{"id":130555,"date":"2021-11-17T08:13:03","date_gmt":"2021-11-17T07:13:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=130555"},"modified":"2021-11-17T08:13:03","modified_gmt":"2021-11-17T07:13:03","slug":"lheure-des-bilans-par-eloi-patoureaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2021\/11\/17\/lheure-des-bilans-par-eloi-patoureaux\/","title":{"rendered":"<b>L&rsquo;heure des bilans<\/b>, par \u00c9loi Patoureaux"},"content":{"rendered":"<p><strong>L\u2019heure des bilans<\/strong><\/p>\n<p>A quarante ans, on dit que c&rsquo;est l&rsquo;heure des bilans,<br \/>\nAssur\u00e9ment, ce n&rsquo;est pas l\u00e0 pur boniment,<br \/>\nCar aujourd&rsquo;hui, je viens de souffler ces bougies,<br \/>\nEt cette nuit, \u00e0 mes soucis point d&#8217;embellie.<\/p>\n<p>R\u00e9fl\u00e9chissant, me demandant bien comment,<br \/>\nEvidemment, il pourrait en \u00eatre autrement,<br \/>\nQuelle magie, quel changement serait induit,<br \/>\nSoleil qui luit, quarante ellipses autour de lui ?<\/p>\n<p>Pour le moment, mes pens\u00e9es inlassablement,<br \/>\nA mes enfants, vont, accentuant mon tourment,<br \/>\nA leur vie qui, bient\u00f4t \u00e0 rien ne se r\u00e9duit,<br \/>\nCar leur survie, n&rsquo;est aujourd&rsquo;hui plus garantie.<br \/>\n<!--more--><br \/>\nCe que je sens, ce qui arrive est sid\u00e9rant,<br \/>\nC&rsquo;est maintenant, et \u00e7a se voit, c&rsquo;est \u00e9clatant,<br \/>\nQuel ahuri, ignorerait ce qui surgit,<br \/>\nQuel abruti, se banderait les yeux ainsi?<\/p>\n<p>Des \u00e9l\u00e9ments, partout c&rsquo;est le d\u00e9chainement,<br \/>\nUn hurlement, jet\u00e9 par l&rsquo;Environnement,<br \/>\nMais sans sursis, mon existence je poursuis,<br \/>\nEt sans merci, plus de ressources m&rsquo;approprie.<\/p>\n<p>Pour le vivant, un v\u00e9ritable effondrement,<br \/>\nL&rsquo;enterrement, d&rsquo;esp\u00e8ces jadis foisonnant,<br \/>\nSilencieux cri, qui \u00e9chappe aussi \u00e0 mon ou\u00efe,<br \/>\nEt j&rsquo;amplifie, chaque jour cette trag\u00e9die.<\/p>\n<p>En ignorant, malgr\u00e9 les avertissements,<br \/>\nTous les vivants, mes d\u00e9sirs, mes comportements,<br \/>\nMes app\u00e9tits, les pr\u00e9cipitent dans l&rsquo;oubli,<br \/>\nQuelle ironie, c&rsquo;est \u00e0 eux que je dois la vie.<\/p>\n<p>Mon carburant, de mes objets le composant,<br \/>\nMes v\u00eatements, de lui tout mon confort d\u00e9pend,<br \/>\nJusqu&rsquo;\u00e0 la lie, l&rsquo;or noir je le bois, l&rsquo;engloutis,<br \/>\nMon mode de vie, de p\u00e9trole brut est confit.<\/p>\n<p>En le brulant, tel un grand g\u00e9nie malfaisant,<br \/>\nIl se r\u00e9pand, gaz ses serres en refermant,<br \/>\nLe climat cuit, vent devient temp\u00eate en furie,<br \/>\nL&rsquo;air s&rsquo;alourdit, fine particule l&rsquo;obscurcit.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;Oc\u00e9an, de plastique un nouveau continent,<br \/>\nGr\u00e2ce aux courants, mes poubelles en sont l&rsquo;aliment,<br \/>\nMais c&rsquo;est aussi, pi\u00e8ge mortel qui s&rsquo;en saisit,<br \/>\nEt bient\u00f4t git, mouette, hareng, posidonie.<\/p>\n<p>Anciens ciments, les glaciers fondent lentement,<br \/>\nComme saignant, gaz et virus lib\u00e9rant,<br \/>\nA l&rsquo;agonie, surface froide qui fl\u00e9chit,<br \/>\nElle s&rsquo;assombrit, et puis plus rien ne r\u00e9fl\u00e9chit.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau en montant, grignote irr\u00e9m\u00e9diablement,<br \/>\nL&rsquo;enrochement, la digue faite prudemment,<br \/>\nLa plage ici, \u00e0 vue d&rsquo;\u0153il se r\u00e9tr\u00e9cit,<br \/>\nGare \u00e0 celui, qui pr\u00e8s du rivage a construit.<\/p>\n<p>C&rsquo;est fait sciemment, ou s&#8217;embrase par accident,<br \/>\nEn un instant, les for\u00eats partent en br\u00fblant,<br \/>\nD&rsquo;Amazonie, de Sib\u00e9rie ou d&rsquo;Australie,<br \/>\nPartout de suie, le paysage se noircit.<\/p>\n<p>Retournement, labour profond, \u00e9crasement,<br \/>\nLes traitements, le b\u00e9ton, le goudron puant,<br \/>\nLa terre aussi, d&rsquo;o\u00f9 pousse tout ce qui nourrit,<br \/>\nN&rsquo;est plus l&rsquo;abri, du lombric ou de la souris.