{"id":13082,"date":"2010-06-18T22:41:10","date_gmt":"2010-06-18T20:41:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=13082"},"modified":"2013-01-02T18:00:31","modified_gmt":"2013-01-02T17:00:31","slug":"lactualite-de-la-crise-ils-font-monter-les-encheres-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/06\/18\/lactualite-de-la-crise-ils-font-monter-les-encheres-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: ils font monter les ench\u00e8res, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>ILS FONT MONTER LES ENCH\u00c8RES<\/strong><\/p>\n<p>Tout \u00e0 leur souci de d\u00e9samorcer une crise qui continue de leur glisser des mains, les dirigeants europ\u00e9ens viennent de prendre le risque de faire monter les ench\u00e8res \u00e0 l\u2019occasion de leur sommet du 17 juin. <\/p>\n<p>N\u2019ayant rien d\u2019autre de tangible \u00e0 proposer &#8211; une fois de plus dans l\u2019urgence, et cette fois-ci en raison de la situation espagnole &#8211; ils se sont finalement r\u00e9solus \u00e0 d\u00e9cider de rendre public les stress tests des banques. Une suggestion qu\u2019\u00e9tait pourtant venu leur faire en urgence il y a plusieurs semaines Tim Geithner, secr\u00e9taire d\u2019Etat au Tr\u00e9sor am\u00e9ricain, qui en avait d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 aux Etats-Unis la recette. Mais jusque l\u00e0 sans avoir \u00e9t\u00e9 entendu. <\/p>\n<p>Ce geste contraint, salu\u00e9 par tous les commentateurs qui en venaient \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer d\u2019eux, vaut certes reconnaissance que la situation des banques est au centre des inqui\u00e9tudes <i>des march\u00e9s<\/i>, ce qui prend les dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 revers d\u2019une strat\u00e9gie de communication toute enti\u00e8re ax\u00e9e sur les d\u00e9ficits publics et l\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Mais va-t-il \u00eatre pour autant suffisant pour calmer la situation\u00a0? Depuis des mois d\u00e9j\u00e0, les chefs d\u2019Etat et de gouvernement nous ont en effet habitu\u00e9s \u00e0 accumuler des d\u00e9cisions tardives et inop\u00e9rantes. La derni\u00e8re en date \u00e9tant un mirifique plan de stabilit\u00e9 financi\u00e8re qui n\u2019est toujours pas op\u00e9rationnel et pour lequel des flous sont encore entretenus, en raison de divergences qu\u2019ils ne parviennent pas \u00e0 masquer.<\/p>\n<p><!--more-->Sans surprise, \u00e0 peine cette d\u00e9cision \u00e9tait rendue publique que les questions fusaient, en raison de tous les myst\u00e8res dont elle \u00e9tait une fois de plus entour\u00e9e. La premi\u00e8re portait sur l\u2019ampleur des tests. La crainte &#8211; qui s\u2019est vite r\u00e9v\u00e9l\u00e9e justifi\u00e9e &#8211; \u00e9tant qu\u2019ils ne seraient pratiqu\u00e9s que sur les plus grands \u00e9tablissements bancaires et laisseraient de c\u00f4t\u00e9 tous les autres. Or, il est de notori\u00e9t\u00e9 publique que les premiers peuvent plus facilement dissimuler leurs petites faiblesses et que les seconds, au contraire, sont souvent en piteux \u00e9tat. <\/p>\n<p>Il suffit, pour s\u2019en convaincre, de penser aux banques r\u00e9gionales des L\u00e4nder allemands, ou aux caisses d\u2019\u00e9pargne espagnoles. Et de noter que si le gouvernement espagnol a orchestr\u00e9 des fuites relatives \u00e0 la bonne sant\u00e9 de ses plus grandes banques, BBVA et Santander, afin de faciliter sa derni\u00e8re \u00e9mission obligataire (qui va n\u00e9anmoins lui co\u00fbter fort cher), il a n\u00e9glig\u00e9 de donner des informations de m\u00eame nature sur ses caisses d\u2019\u00e9pargne. Alors que les informations circulent