropologie \u00e0 cette \u00e9poque. \u00c0 vouloir dater une distinction nette entre anthropologie et ethnologie avant 1900, on s\u2019expose \u00e0 de nombreux contresens. On peut convenir, par exemple, que Letourneau \u00e9tait plut\u00f4t ethnologue et Topinard plut\u00f4t anthropologue, mais, en un temps o\u00f9 les ethnologues n\u2019\u00e9taient pas n\u00e9cessairement plus voyageurs que les anthropologues, rien n\u2019est moins s\u00fbr. La chose n\u2019\u00e9tait pas claire pour les savants eux-m\u00eames, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire. Qu\u2019on relise, pour s\u2019en persuader, \u00ab Anthropologie, ethnologie et ethnographie \u00bb de P. Topinard (1876) et la discussion passionn\u00e9e qui s\u2019ensuivit. On risque peu de se tromper en affirmant que \u00ab anthropologie\u00a0\u00bb et \u00ab ethnologie \u00bb fonctionn\u00e8rent comme synonymes au cours du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, au moins en France, en Angleterre et aux \u00c9tats-Unis. Ce qui ne signifie pas que la synonymie \u00e9tait \u00e9tablie. Les membres de l\u2019Anthropological Society of London, en particulier T. Bendyshe, J. Hunt et J. B. Davis, consacr\u00e8rent un temps et une \u00e9nergie consid\u00e9rables \u00e0 comparer l\u2019extension des deux termes. En Angleterre, Hunt quitta la languissante Ethnological Society pour fonder l\u2019Anthropological Society ; il \u00e9tait clair pour lui qu\u2019il s\u2019agissait du m\u00eame domaine de connaissances. Si les <em>anthropologues<\/em> eurent plut\u00f4t recours aux donn\u00e9es de la cr\u00e2niom\u00e9trie, tandis que les <em>ethnologues<\/em> se r\u00e9f\u00e9raient davantage \u00e0 la philosophie, c\u2019est que les premiers croyaient trouver l\u00e0 de meilleurs arguments \u00e0 l\u2019appui de leur dada : l\u2019\u00ab\u00a0inf\u00e9riorit\u00e9 du N\u00e8gre\u00a0\u00bb. En France, lorsqu\u2019en 1859 Broca fonda la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Anthropologie de Paris, son intention \u00e9tait en fait de ranimer la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Ethnologie cr\u00e9\u00e9e en 1839 par <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/William_Frederic_Edwards\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">William Edwards<\/a> et qui ne s\u2019\u00e9tait plus r\u00e9unie depuis 1848. Seul un d\u00e9saccord avec les survivants de l\u2019ancienne soci\u00e9t\u00e9 obligera Broca \u00e0 renoncer au terme \u00ab ethnologie \u00bb. Il n\u2019y a donc rien l\u00e0 qui rel\u00e8ve de l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie. Les th\u00e8ses extr\u00eames de Broca sur la question des races \u2014 il maintenait que le m\u00e9tis du Noir et du Blanc \u00e9tait un hybride infertile comparable au mulet \u2014 lui interdirent de publier dans le cadre de la Soci\u00e9t\u00e9 de Biologie. C\u2019est donc un peu accidentellement qu\u2019il dut faire para\u00eetre ses articles r\u00e9volutionnaires sur les localisations c\u00e9r\u00e9brales dans sa propre revue, les <em>Bulletins de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Anthropologie<\/em>, l\u2019orientant ainsi vers la cr\u00e2niologie et la neurophysiologie du cerveau. Ce que nous appellerions ethnologie n\u2019\u00e9tait pas pour autant exclu de ses colonnes. Comme on le sait, l\u2019anthropologie sociale fran\u00e7aise ne na\u00eetra ni parmi les anthropologues, ni parmi les ethnologues, ni m\u00eame parmi les folkloristes, mais dans les pages de L\u2019<em>Ann\u00e9e sociologique<\/em>. La querelle que font Copans et Jamin aux anthropologues, accus\u00e9s de tirer la couverture \u00e0 eux quand ils affirment \u00eatre les h\u00e9ritiers spirituels de la Soci\u00e9t\u00e9 des Observateurs de l\u2019Homme, est donc particuli\u00e8rement mal fond\u00e9e.