{"id":128829,"date":"2021-07-20T19:22:56","date_gmt":"2021-07-20T17:22:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=128829"},"modified":"2021-07-22T00:42:25","modified_gmt":"2021-07-21T22:42:25","slug":"dix-sept-portraits-de-femmes-xxxi-la-femme-qui-sous-mes-yeux-est-remontee-dans-le-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/07\/20\/dix-sept-portraits-de-femmes-xxxi-la-femme-qui-sous-mes-yeux-est-remontee-dans-le-temps\/","title":{"rendered":"\u00ab Dix-sept portraits de femmes \u00bb <b>XXXI. La femme qui, sous mes yeux, est remont\u00e9e dans le temps<\/b>"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/06\/30\/chine-et-lart-contemporain-par-dd-dh\/castiglione\/\" rel=\"attachment wp-att-96661\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-96661\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Jane et moi faisions partie en ce temps-l\u00e0, \u00e0 Cotonou, de la m\u00eame bande d\u2019expatri\u00e9s : la clique de la mentalit\u00e9 \u00ab\u00a0pas colon\u00a0\u00bb, par opposition \u00e0 l\u2019autre, au clan des nostalgiques du \u00ab\u00a0temps des colonies\u00a0\u00bb. J\u2019avais moi trente-huit ans. Je n\u2019ai jamais connu l\u2019\u00e2ge de Jane \u00e0 cette \u00e9poque, disons en tout cas que si elle en avait vingt, elle ne les faisait pas.<\/p>\n<p class=\"p1\">Jane appartenait au <i>Peace Corps<\/i> am\u00e9ricain et elle avait d\u2019excellentes raisons de faire partie de la mouvance \u00ab\u00a0pas colon\u00a0\u00bb puisqu\u2019elle \u00e9tait Noire.<\/p>\n<p class=\"p1\">Le B\u00e9nin \u00e9tait en cette ann\u00e9e 1984 sous r\u00e9gime marxiste-l\u00e9niniste, si bien que les d\u00e9placements des citoyens am\u00e9ricains sur le territoire national \u00e9taient jug\u00e9s malvenus et Jane \u00e9tait donc, de fait, confin\u00e9e dans la capitale. Nous nous connaissions \u00e0 peine elle et moi, ce qui ne l\u2019a pas emp\u00each\u00e9e de venir un jour me trouver du fait de ma r\u00e9putation d\u2019avoir visit\u00e9 des villages dont le nom ne figurait pas sur la carte. Jane m\u2019a demand\u00e9 s\u2019il \u00e9tait possible qu\u2019elle m\u2019accompagne lors d\u2019une de mes randonn\u00e9es \u00ab\u00a0dans la brousse\u00a0\u00bb comme on dit l\u00e0-bas.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p class=\"p1\">Je n\u2019ai pas conserv\u00e9 le souvenir s\u2019il a fallu que j\u2019obtienne pour qu\u2019elle vienne avec moi un tampon au bas d\u2019un formulaire, ou si j\u2019ai fait ni vu, ni connu, puisque nul ne s\u2019\u00e9tonnerait au B\u00e9nin de voir une jeune femme noire passag\u00e8re de ma Land Cruiser aux armes des Nations-Unies. Toujours est-il que nous part\u00eemes un jour en direction d\u2019un village passablement inaccessible dans la zone mar\u00e9cageuse qui s\u2019\u00e9tend au Nord du Lac Ah\u00e9m\u00e9. Ce serait la premi\u00e8re fois que je me rendrais dans ce village particulier, en tant qu\u2019ambassadeur de notre projet FAO. L\u2019habitude qui avait \u00e9t\u00e9 prise \u00e9tait que quand nous entendions parler d\u2019un village de p\u00eacheurs inconnu de nous jusque-l\u00e0, je m\u2019y rendais pour comprendre quel type de p\u00eache s\u2019y pratiquait et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, proposer aux villageois notre aide en termes de nos conseils &#8211; souvent peu judicieux &#8211; et leur offrir &#8211; ce qui les int\u00e9resserait davantage &#8211; divers mat\u00e9riaux et \u00e9quipements : filets, grillage en acier galvanis\u00e9 pour enclos \u00e0 poules et autres usages, dont la confection de claies sur lesquelles fumer le poisson ou simplement le faire s\u00e9cher au soleil, etc.