{"id":13501,"date":"2010-07-03T00:06:54","date_gmt":"2010-07-02T22:06:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=13501"},"modified":"2013-01-02T17:59:55","modified_gmt":"2013-01-02T16:59:55","slug":"lactualite-de-la-crise-les-banques-centrales-dernier-ressort-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/07\/03\/lactualite-de-la-crise-les-banques-centrales-dernier-ressort-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: les banques centrales, dernier ressort, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong>Billet invit\u00e9.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LES BANQUES CENTRALES, DERNIER RESSORT<\/strong><\/p>\n<p>La BCE a fait ce qu\u2019il fallait jeudi dernier pour que le remboursement des 442 milliards d\u2019euros qu\u2019elle attendait se passe au mieux. Elle a offert en substitution de nouvelles facilit\u00e9s \u00e0 trois mois, afin de permettre aux banques de <i>rouler<\/i> leur dette, et si possible de l\u2019\u00e9teindre progressivement. Il a en effet \u00e9t\u00e9 discr\u00e8tement annonc\u00e9 que ces \u00e9missions illimit\u00e9es de liquidit\u00e9s \u00e0 plus court terme allaient se succ\u00e9der sans interruption d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. On respire. <\/p>\n<p>Il n\u2019y avait donc pas de quoi s\u2019alarmer, mais ce non \u00e9v\u00e9nement donne mati\u00e8re \u00e0 analyse. Une fois constat\u00e9 que, dans le cours de cette crise, les catastrophes n\u2019arrivent jamais o\u00f9 et quand on les attend. A croire m\u00eame, cette fois-ci, que l\u2019alerte \u00e9tait feinte pour mieux triompher.<\/p>\n<p>Si l\u2019on raisonne en net, en effet, un remboursement partiel de la BCE est tout de m\u00eame intervenu au final. Ce qui tendrait \u00e0 prouver, encore une fois, que c\u2019est avant tout une crise de solvabilit\u00e9  &#8211; et non de liquidit\u00e9 &#8211; que le syst\u00e8me bancaire conna\u00eet\u00a0: sinon, il se serait int\u00e9gralement refinanc\u00e9. Suite \u00e0 l\u2019ass\u00e8chement partiel des liquidit\u00e9s qui en a r\u00e9sult\u00e9, les tensions sur l\u2019Euribor (le taux en vigueur sur le march\u00e9 interbancaire) ont encore augment\u00e9, sans atteindre les sommets de 2008. Ce qui d\u00e9montre, sans discussion possible, que c\u2019est la confiance qui fait d\u2019abord d\u00e9faut. La sous-capitalisation notoire des banques europ\u00e9ennes aggravant leur cas. <\/p>\n<p><!--more-->Cette contraction risque de g\u00e9n\u00e9rer par la suite de nouvelles tensions sur le march\u00e9 obligataire, les banques y investissant moins tandis que la demande augmente. Autre cons\u00e9quence en cha\u00eene, et non des moindres, ces derni\u00e8res ne seront plus en mesure de reconstituer leurs marges au m\u00eame rythme que pr\u00e9c\u00e9demment, disposant de moins de liquidit\u00e9s, alors qu\u2019il va leur \u00eatre demand\u00e9 de renforcer leurs fonds propres. <\/p>\n<p>\u00c9videment, il y a banque et banque et les moyennes sont dans ce domaine comme dans les autres toujours trompeuses. Tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, le syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en est en train de le devenir davantage. Certaines banques sont dans une mauvaise passe, d\u2019autres affectent de ne pas l\u2019\u00eatre\u00a0; mais, au bout du compte, l\u2019initiative prise par la BCE de ne pas renouveler ses op\u00e9rations de pr\u00eat \u00e0 un an ne va-t-elle pas accentuer encore ces disparit\u00e9s de situation ? Fragilisant globalement le syst\u00e8me bancaire, en raison de son \u00e9troite interconnexion, en accentuant le pourcentage d\u00e9j\u00e0 important de ses financements \u00e0 court terme ? A l\u2019appui de cette analyse, il est possible de relever que les \u00e9tablissements espagnols et allemands auraient tent\u00e9 de faire revenir la BCE sur sa d\u00e9cision.  <\/p>\n<p>Au pr\u00e9texte de lutter contre l\u2019<i>addiction<\/i> des banques \u00e0 ses liquidit\u00e9s abondantes, et de les obliger \u00e0 renforcer leurs fonds propres pour qu\u2019elles soient plus vaillantes, la BCE risque d\u2019obtenir l\u2019effet contraire \u00e0 celui qui est recherch\u00e9. A court terme, les inqui\u00e9tudes qu\u2019a suscit\u00e9 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de son remboursement n\u2019\u00e9taient pas justifi\u00e9es, mais elles pourraient le devenir \u00e0 moyen terme. <\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame pour les \u00e9pisodes prochains et pr\u00e9visibles de la crise de la dette publique europ\u00e9enne, comme l\u2019\u00e9mission obligataire grecque de ce mois. Elle sera selon toute vraisemblance couverte, un taux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 devant \u00eatre consenti, quitte \u00e0 ce que la BCE finance \u00e0 cet effet les banques grecques, avant d\u2019intervenir ensuite sur le second march\u00e9 pour leur racheter les obligations acquises. Mais les achats r\u00e9p\u00e9t\u00e9s au fil des semaines d\u2019obligations souveraines de la BCE ne font au mieux que stabiliser leur taux, qui reste prohibitif pour les pays d\u00e9stabilis\u00e9s par <i>le march\u00e9<\/i>. Le march\u00e9 de la dette souveraine reste tendu, profitant aux pays \u00e0 moindre risque et d\u00e9savantageant les autres. L\u00e0 aussi, les disparit\u00e9s de traitement et de situation s\u2019accroissent. <\/p>\n<p>Le jeu qui est actuellement men\u00e9 est pour partie \u00e0 visage d\u00e9couvert, pour partie masqu\u00e9, mais toujours dans l\u2019improvisation. La BCE y joue un r\u00f4le de plus en plus pr\u00e9dominant, elle y est m\u00eame <i>scotch\u00e9e<\/i>, pourrait-on penser, malgr\u00e9 ses efforts pour se d\u00e9gager. \u00c9galement men\u00e9e \u00e0 se renier, par certains aspects.  <\/p>\n<p>De fait, l\u2019implication des banques centrales dans le fonctionnement du syst\u00e8me financier international est de plus en plus importante. Si l\u2019on se tourne vers la Fed et la Banque d\u2019Angleterre (BoE), il est pr\u00e9vu dans le premier cas, et acquis dans le second, qu\u2019il va leur \u00eatre confi\u00e9 une nouvelle mission d\u2019importance dans le domaine de la r\u00e9gulation financi\u00e8re. Au Royaume-Uni, le FSA qui en \u00e9tait charg\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9 de ses pr\u00e9rogatives, avec prise d\u2019effet en 2012. Aux Etats-Unis, la Fed va se voir attribuer un r\u00f4le majeur \u00e0 cet \u00e9gard dans le cadre de la nouvelle loi\u00a0: elle va dominer de tout son poids l\u2019empilage de toute la myriade de structures d\u00e9j\u00e0 existantes, quasiment au grand complet.