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Plus loin (p. 37), les pr\u00e9sentateurs s\u2019\u00e9tonnent aussi de la \u00ab\u00a0m\u00e9dicalisation\u00a0\u00bb de l\u2019anthropologie dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Broca \u00e9tait certainement tr\u00e8s fier de compter, parmi les 112 membres de sa Soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9sidant \u00e0 Paris, 84 m\u00e9decins, mais tout comme de Quatrefages (1867 : 59) qui laissait \u00ab \u00e0 la Facult\u00e9 de M\u00e9decine tout ce qui est relatif \u00e0 l\u2019Homme consid\u00e9r\u00e9 comme individu \u00bb, Broca distinguait soigneusement le domaine de la m\u00e9decine de celui de l\u2019anthropologie, cette derni\u00e8re s\u2019occupant uniquement de l\u2019 \u00ab histoire collective du genre humain \u00bb. Pourquoi alors tant de m\u00e9decins ? Lorsque l\u2019<em>Id\u00e9ologie<\/em> se donna pour programme d\u2019\u00e9tablir le catalogue des productions naturelles et sociales <em>r\u00e9elles<\/em>, en \u00e9cartant les \u00ab vaines th\u00e9ories \u00bb et les \u00ab sp\u00e9culations hasard\u00e9es \u00bb (Jauffret, cit\u00e9 p. 73), elle se coupa de la philosophie qui avait jusqu\u2019alors monopolis\u00e9 la r\u00e9flexion sur l\u2019homme. Un seul autre domaine avait accumul\u00e9 un savoir empirique sur l\u2019homme tel qu\u2019il \u00e9tait et non tel qu\u2019il devait \u00eatre : la m\u00e9decine. Le nombre consid\u00e9rable de m\u00e9decins dans l\u2019anthropologie du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ne r\u00e9sulte donc pas d\u2019un quelconque complot, mais d\u2019une localisation de fait des comp\u00e9tences susceptibles de fonder une connaissance empirique de l\u2019homme.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Copans et Jamin remarquent \u00e0 juste titre que \u00ab\u00a0le silence sur Deg\u00e9rando n\u2019est pas d\u00fb au hasard puisqu\u2019il correspond \u00e0 un silence constant sur les probl\u00e8mes de m\u00e9thode de terrain au sein de l\u2019anthropologie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb (p. 43). Il y a quelques ann\u00e9es, J. Guiart (1967 : 87) \u00e9crivait : \u00ab\u00a0Le seul fait de l\u2019expatriation provisoire donne droit \u00e0 faire partie de la profession, comme si l\u2019on avait d\u00e9couvert en cela un lourd secret pesant sur toutes les consciences \u00bb ; et un peu plus tard (1968 : 84) : \u00ab\u00a0Les analyses critiques portant sur la validit\u00e9 des mat\u00e9riaux sont rares, parce que consid\u00e9r\u00e9es comme discourtoises. Il s\u2019ensuit que, contrairement aux sciences exactes, l\u2019ethnologue ne subit aucune pression, et ne risque aucun compliment, quant au s\u00e9rieux de la formulation de ses donn\u00e9es. \u00bb Il faudrait toutefois se m\u00e9fier d\u2019une illusion r\u00e9trospective : le programme de Deg\u00e9rando est tout entier condillacien et, de ce point de vue, constitue plut\u00f4t le programme d\u2019une \u00ab psychologie compar\u00e9e \u00bb que celui d\u2019une anthropologie sociale. Il est amusant de constater que lorsque la <em>Cambridge Expedition to Torres Straits<\/em> aura renou\u00e9 en 1898 avec la pratique du terrain organis\u00e9, son initiateur et chef, A. C. Haddon, la consid\u00e9rera toujours comme ayant \u00e9t\u00e9 une entreprise de \u00ab\u00a0psychologie compar\u00e9e \u00bb (1910 : 86). Malinowski n\u2019aurait pas pu inventer ce qu\u2019il appellera l\u2019 \u00ab enqu\u00eate sociologique intensive\u00a0\u00bb si Durkheim n\u2019avait auparavant fond\u00e9 l\u2019anthropologie sociale. Quant \u00e0 affirmer, comme le font les pr\u00e9sentateurs (p. 43), que Malinowski n\u2019a \u00ab\u00a0th\u00e9oris\u00e9 sa pratique qu\u2019a posteriori \u00bb, il ne faudrait pas perdre de vue que