{"id":126610,"date":"2021-02-08T20:10:17","date_gmt":"2021-02-08T19:10:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=126610"},"modified":"2021-02-08T20:10:17","modified_gmt":"2021-02-08T19:10:17","slug":"le-soir-un-processus-de-deuil-collectif-est-necessaire-pour-aller-de-lavant-le-8-fevrier-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/02\/08\/le-soir-un-processus-de-deuil-collectif-est-necessaire-pour-aller-de-lavant-le-8-fevrier-2021\/","title":{"rendered":"Le Soir, <b>Un processus de deuil collectif est n\u00e9cessaire pour aller de l\u2019avant<\/b>, le 8 f\u00e9vrier 2021"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-126611\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts-300x175.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"175\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts-300x175.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts-768x449.png 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts.png 802w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><a href=\"https:\/\/plus.lesoir.be\/353802\/article\/2021-02-08\/carte-blanche-un-processus-de-deuil-collectif-est-necessaire-pour-aller-de\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Il faut pleurer ses morts.<\/a><\/p>\n<div class=\"gr-infos-author\">\n<p class=\"gr-meta gr-meta-author\"><i class=\"fa fa-pencil\"><\/i>Par\u00a0un collectif de signataires*<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"required-fields gr-article-content\">\n<div class=\"dpipub-inread-grid-wrapper\">\n<p>La mort fait partie de la condition humaine, de la vie m\u00eame. Et un peu d\u2019oubli de cette condition est sans doute n\u00e9cessaire aux humains pour \u00eatre heureux. Mais un d\u00e9ni trop important est probl\u00e9matique, rend malheureux, peut tuer m\u00eame faute de reconna\u00eetre les risques. C\u2019est pourquoi nous avons besoin de rituels collectifs autour de la mort. Pour laisser les morts en paix et permettre aux vivants de retrouver le chemin du bonheur. Pour nous souvenir des risques et mieux les anticiper \u00e0 l\u2019avenir, ensemble.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Voici un an, le premier Belge \u00e9tait d\u00e9clar\u00e9 positif au coronavirus. D\u00e9but 2020, se d\u00e9clenchait la pand\u00e9mie de covid-19. Depuis lors, plus de 20.000 personnes sont mortes de cette maladie dans notre pays. Pr\u00e8s de 700.000 personnes ont \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9es. Quasiment tous, nous avons \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s, directement ou indirectement. Nous sommes contraints, et certains plus que d\u2019autres, \u00e0 subir le deuil, la maladie, l\u2019angoisse, de nombreuses restrictions de libert\u00e9, plusieurs confinements et l\u2019absence de certitudes quant \u00e0 l\u2019avenir.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"gr-ads-inread\" class=\"gr-ads-inread\"><\/div>\n<div class=\"dpipub-inread-grid-wrapper\">\n<p>Encore une fois dans cette nouvelle \u00e8re mondialis\u00e9e de l\u2019histoire, nous pouvons ressentir la destin\u00e9e commune de toute l\u2019Humanit\u00e9. Nous formons une m\u00eame esp\u00e8ce, confront\u00e9e \u00e0 une menace universelle. Partout dans le monde, \u00e0 cause de ce virus, on meurt, on souffre, on subit, on pleure, on d\u00e9prime, voire on d\u00e9sesp\u00e8re. La d\u00e9tresse est aussi morale, spirituelle, car l\u2019avenir est incertain, la foi, m\u00eame la\u00efque, dans l\u2019aventure humaine est \u00e9branl\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"gr-ads-inread\" class=\"gr-ads-inread\"><\/div>\n<div class=\"dpipub-inread-grid-wrapper\">\n<h2>Un deuil soci\u00e9tal<\/h2>\n<p>Mais les statistiques ne disent rien de notre v\u00e9cu. C\u2019est la personne humaine qui est touch\u00e9e au c\u0153ur. Le confinement mutile la joie de nos relations. Nombre d\u2019entre nous ont connu la trag\u00e9die