{"id":12779,"date":"2010-06-10T19:02:56","date_gmt":"2010-06-10T17:02:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=12779"},"modified":"2013-01-02T18:00:58","modified_gmt":"2013-01-02T17:00:58","slug":"lactualite-de-la-crise-ils-sont-leurs-meilleurs-ennemis-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/06\/10\/lactualite-de-la-crise-ils-sont-leurs-meilleurs-ennemis-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: ils sont leurs meilleurs ennemis, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>ILS SONT LEURS MEILLEURS ENNEMIS<\/strong><\/p>\n<p>Encore confin\u00e9 dans les coulisses de la finance, alors que la dette publique tient le devant de la sc\u00e8ne, un autre terrible drame se joue actuellement, sur le mod\u00e8le de ces romans-feuilletons qui ont connu leur heure de gloire au XIXe si\u00e8cle. Ses \u00e9pisodes ne se contentant pas de se succ\u00e9der les uns aux autres, mais s\u2019empilant dans le d\u00e9sordre, sans que les pr\u00e9c\u00e9dents aient pu conna\u00eetre leur d\u00e9nouement. <\/p>\n<p>Les acteurs de ce drame masqu\u00e9 sont encore une fois les banques, et son d\u00e9cor d\u00e9j\u00e0 plant\u00e9 le march\u00e9 obligataire. Mais celui-ci d\u00e9gage de nouvelles perspectives. De nombreux \u00e9metteurs &#8211; Etats, entreprises et \u00e9tablissements financiers &#8211; font appel \u00e0 <i>des march\u00e9s<\/i> qui, malgr\u00e9 le pluriel dont ils sont en g\u00e9n\u00e9ral affubl\u00e9s, ne font qu\u2019un. Tous les \u00e9metteurs y faisant appel simultan\u00e9ment, ses diff\u00e9rents secteurs communiquent entre eux et se contaminent mutuellement. Ainsi, la hausse des taux de la dette souveraine se propage facilement sur ceux auxquels les entreprises et \u00e9tablissements financiers des m\u00eames pays sont assujettis.<\/p>\n<p><!--more-->Quel nouvel \u00e9pisode d\u00e9couvrons-nous\u00a0? A la disette \u00e0 laquelle la dette souveraine est promise, et les grandes entreprises sont d\u00e9j\u00e0 soumises, vient s\u2019ajouter un troisi\u00e8me volet : les banques rencontrent \u00e0 leur tour des difficult\u00e9s grandissantes \u00e0 se financer. <\/p>\n<p>Les tensions sur le march\u00e9-interbancaire &#8211; financement \u00e0 court terme &#8211; sont venues souligner la d\u00e9fiance qu\u2019elles se manifestaient entre elles. D\u2019autres signaux sont apparus. Le march\u00e9 obligataire <i>classique<\/i> ne r\u00e9pondant plus que partiellement \u00e0 leurs besoins, elles ont du se tourner vers celui des <i>covered bonds<\/i>, les obligations s\u00e9curis\u00e9es. <\/p>\n<p>140 milliards d\u2019euros ont \u00e9t\u00e9 lev\u00e9s sur ce march\u00e9 en pleine expansion, soit \u00e0 mi-parcours de l\u2019ann\u00e9e les deux-tiers du montant total de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. La BCE ayant ouvert la voie en lan\u00e7ant un programme d\u2019achat aux banques de 60 milliards d\u2019euros de ces titres, qui va se terminer \u00e0 la fin du mois. <\/p>\n<p>Les banques trouvent ainsi des fonds qu\u2019elles ne parviennent que difficilement \u00e0 lever autrement. M\u00eame si elles ne b\u00e9n\u00e9ficient pas toutes, il s\u2019en faut, du m\u00eame traitement. La raison en est que ces obligations sont donc s\u00e9curis\u00e9es, moins risqu\u00e9es, et que les investisseurs les pr\u00e9f\u00e8rent. Mais la <i>profondeur<\/i> de ce march\u00e9 (la demande qu&rsquo;il peut satisfaire) n\u2019est pas connue, ce qui alimente l\u2019inqui\u00e9tude ambiante. La phase actuelle est encore de test. <\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, les banques, vivement pri\u00e9es par les r\u00e9gulateurs d\u2019allonger la maturit\u00e9 de leurs emprunts dont la proportion \u00e0 court terme n&rsquo;a cess\u00e9 de cro\u00eetre, afin de se renforcer, rencontrent de s\u00e9rieux obstacles \u00e0 le faire, ou bien craignent que cela ne soit prochainement le cas.