{"id":13534,"date":"2010-07-04T21:10:34","date_gmt":"2010-07-04T19:10:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=13534"},"modified":"2013-01-02T17:59:41","modified_gmt":"2013-01-02T16:59:41","slug":"la-pension-comme-salaire-continue-solution-aux-impasses-dans-lesquelles-sont-aujourdhui-le-travail-et-linvestissement-par-bernard-friot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/07\/04\/la-pension-comme-salaire-continue-solution-aux-impasses-dans-lesquelles-sont-aujourdhui-le-travail-et-linvestissement-par-bernard-friot\/","title":{"rendered":"La pension comme salaire continu\u00e9, solution aux impasses dans lesquelles sont aujourd\u2019hui le travail et l\u2019investissement, par Bernard Friot"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong>Billet invit\u00e9.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience aujourd\u2019hui massive de l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 des d\u00e9cisions \u00e9conomiques des actionnaires et des dirigeants et de la toxicit\u00e9 des march\u00e9s financiers rend audible \u2013 et n\u00e9cessaire \u2013 un discours offensif sur les deux nouveaut\u00e9s inou\u00efes de la pension de retraite\u00a0: comme salaire continu\u00e9\u00a0financ\u00e9 sans accumulation financi\u00e8re, elle apporte une solution d\u00e9j\u00e0 largement exp\u00e9riment\u00e9e \u00e0 la souffrance au travail et au sous-investissement.<\/p>\n<p>Souffrance au travail\u00a0: les salari\u00e9s font l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019impossibilit\u00e9 de bien travailler sous le joug de ce qu\u2019est devenu l\u2019emploi. Soit ils sont interdits de travail par les suppressions d\u2019emplois ou les d\u00e9localisations. Soit ils souffrent dans l\u2019emploi de ne pas pouvoir satisfaire leur aspiration \u00e0 un travail bien fait. La mobilisation pour la retraite doit dire comment sortir de cette impasse.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9ponse, c\u2019est l\u2019exp\u00e9rience du bonheur au travail d\u2019une part notable des 14,5 millions de retrait\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p>Ils le disent\u00a0: ils \u00ab\u00a0n\u2019ont jamais autant travaill\u00e9\u00a0\u00bb et n\u2019ont \u00ab\u00a0jamais \u00e9t\u00e9 aussi heureux de travailler\u00a0\u00bb. Ils nous montrent la condition du bonheur au travail\u00a0: avoir un salaire \u00e0 vie, \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 du march\u00e9 du travail, de l\u2019emploi, des employeurs, de la dictature du temps de travail. Le jour o\u00f9 un salari\u00e9 prend sa retraite, c\u2019est \u00e0 sa personne qu\u2019est attribu\u00e9e la qualification de ses meilleurs postes de travail\u00a0: c\u2019est pourquoi son salaire est d\u00e9sormais irr\u00e9vocable, plus aucun employeur, plus aucun passage par le march\u00e9 du travail, ne viendront remettre en cause son salaire. Il peut enfin donner libre cours \u00e0 sa qualification.<\/p>\n<p>Ce qui est bon apr\u00e8s 60 ans est bon avant\u00a0: d\u00e8s 18 ans, toute personne doit se voir attribuer une qualification et un salaire irr\u00e9vocables, qui ne pourront que progresser au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elle d\u00e9ploiera ses capacit\u00e9s. Nous ne pouvons pas travailler sans l\u2019organisation et les contraintes d\u2019un collectif de travail, mais nous pouvons travailler sans employeurs, c\u2019est-\u00e0-dire sans quelqu\u2019un qui ait droit de vie et de mort sur notre existence au travail.<\/p>\n<p><!