de perdre un proche, un grand-parent, une m\u00e8re, un p\u00e8re, un.e coll\u00e8gue, un.e ami.e, une s\u0153ur, un fr\u00e8re, un enfant parfois. Des \u00e9lus priv\u00e9s de sommeil, des soignants priv\u00e9s de repos, des ind\u00e9pendants priv\u00e9s d\u2019activit\u00e9, des retrait\u00e9s priv\u00e9s de visites, des employ\u00e9s priv\u00e9s de contacts professionnels, des jeunes priv\u00e9s d\u2019amiti\u00e9s et d\u2019aventures, des couples priv\u00e9s d\u2019amour, des enfants priv\u00e9s d\u2019insouciance\u2026 Ce n\u2019est bien s\u00fbr pas la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire. Mais nous esp\u00e9rions que nos civilisations avaient d\u00e9pass\u00e9 les grands fl\u00e9aux du pass\u00e9. Peut-\u00eatre \u00e9tions-nous trop insouciants\u00a0? Car ce que nous vivons est bel et bien un fl\u00e9au historique, une grande privation collective, un v\u00e9ritable deuil soci\u00e9tal.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"gr-newsletter-inread\" class=\"\"><\/div>\n<div class=\"dpipub-inread-grid-wrapper\">\n<p>Toute l\u2019Humanit\u00e9 est confront\u00e9e \u00e0 une m\u00eame adversit\u00e9, malgr\u00e9 les privil\u00e8ges de certains. Le virus nous ram\u00e8ne \u00e0 notre commune condition mortelle et souffrante. On ne peut rester plus longtemps dans une certaine forme de d\u00e9ni, de non-dit subtil mais r\u00e9el, de ce grand deuil collectif. Nous avons besoin de passer par toutes ses \u00e9tapes, dont la premi\u00e8re est la reconnaissance publique de la r\u00e9alit\u00e9 de la perte.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2>Un rituel ancestral<\/h2>\n<p>Le rituel du deuil est une des premi\u00e8res traces anthropologiques de l\u2019Humanit\u00e9. D\u00e8s l\u2019aube de notre esp\u00e8ce, on enterre les morts avec d\u2019infinies pr\u00e9cautions, on d\u00e9duit des rituels \u00e9labor\u00e9s et on ne peut que ressentir que, d\u00e9j\u00e0, on pleure celui ou celle qui s\u2019en va. On peut dire sans erreur que ce qui fonde notre humanit\u00e9, ce qui nous rend humain, c\u2019est notre consid\u00e9ration pour le caract\u00e8re unique de l\u2019individu. Cela implique la reconnaissance de la perte irr\u00e9m\u00e9diable que constitue un d\u00e9c\u00e8s, pour le reste de la soci\u00e9t\u00e9. Nous sommes des \u00eatres de relation, de rituel et de r\u00e9cit collectifs. Le deuil collectif est n\u00e9cessaire pour maintenir soud\u00e9e une soci\u00e9t\u00e9, une tribu, une organisation, une famille, un couple, un pays.<\/p>\n<p>La trame soci\u00e9tale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9chir\u00e9e pendant de trop longs mois par le confinement, par l\u2019absence de pr\u00e9sence aux c\u00f4t\u00e9s des mourants et des souffrants, par la solitude, par la tristesse et l\u2019angoisse, par l\u2019oubli. De nombreux processus de deuils ont \u00e9t\u00e9 saccag\u00e9s par les circonstances, n\u2019ont m\u00eame pas commenc\u00e9. Autant de bombes \u00e0 retardement psychologiques, sociales et politiques. Certains pans de la soci\u00e9t\u00e9 courent le danger de se r\u00e9veiller m\u00e9connaissables, frustr\u00e9s, pleins de rancune.<\/p>\n<h2>Une coh\u00e9sion sociale n\u00e9cessaire<\/h2>\n<p>Jamais peut-\u00eatre dans l\u2019histoire moderne de la Belgique, y a-t-il eu autant de morts civils au cours d\u2019une seule ann\u00e9e. Il y a toujours eu des virus et des \u00e9pid\u00e9mies certes. Mais les pand\u00e9mies de caract\u00e8re mondial n\u2019ont \u00e9merg\u00e9 que depuis que nos soci\u00e9t\u00e9s sont mondialis\u00e9es. La fr\u00e9quence des pand\u00e9mies augmente depuis que nos interactions avec la faune et les virus sauvages sont devenues insoutenables. La vitesse des d\u00e9placements internationaux favorise la contamination internationale. Malgr\u00e9 des pronostics scientifiques tr\u00e8s pr\u00e9cis, nous avons \u00e9t\u00e9 pris au d\u00e9pourvu, d\u00e9sarm\u00e9s, d\u00e8s