{"id":13933,"date":"2010-07-17T19:42:53","date_gmt":"2010-07-17T17:42:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=13933"},"modified":"2013-01-02T17:59:15","modified_gmt":"2013-01-02T16:59:15","slug":"lactualite-de-la-crise-un-scenario-depouvante-ou-dhorreur-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/07\/17\/lactualite-de-la-crise-un-scenario-depouvante-ou-dhorreur-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: un scenario d&rsquo;\u00e9pouvante ou d&rsquo;horreur ? par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>UN SCENARIO D&rsquo;\u00c9POUVANTE OU D&rsquo;HORREUR ?<\/strong><\/p>\n<p>De mani\u00e8re peu \u00e9vocatrice mais n\u00e9anmoins mena\u00e7ante, un <i>sc\u00e9nario \u00e0 la japonaise<\/i> est r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9voqu\u00e9, description de ce qui pourrait atteindre l\u2019Europe, et peut-\u00eatre m\u00eame les Etats-Unis. Le cas du Japon \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gl\u00e9 &#8211; puisqu\u2019il est le mod\u00e8le &#8211; de quelle histoire concernant les autres peut-il donc bien s\u2019agir, puisqu&rsquo;elle est disponible \u00a0? <\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me puissance mondiale &#8211; tant que la Chine ne l\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 &#8211; le pays permet d\u2019observer en grandeur r\u00e9elle ce qui n\u2019est donc pas une hypoth\u00e8se d\u2019\u00e9cole. Le <i>miracle japonais<\/i> \u00e9tait encens\u00e9 dans les ann\u00e9es 80 mais s\u2019est termin\u00e9 en queue de poisson dans les ann\u00e9es 90. Il ne s\u2019en est jamais remis. <\/p>\n<p>La croissance \u00e9conomique y est devenue chroniquement an\u00e9mique, en d\u00e9pit des multiples plans de relance qui se sont succ\u00e9d\u00e9s sans r\u00e9sultats, aboutissant \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une \u00e9norme bulle financi\u00e8re. Une gigantesque dette publique, d\u00e9passant d\u00e9j\u00e0 les 200% du PIB, deuxi\u00e8me mondiale en volume apr\u00e8s celle des Etats-Unis, qui a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 maintenant essentiellement financ\u00e9e sur son march\u00e9 int\u00e9rieur. <\/p>\n<p>Une politique mon\u00e9taire tr\u00e8s accommodante de la Banque of Japan (BoJ, la banque centrale) a en effet notamment permis aux banques priv\u00e9es japonaises de largement y contribuer. Ces derni\u00e8res sont aujourd\u2019hui fragilis\u00e9es, face au risque de hausse des taux obligataires et de baisse de la valeur de ces actifs dans leurs bilans, par voie de cons\u00e9quence. <\/p>\n<p><!--more-->Le financement de la dette japonaise est la plupart du temps d\u00e9crit comme produit de <i>l\u2019\u00e9pargne int\u00e9rieure<\/i>.  Dans la grande tradition d&rsquo;une <i>science \u00e9conomique<\/i> dont la vulgate nous est dispens\u00e9e par des divinit\u00e9s secondaires, cette explication s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0 o\u00f9 elle pourrait devenir int\u00e9ressante. La r\u00e9alit\u00e9 est qu\u2019environ la moiti\u00e9 des obligations d\u2019Etat est d\u00e9tenue par le secteur public (ou quasi-public), fonds de pension gouvernemental, banque centrale et banque postale. Le solde, moins les 6% qui sont financ\u00e9s \u00e0 l\u2019international, l\u2019\u00e9tant par les banques priv\u00e9es, qui n\u2019ont pu tout mettre en pension \u00e0 la banque centrale, financ\u00e9 par le recyclage des profits industriels r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation. On est loin des petits porteurs que l&rsquo;on laisse entrevoir, qui ne contribuent au financement de la dette que pour assurer leurs