{"id":127601,"date":"2021-05-02T10:11:25","date_gmt":"2021-05-02T08:11:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=127601"},"modified":"2021-05-13T15:03:44","modified_gmt":"2021-05-13T13:03:44","slug":"philip-k-dick-le-prophete-qui-se-fit-passer-pour-romancier-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/05\/02\/philip-k-dick-le-prophete-qui-se-fit-passer-pour-romancier-i\/","title":{"rendered":"<b>Philip K. Dick : le proph\u00e8te qui se fit passer pour romancier (I)<\/b>"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/01\/28\/journee-detude-science-fiction-religion-theologie-predestination-et-futurs-contingents-chez-philip-k-dick-le-21-avril-2021\/ubik\/\" rel=\"attachment wp-att-126463\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-126463\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Ubik-187x300.png\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Ubik-187x300.png 187w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Ubik.png 311w\" sizes=\"auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p1\">En deux parties.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">Lorsqu\u2019ils assist\u00e8rent le 24 septembre 1977 \u00e0 une conf\u00e9rence qui deviendrait fameuse, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Si vous jugez ce monde mauvais, vous devriez voir certains des autres\u00a0\u00bb (1995 : 233-258), les auditeurs pr\u00e9sents dans une salle comble de l\u2019h\u00f4tel de ville de Metz imaginaient entendre un auteur de science-fiction \u00e9voquer ses livres. Au lieu de cela, ils furent confront\u00e9s \u00e0 un gourou leur expliquant ce que J\u00e9sus de Nazareth entendait dire quand il avait affirm\u00e9 : \u00ab\u00a0Mon royaume n\u2019est pas de ce monde\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir qu\u2019il existe un monde parall\u00e8le au n\u00f4tre o\u00f9 nous pouvons rejoindre Dieu par un simple glissement lat\u00e9ral, \u00e0 condition bien s\u00fbr que nous en exprimions le d\u00e9sir, et que Dieu r\u00e9ponde \u00e0 notre souhait par un geste charitable de sa part. Il n\u2019y avait en ce temps-l\u00e0 que les initi\u00e9s \u00e0 conna\u00eetre Philip Kindred Dick (1928-1982), peut-\u00eatre le plus fameux aujourd\u2019hui des auteurs de science-fiction, mais f\u00eat\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque par les seuls aficionados de ce genre litt\u00e9raire.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p class=\"p1\">Dick ne conna\u00eetrait la gloire aupr\u00e8s des jeunes de 7 \u00e0 77 ans qu\u2019\u00e0 titre posthume, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019adaptation au cin\u00e9ma de ses nouvelles et de ses romans, souvent par les plus r\u00e9put\u00e9s des metteurs en sc\u00e8ne : \u00ab\u00a0Blade Runner\u00a0\u00bb de Ridley Scott sorti peu de temps apr\u00e8s la mort de Dick en 1982, mais dont celui-ci eut encore l\u2019occasion de voir des <i>rushes<\/i>, puis \u00ab\u00a0Total Recall\u00a0\u00bb de Paul Verhoeven en 1990, \u00ab\u00a0Minority Report\u00a0\u00bb de Steve Spielberg en 2002, \u00ab\u00a0A Scanner Darkly\u00a0\u00bb de Richard Linklater en 2006, et d\u2019autres encore.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le statut d\u2019auteur de science-fiction n\u2019\u00e9tait pas pour autant v\u00e9ritablement au go\u00fbt de Philip K. Dick : il lui \u00e9tait douloureux que les manuscrits de ses romans de facture classique soient rejet\u00e9s par les maisons d\u2019\u00e9dition. Il consacrait les p\u00e9riodes de stabilit\u00e9 relative de sa vie, le plus souvent les premi\u00e8res ann\u00e9es de ses mariages successifs, dont il eut cinq, \u00e0 la r\u00e9daction de fictions dont une seule fut publi\u00e9e de son vivant : <i>The Confessions of a Crap Artist<\/i>, r\u00e9dig\u00e9 en 1959, et finalement publi\u00e9 en 1975 ; port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran par J\u00e9r\u00f4me Boivin en 1992, sous le titre de <i>Confessions d\u2019un barjo<\/i>.