{"id":128950,"date":"2021-07-28T13:20:54","date_gmt":"2021-07-28T11:20:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=128950"},"modified":"2021-08-01T16:52:02","modified_gmt":"2021-08-01T14:52:02","slug":"dix-sept-portraits-de-femmes-xxxvii-la-femme-qui-chante-et-qui-danse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/07\/28\/dix-sept-portraits-de-femmes-xxxvii-la-femme-qui-chante-et-qui-danse\/","title":{"rendered":"\u00ab Dix-sept portraits de femmes \u00bb <b>XXXVII. La femme qui chante et qui danse<\/b>"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p class=\"p1\"><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/06\/30\/chine-et-lart-contemporain-par-dd-dh\/castiglione\/\" rel=\"attachment wp-att-96661\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-96661\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Voil\u00e0 ! C&rsquo;est termin\u00e9 ! Il me reste une chose \u00e0 faire, recomposer tout cela pour en faire un vrai livre, parce que &#8211; certains l&rsquo;auront not\u00e9 &#8211; j&rsquo;ai un peu bricol\u00e9 le manuscrit de 2003, selon mon inspiration du jour, alors qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pas dans un ordre tout \u00e0 fait logique. J&rsquo;int\u00e9grerai aussi \u00ab\u00a0Comment on apprend l&rsquo;anglais\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Silver Girl\u00a0\u00bb billets publi\u00e9s ici l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, et peut-\u00eatre mon enqu\u00eate sur ce qu&rsquo;Antonioni pense des femmes. Bonne lecture en tout cas de cette conclusion, \u00e0 l&rsquo;intention de toutes et de tous.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Daisy est r\u00e9apparue hier sous la forme d\u2019une enveloppe bourr\u00e9e de courrier qui m\u2019est destin\u00e9, qu\u2019un service postal trop z\u00e9l\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9tourner d\u00e9sormais enti\u00e8rement vers sa nouvelle adresse. Elle me le fait suivre sans commentaire. Et je me r\u00e9veille aujourd\u2019hui en fredonnant un air qui me poursuit ensuite durant toute la matin\u00e9e\u00a0:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\n\u00ab\u00a0Et si je consacrais suffisamment de temps \u00e0 t\u2019\u00e9couter,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nJe trouverais le moyen de me convaincre que tout ce que tu disais \u00e9tait vrai,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nMais je sais que tu mentais \u00e9hont\u00e9ment, pendant que je pleurais,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nEt tout \u00e7a ne m&#8217;emp\u00eacherait pas, une fois encore,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nDe tenter de trouver des raisons de te croire.\u00a0\u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>C\u2019est plus joli en anglais puisque-l\u00e0, on peut faire beaucoup plus court et que \u00e7a rime :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0If I listened long enough to you<br \/>\nI&rsquo;d find a way to believe that it&rsquo;s all true<br \/>\nKnowing that you lied<br \/>\nStraight-faced while I cried<br \/>\nStill I look to find a reason to believe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et je reconnais les premiers vers d\u2019un standard de l\u2019imm\u00e9diat avant-hippie\u00a0: le <i>Reason to Believe<\/i> de Tim Hardin.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"aligncenter\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ECUpOxFnUK4\" width=\"700\" height=\"450\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><br \/>\n<!