Rivers avait d\u00e9j\u00e0 proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une th\u00e9orisation de la pratique de terrain dans son introduction \u00e0 <em>The Todas<\/em> (1906) et dans \u00ab Anthropological Research outside America \u00bb (1913), si bien que la r\u00e9flexion m\u00e9thodologique de Malinowski ne pr\u00e9sentait aucune urgence. Notons toutefois que dans \u00ab Baloma\u00bb (1916), texte \u00e9crit par Malinowski alors qu\u2019il n\u2019avait encore pass\u00e9 que neuf mois dans les \u00eeles Trobriand, se trouve (huiti\u00e8me partie) une r\u00e9flexion pouss\u00e9e sur la m\u00e9thodologie du travail de terrain.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Copans et Jamin minimisent cependant l\u2019influence que les <em>Consid\u00e9rations<\/em>\u2026 de Deg\u00e9rando eurent sur le d\u00e9veloppement de l\u2019anthropologie. L\u2019\u00ab Instruction g\u00e9n\u00e9rale adress\u00e9e aux voyageurs&#8230; \u00bb que l\u2019on trouve dans le premier num\u00e9ro des <em>M\u00e9moires de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Ethnologie<\/em> (1840) est directement inspir\u00e9e de ce texte. L\u2019\u00ab\u00a0Instruction g\u00e9n\u00e9rale&#8230; \u00bb servira elle-m\u00eame de mod\u00e8le aux \u00ab Queries respecting to Human Race to be Addressed to Travellers and Others \u00bb \u2014 anc\u00eatres des c\u00e9l\u00e8bres <em>Notes and Queries<\/em> \u2014, r\u00e9dig\u00e9es \u00e0 la demande de la British Association for the Advancement of Science (cf. Urry 1972 : 46). Il existe donc bien une filiation entre les <em>Consid\u00e9rations<\/em> et les questionnaires ethnographiques modernes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ma derni\u00e8re remarque pour ce qui touche \u00e0 la Pr\u00e9sentation est relative \u00e0 Fran\u00e7ois P\u00e9ron. \u00c0 la page 39, les pr\u00e9sentateurs citent Honigmann (1976) \u00e0 propos de P\u00e9ron, \u00ab\u00a0l\u2019ethnographe inepte qui \u00e9tait \u00e0 bord&#8230; \u00bb. Quand on se reporte au texte de Honigmann, on s\u2019aper\u00e7oit que sa seule r\u00e9f\u00e9rence est F. G. T. Moore (1969). L\u2019opinion d\u00e9favorable que Moore entretient \u00e0 l\u2019\u00e9gard de P\u00e9ron repose en grande partie sur le r\u00f4le d\u2019espion que celui-ci joua lors de son s\u00e9jour \u00e0 Port Jackson, la future Sydney. Dans un \u00e9change de lettres, Moore m\u2019a confirm\u00e9 (comm. pers.) : \u00ab Je crois avoir montr\u00e9 dans mon livre, preuves \u00e0 l\u2019appui, que P\u00e9ron g\u00e2cha la meilleure occasion qui lui fut offerte de faire du travail anthropologique \u2014 le long s\u00e9jour \u00e0 Port Jackson \u2014 en pr\u00e9parant le \u2018rapport d\u2019espion\u2018 qu\u2019il soumettra ensuite au g\u00e9n\u00e9ral Decaen. \u00bb Les consid\u00e9rations nationales restent donc pertinentes \u00e0 deux si\u00e8cles de distance ! L\u2019Angleterre maintenait le blocus de la France et l\u2019on aurait mauvaise gr\u00e2ce de reprocher sa curiosit\u00e9 \u00e0 P\u00e9ron, soldat de la R\u00e9publique. Il serait piquant que le personnage de P\u00e9ron, premier ethnologue (\u00ab anthropologiste \u00bb) de terrain, ait encore \u00e0 souffrir dans la litt\u00e9rature anthropologique fran\u00e7aise contemporaine d\u2019une repr\u00e9sentation n\u00e9gative, cons\u00e9quence du fait qu\u2019en 1803 il espionna une colonie p\u00e9nitentiaire britannique en Australie !