{"id":13282,"date":"2010-06-24T16:16:00","date_gmt":"2010-06-24T14:16:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=13282"},"modified":"2013-01-02T18:00:05","modified_gmt":"2013-01-02T17:00:05","slug":"je-ne-rembourserai-pas-par-olivier-brumaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/06\/24\/je-ne-rembourserai-pas-par-olivier-brumaire\/","title":{"rendered":"Je ne rembourserai pas, par Olivier Brumaire"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Je ne rembourserai pas \u2013 ou \u00ab\u00a0Les pauvres paieront-ils pour les (tr\u00e8s) riches\u00a0\u00bb ? <\/strong><\/p>\n<p>La dette publique fran\u00e7aise file d\u00e9sormais all\u00e8grement vers les 1\u00a0800\u00a0Md\u20ac, soit la bagatelle de 60\u00a0000\u00a0\u20ac par foyer.<\/p>\n<p>En 2010, la situation\u00a0budg\u00e9taire de l\u2019\u00c9tat est dramatique : Ressources nettes 175\u00a0Md\u20ac, D\u00e9penses nettes 325\u00a0Md\u20ac, D\u00e9ficit 150\u00a0Md\u20ac (\u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.performance-publique.gouv.fr\/fileadmin\/medias\/documents\/ressources\/PLF2010\/depliant_budget2010.pdf\">www.performance-publique.gouv.fr<\/a> \u00bb &#8211; le gouvernement a conserv\u00e9 son humour\u2026). Le plafond de Maastricht de 3\u00a0% du PIB est enfonc\u00e9 avec pr\u00e8s de 8\u00a0% du PIB. Nous d\u00e9pensons ainsi cette ann\u00e9e 190\u00a0% des recettes (contre encore 120\u00a0% avant la crise)\u2026 Et du coup, la dette repr\u00e9sente pr\u00e8s de 10 ans de recettes fiscales actuelles\u2026<\/p>\n<p>Heureusement les politiques nous l\u2019ont promis\u00a0: il est hors de question qu\u2019ils g\u00e8rent les finances publiques avec \u00ab\u00a0rigueur\u00a0\u00bb \u2013 pour ceux qui auraient encore un doute. Voil\u00e0 enfin une promesse dont nous pouvons \u00eatre assur\u00e9s qu\u2019elle sera tenue\u2026 Vivons donc au dessus de nos moyens, ou plut\u00f4t, enrichissons les riches, et apr\u00e8s, que diable, advienne que pourra. Et bien justement, \u00e7a advient\u2026<\/p>\n<p><!--more-->Car enfin, n\u2019est-il pas formidable qu\u2019une situation financi\u00e8re que n\u2019importe quel m\u00e9nage trouverait <strong>insens\u00e9e et intenable<\/strong> pour son cas personnel, devienne une pratique accept\u00e9e voire th\u00e9oris\u00e9e quand elle est appliqu\u00e9e au niveau de l\u2019\u00c9tat \u2013 qui n\u2019est qu\u2019un ensemble de m\u00e9nages\u2026 Mais pour justifier ce qui heurte le bons sens, les discours abondent\u2026<\/p>\n<p>On entend d\u2019abord que l\u2019\u00c9tat, tels les diamants, est <strong>\u00e9ternel<\/strong>, mais ce n\u2019est pas en soi de nature \u00e0 changer fondamentalement le probl\u00e8me\u2026<\/p>\n<p>Ensuite, on nous explique que l\u2019\u00c9tat peut <strong>lever tous les imp\u00f4ts<\/strong> qu\u2019il souhaite (merci pour les contribuables, d\u2019ailleurs). C\u2019est une justification plus robuste, sauf qu\u2019elle n\u2019est que th\u00e9orique. Si l\u2019\u00c9tat n\u2019arrive pas aujourd\u2019hui \u00e0 vivre de ses imp\u00f4ts, comment pourrait-il non seulement y arriver demain avec des charges d\u2019int\u00e9r\u00eats plus \u00e9lev\u00e9es, mais, en plus, disposer de ressources pour se d\u00e9sendetter\u00a0? Nous verrons qu\u2019il y a d\u2019ailleurs une autre diff\u00e9rence avec un m\u00e9nage, qui elle, n\u2019est \u00e9trangement jamais \u00e9voqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Les adorateurs de la dette publique nous expliquent alors que face \u00e0 l\u2019endettement