{"id":137944,"date":"2023-11-22T16:10:13","date_gmt":"2023-11-22T15:10:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=137944"},"modified":"2023-11-22T16:10:13","modified_gmt":"2023-11-22T15:10:13","slug":"la-vallee-de-campan-par-pascal-charrier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2023\/11\/22\/la-vallee-de-campan-par-pascal-charrier\/","title":{"rendered":"<b>La vall\u00e9e de Campan<\/b>, par Pascal Charrier"},"content":{"rendered":"<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-137947\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-1024x771.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"771\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-1024x771.jpg 1024w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-768x578.jpg 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-1536x1157.jpg 1536w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-2048x1542.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/> \r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a fallu des millions d&rsquo;ann\u00e9es pour que s&rsquo;\u00e9rigent les montagnes sans se soucier du temps qui passe.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a fallu des centaines de milliers d&rsquo;ann\u00e9es pour que les glaciers y dessinent des vall\u00e9es sans se soucier du temps qui passe.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a fallu des dizaines de milliers d&rsquo;ann\u00e9es pour que la Vie les recouvre de sols fertiles sans se soucier du temps qui passe.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a fallu des milliers d&rsquo;ann\u00e9es pour que les \u00eatres humains s&rsquo;y installent d\u00e9finitivement en commen\u00e7ant \u00e0 se soucier du temps qui passe. La conscience du travail des anciens disparus partout visible, la conscience et la fiert\u00e9 de l&rsquo;h\u00e9ritage \u00e0 laisser pour les g\u00e9n\u00e9rations suivantes. La conscience de la Vie sans savoir combien de temps elle voudra bien nous accorder. La conscience de la mort, sa compagne, traversant chaque dimanche, le royaume des morts pour aller \u00e0 la messe, les enfants dont un sur deux survivait, l&rsquo;hiver affamant qu&rsquo;il fallait traverser. La survie qui faisait mesurer \u00e0 chacun l&rsquo;inestimable valeur du collectif malgr\u00e9 ses rigidit\u00e9s et sa rudesse. Qui aurait pu s&rsquo;imaginer vivre en dehors ?&#8230; un vautour passe indiff\u00e9rent au temps, dans sa qu\u00eate de nourriture&#8230;<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque g\u00e9n\u00e9ration posait sa pierre sur le chemin montant aux estives. Les prairies, comme les estives \u00e9taient communes, l&rsquo;irrigation cheminant par des canaux longeant les courbes de niveau \u00e9tait l&rsquo;affaire de tous et les r\u00e8gles d&rsquo;usage d\u00e9finies en commun. La vie \u00e9tait \u00e0 ce prix. Nul ne pouvait s&rsquo;en \u00e9chapper sauf quand la mis\u00e8re poussait \u00e0 s&#8217;embarquer sur un bateau pour les Am\u00e9riques avec des r\u00eaves plein la t\u00eate.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;argent n&rsquo;existait pas o\u00f9 presque, les \u00e9changes de services et de biens \u00e9taient la r\u00e8gle. Les loisirs \u00e9taient rares et les journ\u00e9es suivaient le rythme du soleil. La Vie \u00e9tait \u00e2pre mais donnait de la valeur \u00e0 chaque douceur. cel\u00e0 d\u00e9finissait une conscience de soi dans un espace limit\u00e9 mais connu dans ses moindres d\u00e9tails, une forme de sagesse contrainte vis \u00e0 vis de la nature \u00e0 la fois hostile et nourrissi\u00e8re.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il aura suffit de quelques si\u00e8cles pour que la science et la modernit\u00e9 mettent un terme \u00e0 tout cela. L&rsquo;\u00e9nergie facile m\u00e9canisa la vie de chacun. D\u00e9sormais le temps \u00e9tait devenu une question de vitesse et l&rsquo;existence lib\u00e9r\u00e9e de la survie, une course \u00e0 l&rsquo;accumulation. Toujours plus devint la r\u00e8gle et l&rsquo;infini un objectif, jusqu&rsquo;\u00e0 y perdre son identit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre humain au profit de l&rsquo;insatiable image de soi. Ce qui appartient au pass\u00e9 rel\u00e8ve de l&rsquo;obsolescence, le futur, des objectifs \u00e0 atteindre, la valeur de chaque chose a d\u00e9sormais un prix, une cotation. Le pr\u00e9sent de l&rsquo;\u00eatre a disparu dans la course pour fuir le temps perdu et dans le d\u00e9sir inassouvi de devenir.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En vall\u00e9e de Campan, comme ailleurs, dans les soci\u00e9t\u00e9s \u00ab\u00a0modernes\u00a0\u00bb, la rentabilit\u00e9 g\u00e8re la vie des \u00eatres humains. La survie ne se joue plus ici. Les gens des villes ach\u00e8tent les granges foraines qui n&rsquo;ont plus de vaches pour en faire des\u00a0 r\u00e9sidences secondaires. Venir ici quelques semaines par an pour se retrouver dans la nature \u00e0 consommer ou sur les pistes de ski \u00e0 d\u00e9valer.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La neige tarde \u00e0 venir cette ann\u00e9e, la for\u00eat gagne sur les estives, les troupeaux disparaissent progressivement&#8230; La nature est toujours l\u00e0, la Vie est toujours l\u00e0. En avons nous simplement conscience ?<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vent est doux, le soleil chaud. On entend quand m\u00eame la musique de quelques sonnailles par-dessus le bruit incessant des voitures. Sentir l&rsquo;espace et prendre le temps. Le temps de se sentir en vie,\u00a0 faire corps avec tout cela sans se soucier d&rsquo;hier ni de demain. Comprendre les vautours, comprendre le lichen et la mousse, comprendre la roche&#8230; Il est temps de cesser d&rsquo;\u00e9crire et de laisser filer les pens\u00e9es. Existe t-il une autre r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\r\n\r\n\r\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-137948\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-2-1024x771.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"771\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-2-1024x771.jpg 1024w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-2-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-2-768x578.jpg 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-2-1536x1157.jpg 1536w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-2-2048x1542.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/> \r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-137947\" src=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-1024x771.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"771\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-1024x771.jpg 1024w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-768x578.jpg 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-1536x1157.jpg 1536w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Campan-1-2048x1542.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/> <\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a fallu des millions d&rsquo;ann\u00e9es pour que s&rsquo;\u00e9rigent les montagnes sans se soucier du temps qui passe.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a fallu des centaines de milliers d&rsquo;ann\u00e9es pour que les glaciers y dessinent des vall\u00e9es sans se soucier du temps qui passe.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[833],"tags":[],"class_list":["post-137944","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-vie-de-tous-les-jours"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137944","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=137944"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137944\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":137950,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137944\/revisions\/137950"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=137944"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=137944"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=137944"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}