<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>La pr\u00e9face de ranc\u0153ur de M. Faivre fait question. Pourquoi d\u2019ailleurs Copans et Jamin ont-ils sollicit\u00e9 cette encombrante contribution dont la perspective r\u00e9actionnaire s\u2019accorde mal avec la leur ? Je ne reprocherai pas \u00e0 M. Faivre d\u2019ignorer l\u2019anthropologie, il n\u2019en a sans doute que faire, mais plut\u00f4t de maltraiter l\u2019histoire, ce qui pourrait le toucher davantage. L\u2019exp\u00e9dition australienne dirig\u00e9e par Baudin pose un probl\u00e8me historiographique : nous en poss\u00e9dons deux comptes rendus contradictoires, le <em>Voyage de d\u00e9couvertes aux Terres Australes<\/em> de P\u00e9ron et Freycinet, et le journal de bord du commandant Baudin ; dans une large mesure, il faut choisir entre les deux versions. Faivre choisit Baudin, j\u2019aurais plut\u00f4t tendance \u00e0 choisir P\u00e9ron. Les pr\u00e9occupations ethnologiques de celui-ci me sont plus proches, et son itin\u00e9raire me pla\u00eet : il a \u00e9t\u00e9 fait prisonnier et a perdu un \u0153il au service de la R\u00e9publique, il s\u2019embarque, non par ambition comme l\u2019affirme Faivre (p. 17), mais par d\u00e9pit amoureux, \u00ab la personne \u00e0 laquelle il \u00e9tait attach\u00e9 lui fut refus\u00e9e parce qu\u2019il n\u2019\u00e9tait point assez riche\u00a0\u00bb (Deleuze 1816 : 437). Quant \u00e0 Baudin, il m\u2019appara\u00eet comme le \u00ab fayot \u00bb dans toute son horreur ; son anti-intellectualisme syst\u00e9matique surgit \u00e0 chaque page de sa correspondance (pp. 207-217) et son journal le montre encore plus franc que lorsqu\u2019il s\u2019adresse \u00e0 Jussieu, qui pourrait apr\u00e8s tout se formaliser. Voil\u00e0 pour mes pr\u00e9jug\u00e9s, libre \u00e0 M. Faivre d\u2019en avoir d\u2019autres. Nous sommes cependant, lui et moi, tenus par les m\u00eames documents, et des usages m\u00e9thodologiques existent quant \u00e0 la fa\u00e7on de les faire parler. Voyons comment proc\u00e8de M. Faivre.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>\u00ab \u00c0 juste titre \u00bb, \u00e9crit-il, \u00ab l\u2019Australien Ernest Scott [a] d\u00e9plor[\u00e9] [&#8230;] la l\u00e9gende de l\u2019incapacit\u00e9 malveillante de Baudin propag\u00e9e par les r\u00e9dacteurs officiels du <em>Voyage&#8230;<\/em> \u00bb (p. 16). Il serait int\u00e9ressant de voir exactement en quels termes Scott d\u00e9plore cette l\u00e9gende. \u00c0 la page 164 de <em>Terre Napol\u00e9on<\/em> (1910), celui-ci rapporte que \u00ab von Humboldt reconnaissait qu\u2019il n\u2019avait que peu de confiance dans le caract\u00e8re personnel du capitaine Baudin \u00bb, principalement \u00ab en raison du m\u00e9contentement de la Cour de Vienne lors d\u2019un de ses pr\u00e9c\u00e9dents voyages \u00bb. Faivre se contente de noter \u00e0 ce sujet que \u00ab [Baudin] voyait Alexandre de Humboldt [&#8230;] qui aurait pu s\u2019embarquer avec lui\u00a0\u00bb (p. 15). Mais poussons plus loin si nous voulons d\u00e9couvrir la bonne opinion que se fait Scott (1910 : 168) du commandant Baudin : \u00ab &#8230; et le r\u00e9sultat de sa mauvaise navigation fut que les vaisseaux de Baudin mirent 145 jours \u00e0 joindre Le Havre \u00e0 l\u2019Ile Maurice, o\u00f9 ils rest\u00e8rent pour radouber, tandis que Flinders [qui effectuait un voyage d\u2019exploration parall\u00e8le pour le compte de l\u2019Angleterre; P. J.] mena l\u2019<em>Investigator<\/em> de Spithead jusqu\u2019au Cap Leeuwin, o\u00f9 il aborda l\u2019Australie, en 142 jours.\u00a0\u00bb Poursuivons, car la bonne opinion de Scott se confirme : \u00ab &#8230; le simple fait qu\u2019il fallut \u00e0 Baudin du 8 mai au 20 juin, 43 jours pour voguer de Kangaroo Island \u00e0 Sydney [&#8230;] suffit \u00e0 montrer comment le caract\u00e8re obtus de Baudin contribue \u00e0 aggraver la d\u00e9tresse de ses hommes\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>: 183-184). Il y a mieux encore. Apr\u00e8s une longue discussion relative \u00e0 la navigation de Baudin, Scott note : \u00ab Il n\u2019est d\u00e8s lors pas \u00e9tonnant que Freycinet confia qu\u2019il \u00e9tait \u2018surpris\u2019 des man\u0153uvres de Baudin, on peut \u00e0 peine consid\u00e9rer qu\u2019elles \u00e9taient celles d\u2019un \u00eatre rationnel, certainement pas celles d\u2019un commandant responsable de la s\u00e9curit\u00e9 de deux navires et de la vie de leurs hommes \u00bb (<em>ibid.