--more--><br \/>\nAujourd\u2019hui, c&rsquo;est le 4 juillet, jour de f\u00eate nationale ici. Raoul m\u2019appelle pour me signaler que Macha, L\u00e9na et lui vont cet apr\u00e8s-midi au <i>Ghirardelli<\/i>, une ancienne chocolaterie devenue centre commercial pittoresque dans l\u2019un des quartiers sur-marchandis\u00e9s de San Francisco. Pas vraiment ma tasse de th\u00e9, mais Raoul est d\u2019avis que je ne vois pas assez de monde, et comme il s\u2019agit de sa BA, difficile de lui refuser \u00e7a. Je les retrouve donc l\u00e0-bas et notre premi\u00e8re activit\u00e9 ensemble c\u2019est d\u2019\u00e9couter religieusement un ch\u0153ur de fillettes texanes en uniforme rural entonnant <i>Deep in the Heart of Texas <\/i>:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les \u00e9toiles la nuit, sont grosses et brillent (clap ! clap ! clap ! clap !) Au c\u0153ur profond du Texas.<br \/>\nLes cowboys s\u2019\u00e9crient \u2018ia\u00ef \u00efipp\u00ee ia\u00ef\u2019 (clap ! clap ! clap ! clap !) Au c\u0153ur profond du Texas.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nEtc.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quand Armel m\u2019a rendu visite \u00e0 la No\u00ebl 1999, nous avions f\u00eat\u00e9 l\u2019av\u00e9nement d\u2019un nouveau mill\u00e9naire au sommet d\u2019un gratte-ciel de <i>downtown Los Angeles<\/i> : le centre-ville, invit\u00e9s par Don dans les bureaux de l\u2019agence <i>Reuters<\/i> dont il assure la direction.<i> <\/i>Et dans la matin\u00e9e, nous avions assist\u00e9 \u00e0 la \u00ab\u00a0Parade des Roses\u00a0\u00bb dans les contreforts de la montagne o\u00f9 Pasadena est lotie, un corso fleuri datant de 1890, une initiative des bourgeois hupp\u00e9s venus \u00e0 cette \u00e9poque de la c\u00f4te Est, et qui n\u2019en revenaient pas du climat souvent estival de Los Angeles le jour de l\u2019An, parade qui occupe traditionnellement sur les principales cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaines, la matin\u00e9e, l\u2019heure du d\u00e9jeuner ou l\u2019apr\u00e8s-midi du premier janvier, selon que vous habitiez le <i>Farwest<\/i>, le <i>Midwest<\/i> ou l\u2019Est des \u00c9tats-Unis.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ce qui avait fascin\u00e9 Armel, ce n\u2019\u00e9taient pas tant les chars que les harmonies et leurs majorettes, les fanfares, les \u00ab\u00a0<i>brass bands<\/i>\u00a0\u00bb en provenance de divers trous perdus de l\u2019Ohio, de l\u2019Iowa ou de l\u2019Idaho\u00a0: le professionnalisme de ces gamins et gamines, leur s\u00e9rieux, la fiert\u00e9 qu\u2019ont de l\u2019Am\u00e9rique ces enfants ou petits-enfants d\u2019immigrants dont, pour les Blancs en tout cas, les parents furent le plus souvent chass\u00e9s \u00e0 coups de pied au cul d\u2019un pays n\u2019ayant plus rien \u00e0 ficher de paum\u00e9s de leur sorte.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Je me t\u00e2te toujours quant \u00e0 exercer ou non l\u2019option de devenir Am\u00e9ricain qui me sera offerte dans quelques mois. Je regardais hier un film belge appel\u00e9 <i>La Promesse<\/i>,<i> e<\/i>t j\u2019\u00e9tais fier d\u2019\u00eatre Belge, pas au vu de la crapule de n\u00e9grier qui en est le principal protagoniste, mais en raison de la qualit\u00e9 humaine du film. Je me disais, oui, c\u2019est bien \u00e7a la r\u00e9f\u00e9rence morale de mon pays\u00a0: la r\u00e9plique de la statue du mineur \u00e9puis\u00e9 de Constantin Meunier sur le bureau de l\u2019instituteur. Cela dit, \u00e0 d\u2019autres moments, comme en voyant les petites Texanes en<i> cowgirls<\/i>, chantant <i>America the Beautiful<\/i>, je me dis \u00ab\u00a0Observe-les bien ! C\u2019est avec des gens comme toi qu&rsquo;on a fait au fil des si\u00e8cles des colons am\u00e9ricains\u00a0: de grands enfants, des optimistes ind\u00e9crottables !