<\/p>\n<p class=\"p1\">Dans sa conf\u00e9rence de Metz en 1977, Philip K. Dick, d\u00e9clara entre autres ceci : \u00ab\u00a0Une fois que l\u2019id\u00e9e a \u00e9merg\u00e9, ou est apparue, ou est n\u00e9e &#8211; quelle que soit la mani\u00e8re dont de nouvelles id\u00e9es viennent \u00e0 exister &#8211; le romancier se dit : \u2018Mais oui, comment ne me suis-je pas rendu compte de cela il y a bien des ann\u00e9es ?\u2019 Vous aurez not\u00e9 l\u2019expression \u2018se rendre compte\u2019. C\u2019est le concept-cl\u00e9. L\u2019auteur est tomb\u00e9 sur quelque chose de neuf qui, tout ce temps, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 quelque part. En v\u00e9rit\u00e9, l\u2019id\u00e9e a simplement fait surface. <i>C\u2019\u00e9tait<\/i>, de toute \u00e9ternit\u00e9. Il ne l\u2019a pas invent\u00e9e, ni m\u00eame d\u00e9couverte ; dans un sens tr\u00e8s r\u00e9el, c\u2019est elle qui l\u2019a trouv\u00e9 <i>lui <\/i>[\u2026] il ne l\u2019a pas invent\u00e9e, tout au contraire : <i>cela<\/i> l\u2019a invent\u00e9 <i>lui<\/i>. C\u2019est comme si l\u2019id\u00e9e l\u2019avait cr\u00e9\u00e9 en vue d\u2019atteindre ses propres objectifs\u00a0\u00bb (1995 : 233). Et il pr\u00e9ciserait quelques minutes plus tard : \u00ab Il arrive que l\u2019auteur de fiction \u00e9crive davantage que ce qu\u2019il sait consciemment\u00a0\u00bb (ibid. 244).<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Nombreux ont \u00e9t\u00e9 les auteurs avant Dick pour exprimer ce sentiment de l\u2019\u00e9crivain agi par une puissance externe ayant pris possession de lui et l\u2019ayant utilis\u00e9 comme un truchement, comme un simple instrument. Un ami \u00e0 moi avait publi\u00e9 un livre devenu le point focal d\u2019une controverse agitant l\u2019opinion. Pour me remercier de l\u2019avoir appel\u00e9 \u00ab\u00a0au bon moment\u00a0\u00bb, m\u2019avait-il dit : celui o\u00f9 son d\u00e9couragement \u00e9tait \u00e0 son comble, il m\u2019avait invit\u00e9 \u00e0 d\u00eener et c\u2019est durant ce repas qu\u2019il m\u2019avait confi\u00e9 : \u00ab\u00a0Ce livre, tu sais, ce n\u2019est pas moi qui l\u2019ai \u00e9crit : c\u2019est mon lignage qui m\u2019a tenu la main et a guid\u00e9 ma plume\u00a0\u00bb. Je comprenais ce qu\u2019il me disait, comme je comprends ce que Dick voulait dire quand il affirmait que c\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0comme si l\u2019id\u00e9e l\u2019avait cr\u00e9\u00e9 en vue d\u2019atteindre ses propres objectifs\u00a0\u00bb. Il m\u2019est arriv\u00e9 moi aussi de me dire : \u00ab\u00a0Toutes tes \u00e9critures n\u2019auront servi qu\u2019\u00e0 une seule chose : mettre \u00e0 jour quelques points ici et l\u00e0 chez Aristote. Guider la main d\u2019Aristote et la tienne propre ensuite (pour quelques codicilles \u00e0 son texte), rel\u00e8ve d\u2019un seul et m\u00eame projet, manifestation de quelque principe ind\u00e9chiffrable\u00a0\u00bb<span class=\"s1\">.