--more-->Sous-investissement\u00a0: les peuples font l\u2019exp\u00e9rience du caract\u00e8re pr\u00e9dateur de march\u00e9s financiers qui pratiquent des taux et des retours sur investissement usuraires. Or il faut insister sur le fait que leur pr\u00e9tendu \u00ab\u00a0apport\u00a0\u00bb est en r\u00e9alit\u00e9 un vol. Pour financer une entreprise, un investisseur n\u2019apporte rien d\u2019autre qu\u2019un portefeuille de titres financiers qu\u2019il doit convertir en monnaie, ce qui suppose que celle-ci pr\u00e9existe, comme expression de la valeur ajout\u00e9e que notre travail est en train de produire. Le d\u00e9tenteur de titres va exercer un droit exorbitant de propri\u00e9t\u00e9 lucrative pour en ponctionner une partie, dans une op\u00e9ration parasitaire.<\/p>\n<p><strong>L\u00e0 encore, la retraite apporte la r\u00e9ponse\u00a0: les engagements massifs et de long terme que repr\u00e9sentent les pensions \u2013 presque aussi massifs et de plus long terme que l\u2019investissement \u2013 sont financ\u00e9s sans aucune accumulation financi\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<p>Les 13% du PIB consacr\u00e9s aux pensions sont financ\u00e9s au fur et \u00e0 mesure de la cr\u00e9ation de la valeur ajout\u00e9e par une cotisation sociale (\u00e0 hauteur de 25% du salaire brut) et affect\u00e9e \u00e0 des caisses qui la transforment en prestation. De la m\u00eame fa\u00e7on, les 18% du PIB consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019investissement doivent passer \u00e0 25% et peuvent \u00eatre financ\u00e9s par une cotisation \u00e9conomique pr\u00e9lev\u00e9e sur la valeur ajout\u00e9e (\u00e0 hauteur de 50% du salaire brut) et affect\u00e9e \u00e0 des caisses d\u2019investissement qui financeront les entreprises sans aucun taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Cela donnera un \u00e9lan consid\u00e9rable \u00e0 l\u2019investissement tout en le d\u00e9mocratisant, puisque les repr\u00e9sentants des salari\u00e9s si\u00e8geront dans ces caisses aliment\u00e9es par une partie du salaire.<\/p>\n<p><strong>Les retraites, \u00e7a marche, prolongeons leur dynamique subversive des principales institutions du capital\u00a0 en nous appuyant sur leur r\u00e9ussite pour remplacer l\u2019emploi par le salaire \u00e0 la qualification \u00e0 vie et le droit de propri\u00e9t\u00e9 lucrative par la cotisation \u00e9conomique.<\/strong><\/p>\n<p>Il est temps que les opposants \u00e0 la r\u00e9forme sortent d\u2019un discours d\u00e9fensif comme en t\u00e9moigne l\u2019autocensure sur la revendication de hausse du taux de cotisation patronale. Il est \u00a0gel\u00e9 dans le r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral depuis 1979 et depuis la fin des ann\u00e9es 1990 \u00e0 l\u2019ARRCO-AGIRC, et en baisse massive depuis plus de 10 ans pour la moiti\u00e9 des salaires du priv\u00e9 (et 20% de ceux du public) du fait des exon\u00e9rations. Or la hausse du taux de cotisation patronale, bien au-del\u00e0 de l\u2019indispensable suppression des exon\u00e9rations, est une forme majeure de hausse des salaires d\u2019une population de salari\u00e9s qui compte un nombre croissant de retrait\u00e9s. Pour abolir les r\u00e9formes et consacrer aux pensions 20% du PIB en 2050, il faudrait dans l\u2019imm\u00e9diat l\u2019augmenter de 8 points (4 points de PIB) pour rattraper le temps perdu et ensuite l\u2019augmenter de 0,5 point chaque ann\u00e9e, soit un quart de point de PIB, le sixi\u00e8me de la croissance annuelle moyenne. C\u2019est-\u00e0-dire pas grand-chose.