<\/em>: 225). M. Faivre consid\u00e8re que Scott \u00ab d\u00e9plore la l\u00e9gende de l\u2019incapacit\u00e9 malveillante de Baudin \u00bb, il me semble plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 partir d\u2019une lecture minutieuse de sa navigation, il en apporte les meilleures preuves.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Scott n\u2019est d\u2019ailleurs pas seul \u00e0 mettre en doute la sant\u00e9 mentale de Baudin. Dans leur ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019exp\u00e9dition, Bouvier et Maynial (1947 : 207) citent le journal de Baudin \u00e0 la date du 6 juillet 1803 : \u00ab\u00a0Je laisse \u00e0 penser l\u2019effet que fit ce changement de route auquel personne ne s\u2019attendait, car personne n\u2019a su jamais o\u00f9 j\u2019allais, ni ce que je voulais faire, ni ce que je faisais pendant la campagne&#8230; \u00bb Ils commentent : \u00ab\u00a0Y avait-il seulement chez lui un soin jaloux de pr\u00e9server son ind\u00e9pendance, ou bien jouissait-il du plaisir satanique d\u2019\u00e9tonner, de d\u00e9router, par les bizarreries de sa conduite, ceux qui l\u2019approchaient et qui le connaissaient si mal. \u00bb Quant aux derniers jours du commandant, je ne sais si nous serions encore aussi admiratifs devant ce qu\u2019un de ses officiers appelait sa grande force d\u2019\u00e2me : \u00ab Il avait recueilli dans un bocal d\u2019esprit-de-vin ses poumons qu\u2019il avait vomis dans des souffrances inou\u00efes, et il les montrait \u00e0 toutes les personnes qui le venaient visiter \u00bb (<em>ibid<\/em>. : 219). M. Faivre affirme que Jules Verne d\u00e9plora \u00ab\u00a0qu\u2019une conspiration du silence ait paru r\u00e9gner en France depuis le retour de l\u2019exp\u00e9dition \u00bb (p. 16) ; il se garde de dire cependant que Jules Verne (1880 : 187) consid\u00e9rait que les hommes du commandant Baudin auraient sans doute eu moins de raison de se plaindre de lui s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 en pleine possession de toutes ses facult\u00e9s ; on ne peut \u00eatre plus explicite.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Pour en revenir \u00e0 P\u00e9ron, il serait fastidieux de r\u00e9pondre \u00e0 toutes les imputations malveillantes de M. Faivre \u00e0 son \u00e9gard : arriviste, courtisan, froussard, etc., et dont malheureusement Copans et Jamin se font quelquefois l\u2019\u00e9cho. L\u2019\u0153uvre anthropologique de P\u00e9ron devra un jour \u00eatre \u00e9valu\u00e9e pour son m\u00e9rite propre, disons simplement ici qu\u2019il fut le premier anthropologue de terrain, qu\u2019il courut des risques consid\u00e9rables pour mener \u00e0 bien une t\u00e2che rendue quasi impossible par la mission cartographique de l\u2019exp\u00e9dition, qu\u2019il fut emport\u00e9 par la tuberculose \u00e0 l\u2019\u00e2ge de trente-cinq ans, et que probablement seule cette mort pr\u00e9matur\u00e9e l\u2019emp\u00eacha de r\u00e9diger son \u0153uvre anthropologique ; \u00e0 la lumi\u00e8re de ces pr\u00e9cisions, le venin de M. Faivre semble tout \u00e0 fait ind\u00e9cent.