retraites. <\/p>\n<p>Le m\u00e9canisme qui s&rsquo;est instaur\u00e9 au Japon avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu dans ses grandes lignes par Keynes, sous le nom \u00e9vocateur de <i>trappe \u00e0 liquidit\u00e9<\/i>. Anticipant sans l\u2019avoir connue une situation au sein de laquelle les liquidit\u00e9s d\u00e9vers\u00e9es par une banque centrale ne parviennent pas \u00e0 relancer la machine \u00e9conomique, en d\u00e9pit de leur quasi gratuit\u00e9 et de leur abondance. Une baisse des prix (d\u00e9flation) l\u2019accompagnant. <\/p>\n<p>L\u2019origine de cette situation est \u00e0 rechercher dans <i>l\u2019am\u00e9lioration de la comp\u00e9titivit\u00e9<\/i> du Japon, afin de favoriser l\u2019exportation. Elle s\u2019est appuy\u00e9e sur la croissance du ch\u00f4mage  &#8211; que les statistiques officielles ne refl\u00e8tent comme toujours que partiellement &#8211; ainsi que sur la tr\u00e8s forte augmentation du travail \u00e0 temps partiel. Les deux contribuant \u00e0 affaiblir une consommation int\u00e9rieure, que l\u2019Etat dope en appliquant un taux tr\u00e8s faible de TVA, accentuant ainsi son d\u00e9ficit en contrepartie. <\/p>\n<p>Afin de relancer la croissance, il a par ailleurs financ\u00e9 des grands travaux d\u2019infrastructures, se consacrant au b\u00e9tonnage du pays, favorisant les entreprises du b\u00e2timent et des travaux publics (BTP) ainsi que la corruption, tout en creusant encore son d\u00e9ficit. Ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 accessoire dans son dispositif, mais n\u2019a par contre produit que peu de pouvoir d\u2019achat. A l&rsquo;exception de subventions \u00e0 l&rsquo;achat de voitures, t\u00e9l\u00e9viseurs et syst\u00e8mes solaires. Autant de mesures qui sont d\u00e9sormais menac\u00e9es. <\/p>\n<p>Par parenth\u00e8se, si le Japon a bien \u00e9t\u00e9 un laboratoire, cela l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 de la mani\u00e8re d\u2019exp\u00e9rimenter &#8211; avec succ\u00e8s pendant un temps &#8211; la viabilit\u00e9 d\u2019une \u00e9conomie reposant sur l\u2019exportation d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et un sous-emploi soutenu assorti de salaires contenus de l\u2019autre. Il a fait de ce point de vue \u00e9cole, dans des contextes tr\u00e8s diff\u00e9rents, depuis la Chine au sein des pays <i>\u00e9mergents<\/i> jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Allemagne dans le camp des pays <i>d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>. Mais, faut-il le rappeler, ce ne sont pas seulement les limites intrins\u00e8ques du mod\u00e8le qui en relativisent la port\u00e9e, mais aussi le fait que tous les pays ne peuvent \u00e0 la fois \u00eatre exportateurs nets. <\/p>\n<p>Le club des grandes nations exportatrices est d\u00e9sormais \u00e9galement le dos au mur, en d\u00e9pit de sa relative prosp\u00e9rit\u00e9, car ses clients n\u2019ont plus les moyens qui ont fait sa fortune. La chance de ses membres est de d\u00e9velopper entre eux leurs relations commerciales, tant qu\u2019ils ne se concurrenceront pas.  <\/p>\n<p>Ce tr\u00e8s rapide survol, pour fermer cette incise, n\u2019est pas sans nous rappeler quelques grands traits de la situation actuelle de l\u2019\u00e9conomie des pays occidentaux\u00a0: de tr\u00e8s importantes liquidit\u00e9s d\u00e9vers\u00e9es par les banques centrales, une dette publique hypertrophi\u00e9e financ\u00e9e par les banques priv\u00e9es, un ch\u00f4mage tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 ainsi qu\u2019une croissance tr\u00e8s faible. <\/p>\n<p>Ces fortes ressemblances n\u2019emp\u00eachent pas la majorit\u00e9 des commentaires \u00e0 propos