<\/p>\n<p>Les aliments, que nature fait gratuitement,<br \/>\nMoi seulement, les gouterai trop goul\u00fbment,<br \/>\nPour le petit, d&rsquo;une autre esp\u00e8ce j&rsquo;interdis,<br \/>\nLe gout du fruit, par le poison je le ch\u00e2tie.<\/p>\n<p>Entre les gens, les foss\u00e9s se creusent, b\u00e9ants,<br \/>\nEt le puissant, idiot cynique ou fascisant,<br \/>\nCelui qui joui, et qui sans limite grossit,<br \/>\nSur le petit, renforce sa supr\u00e9matie.<\/p>\n<p>Et les migrants, que l&rsquo;on qualifie de brigands,<br \/>\nDe nos mendiants, ils viennent gonfler les rangs,<br \/>\nEn ennemi, je re\u00e7ois ce fr\u00e8re transis,<br \/>\nIl trouve ici, cellule, barreaux, ou taudis.<\/p>\n<p>Le dirigeant, de toute nation attendant,<br \/>\nPlus d&rsquo;argent, d&rsquo;argent sonnant et tr\u00e9buchant,<br \/>\nPour ses amis, ceux-l\u00e0 qui d\u00e9j\u00e0 ont tout pris,<br \/>\nPour les nantis, si dur il \u0153uvre jour et nuit.<\/p>\n<p>Habilement, flattant mon ego gentiment,<br \/>\nConsentement, il obtint bien facilement,<br \/>\nMon regard fuit, devant les crimes impunis,<br \/>\nEt les conflits, trop lointains pour \u00eatre suivis.<\/p>\n<p>Je le comprends, ma langue il parle couramment,<br \/>\nCar le tyran, point ne s&rsquo;exprime en allemand,<br \/>\nApologie, du chacun pour soi, du profit,<br \/>\nD\u00e9mocratie, foul\u00e9e aux pieds dans l&rsquo;incurie.<\/p>\n<p>Le parlement, est chambre d&rsquo;enregistrement,<br \/>\nLe jugement, n&rsquo;est bient\u00f4t plus ind\u00e9pendant,<br \/>\nDevant Bercy, se prosternent les plus instruits,<br \/>\nEt les k\u00e9pis, jusqu&rsquo;aux \u00e9coles ont envahi. <\/p>\n<p>Le Pr\u00e9sident, s&rsquo;est fait laquais des poss\u00e9dants,<br \/>\nAu firmament, un Jupiter omnipotent,<br \/>\nL&rsquo;urne remplie, tous les reculs justifie,<br \/>\nTous les acquis, tous les biens communs sont d\u00e9truits.<\/p>\n<p>Condescendant, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des cons, des sans-dents,<br \/>\nC&rsquo;est dans le sang, qu&rsquo;il r\u00e9prime ses opposants,<br \/>\nDans le pays, de Nantes, Toulouse ou Nancy,<br \/>\nElle grandit, la col\u00e8re des tout petits.<\/p>\n<p>Soul\u00e8vement, multicolore assourdissant,<br \/>\nUn grondement, de toute part tu entends,<br \/>\nOligarchie, tu crus que tout t&rsquo;\u00e9tais permis,<br \/>\nPetit Paris, de pouvoir tes derniers jours tu vis.<\/p>\n<p>Entre les gens, beaucoup de discours on entend,<br \/>\nQui alarmants, qui plus ou moins attendrissants,<br \/>\nCertains ici, ouvrant les yeux ont bien compris,<br \/>\nQue cette orgie, cette f\u00eate est bient\u00f4t finie.<\/p>\n<p>Et vaillamment, ils se sont mis en mouvement,<br \/>\nDes militants, ils ont rejoint les contingents,<br \/>\nDu colibri, tout l&rsquo;effort contre l&rsquo;incendie,<br \/>\nPoint ne suffit, \u00e0 qui veut entendre ils le crient.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est plus temps, des mea culpa larmoyants,<br \/>\nQuestionnements, ou tout autre atermoiement,<br \/>\nToi qui me lis, qu&rsquo;est criminel ton d\u00e9ni,<br \/>\nD\u00e8s lors agis, et la r\u00e9sistance agrandis.<\/p>\n<p>Choisis ton camp, avec ton espoir mourant,<br \/>\nEn contemplant, la catastrophe s&rsquo;avan\u00e7ant,<br \/>\nLa barbarie, que d&rsquo;aucuns pourtant ont pr\u00e9dit,<br \/>\nL&rsquo;ignominie, montre que tout n\u2019est pas \u00e9crit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><strong>L\u2019heure des bilans<\/strong><\/p>\n<p>A quarante ans, on dit que c&rsquo;est l&rsquo;heure des bilans,<br \/> Assur\u00e9ment, ce n&rsquo;est pas l\u00e0 pur boniment,<br \/> Car aujourd&rsquo;hui, je viens de souffler ces bougies,<br \/> Et cette nuit, \u00e0 mes soucis point d&#8217;embellie.<\/p>\n<p>R\u00e9fl\u00e9chissant, me demandant bien comment,<br \/> Evidemment, il pourrait en \u00eatre autrement,<br \/> Quelle magie, quel 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