{"id":127753,"date":"2021-05-13T18:28:44","date_gmt":"2021-05-13T16:28:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=127753"},"modified":"2021-05-18T09:43:59","modified_gmt":"2021-05-18T07:43:59","slug":"apres-antonioni-godard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/05\/13\/apres-antonioni-godard\/","title":{"rendered":"<b>Apr\u00e8s Antonioni, Godard<\/b>"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/05\/13\/apres-antonioni-godard\/wiazemsky-1\/\" rel=\"attachment wp-att-127768\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Wiazemsky-1-300x225.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" class=\"alignleft size-medium wp-image-127768\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Wiazemsky-1-300x225.jpeg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Wiazemsky-1.jpeg 334w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Apr\u00e8s avoir revu \u00e0 la suite, tous les Antonioni (vous m&rsquo;avez vu mettre en ligne quelques vignettes : <a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/04\/20\/des-gouts-et-des-couleurs\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Des go\u00fbts et des couleurs<\/a>, et <a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/05\/11\/lhomme-qui-dit-les-femmes-sont-comme-ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L&rsquo;homme qui dit : \u00ab\u00a0Les femmes sont comme \u00e7a\u00a0\u00bb<\/a>), je suis pass\u00e9 \u00e0 Godard, du moins celui des ann\u00e9es soixante.<\/p>\n<p>Je les regarde dans un ordre arbitraire ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l&rsquo;ordre que me sugg\u00e8re l&rsquo;envie de les regarder. Lequel refl\u00e8te sans doute le plaisir que j&rsquo;ai eu \u00e0 les voir au moment de leur sortie.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on excepte \u00ab\u00a0Deux ou trois choses que je sais d&rsquo;elle\u00a0\u00bb (1966), que j&rsquo;ai revu il y a un an, au moment o\u00f9 j&rsquo;ai interview\u00e9 Marina Vlady, je viens de revoir ces jours derniers, \u00ab\u00a0Week-end\u00a0\u00bb (1967), \u00ab\u00a0Pierrot le fou\u00a0\u00bb (1965), \u00ab\u00a0Masculin f\u00e9minin\u00a0\u00bb (1966) et \u00ab\u00a0La Chinoise\u00a0\u00bb (1967).<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Quelques mots sur chacun d&rsquo;eux, cette fois dans l&rsquo;ordre chronologique.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Pierrot le fou\u00a0\u00bb<\/strong> (1965)<\/p>\n<p>Dans la vraie vie, Anna Karina et Godard se sont quitt\u00e9s et ils divorcent. Il lui d\u00e9die un monument en couleurs et en CinemaScope. Elle chante des chansons de Cyrus Bassiak (Serge Rezvani) : \u00ab\u00a0Ma ligne de chance\u00a0\u00bb (il le fut en effet pour elle) et \u00ab\u00a0Jamais je ne t&rsquo;ai dit que je t&rsquo;aimerais toujours, \u00f4 mon amour\u00a0\u00bb (h\u00e9las !). Et pendant qu&rsquo;elle chante, Belmondo virevolte et danse et tombe, plusieurs fois, de tr\u00e8s haut (le pauvre). Comme souvent chez Godard, il n&rsquo;y a pas vraiment d&rsquo;histoire mais on s&rsquo;en fiche : on est l\u00e0 pour les splendides images (de Raoul Coutard) et les collages de citations (plus ou moins bien amen\u00e9es, ou carr\u00e9ment sur des cartons). Quoi qu&rsquo;il en soit, on y comprend suffisamment pour savoir qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une femme perfide (ouch !), qui vous donne l&rsquo;envie quand elle vous quitte de mettre fin \u00e0 tout \u00e7a, \u00e0 la dynamite (boum !).<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Deux ou trois choses que je sais d&rsquo;elle\u00a0\u00bb<\/strong> (1966)<\/p>\n<p>Les <em>occasionnelles<\/em>, pouss\u00e9es par la faim, un grand th\u00e8me chez Godard. Signal\u00e9 aussi dans \u00ab\u00a0Masculin f\u00e9minin\u00a0\u00bb. Et il en reparle dans \u00ab\u00a0La Chinoise\u00a0\u00bb. \u00c7a lui fait mal dans sa chair. C&rsquo;est clair.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Masculin f\u00e9minin\u00a0\u00bb<\/strong> (1966)<\/p>\n<p>Ayant entrouvert la porte de la r\u00e9daction de \u00ab\u00a0Mademoiselle \u00c2ge tendre\u00a0\u00bb, Godard d\u00e9couvre les y\u00e9y\u00e9s. Il est \u00e0 la fois fascin\u00e9 parce qu&rsquo;ils sont tout beaux, tout neufs sortis de l&rsquo;\u0153uf, et constern\u00e9, parce qu&rsquo;ils sont cons : \u00ab\u00a0Mademoiselle 19 ans\u00a0\u00bb qui dit que \u00ab\u00a0r\u00e9actionnaire\u00a0\u00bb, c&rsquo;est bien parce qu'\u00a0\u00bbil faut r\u00e9agir\u00a0\u00bb. La malheureuse est immortalis\u00e9e \u00e0 jamais pour avoir \u00e9t\u00e9 dans un film de Godard, mais dans le r\u00f4le de l&rsquo;incarnation ultime de la fille godiche.<\/p>\n<p>C&rsquo;est lui, Jean-Luc, qui a r\u00e9dig\u00e9 dit-on la moindre ligne de ce film, ce qui souligne son talent magnifique de cam\u00e9l\u00e9on : penser (si l&rsquo;on peut dire) comme un y\u00e9y\u00e9 et parler comme un y\u00e9y\u00e9, sans cesser d&rsquo;\u00eatre Godard !<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"aligncenter\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/p4WPp5Wt0Qk\" width=\"700\" height=\"500\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire est de Guy de Maupassant (\u00ab\u00a0La Femme de Paul\u00a0\u00bb) : un jeune homme candide (Jean-Pierre L\u00e9aud) qui ne devine pas, alors m\u00eame qu&rsquo;il partage leur lit, que ses copines (Chantal Goya et Marl\u00e8ne Jobert &#8211; dans son premier r\u00f4le) s&rsquo;int\u00e9ressent davantage l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre qu&rsquo;\u00e0 lui (d&rsquo;o\u00f9 le petit man\u00e8ge des places \u00e9chang\u00e9es au cin\u00e9ma). Il en meurt, c&rsquo;est la vie. Mais une fois de plus, \u00e0 la limite, on s&rsquo;en fiche, parce qu&rsquo;on n&rsquo;est pas l\u00e0 pour apprendre \u00e0 devenir moraliste, mais pour voir un film de Godard !