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Je ne retiendrai qu\u2019un seul point. M. Faivre laisse entendre que l\u2019exp\u00e9dition eut \u00e0 p\u00e2tir de la fronde isol\u00e9e de P\u00e9ron, et peut-\u00eatre de Louis de Freycinet, \u00ab savant acari\u00e2tre, doubl\u00e9 d\u2019un marin de \u2018 cabinet \u2018\u00a0\u00bb (p. 15). Rappelons que c\u2019est ce \u00ab marin de cabinet\u00a0\u00bb qui ramena l\u2019exp\u00e9dition \u00e0 bon port. Ce point d\u2019histoire est heureusement facile \u00e0 \u00e9clairer car nous disposons d\u2019autres t\u00e9moignages \u00e0 ce sujet. M. Faivre \u00e9crit par exemple : \u00ab Bory Saint-Vincent [&#8230;] dut d\u00e9barquer, \u00e0 l\u2019aller, \u00e0 l\u2019Ile de France \u00bb (p. 17). Or il se trouve que Bory de Saint-Vincent (1804: 189) \u2014 auteur d\u2019un des premiers trait\u00e9s anthropologiques (<em>L\u2019Homme (Homo). Essai zoologique sur le genre humain<\/em>, 1811) \u2014 s\u2019est longuement expliqu\u00e9 sur sa d\u00e9fection lors de l\u2019escale \u00e0 l\u2019Ile Maurice ; \u00e9coutons-le : \u00ab [Le commandant] affecta de publier partout que la moiti\u00e9 des membres de l\u2019exp\u00e9dition \u00e9taient inutiles \u00e0 son succ\u00e8s ; que l\u2019Institut lui avait donn\u00e9 des savants dont il n\u2019avait que faire ; qu\u2019il n\u2019avait besoin que de <em>ramasseurs<\/em> [&#8230;] Les g\u00e9ographes et les astronomes, surtout, n\u2019\u00e9taient pas bien dans l\u2019esprit du commandant ; il pr\u00e9tendait que ses officiers auraient suffi pour la g\u00e9ographie et l\u2019astronomie, et que d\u2019ailleurs il aimait mieux d\u00e9couvrir un mollusque nouveau qu\u2019une terre nouvelle \u00bb ; \u00ab il \u00e9tait d\u2019ailleurs furieux que ce f\u00fbt \u00e0 des indispositions que nous dussions notre d\u00e9barquement, qu\u2019il aurait voulu qualifier d\u2019indiscipline\u00bb (<em>ibid<\/em>.: 191) ; \u00ab c\u2019est dans cet \u00e9tat d\u2019incertitude vraiment cruel que, combattu par le d\u00e9sir d\u2019accompagner mes amis, et par la crainte de succomber dans une exp\u00e9dition mal dirig\u00e9e, c\u2019est dans cet \u00e9tat dis-je, que je demeurai flottant, inquiet, irr\u00e9solu, jusqu\u2019au moment o\u00f9 j\u2019appris que le commandant avait fix\u00e9 le d\u00e9part de l\u2019exp\u00e9dition pour le lendemain \u00bb (<em>ibid.<\/em>: 192). Un autre naturaliste, M. J. Milbert (1812 : VII-VIII), d\u00e9barqu\u00e9 lui aussi \u00e0 l\u2019Ile Maurice, \u00e9crit ceci : \u00ab Les relations d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9es ont suffisamment instruit le public des privations et des contrari\u00e9t\u00e9s que nous \u00e9prouv\u00e2mes \u00e0 bord : on sait de quelle mani\u00e8re funeste elles influ\u00e8rent, dans le cours de cette longue travers\u00e9e, sur la sant\u00e9 du plus grand nombre. Je fus un de ceux qui furent laiss\u00e9s malades \u00e0 l\u2019Ile-de-France ; ce qui certainement n\u2019e\u00fbt pas eu lieu si, conform\u00e9ment aux intentions du gouvernement, l\u2019on nous e\u00fbt fourni les aliments sains et abondants que nous devions avoir. \u00bb\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>Ce qu\u2019il faudrait encore expliquer, c\u2019est la r\u00e9sistance \u00e0 P\u00e9ron, comme Freud parle de r\u00e9sistance \u00e0 la psychanalyse. Pourquoi oppose-t-on, comme le mod\u00e8le \u00e0 la caricature, Deg\u00e9rando qui invente le Sauvage \u2014 une fois de plus et d\u00e9j\u00e0 \u2014 \u00e0 P\u00e9ron qui le d\u00e9crit effectivement\u00a0? Sans doute parce que des <em>Observations sur l\u2019anthropologie&#8230;<\/em> (cit\u00e9 ici pp. 177-185) au <em>Voyage de d\u00e9couvertes aux Terres Australes<\/em>, le Sauvage des Lumi\u00e8res, auquel nous tenons encore tant, s\u2019effondre avec fracas. Le Sauvage que d\u00e9crit P\u00e9ron, c\u2019est l\u2019inverse du Orou du <em>Suppl\u00e9ment au voyage de Bougainville<\/em>, il n\u2019a aucun message de grande sagesse \u00e0 nous transmettre. Aimable, inventif, mesquin, il est identique \u00e0 nous dans ses pr\u00e9occupations comme dans ses gestes : affreusement banal. Deg\u00e9rando, c\u2019est la pr\u00e9histoire de l\u2019anthropologie, P\u00e9ron, sa conclusion. Et nous pr\u00e9f\u00e9rons toujours les d\u00e9buts&#8230;<\/p>\r\n\r\n<p>N.B. Je publierai de la m\u00eame mani\u00e8re un texte consacr\u00e9 \u00e0 proprement parler \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre anthropologique de Fran\u00e7ois P\u00e9ron en Australie.