abondamment sur le fait que tout ce secteur bancaire n\u2019est plus en mesure de se refinancer et doit faire en permanence appel \u00e0 la BCE. <\/p>\n<p>La seconde question n\u2019\u00e9tait pas moins d\u00e9cisive, afin de juger par avance de la port\u00e9e des stress test, sans m\u00eame attendre leur publication le 24 juillet prochain, comme pour l\u2019instant annonc\u00e9. Quels param\u00e8tres ont donc \u00e9t\u00e9 retenus pour \u00ab\u00a0durcir\u00a0\u00bb et recommencer des tests, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9s comme il a \u00e9t\u00e9 maladroitement reconnu dans le but de les cr\u00e9dibiliser ?  Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, va-t-il ou non \u00eatre tenu compte du risque d\u2019une d\u00e9cote des obligations d\u2019Etat, dont on se rappelle qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 au centre des pr\u00e9occupations <i>des march\u00e9s<\/i>, avant qu\u2019ils ne s\u2019inqui\u00e8tent des risques de r\u00e9cession \u00a0? La r\u00e9ponse n\u2019est pas claire, laissant supposer que non. <\/p>\n<p>La r\u00e9partition des r\u00f4les et des responsabilit\u00e9s dans la tenue de cet examen de passage n\u2019\u00e9tant pas non plus d\u2019une grande clart\u00e9 &#8211; entre les ministres des finances, la BCE et la Commission europ\u00e9enne &#8211; il devenait n\u00e9cessaire de se tourner vers le Centre Europ\u00e9en des Contr\u00f4leurs Bancaires (CEBS), qui en a officiellement la charge. Rien, h\u00e9las, n\u2019est encore \u00e0 ce jour venu de son c\u00f4t\u00e9 apporter les \u00e9claircissements souhait\u00e9s, si ce n\u2019est de tr\u00e8s vagues et g\u00e9n\u00e9rales consid\u00e9rations qui ne permettent pas de r\u00e9pondre \u00e0 toutes ces l\u00e9gitimes questions. <\/p>\n<p>Cerise sur la g\u00e2teau, enfin, la m\u00e9thodologie m\u00eame des tests, pour ce qu\u2019il en est connu, pouvait \u00eatre mise en cause en raison du fait qu\u2019elle n\u2019analysait pas le <i>risque syst\u00e9mique<\/i> du syst\u00e8me dans son ensemble, au pr\u00e9texte du seul examen de ces \u00e9l\u00e9ments constituants, un par un. <\/p>\n<p>A \u00e9couter <i>les march\u00e9s<\/i>, qui s\u2019expriment de plus en plus ouvertement par l\u2019interm\u00e9diaire des analystes des grandes banques europ\u00e9ennes, leur attente n\u2019est pourtant pas compliqu\u00e9e. Ils consid\u00e8rent simplement que l\u2019Europe ne pourra sortir de l\u2019impasse dans laquelle elle se trouve qu\u2019\u00e0 deux conditions\u00a0: la poursuite de la <i>d\u00e9valuation comp\u00e9titive<\/i> engag\u00e9e de l\u2019euro (que craignent tous les autres puissances exportatrices, Etats-Unis, Japon et Chine en t\u00eate), et l\u2019engagement r\u00e9solu de la BCE dans une politique de cr\u00e9ation mon\u00e9taire, afin de favoriser la relance et soutenir sans ambages le march\u00e9 de la dette souveraine. C&rsquo;est eux qui parlent. <\/p>\n<p>Une question reste toutefois pendante, en attendant que ces souhaits soient exauc\u00e9s, le second d\u2019entre eux n\u2019\u00e9tant pas actuellement \u00e0 port\u00e9e. Car de deux choses l\u2019une\u00a0: ou le r\u00e9sultat des tests sera d\u00e9clar\u00e9 positif, retirant toute cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ration, qui capotera alors, ou bien ils mettront en \u00e9vidence la sous-capitalisation de certaines banques. Dans ce dernier cas, la question imm\u00e9diate qui se posera sera de savoir si &#8211; comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas aux Etats-Unis &#8211; les banques en question pourront par leurs propres moyens augmenter leur fonds propres. Ou bien si des soutiens publics seront \u00e0 nouveau