public (un passif), il faudrait <strong>tenir compte de l\u2019actif public<\/strong>. Si on regarde simplement l\u2019\u00c9tat central, la Cour des comptes dans sa certification des comptes de l\u2019\u00c9tat estimait au 31\/12\/2008 son actif \u00e0 environ 650\u00a0Md\u20ac et son passif \u00e0 1\u00a0350 Md\u20ac. Situation nette de -700\u00a0Md\u20ac, avec un \u00ab\u00a0r\u00e9sultat\u00a0\u00bb en 2008 de -75\u00a0Md\u20ac. Tout va bien. Et encore, une \u00ab\u00a0chance\u00a0\u00bb, c\u2019\u00e9tait avant la Crise\u2026 Quoiqu\u2019il en soit (et m\u00eame en prenant l\u2019actif des collectivit\u00e9s locales), la situation nette est n\u00e9gative, mais surtout cet argument de l\u2019actif ne tient gu\u00e8re, s\u2019imagine-t-on vendre un jour (et \u00e0 qui\u00a0?) le ch\u00e2teau de Versailles, l\u2019H\u00f4pital Pompidou, les Minist\u00e8res, la Nationale\u00a07, le porte-avion Charles de Gaulle pour rembourser la dette\u2026\u00a0? On se moque du monde.<\/p>\n<p>On parle aussi souvent de \u00ab\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat\u00a0\u00bb d\u2019emprunter, de faire du d\u00e9ficit pour de \u00ab\u00a0bons investissements\u00a0\u00bb amortissables sur des dur\u00e9es tr\u00e8s longues &#8211; construire un h\u00f4pital par exemple. Qu\u2019il y aurait alors un \u00ab\u00a0<strong>bon d\u00e9ficit<\/strong> \u00bb pour des investissements, et un mauvais pour des d\u00e9penses de fonctionnement. Cela tient peu. D\u2019abord, c\u2019est la nature de l\u2019\u00c9tat d\u2019investir, et d\u2019investir tous les ans. Car l\u2019\u00c9tat construit tous les ans ses h\u00f4pitaux\u00a0! Un m\u00e9nage peut s\u2019endetter pour acheter une maison, mais s\u2019il veut investir et acheter une maison de plus tous les ans, il faut bien que ses revenus annuels soient \u00e9gaux au prix d\u2019une maison, sinon, c\u2019est du Maddoff\u2026 Ensuite la distinction est presque impossible. Car b\u00e9tonner pour construire un a\u00e9roport de plus peu utile serait formidable, mais payer un salaire de chercheur ou d\u2019enseignant serait un gaspillage\u00a0? On marche sur la t\u00eate. On remarquera d\u2019ailleurs que ces contempteurs de la d\u00e9pense ne s&rsquo;appliquent jamais \u00e0 eux-m\u00eames leur raisonnement, car dans ce cas ils seraient en situation de n\u2019avoir strictement aucune \u00e9pargne, et que des dettes\u2026. On observera que c\u2019est rarement le cas !<\/p>\n<p>Mais cet argument est tr\u00e8s puissant dans les d\u00e9bats pour d\u00e9tourner l\u2019attention du probl\u00e8me du <strong>financement <\/strong>et le reporter sur un probl\u00e8me de la qualit\u00e9 ou de l\u2019<strong>opportunit\u00e9<\/strong> de l\u2019investissement. Or, peu importe qu\u2019il soit bien ou non de d\u00e9penser de l\u2019argent sur un projet, mais simplement, si on le d\u00e9pense, il faut le financer, et sur l\u2019exercice budg\u00e9taire.\u00a0 Car face au probl\u00e8me des d\u00e9ficits, il faut refuser de se laisser enfermer dans le discours des conservateurs, qui expliquent qu\u2019il faut donc couper les d\u00e9penses (bien entendre \u00ab\u00a0sociales\u00a0\u00bb, et non pas de d\u00e9penses de types \u00ab\u00a0niche fiscale\u00a0\u00bb) et ne plus remplacer les fonctionnaires (au passage, ils parlent des fonctionnaires d\u2019\u00c9tat, car en tenant compte des fonctionnaires territoriaux dans toutes les baronnies locales, le nombre total de fonctionnaire n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019augmenter. Bref, on remplace des profs par des cantonniers, l\u2019avenir s\u2019annonce radieux\u2026).