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement significatif que le pr\u00e9sident de la Fed de New York, plus sp\u00e9cialement charg\u00e9e du suivi de Wall Street, ne sera finalement par nomm\u00e9 par le pr\u00e9sident des Etats-Unis, comme l\u2019administration Obama a tent\u00e9 de l\u2019obtenir du Congr\u00e8s, au pr\u00e9texte de ne pas politiser ce poste. Le projet de loi  &#8211; le Dodd-Barney Act, comme il devrait \u00eatre appel\u00e9 une fois adopt\u00e9 &#8211; confiant par ailleurs aux r\u00e9gulateurs de nombreuses questions laiss\u00e9es en blanc malgr\u00e9 son impressionnant volume, on ne peut que constater par avance l\u2019opacit\u00e9 accrue dans laquelle le syst\u00e8me financier mondial va fonctionner. <\/p>\n<p>Avec des variantes, une m\u00eame tendance g\u00e9n\u00e9rale s\u2019affirme\u00a0: les banques centrales, <i>ind\u00e9pendantes<\/i> et n\u2019ayant th\u00e9oriquement de comptes \u00e0 rendre \u00e0 personne, vont plus que jamais occuper des positions strat\u00e9giques. Soit en raison d\u2019un calcul, soit parce que n\u00e9cessit\u00e9 fait loi. <\/p>\n<p>La description de leur r\u00f4le montant ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. Si l\u2019on devait s\u2019\u00e9tonner de la cr\u00e9ation aussi limit\u00e9e de structures de d\u00e9faisance, en regard de la masse d\u2019actifs toxiques gangrenant le syst\u00e8me financier, on devrait aussit\u00f4t remarquer que les banques centrales en font tr\u00e8s largement office. En acceptant de <i>prendre en pension<\/i> d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s d\u2019actifs  d\u00e9pos\u00e9s par les banques, quitte \u00e0 leur faire subir une modeste d\u00e9cote, elles ont permis \u00e0 celles-ci de se d\u00e9lester. Sans \u00eatre n\u00e9cessairement trop regardantes sur leur qualit\u00e9, la notation des agences faisant foi&#8230; <\/p>\n<p>Dans le cas de la Fed, cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 cr\u00e9er trois structures sp\u00e9ciales, d\u00e9nomm\u00e9es Maiden Lane I, II et III, pour y abriter les titres qu\u2019elle avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, de Bear Stearns pour Maiden Lane I, afin d\u2019en faciliter le sauvetage sous la forme du rachat par JP. Morgan en mars 2008, et d&rsquo;AIG pour Maiden Lane II et III, lors de la saisie de la compagnie d\u2019assurance par le gouvernement am\u00e9ricain en septembre de la m\u00eame ann\u00e9e. Des entit\u00e9s qu\u2019elle continue de farouchement pr\u00e9server de la curiosit\u00e9 des m\u00e9dias. <\/p>\n<p>Pour corser l\u2019affaire, des r\u00e9v\u00e9lations en provenance du Royaume-Uni, relay\u00e9es par le Financial Times, ont fait \u00e9tat d\u2019une situation encore plus douteuse. Des \u00ab\u00a0valeurs fant\u00f4mes\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Phantom securities\u00a0\u00bb), c\u2019est \u00e0 dire non test\u00e9es par le march\u00e9, auraient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es de toutes pi\u00e8ces par les banques pour les mettre en pension en tr\u00e8s grandes quantit\u00e9s aupr\u00e8s de la BoE, leur \u00e9valuation \u00e9tant dans ces conditions particuli\u00e8rement sujette \u00e0 caution. Jusqu\u2019o\u00f9 ira la cr\u00e9ativit\u00e9 des g\u00e9nies de la finance ? <\/p>\n<p>Les banques centrales n\u2019ont pas dans leurs statuts la mission de jouer les <i>bad banks<\/i>. Elles ont pourtant accept\u00e9 de le faire et continueront ainsi, tant qu\u2019elles poursuivront leur politique d\u2019injections de liquidit\u00e9s \u00e0 bas prix dans le syst\u00e8me financier. Parmi les raisons qui peuvent \u00eatre trouv\u00e9es \u00e0 la poursuite &#8211; sans date butoir annonc\u00e9e &#8211; de ces facilit\u00e9s, la difficile situation dans laquelle les banques se trouveraient si elles devaient r\u00e9cup\u00e9rer ces titres figure en bonne place. Car leur prise en pension par les banques centrales en garantie des pr\u00eats consentis est un transfert de propri\u00e9t\u00e9 qui est