<\/span><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Mais une explication plus exactement circonscrite fut offerte par Dick au cours de cette conf\u00e9rence sur qui pr\u00e9cis\u00e9ment est en train d\u2019\u00e9crire quand il \u00e9crit et pourquoi il \u00e9crit, laquelle \u00e9tait davantage surprenante : \u00ab\u00a0Le mieux que je puisse faire [\u2026] est de jouer le r\u00f4le de proph\u00e8te, de ces anciens proph\u00e8tes, et d\u2019oracle comme la sibylle de Delphes\u2026\u00a0\u00bb (1995 : 256-257). Et il ajouterait en une autre occasion : \u00ab\u00a0Je suis engag\u00e9 dans l\u2019une des plus importantes qu\u00eates qu\u2019un humain puisse entreprendre : rien moins qu\u2019une mise \u00e0 jour du concept de la divinit\u00e9\u00a0\u00bb (BBC 1994). Un commentaire que l\u2019on rapprochera de la proclamation ultime d\u2019<i>Ubik<\/i>, la divinit\u00e9 \u00e0 la man\u0153uvre en coulisse dans le roman \u00e9ponyme (1969), apr\u00e8s qu\u2019au fil du roman elle s\u2019est fait passer d\u2019abord pour un soda, une marque de caf\u00e9, un d\u00e9odorant, un plat pr\u00e9par\u00e9, un condiment, un produit d\u2019entretien, et ainsi de suite : \u00ab\u00a0Je suis Ubik. Avant que l&rsquo;univers ne soit, je suis. J&rsquo;ai fait les soleils. J&rsquo;ai fait les mondes. J&rsquo;ai cr\u00e9\u00e9 les vies et les lieux qu&rsquo;elles habitent ; je les d\u00e9place ici ; je les mets l\u00e0. Elles vont comme je dis, elles font ce que je leur dis. Je suis le verbe et mon nom n&rsquo;est jamais prononc\u00e9, le nom que personne ne conna\u00eet. On m&rsquo;appelle Ubik, mais ce n&rsquo;est pas mon nom. Je suis. Je serai toujours\u00a0\u00bb (Dick [1969] 1991 : 215).<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>\u00ab\u00a0Mon r\u00f4le est celui de proph\u00e8te\u00a0\u00bb, la chose passa inaper\u00e7ue \u00e0 Metz, m\u00eame si la conf\u00e9rence tout enti\u00e8re progressait in\u00e9luctablement vers l\u2019aveu d\u2019un tel cr\u00e9do. Il ne s\u2019agissait pas l\u00e0 d\u2019une m\u00e9taphore : Dick se situait comme un proph\u00e8te dont la mission est celle de porte-parole de son dieu et, en \u00e9crivant de la science-fiction, il s\u2019acquittait d\u2019un devoir. Toutefois, pr\u00e9cision essentielle de sa part : il ne s\u2019agissait dans ses textes ni de science, ni de fiction : les r\u00e9cits qu\u2019il couchait sur le papier \u00e9taient ceux d\u2019aventures qu\u2019il avait v\u00e9cues, dans des mondes parall\u00e8les.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019histoire a retenu cette affirmation qu\u2019il ne s\u2019agissait pas de fiction selon lui,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>et en a tir\u00e9 la conclusion que le malheureux \u00e9tait fou, et que ce qu\u2019il d\u00e9cr\u00e9tait avoir \u00e9t\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements v\u00e9cus par lui avaient \u00e9t\u00e9 autant d\u2019hallucinations. Pas \u00e9tonnant du coup que sa profession de foi \u00e0 l\u2019\u00e9poque, qu\u2019il \u00e9tait proph\u00e8te, ne fut pas rejet\u00e9e mais pas m\u00eame relev\u00e9e, pas m\u00eame entendue.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Mais bien d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments sont l\u00e0, faisant douter du bien-fond\u00e9 du diagnostic de \u00ab\u00a0fou\u00a0\u00bb port\u00e9 sur Dick, et en particulier sa propre \u00e9valuation d\u2019un tel diagnostic. Mais il faut pour cela, op\u00e9rer un d\u00e9tour.