<\/p>\n<p>Car on peut, et on doit, augmenter les recettes. De fa\u00e7on intelligente, prudente, juste et \u00e9quitable. Mais ne pas diminuer notre protection sociale, dont nous aurons besoins dans les ann\u00e9es qui viennent. Il ne faut pas c\u00e9der aux sir\u00e8nes des <strong>int\u00e9gristes de la privatisation<\/strong> et de la non-mutualisation \u2013 hormis pour les pertes priv\u00e9es en cas de crise, car l\u00e0 c\u2019est bien entendu guichet ouvert et \u00ab\u00a0no limit\u00a0\u00bb&#8230;\u00a0 Car si par exemple on voulait diminuer les imp\u00f4ts, on pourrait supprimer la S\u00e9curit\u00e9 sociale, et tout transf\u00e9rer au priv\u00e9. Sans m\u00eame parler de l\u2019acc\u00e8s aux soins, on \u00e9conomiserait bien entendu 1\u00a0000\u00a0\u20ac d\u2019imp\u00f4ts mais, il faudrait simplement payer 1\u00a0200\u00a0\u20ac \u00e0 des assureurs priv\u00e9s (non qu\u2019ils g\u00e8rent mal, mais simplement, il faut payer des commerciaux, du marketing, de la publicit\u00e9, etc.). On aurait plus de \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0\u00bb, mais est-ce bien cela le sens de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral\u00a0et de la simple efficacit\u00e9 \u00e9conomique ?<\/p>\n<p>Notons aussi que le \u00ab\u00a0<strong>nous endettons nos enfants<\/strong> \u00bb est faux \u00e0 plusieurs niveaux. D\u2019abord, la dur\u00e9e moyenne de la dette est d\u2019environ 7 ans (<a href=\"http:\/\/www.aft.gouv.fr\/aft_fr_23\/dette_etat_24\/indicateurs_dette_97\/duree_vie_moyenne_166\/index.html\">Agence France Tr\u00e9sor<\/a>). Cela veut dire que les 1\u00a0800\u00a0Md\u20ac devront \u00eatre rembours\u00e9s d\u2019ici 7 ans \u2013 et donc qu\u2019il faudra emprunter de nouveau 1800\u00a0Md\u20ac d\u2019ici l\u00e0, bien entendu\u2026 On voit le danger en cas de remont\u00e9e des taux, voire de pure d\u00e9fiance des pr\u00eateurs\u2026 Et tout le monde comprend qu\u2019il s\u2019agit de pure \u00ab\u00a0cavalerie\u00a0\u00bb financi\u00e8re. Cela rappelle ce sketch o\u00f9 Charlotte de Turckheim r\u00e9pond \u00e0 son banquier qui s\u2019inqui\u00e8te de son d\u00e9couvert \u00ab\u00a0aucun probl\u00e8me, je vous fais un ch\u00e8que\u00a0!\u00a0\u00bb\u2026 Bref, bon courage \u00e0 celui qui aura le mistigri le mauvais jour\u2026<\/p>\n<p>Mais le plus important dans cette affaire, est que non, nous ne laisserons absolument aucune dette \u00ab\u00a0\u00e0 nos enfants\u00a0\u00bb. Tout simplement parce qu\u2019aux 1\u00a0800\u00a0Md\u20ac de dettes correspondent 1\u00a0800\u00a0Md\u20ac de <strong>cr\u00e9ances<\/strong>, pour les d\u00e9tenteurs physiques des bons du tr\u00e9sor. On peut m\u00eame dire qu\u2019au fond, l\u2019\u00c9tat n\u2019a aucune dette\u00a0; ce sont bien les contribuables (donc tout le monde) qui doivent de l\u2019argent\u2026 aux personnes qui d\u00e9tiennent une \u00e9pargne importante investie en obligations d\u2019\u00c9tat (Sicav, assurance vie, \u2026). Ainsi, on laissera simplement aux enfants des pauvres, des classes moyennes et m\u00eame des classes ais\u00e9es, des dettes \u00e0 rembourser aux enfants des tr\u00e8s riches. On accentuera ainsi les in\u00e9galit\u00e9s \u2013 puisqu\u2019il est moderne de supprimer l\u2019imp\u00f4t sur les successions, car m\u00eame payer des imp\u00f4ts apr\u00e8s notre mort est insupportable&#8230;<\/p>\n<p>Car au fond, qu\u2019est-ce que <strong>l\u2019endettement public<\/strong> ? De