{"id":1278,"date":"2008-12-20T17:12:14","date_gmt":"2008-12-20T16:12:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=1278"},"modified":"2008-12-20T17:12:14","modified_gmt":"2008-12-20T16:12:14","slug":"batir-les-villes-a-la-campagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2008\/12\/20\/batir-les-villes-a-la-campagne\/","title":{"rendered":"B\u00e2tir les villes \u00e0 la campagne"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Hier soir nous regardions Nashville (1975) de Robert Altman. Nous sommes au c\u0153ur d&rsquo;une r\u00e9trospective Altman : <i>McCabe and Mrs. Miller<\/i> (1971), <i>The Player<\/i> (1992), <i>Short Cuts<\/i> (1993) <i>A Prairie Home Companion<\/i> (2006). Altman est mort en novembre 2006, trois mois avant que ne d\u00e9bute mon blog, sans quoi vous auriez certainement eu droit \u00e0 l&rsquo;un de mes petits portraits chaleureux &#8211; mais ne d\u00e9sesp\u00e9rez pas.<\/p>\n<p>Vous avez d\u00e9j\u00e0 d\u00fb noter que je porte sur l&rsquo;Am\u00e9rique le m\u00eame regard \u00e0 la fois amus\u00e9 en inquiet qu&rsquo;Altman. Quand je parle du <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=753\">style Country &#038; Western<\/a>, par exemple, ou de <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=524\">Santa Monica<\/a>. Quand j&rsquo;avais vingt ans, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 finaliste pour l&rsquo;obtention d&rsquo;une bourse d&rsquo;\u00e9tudes prestigieuse pour les \u00c9tats\u2013Unis. L&rsquo;\u00e9preuve d\u00e9cisive \u00e9tait une entretien avec quelqu&rsquo;un du Centre Culturel am\u00e9ricain. Cette dame m&rsquo;a demand\u00e9 de caract\u00e9riser les \u00c9tats\u2013Unis \u00e0 mes yeux en un mot, et j&rsquo;ai r\u00e9pondu \u00ab Violence ! \u00bb Crochet : je me suis effectivement rendu aux States, mais ce fut treize ann\u00e9es plus tard et par mes propres moyens.<\/p>\n<p>Vous connaissez peut\u2013\u00eatre ma th\u00e8se relative aux \u00c9tats\u2013Unis et \u00e0 la ruralit\u00e9 : qu&rsquo;ils sont parvenus \u00e0 maintenir &#8211; m\u00eame au sein d&rsquo;un environnement hyper-urbanis\u00e9 &#8211; les valeurs, l&rsquo;<i> habitus<\/i>, des communaut\u00e9s rurales [1]. La Californie c\u00f4ti\u00e8re ce n&rsquo;est pas l&rsquo;Am\u00e9rique profonde mais il suffit de plonger de cinquante kilom\u00e8tres dans les terres pour trouver celle-ci : le paysan craignant Dieu avec sa fourche, sa pipe de ma\u00efs, et son tromblon \u00e0 la g\u00e2chette facile pour d\u00e9fendre son carr\u00e9 de betteraves. Je ne plaisante pas : quand on va de Los Angeles \u00e0 San Francisco en empruntant la route 101, on passe par un patelin appel\u00e9 <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Betteravia,_California\">Betteravia<\/a>. <\/p>\n<p>Enfant, j&rsquo;ai connu les petites communaut\u00e9s rurales sous leur aspect idyllique : la fermette de mes parents en Hesbaye, ensuite, adulte, dans leur r\u00e9alit\u00e9 : la proximit\u00e9 trop grande des voisins &#8211; m\u00eame \u00e9loign\u00e9s, les jalousies, dans certains pays les accusations de sorcellerie, et dans d&rsquo;autres les incendies volontaires et les vendettas. Les petites communaut\u00e9s rurales sont rarement aimables et pour les rendre aimables, il faudrait sans doute, comme l&rsquo;esp\u00e9rait Alphonse Allais, b\u00e2tir les villes \u00e0 la campagne : inventer des communaut\u00e9s rurales \u00e0 l&rsquo;<i>habitus<\/i> urbain. Et c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;une de mes pr\u00e9ventions contre la d\u00e9croissance : je n&rsquo;attends pas le retour des petites communaut\u00e9s rurales avec impatience : elles sont trop dures \u00e0 ceux qui les habitent.<\/p>\n<p>La fin chaotique du <strong>Nashville<\/strong> d&rsquo;Altman : la chanteuse rat\u00e9e que personne n&rsquo;a voulu entendre durant les deux heures du film se voit tendre un micro alors que sur la sc\u00e8ne, la vedette vient elle d&rsquo;\u00eatre assassin\u00e9e, et c&rsquo;est son heure de gloire : \u00ab That&rsquo;s America, baby ! \u00bb <\/p>\n<p><object width=\"425\" height=\"344\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/4BYyDusJYJo&#038;hl=en&#038;fs=1\"><\/param><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\"><\/param><param name=\"allowscriptaccess\" value=\"always\"><\/param><embed src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/4BYyDusJYJo&#038;hl=en&#038;fs=1\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" allowscriptaccess=\"always\" allowfullscreen=\"true\" width=\"425\" height=\"344\"><\/embed><\/object><\/p>\n<blockquote><p><strong>(*) Un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb est libre de reproduction en tout ou en partie \u00e0 condition que le pr\u00e9sent alin\u00e9a soit reproduit \u00e0 sa suite. Paul Jorion est un \u00ab journaliste presslib\u2019 \u00bb qui vit exclusivement de ses droits d\u2019auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d\u2019\u00e9crire comme il le fait aujourd\u2019hui tant que vous l\u2019y aiderez. Votre soutien peut s\u2019exprimer <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?page_id=647\">ici<\/a>.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Hier soir nous regardions Nashville (1975) de Robert Altman. Nous sommes au c\u0153ur d&rsquo;une r\u00e9trospective Altman : <i>McCabe and Mrs. Miller<\/i> (1971), <i>The Player<\/i> (1992), <i>Short Cuts<\/i> (1993) <i>A Prairie Home Companion<\/i> (2006). 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