r\u00e9versible. <\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e \u00e9tait au d\u00e9part de soulager les bilans des banques en attendant que ces actifs toxiques redeviennent liquides (puissent trouver acheteur) \u00e0 des prix supportables par celles-ci\u00a0; elles les r\u00e9cup\u00e9reraient alors. Mais cette perspective s\u2019\u00e9loigne et les banques centrales les gardent dans leurs livres. La Fed a bien annonc\u00e9 vouloir commencer \u00e0 s\u2019en dessaisir en les vendant directement sur le march\u00e9, mais elle en est rest\u00e9e au stade des intentions&#8230;<\/p>\n<p>Les missions s\u2019accumulent donc, tandis qu\u2019un autre sujet de sollicitation se fait jour. De tous c\u00f4t\u00e9s s\u2019\u00e9l\u00e8vent des voix autoris\u00e9es pour proclamer l\u2019urgence et l\u2019importance de la reprise du march\u00e9 de la titrisation. Jos\u00e9 Manuel Gonzalez-Paramo, membre du directoire de la BCE, y consacrait \u00e0 la mi-juin, un long discours \u00e0 Londres\u00a0: \u00ab\u00a0La reprise du march\u00e9 de la titrisation est cruciale\u00a0\u00bb a-t-il dit, afin de soutenir le besoin de refinancement des banques et par voie de cons\u00e9quence l&rsquo;allocation de cr\u00e9dit \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle. <\/p>\n<p>D\u2019ici \u00e0 fin 2012, les 20 plus grands \u00e9tablissements bancaires de la zone euro vont devoir refinancer environ 800 milliards d&rsquo;euros de dettes \u00e0 long terme, soit plus de la moiti\u00e9 de leurs dettes d&rsquo;une maturit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 un an. Ceci dans un contexte o\u00f9 il va \u00eatre demand\u00e9 aux banques d\u2019accro\u00eetre leur financement \u00e0 long terme pour renforcer leurs fonds propres, mais \u00e9galement d&rsquo;accro\u00eetre ceux-ci, augmentant encore plus ou moins consid\u00e9rablement l\u2019addition selon ce qui sera finalement arr\u00eat\u00e9 par le Comit\u00e9 de B\u00e2le. <\/p>\n<p>Or, le march\u00e9 de la titrisation, qui consiste \u00e0 transformer des cr\u00e9ances en titres financiers \u00e9mis sur le march\u00e9 des capitaux, s\u2019est effondr\u00e9 en 2007. Ce sont les banques centrales qui l\u2019ont maintenu en vie, en acceptant les <i>Asset-Back-Securities<\/i> (ABS) en garantie de leurs pr\u00eats. Sans en conna\u00eetre les montants, on sait que la BCE est en Europe le principal d\u00e9tenteur des ABS, nous y revoil\u00e0. <\/p>\n<p>Redonner vie \u00e0 ce march\u00e9 est vital et mobilise beaucoup d\u2019attentions. L\u2019id\u00e9e est de d\u00e9velopper de nouveaux titres transparents, comparables et simples, adoss\u00e9s \u00e0 des actifs avec des crit\u00e8res de qualit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s, afin d\u2019attirer les investisseurs. Rien de plus simple sur le papier. Dans la pratique, il est envisag\u00e9 que les banques centrales fassent &#8211; si les circonstances le permettent, toute la question est l\u00e0 &#8211; preuve de plus d\u2019exigence sur la qualit\u00e9 des collat\u00e9raux qu\u2019elles acceptent. <\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, un groupe de 10 des plus grandes banques europ\u00e9ennes, appel\u00e9 le \u00ab\u00a0Groupe Potomac\u00a0\u00bb et cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019italienne Unicredit, tentent de mettre en place une op\u00e9ration commune. Il s\u2019agirait de cr\u00e9er un nouveau type de titre attractif, du type <i>covered bond<\/i>, destin\u00e9 aux fonds de pension et aux hedge funds. <\/p>\n<p>Mais le retour de la