l\u2019argent emprunt\u00e9, qu\u2019on \u00ab\u00a0roule\u00a0\u00bb r\u00e9guli\u00e8rement en empruntant de nouveau pour rembourser les premiers pr\u00e9teurs. Tant qu\u2019il y a des pr\u00eateurs, finalement, ce n\u2019est pas si grave. Sauf que cette dette entraine des int\u00e9r\u00eats. Or, qui paye les int\u00e9r\u00eats\u00a0? Le contribuable, donc tout le monde. Et \u00e0 qui sont pay\u00e9s ces int\u00e9r\u00eats\u00a0? Et bien aux plus fortun\u00e9s, ayant assez de patrimoine \u00ab\u00a0inutile\u00a0\u00bb pour le placer en obligations d\u2019\u00c9tat, soit peu de monde, quand on se rappelle que le salaire m\u00e9dian en France est autour de 1500 \u20ac par mois\u2026 Les 50 % des fran\u00e7ais les plus pauvres ne poss\u00e8dent que 7\u00a0% du patrimoine total, les 10\u00a0% les plus riches en poss\u00e9dant presque 50\u00a0% (chiffres <a href=\"http:\/\/www.insee.fr\/fr\/ffc\/docs_ffc\/ref\/fporsoc07d.pdf\">Insee<\/a>). C\u2019est dire que 10\u00a0% de la population doit poss\u00e9der environ 80\u00a0% des cr\u00e9ances sur la dette publique (Aux \u00c9tats-Unis, pr\u00e8s de 50\u00a0% des actifs financiers sont poss\u00e9d\u00e9s par 1\u00a0% de la population <a href=\"http:\/\/sociology.ucsc.edu\/whorulesamerica\/power\/wealth.html\">Source<\/a>). En fait, ceci est un formidable syst\u00e8me pour voler les pauvres pour donner aux riches \u2013 la version \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb de Robin des bois en somme\u2026<\/p>\n<p>Ainsi, avant, les riches payaient des imp\u00f4ts et l\u2019\u00c9tat \u00e9tait en \u00e9quilibre, aujourd\u2019hui, ils ne les payent plus, l\u2019\u00c9tat est en d\u00e9ficit, et il donc doit emprunter\u2026 aux riches cet argent. Il faut sinc\u00e8rement saluer l\u2019habilit\u00e9 des tr\u00e8s riches pour leur lobbying ayant permis de transformer leurs imp\u00f4ts en pr\u00eats\u2026<\/p>\n<p>Mesurons bien\u00a0: la situation budg\u00e9taire de l\u2019\u00c9tat \u00e9tait en 2008, avant la crise, sur une tendance d\u2019environ 50 Md\u20ac de d\u00e9ficit avec 230\u00a0Md\u20ac de recettes pour 280\u00a0Md\u20ac, \u00a0de d\u00e9penses. Il y avait environ 50\u00a0Md\u20ac de recettes de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu, et pr\u00e8s de 50\u00a0Md\u20ac d\u2019int\u00e9r\u00eats vers\u00e9s aux pr\u00eateurs. Oui, sans les int\u00e9r\u00eats, l\u2019\u00c9tat \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre. Oui,<strong> l\u2019ensemble de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu a \u00e9t\u00e9 revers\u00e9 aux classes les plus riches<\/strong> pour les remercier de n\u2019avoir pas pay\u00e9 d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p>Mais revenons aux comparaisons de l\u2019\u00c9tat et des m\u00e9nages. Et comprenons bien qu\u2019<strong>un \u00c9tat ne fait jamais faillite<\/strong>, ce n\u2019est pas une entreprise, il ne peut \u00eatre liquid\u00e9. Non, un \u00c9tat d\u00e9cide juste un jour de ne pas rembourser ses dettes, point final. Car il peut, et doit, arbitrer entre ses cr\u00e9anciers et ses citoyens \u2013 qui l\u2019\u00e9lisent\u2026 C\u2019est cela en r\u00e9alit\u00e9 la diff\u00e9rence la plus importante avec un m\u00e9nage.<\/p>\n<p><strong>Et bien, pour mon cas, cette dette sur mes \u00e9paules, je ne la rembourserai pas.