\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Et au moment de quitter Raoul et Macha je me rends compte que je ne suis en fait qu\u2019\u00e0 deux pas de <i>Tower Records<\/i>, un disquaire de l\u00e9gende, et je d\u00e9cide d\u2019aller voir s\u2019ils ont en stock une compilation de ce Tim Hardin dont je me suis souvenu ce matin,\u00a0o\u00f9 je serais d\u2019ailleurs certain de retrouver \u00e9galement l\u2019air qui a fait sa r\u00e9putation mondiale\u00a0: <i>If I Were a Carpenter<\/i>, devenu outre-Atlantique\u00a0: \u00ab\u00a0Si j&rsquo;\u00e9tais un charpentier\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-128954\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tower-Records.png\" alt=\"\" width=\"566\" height=\"647\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tower-Records.png 566w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Tower-Records-262x300.png 262w\" sizes=\"auto, (max-width: 566px) 100vw, 566px\" \/><\/p>\n<p>Je trouve l\u2019album sans difficult\u00e9s et par association d\u2019id\u00e9es me reviennent bien entendu en m\u00e9moire d\u2019autres morceaux par d\u2019autres interpr\u00e8tes, tant et si bien qu\u2019au bout d\u2019un moment, mon imposant butin \u00e0 la main, je me dirige vers la caisse. La musique d\u2019ambiance, comme souvent chez les disquaires, noie sans vergogne le chaland. Et ce qui passe \u00e0 l\u2019instant, ce sont Crosby, Stills, Nash et Young chantant <i>Teach your Children<\/i>, morceau-culte \u00e0 plusieurs voix de l\u2019album mythique <i>D\u00e9j\u00e0 vu<\/i>. Et la caissi\u00e8re se d\u00e9couvre \u00e0 mes yeux chantant \u00e0 l\u2019unisson des quatre h\u00e9ros de la contre-culture avec une admirable d\u00e9termination. Une jeune femme du m\u00eame style que la \u00ab\u00a0femme de profil\u00a0\u00bb, ou pour le dire tout uniment : tout \u00e0 fait mon genre.\u00a0Grande, brune, mince mais pas longiligne pour autant. Personne devant moi \u00e0 la caisse, ce qui me permet d\u2019aller droit au but, alors qu\u2019\u00e0 ma vue &#8211; d\u00e9licieux spectacle s\u2019offrant \u00e0 mes yeux et mes oreilles d\u00e9sormais en alerte, elle s\u2019est mis en t\u00eate d\u2019accompagner maintenant son chant d\u2019un petit pas de danse. En partie certainement pour son plaisir \u00e9go\u00efste mais, Salom\u00e9 improvis\u00e9e ayant \u00e0 l\u2019instant rencontr\u00e9 son H\u00e9rode subjugu\u00e9, sans nul doute \u00e9galement pour le mien.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Un jour \u00e0 Glendale, au pied des San Gabriel Mountains qui bordent Los Angeles au nord, \u00e0 l\u2019Ouest de Pasadena, je me trouvais dans la boutique locale de <i>Whole Foods<\/i>\u00a0: une cha\u00eene de produits bios. Ce qui me fait imm\u00e9diatement penser \u00e0 ces deux filles qui, dans le magasin de Santa Monica cette fois, s\u2019interrogeaient devant moi : \u00ab\u00a0\u2018Myrtilles sauvages\u2019. Tu crois que c\u2019est vraiment bio ? On va demander \u00e0 quelqu\u2019un !