<\/p>\n<p>La BCE, assurant un r\u00f4le de plus en plus exigeant, essaye de contenir tous les incendies. Elle a du revenir sur l\u2019interruption &#8211; annonc\u00e9e en fanfare &#8211; de sa mise \u00e0 dispositions de liquidit\u00e9s \u00e0 trois mois et \u00e0 six mois, afin de se substituer au march\u00e9 inter-bancaire d\u00e9faillant. Car c&rsquo;est sur celui-ci que les banques font prioritairement <i>rouler<\/i> leurs emprunts. Elle est finalement intervenue directement sur le march\u00e9 de la dette souveraine &#8211; ses achats ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 les 40 milliards d\u2019euros \u00e0 ce jour &#8211; afin d\u2019\u00e9viter que les taux ne grimpent trop, atteignant par contagion l&rsquo;ensemble du march\u00e9 obligataire. Elle a \u00e9galement achet\u00e9 aux banques pour 56 milliards d\u2019euros de <i>covered bonds<\/i> \u00e0 ce jour, agissant donc sur tous les fronts. A ce rythme, son bilan continue de gonfler, le risque d&rsquo;un d\u00e9s\u00e9quilibre s&rsquo;accroissant, pouvant n\u00e9cessiter qu&rsquo;elle soit un jour \u00e0 son tour refinanc\u00e9e par&#8230; les Etats, qui sont ses actionnaires (l&rsquo;une des craintes des Allemands). <\/p>\n<p>Deux chiffres illustrent bien l&rsquo;absurdit\u00e9 de la situation actuelle. Ses op\u00e9rations dites d\u2019<i>open market<\/i> (achats permanents et temporaires d\u2019actifs) ont atteint la somme global de 850 milliards d\u2019euros, tandis que 450 milliards d\u2019euros en provenance des banques ont \u00e0 l&rsquo;inverse profit\u00e9 de son programme de \u00ab facilit\u00e9s de d\u00e9p\u00f4t\u00a0\u00bb au jour le jour, tr\u00e8s faiblement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 mais offrant le meilleur refuge possible. <\/p>\n<p>Cela met en \u00e9vidence que <i>l\u2019aversion au risque<\/i> ch\u00e8re aux analystes est tr\u00e8s forte. Mais o\u00f9 est donc pass\u00e9 <i>l\u2019app\u00e9tit au risque<\/i> si magnifi\u00e9 par les idolatres des <i>march\u00e9s<\/i> ? Faut-il croire qu&rsquo;il ne se manifestait que lorsqu&rsquo;il \u00e9tait, \u00e0 tort, consid\u00e9r\u00e9 comme inexistant ? <\/p>\n<p>Ce serait une f\u00e2cheuse conclusion, alors que la demande est appel\u00e9e \u00e0 continuer de cro\u00eetre dans tous les secteurs du march\u00e9 obligataire. Les Etats n\u2019ayant pas atteint le pic de leur dette publique, les grandes entreprises ne rencontrant pas le meilleur accueil aupr\u00e8s des banques pour se financer, ces derni\u00e8res devant faire face \u00e0 de multiples exigences. Elles sont nombreuses: importantes d\u00e9pr\u00e9ciations qui attendent toujours des jours meilleurs,\u00a0refinancement de leurs op\u00e9rations en cours (dont les LBO), augmentation g\u00e9n\u00e9rale des taux de d\u00e9faut en raison de la situation \u00e9conomique, menaces de restructuration pesant sur leurs portefeuilles d\u2019obligations souveraines, et enfin exigences \u00e0 venir de renforcement de leurs fonds propres&#8230;.  <\/p>\n<p>Le grand malade, c\u2019est donc le syst\u00e8me financier ! Il ne parvient pas \u00e0 absorber les ondes de choc successives de son implosion initiale, en d\u00e9pit de tous les soins dont il est entour\u00e9. Pour emprunter (\u00e0 taux z\u00e9ro) son propre jargon, le capitalisme financier a perdu <i>la confiance<\/i> qu\u2019il avait auparavant en lui-m\u00eame. Il ne parvient pas \u00e0 retrouver son assise. Il est devenu son meilleur ennemi.   <\/p>\n<p>Au 1er juillet prochain, les banques de la zone euro vont devoir rembourser \u00e0 la BCE les 442 milliards d&rsquo;euros emprunt\u00e9s il y aura alors un an. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>ILS SONT LEURS MEILLEURS ENNEMIS<\/strong><\/p>\n<p>Encore confin\u00e9 dans les coulisses de la finance, alors que la dette publique tient le devant de la sc\u00e8ne, un autre terrible drame se joue actuellement, sur le mod\u00e8le de ces romans-feuilletons qui ont connu leur heure de gloire au XIXe si\u00e8cle. 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