<\/strong> Je ne l\u2019accepte pas. Je la r\u00e9cuse. Je ne passerai pas \u00e0 ma vie \u00e0 me serrer la ceinture pour rembourser des dettes des g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es envers des millionnaires, qui sont justement millionnaires car ils n\u2019ont pas pay\u00e9 ces imp\u00f4ts qui ont manqu\u00e9 et justifient d\u00e9sormais la dette. Elle est inique, et son principe n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 d\u00e9mocratiquement. Car, \u00e0 1\u00a0800\u00a0Md\u20ac, l\u2019enjeu d\u00e9passe tr\u00e8s largement la d\u00e9l\u00e9gation de pouvoir de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Ce sujet n\u2019a d\u2019ailleurs jamais \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 et expliqu\u00e9 en profondeur par les politiques, unis dans un silence complice, soucieux de leur maintien en place et de la satisfaction des int\u00e9r\u00eats financiers d&rsquo;une infime minorit\u00e9. Un tel engagement ne peut \u00eatre accept\u00e9 que par <strong>r\u00e9f\u00e9rendum<\/strong> \u2013 et encore dans certaines limites, puisqu\u2019il engagerait aussi les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n<p>Il faut donc appeler \u00e0 un <strong>large effacement des dettes et cr\u00e9ances publiques <\/strong>\u2013 en d\u00e9finissant un plafond mod\u00e9r\u00e9 de remboursement par m\u00e9nage. Bref, un retour \u00e0 la remise des dettes du <strong>Jubil\u00e9<\/strong> historique :\u00a0<em>\u00ab\u00a08- Tu compteras sept semaines d\u2019ann\u00e9es, sept fois sept ans, c\u2019est-\u00e0-dire le temps de sept semaines d\u2019ann\u00e9es, quarante neuf ans. [\u2026] 10 Vous d\u00e9clarerez sainte cette cinquanti\u00e8me ann\u00e9e et proclamerez l\u2019affranchissement de tous les habitants du pays. Ce sera pour vous un jubil\u00e9 : chacun de vous rentrera dans son patrimoine, chacun de vous retournera dans son clan. [\u2026] 14 Si tu vends ou si tu ach\u00e8tes \u00e0 ton compatriote, que nul ne l\u00e8se son fr\u00e8re ! \u00bb (L\u00e9vitique 25, 10.11)<\/em><\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas du vol, c\u2019est juste un imp\u00f4t, \u00e9gal \u00e0 la cr\u00e9ance d\u00e9tenue sur l\u2019\u00c9tat. C\u2019est m\u00eame la <strong>perception tardive de tous les imp\u00f4ts non acquitt\u00e9s<\/strong> au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Un tel jubil\u00e9 ram\u00e8nerait en r\u00e9gime normal les comptes publics \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre. Et justement, oui, il faut inscrire dans la Constitution que, hors p\u00e9riode de r\u00e9cession ou de grave crise, les comptes publics doivent \u00eatre <strong>\u00e9quilibr\u00e9s<\/strong>. Pour garder d\u2019importantes marges de man\u0153uvre en cas de crise. Simplement car un syst\u00e8me \u00ab\u00a0quand tout va bien, on s\u2019endette beaucoup, quand tout va mal, on s\u2019endette \u00e9norm\u00e9ment\u00a0\u00bb n\u2019est pas durable. L\u2019endettement public sur le march\u00e9 obligataire doit \u00eatre interdit ou extr\u00eamement limit\u00e9. Car le paiement d\u2019int\u00e9r\u00eats vole les pauvres, et met l\u2019\u00c9tat \u00e0 la merci de \u00ab\u00a0L\u00e9march\u00e9\u00a0\u00bb \u00e9trangers, le d\u00e9poss\u00e9dant de son pouvoir de d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Bien entendu, la dette \u00e9tant d\u00e9tenue aux deux tiers \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, ce d\u00e9faut n\u00e9goci\u00e9 posera des probl\u00e8mes, mais comme nous d\u00e9tenons aussi de la dette \u00e9trang\u00e8re, cela finirait par s\u2019\u00e9quilibrer. Cela nuira \u00e9norm\u00e9ment aux r\u00e9gimes de retraites par capitalisation \u00e9trangers, mais il est