\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Toujours est-il que je me pr\u00e9sente \u00e0 la caisse de cette boutique \u00e0 la saveur tout particuli\u00e8rement \u00ab\u00a0comptoir du <i>Far West<\/i>\u00a0\u00bb et la pr\u00e9pos\u00e9e me regarde avec insistance pendant que je retire mes emplettes du panier. Elle est tr\u00e8s muscl\u00e9e, un peu fermi\u00e8re, sans \u00eatre pour autant trop forte\u00a0: on l\u2019imagine sans difficult\u00e9 en chapeau de cowboy et en bottes, chantant des airs <i>Country &amp; Western.<\/i> Et, sondant effront\u00e9ment mes prunelles, elle se met non seulement \u00e0 chanter mais \u00e0 ondoyer \u00e9galement de cette mani\u00e8re que l\u2019on qualifie de lascive, manifestement pour mon seul b\u00e9n\u00e9fice car derri\u00e8re moi, il ne se trouve absolument personne. Et cela en lieu et place, Messieurs-Dames, de faire le d\u00e9compte de mes articles pourtant sagement align\u00e9s sur le comptoir.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas gard\u00e9 le souvenir du morceau qu\u2019elle chantait, bien que j\u2019aie d\u00fb reconna\u00eetre l\u2019air au moment-m\u00eame : emprunt\u00e9 au r\u00e9pertoire de Tammy Wynette ou quelque chose \u00e0 l\u2019avenant, tr\u00e8s probablement parce j\u2019\u00e9tais quelque peu perplexe, charm\u00e9 d\u2019une part \u2013 je l\u2019avoue toute honte bue -, d\u2019autre part sensible au malaise qui n\u2019avait pas tard\u00e9 \u00e0 envahir clients et personnel pour la raison \u00e9vidente que le show qu\u2019elle avait d\u00e9cid\u00e9 de m\u2019offrir \u00e9tait ici mis en sc\u00e8ne dans un cadre tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de celui qui lui est naturel. L\u2019aide-caissi\u00e8re \u2013 une institution tr\u00e8s US -, une Extr\u00eame-Orientale d\u2019une quarantaine d\u2019ann\u00e9es qui rangeait consciencieusement mes victuailles dans de grands sacs en papier, rompit le charme en faisant la moue \u00e0 mon intention, hochant vigoureusement la t\u00eate pour me faire entendre que le num\u00e9ro n\u2019\u00e9tait ni \u00e0 son go\u00fbt personnel, ni surtout du style coutumier de la maison. Et c\u2019est sa mimique \u00e0 elle, l\u2019empaqueteuse, qui d\u00e9clencha mon rire et me fit dire \u00e0 la cantonade\u00a0: \u00ab\u00a0Eh bien\u00a0! On ne s\u2019ennuie pas tous les jours au <i>Whole Foods<\/i> de Glendale\u00a0!\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Mais comme il n\u2019y avait que ma jeune Salom\u00e9 et moi \u00e0 la caisse du <i>Tower Records<\/i> sur Columbus, et qu\u2019aucun tiers n\u2019\u00e9tait l\u00e0 pour personnifier par son sourcil fronc\u00e9 un ordre moral soumis \u00e0 rude \u00e9preuve, je me contentai de dire\u00a0: \u00ab\u00a0He\u00a0! He\u00a0! He\u00a0! Ce n\u2019est pas votre \u00e9poque \u00e7a, Mademoiselle ! Crosby, Stills, Nash et Young\u00a0: c\u2019est la mienne, rendez-les moi\u00a0!\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c7a m&rsquo;est \u00e9gal, r\u00e9pondit-elle, c\u2019est g\u00e9nial\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0Oui, mais nous, nous \u00e9tions l\u00e0\u00a0: c&rsquo;\u00e9tait nous \u00e7a ! Le seul ennui, c&rsquo;est que cela ne date pas d\u2019hier !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Je pr\u00e9sente n\u00e9anmoins \u00e0 son \u00e9valuation marchande ce que j\u2019ai collect\u00e9 dans les rayons, et en voyant <i>Between the Lines<\/i> de Janis Ian, elle r\u00e9agit\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a, ce n\u2019\u00e9tait pas de la petite bi\u00e8re non plus !