<\/p>\n<p class=\"p3\">Alors que les textes de Dick qualifi\u00e9s de \u00ab\u00a0science-fiction\u00a0\u00bb se d\u00e9roulent dans un futur situ\u00e9 le plus souvent \u00e0 une trentaine d\u2019ann\u00e9es de distance, plusieurs de ses r\u00e9cits se passent en ce moment-m\u00eame, et m\u00e9ritent \u00e0 plus juste titre que le label de \u00ab\u00a0science-fiction\u00a0\u00bb, celui de \u00ab\u00a0th\u00e9ologie-fiction\u00a0\u00bb. C\u2019est le cas en particulier de \u00ab\u00a0VALIS\u00a0\u00bb (1981) et de \u00ab\u00a0The Transmigration of Timothy Archer\u00a0\u00bb (1982), deux ouvrages o\u00f9 il n\u2019est question en fait que de th\u00e9ologie, un label que l\u2019auteur revendiquait puisque Dick \u00e9crivait en ce sens dans <i>VALIS<\/i> : \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9poque de la drogue \u00e9tait r\u00e9volue, et chacun s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9 un r\u00f4le dans une nouvelle obsession. Pour nous, cette nouvelle obsession, gr\u00e2ce \u00e0 [Philip K. Dick], \u00e9tait la th\u00e9ologie\u00a0\u00bb (Dick [1981] 1991 : 29).<\/p>\n<p class=\"p3\">J\u2019ai mis \u00ab\u00a0Philip K. Dick\u00a0\u00bb entre crochets car dans <i>VALIS<\/i>, l\u2019auteur se met en sc\u00e8ne sous le pseudonyme constitu\u00e9 d\u2019une traduction humoristique de son nom : \u00ab\u00a0Horselover Fat\u00a0\u00bb, soit \u00ab\u00a0Ami-des-chevaux Gros\u00a0\u00bb. Ami des chevaux \u00e9tant l\u2019\u00e9tymologie du nom grec Philippe (<i>phil<\/i> &#8211; <i>hippos<\/i>), tandis que gros est la traduction de l\u2019allemand \u00ab\u00a0dick\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\"><i>VALIS <\/i>est l\u2019acronyme de \u00ab\u00a0Vast Active Living Intelligence System\u00a0\u00bb : vaste syst\u00e8me actif d\u2019intelligence vivante, <\/span>un ouvrage o\u00f9 Dick se met doublement en sc\u00e8ne : une premi\u00e8re fois en tant que Philip K. Dick, narrateur de l\u2019ouvrage, et une seconde fois en tant que ce personnage de roman affubl\u00e9 du nom cocasse de Horselover Fat. Il est \u00e9crit en page 11 : \u00ab\u00a0Je suis Horselover Fat, et j\u2019\u00e9cris ceci \u00e0 la troisi\u00e8me personne pour parvenir \u00e0 une objectivit\u00e9 bien n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"p1\">Particularit\u00e9 tout \u00e0 fait remarquable de cet ouvrage : la dissociation extr\u00eame que nous observons entre ces deux personnages : le Philip K. Dick narrateur \u00e9voquant en troisi\u00e8me personne le Philip K. Dick personnage central du roman.<\/p>\n<p class=\"p1\">Ainsi, les faits et gestes, d\u2019une part, les fa\u00e7ons de penser, d\u2019autre part, de Horselover Fat rapport\u00e9s dans <i>VALIS<\/i> refl\u00e8tent fid\u00e8lement ce que l\u2019on sait par les t\u00e9moignages d\u2019\u00e9poque de la mani\u00e8re dont Dick se comportait quand il r\u00e9digeait ce livre en 1978, \u00e0 savoir comme un malade mental affirmant recevoir des instructions d\u2019origine c\u00e9leste par le biais de faisceaux lumineux roses, et convaincu d\u2019avoir v\u00e9cu quatre ans auparavant une double exp\u00e9rience simultan\u00e9e d\u2019auteur vivant en Californie et de martyr chr\u00e9tien des premiers temps (il affirmait ainsi avoir v\u00e9cu, comme \u00e9tant la sienne propre, la d\u00e9capitation de Jean-Baptiste).<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Mais en contrepoint de ce Horselover Fat, nous avons affaire \u00e0 un narrateur qui \u00e9voque ce personnage d\u2019un ton goguenard et souvent avec condescendance, comme un fou pr\u00eat \u00e0 attribuer \u00e0 des \u00e9pisodes banals de la vie quotidienne, une signification mystique au sein d\u2019une chronologie apocalyptique de r\u00e9alisation prochaine du royaume de Dieu sur terre, un bouffon ayant essentiellement besoin d\u2019aide. Il est ainsi \u00e9crit en page 17 de <i>VALIS<\/i> : \u00ab\u00a0Horselover Fat glissait par degr\u00e9s dans la folie. J\u2019aurais souhait\u00e9 pouvoir l\u2019aider\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">L\u2019explication que donne Dick de la folie de son alter ego Horselover Fat est la d\u00e9ch\u00e9ance qu\u2019a entra\u00een\u00e9e une addiction \u00e0 la drogue sur un nombre prolong\u00e9 d\u2019ann\u00e9es. Le narrateur \u00e9crit ainsi : \u00ab\u00a0Une question \u00e0 laquelle nous avons d\u00fb apprendre \u00e0 faire face pendant la d\u00e9cennie de la drogue \u00e9tait : \u00ab\u00a0Comment annoncer \u00e0 quelqu&rsquo;un que son cerveau est grill\u00e9 ?