<\/p>\n<p>La revendication de plein emploi comme solution au financement des pensions (comme si \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas d\u2019abord le gel ou le recul du taux de cotisation patronale qui expliquait les difficult\u00e9s des r\u00e9gimes) doit \u00eatre interrog\u00e9e. On comprend bien ce qu\u2019elle sous-entend\u00a0: que chacun soit au travail dans de bonnes conditions. Mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le plein emploi qui s\u2019oppose \u00e0 cette aspiration fondamentale. Il faut le r\u00e9p\u00e9ter contre les pr\u00e9notions qui empoisonnent nos repr\u00e9sentations\u00a0: nous sommes aujourd\u2019hui plus pr\u00e8s du plein emploi que dans les pr\u00e9tendues trente glorieuses, et c\u2019est pourquoi le travail est dans un tel malheur. Plus pr\u00e8s du plein emploi en France\u00a0: le taux d\u2019emploi des 20-60 ans est aujourd\u2019hui de 76% alors qu\u2019il \u00e9tait de 67% par ex. au recensement de 1962 (on oublie toujours les femmes quand on parle du \u00ab\u00a0plein emploi fordiste\u00a0\u00bb), et la qualit\u00e9 de l\u2019emploi est bien sup\u00e9rieure\u00a0avec l\u2019invention du CDI dans les ann\u00e9es 1970. Si le CDI a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la pr\u00e9carit\u00e9 (il faut qu\u2019il y ait une norme pour que soient mis en forme les \u00e9carts \u00e0 la norme) il ne l\u2019a pas cr\u00e9\u00e9e, et les petits boulots \u00e9taient plus nombreux dans les ann\u00e9es 1950 qu\u2019aujourd\u2019hui. Au niveau mondial, n\u2019en parlons pas\u00a0: la salarisation massive dans les pays \u00e9mergents, comme on dit, \u00e9tend tr\u00e8s rapidement la logique de l\u2019emploi. Ne cherchons pas ailleurs les raisons du ch\u00f4mage (il n\u2019y aurait pas de ch\u00f4mage si c\u2019\u00e9taient les personnes et non pas les emplois qui \u00e9taient qualifi\u00e9s) et du malheur au travail\u00a0: plein emploi, \u00e7a veut dire plein d\u2019employeurs, plein de dictature de la marchandise et du temps de travail, plein de comp\u00e9tition entre salari\u00e9s r\u00e9duits \u00e0 de la force de travail. Tous les qualificatifs que l\u2019on peut ajouter au plein emploi (vrai plein emploi, plein emploi solidaire, etc\u2026) ne changent rien \u00e0 la chose. L\u2019emploi nous contraint \u00e0 nous en remettre aux actionnaires et aux employeurs pour d\u00e9cider du travail\u00a0: qui travaille, o\u00f9, pour quoi faire. La financiarisation des entreprises et la globalisation du march\u00e9 du travail font de cette contrainte une source in\u00e9puisable de malheur au travail et de sous-investissement.<\/p>\n<p>Insister sur l\u2019alternative qu\u2019offre la pension comme salaire continu\u00e9 suppose de sortir de notre approche naturalis\u00e9e du travail qui le confond avec l\u2019emploi. Il n\u2019y a aucune essence du travail. Le travail est la part de notre activit\u00e9 \u00e0 laquelle une valeur est attribu\u00e9e, mesur\u00e9e par la monnaie. Cette attribution passe par une institution de conversion de l\u2019activit\u00e9 en travail. Au vingti\u00e8me si\u00e8cle, cela a \u00e9t\u00e9 l\u2019emploi. Qu\u2019on songe, parmi mille exemple, \u00e0 la transformation en travail de l\u2019activit\u00e9 de soutien \u00e0 la perte d\u2019autonomie lorsque les femmes vou\u00e9es au soin de leurs parents \u00e2g\u00e9s (elles n\u2019avaient pas d\u2019emploi et donc \u00ab\u00a0ne travaillaient pas\u00a0\u00bb) ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des \u00ab\u00a0travailleuses au domicile\u00a0\u00bb. Or l\u2019emploi, dans le conflit salarial,\u00a0 a \u00e9t\u00e9 la matrice d\u2019une institution qui le subvertit\u00a0: le salaire \u00e0 vie des pensionn\u00e9s. Le bonheur au travail d\u2019une forte minorit\u00e9 d\u2019entre eux pose la question suivante\u00a0: travailler, est-ce tenir un emploi (qualification du poste) ou avoir un salaire \u00e0 vie (qualification de la personne)\u00a0? Le salaire \u00e0 la qualification \u00e0 vie des retrait\u00e9s transforme leur activit\u00e9 en travail. Le salaire \u00e0 vie est tr\u00e8s sup\u00e9rieur \u00e0 l\u2019emploi pour assumer notre aspiration \u00e0 contribuer au bien commun, car ce qu\u2019il d\u00e9finit comme travail s\u2019en rapproche davantage que ce que l\u2019emploi d\u00e9signe comme travail. Parce qu\u2019il doit valoriser du capital, une bonne