\u00a0\u00bb. Je commente : \u00ab\u00a0Vous avez compris ce que j&rsquo;essaie de faire : reconstituer en CD la collection que j&rsquo;avais en vinyle\u00a0\u00bb. Et j\u2019ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Vous ne chantez pas mal du tout, vous ! Vous \u00eates chanteuse\u00a0?\u00a0\u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&#8211; Euh\u2026 ben oui, on pourrait dire \u00ab\u00a0en quelque sorte\u00a0\u00bb.<br \/>\n&#8211; Vous chantez quelque part\u00a0? On peut aller vous \u00e9couter\u00a0?<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"aligncenter\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/VMUz2TNMvL0\" width=\"700\" height=\"450\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>Je suis en tenue de fin de semaine, fort d\u00e9contract\u00e9e, des pantalons vert-de-gris tr\u00e8s larges avec des poches partout, un <i>sweatshirt<\/i> gris de la c\u00f4te Est faisant la pub d\u2019un caf\u00e9 \u00e0 Martha\u2019s Vineyard, disons \u00ab\u00a0Cabourg\u00a0\u00bb, et des Ray-Ban genre Manfred Mann 1963, les m\u00eames qui avaient fait dire \u00e0 Lucie il y a quelques jours, quand nous nous \u00e9tions cogn\u00e9s au d\u00e9tour d\u2019un couloir au bureau\u00a0: \u00ab\u00a0Oh\u00a0! Tu m&rsquo;as fait peur\u00a0! Je me suis demand\u00e9e un instant ce que faisait dans nos locaux un homme \u00e0 l&rsquo;allure aussi <i>cool\u00a0<\/i>!\u00a0\u00bb Et, interpr\u00e9tant ma tenue, elle se dit : \u00ab\u00a0Alerte rouge\u00a0: voil\u00e0 un client qui a la gueule d\u2019un producteur, faut que je fasse gaffe \u00e0 ce que je vais dire maintenant !\u00a0\u00bb, et elle se tourne d\u2019abord vers un gars qui vient d\u2019appara\u00eetre et est en train d\u2019ouvrir l\u2019autre caisse, en qu\u00eate soit d\u2019un soutien moral pour ce qu\u2019elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 dire, soit pour s\u2019assurer \u00e0 l\u2019avance de son futur silence.<\/p>\n<p>&#8211;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>J\u2019ai un projet d\u2019enregistrement&#8230;<\/p>\n<p>Je lui dis : \u00ab\u00a0Vous connaissez une chanteuse qui s\u2019appelle Nicolette&#8230; Une Britannique, noire\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&#8211; Nicolette, oui, bien s\u00fbr !<br \/>\n&#8211; Je l\u2019ai connue dans la vie quand elle en \u00e9tait exactement \u00e0 la m\u00eame \u00e9tape que vous\u00a0: quand elle s\u2019appr\u00eatait \u00e0 enregistrer.<\/p>\n<p>[\u00ab\u00a0Nicolette, tu venais chez moi rue Saint-Paul, en 1986-87. On n\u2019\u00e9tait pas, ni toi ni moi, \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de notre carri\u00e8re. On n\u2019avait pas beaucoup de ronds, j\u2019en avais un tout petit peu plus que toi parce que toi, tu n\u2019avais vraiment pas un radis. Rosella m\u2019avait dit \u00ab\u00a0On r\u00e9p\u00e8te en ville que vous \u00eates en train de vous clochardiser\u00a0\u00bb. On s\u2019\u00e9tait rencontr\u00e9s rue de l\u2019Universit\u00e9 \u00e0 une soir\u00e9e de po\u00e8tes am\u00e9ricains \u00e0 Paris\u00a0; Dieu sait ce que j\u2019\u00e9tais aller y faire\u00a0: aller \u00e0 ta rencontre probablement. Tu restais sur le divan et moi j\u2019\u00e9crivais\u00a0; on ne se disait rien. Puis quand le soleil s\u2019\u00e9tait couch\u00e9, je t\u2019invitais \u00e0 <i>Piment-Caf\u00e9<\/i>, rue de S\u00e9vign\u00e9, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue Saint-Antoine. Il y a quelques ann\u00e9es j\u2019ai lu une interview de toi dans un magazine anglais, tu disais\u00a0: \u00ab\u00a0Une chose est s\u00fbre\u00a0: \u00e0 aucun moment, \u00e0 aucun moment, vous dis-je, je n&rsquo;ai dout\u00e9 de moi-m\u00eame\u00a0\u00bb. Ah ben tiens, il vaut mieux entendre \u00e7a que d\u2019\u00eatre sourd. Mais t\u2019as raison, Nicolette, tu as raison\u00a0: moi si on me posait la question, sur moi \u00e0 cette \u00e9poque, je dirais exactement la m\u00eame chose.