l\u2019entame de la pand\u00e9mie, et jouons encore perp\u00e9tuellement un coup en retard. La pand\u00e9mie de grippe espagnole de 1918 n\u2019a pas fait l\u2019objet de suffisamment de prise d\u2019acte \u00e0 l\u2019\u00e9poque, d\u2019\u00e9tudes scientifiques, de reconnaissance officielle, de c\u00e9r\u00e9monies de deuil nationales, ni de monuments alors qu\u2019elle a tu\u00e9 plus que la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Ce d\u00e9ni soci\u00e9tal s\u2019expliquait par la proximit\u00e9 de la guerre mais est f\u00e2cheux car la m\u00e9moire de nos populations n\u2019a pas suffisamment int\u00e9gr\u00e9 le risque pand\u00e9mique. On voit qu\u2019en Asie, des pays r\u00e9cemment frapp\u00e9s par d\u2019autres virus \u00e0 caract\u00e8re pand\u00e9mique ont pu d\u00e9ployer plus rapidement et mieux les contre-mesures pand\u00e9miques, avec davantage de coh\u00e9sion sociale. La m\u00e9moire collective, qui s\u2019incarne dans des institutions comme les universit\u00e9s, les administrations, les institutions sanitaires de lutte contre les virus et la cr\u00e9ation culturelle en g\u00e9n\u00e9ral, est ce qui permet aux soci\u00e9t\u00e9s de ne pas reproduire les m\u00eames erreurs et de ne pas se retrouver d\u00e9sarm\u00e9es face aux incertitudes et aux fl\u00e9aux. La m\u00e9moire soci\u00e9tale est un instrument de r\u00e9silience collective. Sans c\u00e9l\u00e9bration de deuil national, et sans construction, \u00e0 terme, par exemple, de monuments aux morts et aux victimes, sans cr\u00e9ation d\u2019institutions de veille, de d\u00e9tection, de pr\u00e9paration et de lutte contre les pand\u00e9mies, nous serons encore pris au d\u00e9pourvu lors des prochaines pand\u00e9mies, fortement probables.<\/p>\n<h2>Trouver le r\u00e9confort dans la solidarit\u00e9 nationale<\/h2>\n<p>Victimes comme les autres \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s, nous souhaiterions proposer une d\u00e9monstration nationale de solidarit\u00e9 envers ceux qui souffrent au sein de la population, en particulier les plus vuln\u00e9rables. C\u2019est pourquoi nous demandons aux chefs d\u2019ex\u00e9cutifs et d\u2019assembl\u00e9es du pays d\u2019examiner l\u2019opportunit\u00e9 de d\u00e9cr\u00e9ter une journ\u00e9e ou une semaine de deuil national pour les plus de 20.000 morts de la pand\u00e9mie. Ceci afin que notre soci\u00e9t\u00e9 puisse reconna\u00eetre et pleurer ceux qui sont partis, reconna\u00eetre et exprimer collectivement ses souffrances, trouver le r\u00e9confort dans la solidarit\u00e9 nationale, et r\u00e9cup\u00e9rer un peu d\u2019\u00e9nergie vitale afin de continuer \u00e0 lutter, ensemble, contre la pand\u00e9mie. Le deuil est une \u00e9tape n\u00e9cessaire pour nous permettre de tourner notre regard, avec d\u00e9termination, vers l\u2019avenir. Concr\u00e8tement, il s\u2019agit d\u2019organiser ce rituel de deuil national\u00a0: discours officiels, drapeaux en berne, appel aux citoyens \u00e0 allumer une bougie et afficher un drapeau en berne, minutes de silence dans les assembl\u00e9es, propositions de c\u00e9r\u00e9monies citoyennes de recueillement, o\u00f9 l\u2019on donne la parole aux victimes, en particulier les plus vuln\u00e9rables (dans le respect des r\u00e8gles actuelles, virtuellement si n\u00e9cessaire).<\/p>\n<p>Nous devons reconna\u00eetre ce qui nous arrive en tant que soci\u00e9t\u00e9, si nous voulons rester humains et du c\u00f4t\u00e9 de la vie. Il ne semble y avoir que de mauvaises raisons pour reporter davantage cette \u00e9tape de deuil indispensable pour la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h2>Ressusciter la convivialit\u00e9 nationale<\/h2>\n<p>Les rituels de deuil accompagnent la mort et la souffrance de la perte. D\u2019autres rituels c\u00e9l\u00e8brent la vie et la joie du vivre ensemble. C\u2019est pourquoi, et m\u00eame si cette perspective nous para\u00eet encore \u00e9loign\u00e9e, nous