in\u00e9luctable qu\u2019ils soient transform\u00e9s en r\u00e9gimes en r\u00e9partition, seul syst\u00e8me p\u00e9renne dans un environnement de crise \u00e9conomique majeure, de vieillissement des populations (car ces actions \u00ab\u00a0pour la retraite\u00a0\u00bb vont commencer \u00e0 \u00eatre vendues, entrainant des baisses de cours) et de cons\u00e9quences du pic p\u00e9trolier qui se profile \u00e0 court-terme. La projection de tendances pass\u00e9es \u00e0 un moment de forte inflexion de l\u2019environnement est dramatiquement erron\u00e9e<\/p>\n<p>On parlera enfin de pr\u00e9l\u00e8vement <strong>confiscatoire<\/strong>. Certes. Mais l\u2019est-il plus que de demander \u00e0 toute une population de se priver de l\u2019essentiel pour que quelques fortun\u00e9s conservent leur \u00e9pargne dont, dans le fond, ils ne font rien ? Et puis finalement, ce jubil\u00e9 ne serait que la juste sanction d\u2019un <strong>soutien abusif <\/strong>\u2013 qui est bien la situation de personnes pr\u00eatant aujourd\u2019hui de l\u2019argent aux \u00c9tats-Unis\u2026<\/p>\n<p>Il est enfin \u00e9vident que la dette publique ne sera <strong>jamais rembours\u00e9e<\/strong>. D\u2019ailleurs, de plus en plus de personnes parlent d\u2019une solution \u00ab inflation \u00bb \u2013\u00a0 qui est bien une spoliation des rentiers via un <strong>d\u00e9faut<\/strong> partiel. Sauf qu\u2019il est probable qu\u2019en 2010, contrairement \u00e0 1980, les salaires ne suivront pas, et que cela sera aussi la ruine des salari\u00e9s, et une vraie d\u00e9pression \u00e0 court-terme\u2026 Veut-on tenter cette option\u00a0?<\/p>\n<p>Esp\u00e9rons donc que des hommes politiques mesur\u00e9s et courageux r\u00e9fl\u00e9chiront et finiront par d\u00e9fendre une mesure de ce type, d\u00e9rangeante, mais courageuse car de justice sociale. Sinon, ils laisseront un boulevard aux extr\u00e9mistes\u2026 <strong>Il en va probablement de l\u2019avenir de notre d\u00e9mocratie.<\/strong><br \/>\n<strong> <\/strong><\/p>\n<p>Olivier Brumaire est l\u2019auteur du livre <em>Une crise de Transition<\/em>, librement t\u00e9l\u00e9chargeable sur <a href=\"http:\/\/www.reformons-le-capitalisme.fr\/\">www.reformons-le-capitalisme.fr<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Je ne rembourserai pas \u2013 ou \u00ab\u00a0Les pauvres paieront-ils pour les (tr\u00e8s) riches\u00a0\u00bb ? <\/strong><\/p>\n<p>La dette publique fran\u00e7aise file d\u00e9sormais all\u00e8grement vers les 1\u00a0800\u00a0Md\u20ac, soit la bagatelle de 60\u00a0000\u00a0\u20ac par foyer.<\/p>\n<p>En 2010, la situation\u00a0budg\u00e9taire de l\u2019\u00c9tat est dramatique : Ressources nettes 175\u00a0Md\u20ac, D\u00e9penses nettes 325\u00a0Md\u20ac, D\u00e9ficit 150\u00a0Md\u20ac (\u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.performance-publique.gouv.fr\/fileadmin\/medias\/documents\/ressources\/PLF2010\/depliant_budget2010.pdf\">www.performance-publique.gouv.fr<\/a> \u00bb &#8211; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[25,142,386],"class_list":["post-13282","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-crise","tag-dette-publique","tag-etats"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13282","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13282"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13282\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48186,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13282\/revisions\/48186"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}