\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0La vie d\u2019Artiste\u00a0\u00bb in <i>Comprendre les temps qui sont les n\u00f4tres<\/i>, Odile Jacob 2014 : 48].<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Je dis\u00a0: \u00ab\u00a0Vous chanterez sous quel nom\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&#8211; Tina\u00a0!<\/p>\n<p>Imaginant que ce sera \u00ab\u00a0Tina\u00a0\u00bb suivi d\u2019un nom de famille, je lui dis : \u00ab\u00a0Vous pouvez me l\u2019\u00e9crire quelque part\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et elle arrache un bout du rouleau de tickets de caisse o\u00f9 elle \u00e9crit en tr\u00e8s grand\u00a0: \u00ab\u00a0TINA\u00a0\u00bb, \u00e9nergiquement soulign\u00e9.<\/p>\n<p>Et en rentrant chez moi, remontant Polk sur la moiti\u00e9 de sa longueur, je pense aux \u00e9tudiantes am\u00e9ricaines \u00e0 qui autrefois au pays, quand j\u2019avais vingt ans, je contais nonchalamment fleurette \u00e0 l\u2019Auberge de Jeunesse d\u2019Amsterdam ou \u00e0 celle de Holland Park \u00e0 Londres. Grandes, avec leur m\u00e2choire carr\u00e9e germanique, curieuses de tout, sans peur et sans reproche, avec leur sac-\u00e0-dos technologique duquel pendaient des po\u00ealons.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Et je me dis\u00a0: \u00ab\u00a0Bon, tu ne vas pas la laisser filer, la fille qui chante et qui danse, comme la Vitelloise. Quand tu seras rentr\u00e9 \u00e0 la maison, tu cherches le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone du magasin et tu l\u2019invites vite fait \u00e0 bouffer.\u00a0\u00bb [Nota bene : en 2003 le portable \u00e9tait \u00e0 peine n\u00e9 ; le niveau d\u2019une personne sur cinq en poss\u00e9dant un serait atteint quatre ans plus tard, en 2007].<\/p>\n<p>En fait, je ne dois pas m\u00eame me donner toute cette peine parce que le num\u00e9ro s\u2019\u00e9tale l\u00e0 sur le ticket de caisse. Et son nom aussi s\u2019y trouve, au cas o\u00f9 je n\u2019aurais pas eu le cran de mener l\u2019enqu\u00eate\u00a0: \u00ab\u00a0OPR\u00a0: Tina\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et, preuve s\u2019il en fallait que les dieux ont souvent \u00e0 c\u0153ur de favoriser les entreprises des hommes, c\u2019est elle qui d\u00e9croche\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Tower Records\u00a0<\/i>: ici Tina\u00a0!\u00a0\u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&#8211;\u00a0Bonjour Tina. J\u2019\u00e9tais dans la boutique il y a une demi-heure. Et vous chantiez et \u00e7a m\u2019avait compl\u00e8tement sci\u00e9 [\u00ab\u00a0<i>you knocked me off my feet<\/i>\u00a0\u00bb, litt\u00e9ralement\u00a0: \u00ab\u00a0vous m&rsquo;avez cogn\u00e9 hors de mes pieds\u00a0\u00bb]. J\u2019achetais Tim Hardin, Janis Ian et Nick Cave.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, je vois tr\u00e8s bien qui vous \u00eates.<br \/>\n&#8211; Alors voil\u00e0\u00a0: est-ce que vous prendriez en consid\u00e9ration une invitation \u00e0 d\u00eener\u00a0?<br \/>\n&#8211; Ah\u00a0! \u00c7a c\u2019est du neuf\u00a0! (je l\u2019entends rire) On parle de \u00ab\u00a0platonique\u00a0\u00bb, on est bien sur la m\u00eame longueur d\u2019ondes\u00a0?