n\u00e9cessaires. <\/p>\n<p>En manifestant de vives r\u00e9ticences \u00e0 propos de la publication des r\u00e9sultats des tests, la Bundesbank et le patron de la Deutsche Bank n\u2019avaient pas exprim\u00e9 autre chose, soulignant qu\u2019il fallait alors avoir pr\u00eat sous le coude un plan de soutien. De toute \u00e9vidence, ce n\u2019est pas le cas et n\u00e9cessitera &#8211; si ce cas de figure se pr\u00e9sente &#8211; une nouvelle improvisation. <\/p>\n<p>Une de plus, qui ne fera que refl\u00e9ter les conditions \u00e0 l&rsquo;arrach\u00e9 dans lesquelles la d\u00e9cision du sommet a \u00e9t\u00e9 prise. Sous l&rsquo;insistance des Espagnols qui mena\u00e7aient d&rsquo;agir unilat\u00e9ralement, relay\u00e9s par la Commission de Bruxelles. L&rsquo;histoire en a depuis transpir\u00e9. <\/p>\n<p>Les dirigeants europ\u00e9ens peuvent esp\u00e9rer avoir gagn\u00e9 un r\u00e9pit d&rsquo;un gros mois, dans le meilleur des cas. Car rien ne dit que l&rsquo;Espagne rencontrera sur les march\u00e9s, avant m\u00eame la publication des r\u00e9sultats des tests, un accueil favorable pour ses prochaines \u00e9missions obligataires. Rien n&rsquo;assure \u00e9galement que les petits \u00e9tablissements bancaires, qui ont en Europe retard\u00e9 autant que possible leurs op\u00e9rations de financement, et qui sont coinc\u00e9s alors que les taux montent, ne commenceront pas \u00e0 conna\u00eetre des d\u00e9faillances. <\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;image de ce qui se passe aux Etats-Unis, mais dans un autre contexte, les banques qui n&rsquo;appartiennent pas au haut du pav\u00e9 ne pourront pas, pour beaucoup d&rsquo;entre elles, \u00e9chapper \u00e0 des regroupements et des restructurations. Qui va financer ce processus, les m\u00e9gabanques qui vont devoir utiliser leurs ressources et faire appel <i>aux march\u00e9s<\/i> pour leur propre compte ? <\/p>\n<p>Quelle attitude la BCE va-t-elle pouvoir prendre, si ce n&rsquo;est poursuivre ce qu&rsquo;elle a engag\u00e9, et sans doute l&rsquo;accro\u00eetre ? Entra\u00eenant les dirigeants sur une pente qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas choisi.<\/p>\n<p>L&rsquo;Espagne n&rsquo;est pas la Gr\u00e8ce et l&rsquo;Europe n&rsquo;a pas les moyens de faire face \u00e0 son d\u00e9rapage. La visite de Dominique Strauss Kahn \u00e0 Madrid, pr\u00e9sent\u00e9e sous son jour le plus innocent, en est le signe. <\/p>\n<p>Demain sera un autre jour. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>ILS FONT MONTER LES ENCH\u00c8RES<\/strong><\/p>\n<p>Tout \u00e0 leur souci de d\u00e9samorcer une crise qui continue de leur glisser des mains, les dirigeants europ\u00e9ens viennent de prendre le risque de faire monter les ench\u00e8res \u00e0 l\u2019occasion de leur sommet du 17 juin. <\/p>\n<p>N\u2019ayant rien d\u2019autre de tangible \u00e0 proposer &#8211; une fois de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[94,80,164,4475,4479,243],"class_list":["post-13082","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance","tag-allemagne","tag-bce","tag-deficits","tag-etats-unis","tag-europe","tag-zone-euro"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13082","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13082"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13082\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48198,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13082\/revisions\/48198"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13082"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13082"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13082"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}