cr\u00e9dibilit\u00e9 reste la question centrale et la conjoncture ne s\u2019y pr\u00eate pas particuli\u00e8rement. Un autre \u00e9cueil se dresse sur le chemin\u00a0: il va non seulement falloir recr\u00e9er <i>la confiance<\/i>, mais aussi mieux r\u00e9tribuer le risque, augmentant les co\u00fbts de leur financement pour les banques, qui vont aussi devoir montrer l\u2019exemple en gardant un pourcentage notable des titres \u00e9mis dans leurs livres. On parle de 5%. <\/p>\n<p>Aux Etats-Unis, la Fed a partag\u00e9 le travail avec Fannie Mae et Freddie Mac. 96,5% des pr\u00eats immobiliers sont d\u00e9sormais assur\u00e9s par les soins de ces derni\u00e8res, avec la garantie de l\u2019Etat. En Europe, un soutien public serait n\u00e9cessaire afin d\u2019aider les banques \u00e0 r\u00e9unir les fonds dont elles vont avoir besoin. Par exemple sous forme de garanties. Mais la conjoncture, l\u00e0 encore, ne s\u2019y pr\u00eate pas. <\/p>\n<p>La cr\u00e9ativit\u00e9 financi\u00e8re n\u2019\u00e9tant jamais prise en d\u00e9faut, il est propos\u00e9 par des experts de la Banque d&rsquo;Italie, \u00e0 titre personnel, de cr\u00e9er de nouveaux instruments afin de contourner ses difficult\u00e9s pour l\u2019instant insurmontables. Il s\u2019agirait de cr\u00e9er, \u00e0 destination des banques d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et des investisseurs de l\u2019autre, ce qu\u2019ils ont appel\u00e9 des <i>ROOFS<\/i> (des toits en Anglais), pour <i>Roll-Over Option facilities<\/i> (litt\u00e9ralement, des instruments de roulement optionnels). Ces titres auraient la particularit\u00e9 d\u2019avoir une maturit\u00e9 optionnellement prolong\u00e9e par la banque \u00e9mettrice au cas o\u00f9 son indice de liquidit\u00e9 descendrait en dessous d\u2019un certain seuil. La r\u00e9tribution de l\u2019investisseur serait alors augment\u00e9e. <\/p>\n<p>En attendant que ce genre de construction puisse se concr\u00e9tiser, si c\u2019est le cas, les banques centrales (et les agences gouvernementales aux Etats-Unis) sont coll\u00e9es sous une forme ou sous une autre \u00e0 des \u00e9normes paquets de titres r\u00e9sultant d\u2019une titrisation dont les grandes heures appartiennent au pass\u00e9. Sans que sa relance d\u00e9passe \u00e0 ce jour le cap des pieuses intentions.<\/p>\n<p>Dernier aspect du dossier des banques centrales\u00a0: la crise de la dette publique. L\u2019une des fuites en avant possible est en effet qu\u2019elles s\u2019engagent &#8211; ou se r\u00e9engagent encore plus r\u00e9solument qu\u2019aujourd\u2019hui &#8211; dans l\u2019achat d\u2019obligations souveraines. Les programmes de la Fed et de la BoE sont pour l\u2019instant suspendus, ceux de la BoJ comme de la BCE en activit\u00e9 (sur le second march\u00e9, ce qui revient au m\u00eame pratiquement). <\/p>\n<p>La probabilit\u00e9 que cette option de derniers recours soit choisie grandit alors que l\u2019impasse se pr\u00e9cise. Notamment aux Etats-Unis o\u00f9 les signes d\u2019essoufflement de la <i>reprise<\/i> se multiplient, alors que les effets des plans de simulation publique de l\u2019\u00e9conomie s\u2019\u00e9teignent et qu\u2019il devient crucial d\u2019engager une politique de diminution du d\u00e9ficit de l\u2019Etat. Coup sur coup, deux mesures de soutien viennent ou vont \u00eatre prorog\u00e9es \u00e0 la demande de l\u2019administration Obama, en faveur des ch\u00f4meurs en fin de droit et de l\u2019accession \u00e0 la primo-propri\u00e9t\u00e9, qui ne vont pas dans ce sens mais sont vitales. <\/p>\n<p>Subsitera comme ultime solution la planche \u00e0 billets, une fois que <i>on aura tout essay\u00e9<\/i>. Le <i>Nein<\/i> allemand pourra-t-il alors r\u00e9sister \u00e0 son \u00e9ventuelle remise en marche par les Am\u00e9ricains, vu le r\u00f4le et le poids du dollar ?  <\/p>\n<p>Pour boucler ce panorama, il reste bien un dernier domaine o\u00f9 l\u2019intervention salvatrice des banques centrales pourrait \u00eatre recherch\u00e9e. Mais o\u00f9 elles ne veulent pas s&rsquo;engager. Il est significatif que Jose Manuel Gonzales-Paramo, d\u00e9cid\u00e9ment sur tous les fronts, ait cru n\u00e9cessaire d\u2019intervenir cat\u00e9goriquement en d\u00e9clarant, press\u00e9 de questions, que la BCE ne fournirait \u00ab\u00a0absolument pas\u00a0\u00bb des capitaux aux banques si le r\u00e9sultat des stress tests en cours n\u00e9cessitait de renforcer leurs fonds propres&#8230; <\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire que ce reniement suppl\u00e9mentaire intervienne pour que les banques centrales soient solidement install\u00e9es dans leurs nouvelles missions implicites. De r\u00e9gulateur mon\u00e9taire, et pr\u00eateur en dernier ressort dans les cas d&rsquo;urgence, elles sont devenues des rouages essentiels \u00e0 la p\u00e9rilleuse stabilisation du capitalisme financier, dont il ne parvient plus \u00e0 se passer. <\/p>\n<p>Au d\u00e9but de la crise, on a parl\u00e9 de <i>retour de l&rsquo;Etat<\/i>, lorsque les Am\u00e9ricains et les Britanniques, peu suspects de complaisance \u00e0 son \u00e9gard, ont r\u00e9solument engag\u00e9 les leurs dans des op\u00e9rations de sauvetage capitalistique. Les banques centrales y ont contribu\u00e9 \u00e0 leur fa\u00e7on et accroissent leur intervention, alors que les Etats eux-m\u00eames sont d\u00e9sormais en situation de grande faiblesse. Elles se r\u00e9v\u00e8lent bien \u00eatre le dernier recours du capitalisme financier. <\/p>\n<p>Mais il y a des limites \u00e0 leur intervention et au d\u00e9s\u00e9quilibre de leurs bilans.  Les ressorts se tendent, pouvant \u00e0 un moment impr\u00e9visible casser. L&rsquo;analogie s&rsquo;arr\u00eate avant, bien entendu. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><strong>Billet invit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LES BANQUES CENTRALES, DERNIER RESSORT<\/strong><\/p>\n<p>La BCE a fait ce qu\u2019il fallait jeudi dernier pour que le remboursement des 442 milliards d\u2019euros qu\u2019elle attendait se passe au mieux. Elle a offert en substitution de nouvelles facilit\u00e9s \u00e0 trois mois, afin de permettre aux banques de <i>rouler<\/i> leur dette, et si possible de l\u2019\u00e9teindre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[34,80,282,142,217,195,218,113,210],"class_list":["post-13501","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","tag-banque-centrale","tag-bce","tag-creation-monetaire","tag-dette-publique","tag-fannie-mae","tag-fed","tag-freddie-mac","tag-regulation","tag-titrisation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13501","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13501"}],"version-history":[{"count":28,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13501\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48169,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13501\/revisions\/48169"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13501"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13501"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13501"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}