<\/p>\n<p>Je me dis : \u00ab\u00a0Elle est canon, je vais \u00e9viter de m&rsquo;engager d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre\u00a0; on pourra toujours transformer l\u2019essai en temps utile\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&#8211; Si vous pr\u00e9f\u00e9rez une invitation \u00e0 d\u00e9jeuner, \u00e7a me convient aussi.<br \/>\n&#8211; Oui, c\u2019est bon. Passez \u00e0 la boutique \u00e0 l\u2019heure du d\u00e9jeuner, un jour de semaine. Apr\u00e8s le 17, parce que la semaine prochaine je ne suis pas l\u00e0&#8230; Ou si on veut un peu plus de temps, un samedi.<br \/>\n&#8211; Oui, c\u2019est tr\u00e8s bien\u00a0: on fera \u00e7a un samedi.<br \/>\n&#8211; Vous me rappellerez qui vous \u00eates\u00a0?<br \/>\n&#8211; Oui, oui, ne vous inqui\u00e9tez pas\u00a0: je vous \u00e9crirai m\u00eame une petite bafouille pour confirmer tout \u00e7a.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"aligncenter\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/cWncUtfQSfo\" width=\"700\" height=\"450\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>J\u2019ai sorti les CD de leur emballage et j\u2019ai plac\u00e9 le Tim Hardin sur le lecteur. Quand on s\u2019est retrouv\u00e9s il y a trois ans, Daisy et moi, elle m\u2019a rappel\u00e9 quelque chose de vingt ans plus t\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0La derni\u00e8re fois qu&rsquo;on s&rsquo;est vus, tu avais compris que je ne reviendrais pas et tu me chantais une chanson. Tu te rappelles ce que c&rsquo;\u00e9tait\u00a0?\u00a0\u00bb Oui, c\u2019est vrai, \u00e7a me disait vaguement quelque chose, j\u2019ai dit \u00ab\u00a0Oui, oui, je me souviens\u00a0: \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que je peux dire\u00a0? Elle est en train de s&rsquo;\u00e9loigner, Qu&rsquo;est-ce que je peux faire\u00a0? Elle dit que c&rsquo;est fini entre nous\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Et j\u2019ai cherch\u00e9. je me suis d\u2019abord dit que c\u2019\u00e9tait Stevie Winwood avec le <i>Spencer Davis Group<\/i>. Et j\u2019ai lanc\u00e9 une recherche sur l\u2019un de ces ordinateurs-bases de donn\u00e9es qu\u2019on trouve chez les disquaires. Mais \u00e7a n\u2019a rien donn\u00e9. Alors j\u2019ai pens\u00e9\u00a0: c\u2019est lui, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque de <i>Traffic<\/i>. Toujours rien. Puis je me suis dit, ce sont les <i>Zombies<\/i>. Ensuite les <i>Troggs.<\/i> Peine perdue\u00a0! Et le disque d\u00e9marre et, \u00e0 ma stup\u00e9faction, c\u2019est le m\u00eame Tim Harden qui entonne\u00a0:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Que pourrais-je encore ajouter\u00a0?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nElle est en train de quitter ce que nous avons v\u00e9cu ensemble<br \/>\nQue puis-je faire\u00a0? je t\u2019aime toujours,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nCe n\u2019est qu\u2019un r\u00eave,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nComment pouvons-nous nous accrocher \u00e0 un r\u00eave\u00a0?\u00a0\u00bb <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ou la m\u00eame chose avec les rimes, mais dans une langue \u00e9trang\u00e8re :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0What can I say, she&rsquo;s walking away<br \/>\nFrom what we&rsquo;ve seen<br \/>\nWhat can I do, still loving you<br \/>\nIt&rsquo;s all a dream<br \/>\nHow can we hang on to a dream?