\u00a0\u00bb La question \u00e9tait maintenant pass\u00e9e dans le monde th\u00e9ologique de Horselover Fat comme un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre par nous, ses amis. Il aurait \u00e9t\u00e9 simple de relier les deux dans le cas de Fat : la drogue qu&rsquo;il a consomm\u00e9e pendant les ann\u00e9es 60 lui a cram\u00e9 la t\u00eate dans les ann\u00e9es 70\u00a0\u00bb (Dick [1981] 1991 : 31).<\/p>\n<p>(\u00e0 suivre&#8230;)<\/p>\n<p class=\"p1\"><b>R\u00e9f\u00e9rences<\/b> :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Philip K. Dick, <i>Ubik<\/i> [1969], New York : Vintage Books 1991<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Philip K. Dick, <i>VALIS<\/i> [1981], New York : Vintage Books 1991<\/p>\n<p class=\"p1\">Philip K. Dick, <i>The Transmigration of Timothy Archer<\/i> [1982], New York : Vintage Books 1991<\/p>\n<p class=\"p1\">Philip K. Dick, \u00ab\u00a0If You Find This World Bad, You Should See Some of the Others\u00a0\u00bb, Conf\u00e9rence de Metz 1977<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=strchomt5nc\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=strchomt5nc<\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">In <i>The Shifting Realities of Philip K. Dick<\/i>, New York : Vintage Books 1995, pp. 233-258<\/p>\n<p class=\"p1\"><i>Philip K Dick: A Day In The Afterlife, Documentary about the author, Philip K. Dick<\/i>, BBC Arena 1994<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/01\/28\/journee-detude-science-fiction-religion-theologie-predestination-et-futurs-contingents-chez-philip-k-dick-le-21-avril-2021\/ubik\/\" rel=\"attachment wp-att-126463\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-126463\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Ubik-187x300.png\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Ubik-187x300.png 187w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Ubik.png 311w\" sizes=\"auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p1\">En deux parties.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p1\">Lorsqu\u2019ils assist\u00e8rent le 24 septembre 1977 \u00e0 une conf\u00e9rence qui deviendrait fameuse, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Si vous jugez ce monde mauvais, vous devriez voir certains des autres\u00a0\u00bb (1995 : 233-258), les auditeurs pr\u00e9sents dans une salle comble de l\u2019h\u00f4tel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[11,14,5346],"tags":[6830,3425,7659,3868,8115,5670,6565,8062,8065],"class_list":["post-127601","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature","category-science-fiction","category-theologie","tag-drogues","tag-philip-k-dick","tag-prophetes","tag-psychiatrie","tag-schizophrenie","tag-science-fiction","tag-theologie","tag-ubik","tag-valis"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=127601"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127601\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":127611,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127601\/revisions\/127611"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=127601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=127601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=127601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}