<\/p>\r\n\r\n<p>R\u00c9F\u00c9RENCES BIBLIOGRAPHIQUES<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>BERTHIER, F.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1873 <em>L\u2019Abb\u00e9 Sicard, pr\u00e9cis historique sur sa vie, ses travaux et ses succ\u00e8s<\/em>. Paris, C. Douniol.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>BORY DE SAINT-VINCENT, J.-B.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1804 <em>Voyage dans les quatre principales lles des Mers d\u2019Afrique fait par ordre du gouvernement pendant les ann\u00e9es 1801 et 1802<\/em>. Paris, 3 tomes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>BOUVIER, R. &amp; E. MAYNIAL<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1947 <em>Une Aventure dans les Mers Australes. L\u2019Exp\u00e9dition du Commandant Baudin<\/em><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p><em>(1800-1803)<\/em>. Paris, Mercure de France.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>DEG\u00c9RANDO, J.-M.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1848 \u00ab Consid\u00e9rations sur le sauvage de l\u2019Aveyron \u00bb, <em>Annales de l\u2018\u00c9ducation des Sourds-muets et des Aveugles 5 <\/em>: 110-118.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>DELEUZE, J.-P.-F.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1816 \u00ab \u00c9loge historique de Fran\u00e7ois P\u00e9ron \u00bb, in F. P\u00c9RON &amp; L. DE FREYCINET, <em>Voyage de d\u00e9couvertes aux Terres Australes<\/em>, II : 434-457.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>GUIART, J.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1967 \u00ab L\u2019Ethnologie qu\u2019est-elle?\u00a0\u00bb, <em>Cahiers internationaux de Sociologie<\/em> 42 : 85-103.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1968 \u00ab R\u00e9flexions sur la m\u00e9thode en ethnologie \u00bb, <em>Cahiers internationaux de Sociologie<\/em> : 45\u00a0: 81-98.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>HADDON, A. C.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1910 <em>History of Anthropology<\/em>. London, Watts &amp; Co.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>HONIGMANN, J. J.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1976 <em>The Development of Anthropological Ideas<\/em>. Homewood, IIl., Dorsey Press.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>MALINOWSKI, B.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1916 \u00ab Baloma: The Spirits of the Dead in the Trobriand Islands \u00bb, <em>Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland<\/em>: 353-430.\u00a0<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>MALSON, L.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1964 <em>Les Enfants sauvages<\/em>. Paris, Union g\u00e9n\u00e9rale d\u2019\u00c9ditions (\u00ab 10\/18 \u00bb).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>MILBERT, M. J.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1812 <em>Voyage pittoresque \u00e0 l\u2019Ile de France, au Cap de Bonne-Esp\u00e9rance et \u00e0 l\u2018Ile de T\u00e9n\u00e9riffe<\/em>. Paris, 2 tomes.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>MOORE, F. G. T., ed.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1969 \u00ab Translator\u2019s Introduction \u00bb, in J.-M. DEG\u00c9RANDO, <em>The Observation of Savage Peoples<\/em>. London, Routledge &amp; Kegan Paul: I-58.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>MORAVIA, S.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1970 <em>La Scienza dell\u2019uomo nel settecento<\/em>. Roma, Laterza.