\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le deuil de ma m\u00e8re, morte il y a six mois, s\u2019effiloche en fin de parcours\u00a0: l\u2019envie r\u00e9prim\u00e9e \u00e0 tout bout de champ d\u2019allumer des chandelles devient moins pressante. On dit de la p\u00e9riode qui s\u2019ouvre pour moi que c\u2019est \u00ab\u00a0le meilleur moment des amours\u00a0\u00bb et ce \u00ab\u00a0meilleur moment\u00a0\u00bb est lui en r\u00e9alit\u00e9 un deuil \u00e0 l\u2019envers. Dans le deuil, fin est mis peu \u00e0 peu \u00e0 cette pr\u00e9sence d\u2019un autre que moi qui avait trouv\u00e9 \u00e0 se loger cependant dans mon \u00e2me. Le syst\u00e8me est purg\u00e9 de sa partie morte qui a cess\u00e9 de pouvoir servir, tandis que la partie vivante est int\u00e9rioris\u00e9e : on la fait sienne pleinement et pour tout le temps qui nous reste \u00e0 vivre. Et dans un cas comme celui-ci, c\u2019est exactement l\u2019inverse\u00a0: nous apprenons \u00e0 conna\u00eetre une nouvelle personne entr\u00e9e dans la sph\u00e8re dont nous sommes le centre, en conversant avec elle dans des r\u00e9pliques imaginaires, en constituant une r\u00e9serve de remarques spirituelles anticip\u00e9es pour des occasions qui se pr\u00e9senteront ou non. Nous nous construisons ainsi petit \u00e0 petit la familiarit\u00e9 avec l\u2019objet du d\u00e9sir, c\u2019est-\u00e0-dire justement l\u2019autre ayant \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9 au sein de nous-m\u00eame.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Il faudra peut-\u00eatre que je fasse un jour aussi mon deuil de Tina. \u00c0 moins que la chance ne me sourie enfin, et que je connaisse le bonheur de mourir avant que notre amour ne soit mort lui de sa belle mort. Certains s\u2019interrogent candidement pourquoi les hommes se trouvent au fil du temps des femmes de plus en plus jeunes, alors que c\u2019est pour la raison que je viens de dire, qui va en r\u00e9alit\u00e9 de soi\u00a0: pour augmenter leurs chances de quitter la sc\u00e8ne le premier.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p class=\"p1\"><a href=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/06\/30\/chine-et-lart-contemporain-par-dd-dh\/castiglione\/\" rel=\"attachment wp-att-96661\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-96661\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Castiglione.jpg 650w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Voil\u00e0 ! C&rsquo;est termin\u00e9 ! Il me reste une chose \u00e0 faire, recomposer tout cela pour en faire un vrai livre, parce que &#8211; certains l&rsquo;auront not\u00e9 &#8211; j&rsquo;ai un peu bricol\u00e9 le manuscrit de 2003, selon mon inspiration du jour, alors [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7458],"tags":[7459],"class_list":["post-128950","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dix-sept-portraits-de-femmes","tag-dix-sept-portraits-de-femmes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/128950","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=128950"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/128950\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":128996,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/128950\/revisions\/128996"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=128950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=128950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=128950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}