<\/p>\n<p class=\"p1\">Il s\u2019av\u00e9ra que leur p\u00eache \u00e9tait passive : des nasses pos\u00e9es faisant cul-de-sac au bout de deux barrages en branches enchev\u00eatr\u00e9es dispos\u00e9s en entonnoir.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">J\u2019ignore si c\u2019est encore le cas aujourd\u2019hui mais il y avait \u00e0 cette \u00e9poque en Afrique deux mani\u00e8res distinctes de se v\u00eatir pour les Blancs : les Europ\u00e9ens d\u2019une part, et ceux qui venaient d\u2019Am\u00e9rique d\u2019autre part. Si les premiers avaient abandonn\u00e9 le casque colonial, l\u2019habitude leur \u00e9tait rest\u00e9e des v\u00eatements amples, de couleur claire, et en tissu l\u00e9ger : coton, lin, soie. Des v\u00eatements \u00ab\u00a0fonctionnels\u00a0\u00bb selon l\u2019expression : adapt\u00e9s \u00e0 un climat chaud et humide. Les Am\u00e9ricains quant \u00e0 eux s\u2019habillaient de la fa\u00e7on qui est la leur dans les r\u00e9gions chaudes de leur propre pays : pour aller \u00e0 la plage en Floride ou en Californie.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Jane portait ce jour-l\u00e0 T-shirt, short effrang\u00e9 mini coup\u00e9 dans un jean, et baskets \u00e9carlates.<\/p>\n<p class=\"p1\">Dans un village o\u00f9 il n\u2019est pas attendu, le voyageur n\u2019entre pas d\u2019autorit\u00e9 avec son v\u00e9hicule, en qu\u00eate d\u2019une grand-place par ailleurs inexistante : il le gare plut\u00f4t \u00e0 quelque distance, puis il s\u2019avance \u00e0 pied, en sa direction. Si personne ne vient alors \u00e0 sa rencontre, si sa pr\u00e9sence n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e, une fois arriv\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 des premi\u00e8res huttes, \u00e0 une distance telle que s\u2019il frappait des mains il serait entendu, c\u2019est l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019il va faire, \u00e0 trois reprises<span class=\"s1\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Le voyageur devra parfois attendre, parce que ce n\u2019est pas celui ou celle qui l\u2019aura entendu qui viendra n\u00e9cessairement \u00e0 sa rencontre : c\u2019est un responsable, un repr\u00e9sentant accr\u00e9dit\u00e9, qui le m\u00e8nera alors vers un banc situ\u00e9 \u00e0 l\u2019ombre, o\u00f9 il patientera jusqu\u2019\u00e0 ce que le chef de village, accompagn\u00e9 de quelques dignitaires, vienne le saluer et lui souhaiter la bienvenue dans son humble village.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Chacun ayant pris place, le ou les invit\u00e9s assis de l\u2019un des c\u00f4t\u00e9s d\u2019une petite table basse amen\u00e9e entretemps, les autorit\u00e9s, de l&rsquo;autre, de l\u2019eau est apport\u00e9e dans une cruche, et est partag\u00e9e dans des verres, un hommage \u00e9tant rendu aux anc\u00eatres par l\u2019offrande de quelques gouttes vers\u00e9es sur le sol avant que chacun ne boive. Un \u00ab\u00a0greeter\u00a0\u00bb &#8211; le mot existe en anglais, mais il n\u2019y a pas l\u2019\u00e9quivalent en fran\u00e7ais de \u00ab\u00a0salueur\u00a0\u00bb &#8211; adresse alors un compliment de forme traditionnelle aux invit\u00e9s. Il s\u2019agit d\u2019une sorte de chant exprim\u00e9 avec force, \u00e0 la fois scand\u00e9 et modul\u00e9 o\u00f9 les visiteurs sont abondamment lou\u00e9s pour leurs tr\u00e8s hautes qualit\u00e9s. Si vous vous \u00eates jamais interrog\u00e9 sur les origines historiques du style musical dit \u00ab\u00a0rap\u00a0\u00bb, ne cherchez pas plus loin : vous \u00eates parvenu \u00e0 bon port.<\/p>\n<p class=\"p1\">Jane \u00e9tait assise \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s sur le banc des visiteurs, silencieuse et fig\u00e9e, sid\u00e9r\u00e9e par la solennit\u00e9 du rituel et le s\u00e9rieux de l\u2019assembl\u00e9e des acteurs &#8211; des hommes seulement, \u00e0 part elle.