<\/p>\n<p>(Lequel s&rsquo;offre au passage la g\u00e2terie un peu sadique de montrer\u00a0Jean-Pierre L\u00e9aud juger nul le d\u00e9calque d&rsquo;un film de Bergman, alors que les minettes y\u00e9y\u00e9s, de leur c\u00f4t\u00e9, trouvent cela \u00ab\u00a0int\u00e9ressant\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>N.B. <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Willy_Kurant\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">Willy Kurant<\/a>, directeur de la photographie de \u00ab\u00a0Masculin f\u00e9minin\u00a0\u00bb est mort le 1<sup>er<\/sup> de ce mois.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0La Chinoise\u00a0\u00bb<\/strong> (1967)<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas que les y\u00e9y\u00e9s heureusement : il y aussi les jeunes qui pensent. Seul souci : ce qu&rsquo;ils pensent, c&rsquo;est parfois vraiment n&rsquo;importe quoi. Et Francis Jeanson, vrai philosophe ayant \u00e9t\u00e9 plong\u00e9 dans la pratique de l&rsquo;histoire en train de se faire, est charg\u00e9 de ramener sur terre Anne Wiazemsky, fille de banquiers, comme elle l&rsquo;admet, et qui se perd un peu dans les arcanes du mao\u00efsme militant et assassine le locataire du 32 au lieu du 23. Pour Juliet Berto, fille d&rsquo;ouvriers, la R\u00e9volution, ce n&rsquo;est pas un pur fruit de l&rsquo;imagination : elle y colle de beaucoup plus pr\u00e8s. <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Omar_Blondin_Diop\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Omar Blondin Diop<\/a> mourra lui dans la vraie vie pour ses id\u00e9es marxistes-l\u00e9ninistes &#8211; bien vu, Godard\u00a0! Quant au nihiliste russe (le Hollandais Lex de Bruijn &#8211; qu&rsquo;est-il devenu\u00a0?), parfaitement dans la ligne, il n&rsquo;est pas s\u00fbr de saisir la diff\u00e9rence entre assassiner un ennemi du peuple, et s&rsquo;assassiner lui-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Week-end\u00a0\u00bb<\/strong> (1967)<\/p>\n<p>Ah ! Vous avez fait de moi un \u00ab\u00a0grand r\u00e9alisateur\u00a0\u00bb ! Je vais vous montrer : je vais faire bouffer Jean Yanne par son \u00e9pouse Mireille Darc ayant ralli\u00e9 les rangs du Front de Lib\u00e9ration de la Seine-et-Oise ! Ce qui fut fait.<\/p>\n<p>Avec au passage, le plus beau travelling de l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma &#8211; ex-aequo avec la sc\u00e8ne finale de <em>Profession\u00a0: Reporter<\/em> (1975) d&rsquo;Antonioni.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"aligncenter\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/BySdtZWDCwI\" width=\"700\" height=\"400\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><span data-mce-type=\"bookmark\" style=\"display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;\" class=\"mce_SELRES_start\">\ufeff<\/span><\/iframe><\/p>\n<p>(\u00c0 suivre&#8230;)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/05\/13\/apres-antonioni-godard\/wiazemsky-1\/\" rel=\"attachment wp-att-127768\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Wiazemsky-1-300x225.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" class=\"alignleft size-medium wp-image-127768\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Wiazemsky-1-300x225.jpeg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Wiazemsky-1.jpeg 334w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Apr\u00e8s avoir revu \u00e0 la suite, tous les Antonioni (vous m&rsquo;avez vu mettre en ligne quelques vignettes : <a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/04\/20\/des-gouts-et-des-couleurs\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Des go\u00fbts et des couleurs<\/a>, et <a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/05\/11\/lhomme-qui-dit-les-femmes-sont-comme-ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L&rsquo;homme qui dit : \u00ab\u00a0Les femmes sont comme \u00e7a\u00a0\u00bb<\/a>), je suis pass\u00e9 \u00e0 Godard, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[4489,7077,4454,6840],"tags":[8144,8152,856,6930,2884,8145,8149,8143,8147,8088,8150,8151,8124,8148,8146],"class_list":["post-127753","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chine","category-cinema","category-france","category-marxisme","tag-chantal-goya","tag-deux-ou-trois-choses-que-je-sais-delle","tag-jean-yanne","tag-jean-luc-godard","tag-jean-pierre-leaud","tag-la-chinoise","tag-lex-de-bruijn","tag-marlene-jobert","tag-masculin-feminin","tag-michelangelo-antonioni","tag-mireille-darc","tag-omar-blondin-diop","tag-pierrot-le-fou","tag-profession-reporter","tag-week-end"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127753","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=127753"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127753\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":127782,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127753\/revisions\/127782"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=127753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=127753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=127753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}