partie du travail fait dans l\u2019emploi est contre-productif, toxique, anti-d\u00e9mocratique. On ne peut pas en dire autant du travail fait dans le salaire \u00e0 la qualification \u00e0 vie. Pour passer du plein emploi \u00e0 la pleine qualification, il faut d\u00e9passer un discours convenu qui veut que les retrait\u00e9s certes \u00ab\u00a0ont des activit\u00e9s utiles\u00a0\u00bb mais ne travaillent pas et sont \u00e0 la charge des actifs. Ce sont les retrait\u00e9s qui produisent la richesse correspondant aux 13% du PIB qui leur reviennent. Il faut arr\u00eater de placer une pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0solidarit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0c\u0153ur du lien social\u00a0\u00bb. Le c\u0153ur du lien social, c\u2019est la lutte de classes, et la solidarit\u00e9 salariale dans l\u2019action collective contre la r\u00e9forme des retraites est l\u2019occasion de lui faire franchir un pas d\u00e9cisif en prolongeant ce qu\u2019a d\u00e9j\u00e0 de r\u00e9volutionnaire notre pr\u00e9sent.<\/p>\n<p><strong>Un sc\u00e9nario raisonnable<\/strong> peut \u00eatre le suivant\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>\u2022 Pension \u00e0 60 ans \u00e9gale \u00e0 100% du meilleur salaire (port\u00e9 au SMIC si inf\u00e9rieur) quelle que soit la dur\u00e9e de cotisation\u00a0: 60 ans est l\u2019\u00e2ge politique d\u2019entr\u00e9e dans une seconde carri\u00e8re ;<\/li>\n<li>\u2022 Hausse des salaires directs et du taux de cotisation patronale pour r\u00e9cup\u00e9rer sur cinq ans les 10 points de salaire perdus du fait de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration des salaires directs et du gel des taux de cotisations patronales ;<\/li>\n<li>\u2022 Interdiction de toute hausse de revenu sup\u00e9rieure \u00e0 la hausse des salaires directs.<\/li>\n<li>\u2022 Attribution \u00e0 tous d\u2019une qualification personnelle avec salaire \u00e0 vie en commen\u00e7ant par les entrants (cohorte de 1992 en 2010, de 1993 en 2011\u2026) et mise en place des caisses des salaires par mutualisation progressive des salaires directs : vers l\u2019abolition du march\u00e9 du travail<\/li>\n<li>\u2022 Cr\u00e9ation d\u2019une cotisation \u00e9conomique (10% du salaire brut en 2010, 20% en 2011, \u2026 50% en 2014) et mise en place des caisses d\u2019investissement : vers l\u2019abolition du droit de propri\u00e9t\u00e9 lucrative.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><strong>Billet invit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience aujourd\u2019hui massive de l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 des d\u00e9cisions \u00e9conomiques des actionnaires et des dirigeants et de la toxicit\u00e9 des march\u00e9s financiers rend audible \u2013 et n\u00e9cessaire \u2013 un discours offensif sur les deux nouveaut\u00e9s inou\u00efes de la pension de retraite\u00a0: comme salaire continu\u00e9\u00a0financ\u00e9 sans accumulation financi\u00e8re, elle apporte une solution d\u00e9j\u00e0 largement exp\u00e9riment\u00e9e \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,90,102],"tags":[689,338],"class_list":["post-13534","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-entreprise","category-travail","tag-retraites","tag-salaires"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13534","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13534"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13534\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48164,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13534\/revisions\/48164"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13534"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13534"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13534"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}