<span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Je n\u2019en \u00e9tais pas moi \u00e0 ma premi\u00e8re visite de village recul\u00e9 et rien dans l\u2019\u00e9tiquette ne me surprenait, mais si Jane avait imagin\u00e9 un accueil davantage \u00e0 la bonne franquette, du type : \u00ab\u00a0Hi guys ! What\u2019s up ?\u00a0\u00bb, \u00e7a va les gars, \u00e7a boume ? elle devait alors se sentir sur une tout autre plan\u00e8te.<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00c0 quoi s\u2019attendait-elle d\u2019ailleurs, je n\u2019en savais rien. \u00c0 du \u00ab\u00a0pittoresque\u00a0\u00bb seulement ? \u00c0 voir enfin des cases, des femmes au buste d\u00e9nud\u00e9 pilant du manioc pendant que junior emmaillot\u00e9 \u00e0 leur taille pique un somme ? Autre chose en tout cas que les \u00ab\u00a0carr\u00e9s\u00a0\u00bb en parpaings et toitures en Eternit ou t\u00f4le ondul\u00e9e de la capitale : un village de paillotes sans eau, ni gaz, ni \u00e9lectricit\u00e9, ni t\u00e9l\u00e9, aux enfants qui observeraient ce jour-l\u00e0 leur premier homme blanc et la premi\u00e8re fille &#8211; apparemment du pays &#8211; qui arborerait mini-short et baskets rouges. Or ce que Jane d\u00e9couvrait \u00e0 la place, c\u2019\u00e9tait elle et moi trait\u00e9s avec les m\u00eames \u00e9gards qu\u2019un couple princier en tourn\u00e9e sur ses terres, et ayant peut-\u00eatre le sentiment de vivre le moment le plus important de sa vie jusque-l\u00e0. Et elle n\u2019\u00e9tait pas au bout de ses surprises.<\/p>\n<p class=\"p1\">Aussi respectueux que je le sois dans ces circonstances, notre visite relevait cependant pour moi de l\u2019<i>exotisme<\/i> \u00e0 proprement parler : de la mani\u00e8re dont font des gens qui, pour ce qui est de leur culture, ne se comportent pas exactement comme chez moi. Mais pour Jane, toute citoyenne am\u00e9ricaine qu\u2019elle f\u00fbt, il s\u2019agissait d\u2019une toute autre affaire car elle, avec ses baskets rouges, venait de prendre place &#8211; \u00e0 son corps d\u00e9fendant si j\u2019en jugeais \u00e0 l\u2019expression perplexe qu\u2019avait adopt\u00e9 son visage &#8211; dans une machine \u00e0 remonter le temps, et elle se retrouvait &#8211; apr\u00e8s avoir subi l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une acc\u00e9l\u00e9ration de plusieurs G &#8211; en un temps qui pr\u00e9c\u00e9dait celui o\u00f9 ses a\u00efeux et ses a\u00efeules avaient travers\u00e9 l\u2019Atlantique, au rang indigne de bagnards encha\u00een\u00e9s \u00e0 fond de cale, avant de se retrouver esclaves dans les plantations d\u2019un soi-disant \u00ab\u00a0Nouveau Monde\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Quand j\u2019en eus fini de poser mes questions, d\u2019y obtenir leurs r\u00e9ponses, et d\u2019offrir les services de la FAO, je pris cong\u00e9 en notre nom.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">C\u2019est alors que le notable qui m\u2019avait servi d\u2019interpr\u00e8te me demanda la faveur de pouvoir me dire encore quelque mots en apart\u00e9, ce que je lui accordai bien entendu volontiers. Voici ce qu\u2019il me dit : \u00ab\u00a0Pourriez-vous, en y mettant les formes, dire \u00e0 la jeune personne qui vous a accompagn\u00e9, que le chef du village aimerait l\u2019\u00e9pouser, et qu\u2019il est pr\u00eat \u00e0 y consacrer la somme qu\u2019elle jugera appropri\u00e9e ?