demandons \u00e9galement aux responsables politiques et de la soci\u00e9t\u00e9 civile de lancer, d\u00e8s que la situation sanitaire le permettra, des processus populaires pour recoudre le tissu soci\u00e9tal, des f\u00eates pour ressusciter la convivialit\u00e9 nationale, des dialogues pour r\u00e9tablir la confiance entre les citoyens et les \u00e9lus. Nous pourrions alors honorer les victimes dans une vraie chaleur humaine. Nous pourrions alors affirmer notre d\u00e9termination \u00e0 refaire ensemble soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 construire ensemble une existence plus heureuse, en meilleure sant\u00e9, plus juste, plus soutenable et plus prosp\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>*Signataires\u00a0:<\/strong>\u00a0<strong>Paul Blume<\/strong>, agent de la fonction publique retrait\u00e9, Observatoire de l\u2019Anthropoc\u00e8ne\u00a0; <strong>Gauthier Chapelle<\/strong>, auteur et chercheur in-Terre-d\u00e9pendant\u00a0; <strong>Philippe Defeyt<\/strong>, \u00e9conomiste (Institut pour un D\u00e9veloppement durable), ancien pr\u00e9sident du CPAS de Namur\u00a0; <strong>Linda Delory<\/strong>, formatrice en Ecopsychologie et Transition Int\u00e9rieure, facilitatrice de cercles de deuil\u00a0; <strong>Olivier De Schutter<\/strong>, juriste, rapporteur sp\u00e9cial de l\u2019ONU sur l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9 et les droits humains, professeur \u00e0 l\u2019UCLouvain\u00a0; <strong>Richard Duport<\/strong>, m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, Docs4Climate \u2013 Health for Future\u00a0; <strong>Isabelle Ferreras<\/strong>, pr\u00e9sidente de l\u2019Acad\u00e9mie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, professeure \u00e0 l\u2019UCLouvain\u00a0; <strong>Paul Jorion<\/strong>, anthropologue, sociologue, essayiste et psychanalyste, professeur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Catholique de Lille\u00a0; <strong>Marc Lemaire<\/strong>, entrepreneur, Coalition Kaya\u00a0; <strong>Corinne Mommen<\/strong>, animatrice \u00e0 Terr\u2019Eveille et Humus asbl\u00a0; <strong>Gabriel Ringlet<\/strong>, pr\u00eatre, \u00e9crivain, po\u00e8te et th\u00e9ologien, professeur \u00e9m\u00e9rite de l\u2019UCLouvain\u00a0; <strong>Maye Vandenbussche<\/strong>, m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, Centre de M\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale Tombu \u00e0 Bruxelles\u00a0; <strong>Jean-Pascal van Ypersel<\/strong>e, climatologue, ancien vice-pr\u00e9sident du GIEC, professeur \u00e0 l\u2019UCLouvain\u00a0; <strong>Vincent Wattelet<\/strong>, \u00e9copsychologue, Myc\u00e9lium et Terr\u2019Eveille\u00a0; <strong>Arnaud Zacharie<\/strong>, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Centre national de Coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement (CNCD).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-126611\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts-300x175.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"175\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts-300x175.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts-768x449.png 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Morts.png 802w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><a href=\"https:\/\/plus.lesoir.be\/353802\/article\/2021-02-08\/carte-blanche-un-processus-de-deuil-collectif-est-necessaire-pour-aller-de\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Il faut pleurer ses morts.<\/a><\/p>\n<div class=\"gr-infos-author\">\n<p class=\"gr-meta gr-meta-author\"><i class=\"fa fa-pencil\"><\/i>Par\u00a0un collectif de signataires*<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"required-fields gr-article-content\">\n<div class=\"dpipub-inread-grid-wrapper\">\n<p>La mort fait partie de la condition humaine, de la vie m\u00eame. 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