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>P\u00c9R0N, F.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1807 <em>Voyage de d\u00e9couvertes aux Terres Australes<\/em>, I. Paris.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>P\u00c9RON, F. &amp; L. DE FREYCINET<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1816 <em>Voyage de d\u00e9couvertes aux Terres Australes<\/em>, II. Paris.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>QUATREFAGES, A. DE<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1867 <em>Rapport sur les progr\u00e8s de l\u2019anthropologie<\/em>. Paris.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>RIVERS, W. H. R.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1906 <em>The Todas<\/em>. London, Macmillan.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1913 \u00ab Anthropological Research outside America \u00bb, <em>Reports on the Present Conditions and Future Needs of the Science of Anthropology<\/em>. Washington.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>SCOTT, E.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1910 <em>Terre Napol\u00e9on<\/em>. London, Methuen.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>STOCKING, G. W.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1964 \u00ab French Anthropology in 1800, <em>Isis <\/em>LV (2), 180: 134-150.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>TOPINARD, P.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1876 \u00ab Anthropologie, ethnologie et ethnographie \u00bb, <em>Bulletins de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Anthropologie de Paris<\/em> II : 199-229.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>URRY, J.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1972 \u00ab The Development of Field Methods in British Anthropology, <em>Notes and Queries<\/em>: 45-57 (\u00ab Proceedings of the Royal Anthropological Institute \u00bb).<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>VERNE, J.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p>1880 <em>Les Grands navigateurs du XVIII<\/em><em><sup>e<\/sup><\/em><em> si\u00e8cle<\/em>. Paris.<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-125141\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/LHomme.png\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"260\" \/><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Aux origines de l\u2019anthropologie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>A paru dans <strong><i>L\u2019Homme, avr.-juin 1980, XX (2) : 91-98.<\/i><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00c0 propos de <em>Aux origines de l\u2019anthropologie fran\u00e7aise. Les M\u00e9moires de la Soci\u00e9t\u00e9 des Observateurs de l\u2019Homme en l\u2019an VIII<\/em>. Textes publi\u00e9s et pr\u00e9sent\u00e9s par Jean COPANS et [&hellip;]<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,6978],"tags":[4464,6237,7807,7814,7813,7812],"class_list":["post-126205","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anthropologie","category-australie","tag-anthropologie","tag-australie","tag-degerando","tag-francois-peron","tag-paul-broca","tag-societe-des-observateurs-de-lhomme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126205","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=126205"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126205\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":126215,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/126205\/revisions\/126215"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=126205"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=126205"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=126205"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}