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"p1\">Je me dis aujourd\u2019hui que plusieurs options s\u2019offraient en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 moi, par exemple l\u2019option paternaliste envers Jane, fond\u00e9e sur l\u2019id\u00e9e que la proposition la troublerait, de garder pour moi le message : ne pas lui en faire part et inventer de toute pi\u00e8ce une r\u00e9ponse que je pr\u00e9senterais comme ayant \u00e9t\u00e9 celle de Jane apr\u00e8s consultation. Il y avait aussi l\u2019option \u00ab\u00a0colon\u00a0\u00bb : lui rapporter ce qui m\u2019avait \u00e9t\u00e9 dit d\u2019un ton rigolard qui aurait conduit Jane \u00e0 se demander en la compagnie de quel sombre cr\u00e9tin elle passait la journ\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p1\">Mais en r\u00e9alit\u00e9, je ne me suis pas pos\u00e9 de questions quant \u00e0 la meilleure approche, sans doute parce que je ne me sentais aucun droit de ne pas rapporter \u00e0 Jane ce qui m\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme un message \u00e0 son intention car il lui appartenait pleinement \u00e0 elle et non \u00e0 moi. Aussi je lui transmis dans sa langue, en anglais, la proposition qui lui \u00e9tait faite, reproduisant j\u2019imagine, le m\u00eame ton respectueux que j\u2019avais entendu dans les mots qui m\u2019avaient \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s : \u00ab\u00a0Jane, this is what I\u2019ve just been told\u2026\u00a0\u00bb, suivirent des mots qui signifiaient un moment de l\u2019histoire du continent o\u00f9 Jane se trouvait en cet instant, un moment de l\u2019histoire de l\u2019Afrique qui se trouvait \u00eatre \u00e9galement la terre de ses anc\u00eatres.<\/p>\n<p class=\"p1\">C\u2019est une chose d\u2019\u00eatre assis dans la machine \u00e0 remonter le temps, c\u2019en est une autre d\u2019avoir le sentiment qu\u2019elle est tomb\u00e9e en panne, et que l\u2019on est bloqu\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque recul\u00e9e, en un lieu qui est sans doute, de temps imm\u00e9moriaux, le v\u00f4tre, mais o\u00f9 la puissance de l\u2019affect qui est l\u00e0 pr\u00e9sent, mobilis\u00e9 en ce moment-m\u00eame, est telle qu\u2019elle vous terrasse tout simplement. C\u2019est en tout cas ce que je crus lire dans les yeux de Jane quand j\u2019eus termin\u00e9 de lui rapporter ce qui m\u2019avait \u00e9t\u00e9 dit.<span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Elle n\u2019a rien r\u00e9pondu : elle \u00e9tait stup\u00e9faite, subjugu\u00e9e, par ce t\u00e9moignage inattendu, par ce retour trop massif et soudain de ses racines, au cours d\u2019une randonn\u00e9e qu\u2019elle avait d\u00fb envisager comme ne devant \u00eatre rien de plus qu\u2019une partie de campagne, agr\u00e9ment\u00e9e de paysages et de sc\u00e8nettes dont il serait doux un jour de se souvenir.<span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">J\u2019ai remerci\u00e9 nos h\u00f4tes en son nom, expliquant \u00e0 quel point elle \u00e9tait flatt\u00e9e, m\u00eame si elle devait \u00e0 regret opposer un refus \u00e0 l\u2019aimable offre qui lui \u00e9tait faite.<\/p>\n<p class=\"p2\">Durant le p\u00e9riple du retour, Jane est rest\u00e9e prostr\u00e9e. Nous n\u2019en avons jamais reparl\u00e9 et, pour tout dire, je n\u2019ai pas souvenir de l\u2019avoir jamais revue.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"p1\"><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/06\/30\/chine-et-lart-contemporain-par-dd-dh\/castiglione\/\" rel=\"attachment wp-att-96661\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-96661\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Jane et moi faisions partie en ce temps-l\u00e0, \u00e0 Cotonou, de la m\u00eame bande d\u2019expatri\u00e9s : la clique de la mentalit\u00e9 \u00ab\u00a0pas colon\u00a0\u00bb, par opposition \u00e0 l\u2019autre, au clan des nostalgiques du \u00ab\u00a0temps des colonies\u00a0\u00bb. 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