du <i>sc\u00e9nario \u00e0 la japonaise<\/i> de mettre par contre en avant les <i>diff\u00e9rences<\/i> qui existent entre la situation europ\u00e9enne, ou am\u00e9ricaine, et celle du Japon. Sans \u00eatre du tout convaincants, doit-on avouer. En les lisant, on constate en effet qu\u2019il s\u2019agit surtout pour leurs r\u00e9dacteurs d\u2019exorciser ce qui est ressenti comme un danger, les Japonais ne parvenant pas, en d\u00e9pit de tous leurs efforts, \u00e0 sortir de cette <i>trappe<\/i>. <\/p>\n<p>La hausse des taux obligataires, reconnue comme in\u00e9vitable \u00e0 terme, risque surtout de rendre intenable le financement d\u2019une dette publique continuant \u00e0 cro\u00eetre. Aboutissant \u00e0 une impasse g\u00e9n\u00e9rale, si ce m\u00eame sc\u00e9nario devait se reproduire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019\u00e9conomie occidentale. Au cours duquel une restructuration d\u2019ensemble de la dette publique deviendrait in\u00e9vitable, pr\u00e9cipitant cette fois-ci sans \u00e9chappatoire, en raison de son ampleur, l\u2019ensemble du convalescent syst\u00e8me financier dans l\u2019ab\u00eeme. Ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9 de justesse avec la faillite de Lehman Brothers. En comparaison une piq\u00fbre de moustique, bien que qualifi\u00e9e de chute libre par les connaisseurs. <\/p>\n<p>Tout, sauf un <i>sc\u00e9nario \u00e0 la japonaise<\/i>,\u00a0est-il donc instamment intim\u00e9 dans l\u2019urgence par les plus clairvoyants ! Faut-il chercher ailleurs la justification de la politique pr\u00e9conis\u00e9e en Europe, ainsi qu\u2019aux Etats-Unis, de r\u00e9duction de la dette publique \u00e0 marche forc\u00e9e ? La crise \u00e0 venir au Japon sert de formidable repoussoir et d\u2019aiguillon. Il en est tir\u00e9 comme conclusion que la relance par le d\u00e9ficit ne servira a rien et qu&rsquo;il faut serrer les dents pour au contraire le r\u00e9duire.<\/p>\n<p>Car la crise japonaise est consid\u00e9r\u00e9e comme inscrite dans les faits. Il n\u2019est donc pas question de prendre le risque de sa reproduction. Il faudrait aussi l\u2019\u00e9viter, ce qui implique que des mesures drastiques soient sans tarder d\u00e9ploy\u00e9es. Lesquelles, si l\u2019on \u00e9coute les pr\u00e9conisations du FMI ? Avant toute chose, la r\u00e9duction \u00e0 tout prix du d\u00e9ficit public, en augmentant la taxe sur la consommation (TVA). Car l\u2019organisation internationale a calcul\u00e9 que, au train o\u00f9 vont les choses, l\u2019endettement japonais atteindrait 246% du PIB en 2014 si rien n\u2019est fait. <\/p>\n<p>Pour sa part, Nippon Keidanren, la puissante f\u00e9d\u00e9ration patronale, appelle avec insistance et sans rel\u00e2che depuis des mois le gouvernement \u00e0 s&rsquo;attaquer \u00e0 ce qu\u2019elle consid\u00e8re \u00eatre les deux maux principaux du pays : un syst\u00e8me fiscal reposant trop sur l\u2019imposition des entreprises, affaiblissant leur comp\u00e9titivit\u00e9 internationale, et pas assez sur les consommateurs, en raison d\u2019un taux de TVA trop faible. <\/p>\n<p>Il y a urgence \u00e0 agir, est-il de tous c\u00f4t\u00e9s d\u00e9clar\u00e9, alors que se manifestent les signes avant-coureurs de l\u2019incontournable obligation dans laquelle va progressivement se trouver l\u2019Etat de se tourner vers les march\u00e9s internationaux pour s\u2019y financer, et d\u2019y rencontrer une forte augmentation des rendements qu\u2019il va devoir consentir.  <\/p>\n<p>La frayeur de tomber dans la <i>trappe \u00e0 liquidit\u00e9<\/i> a toutefois le regrettable inconv\u00e9nient de risquer de pr\u00e9cipiter dans une r\u00e9cession larv\u00e9e &#8211; et la d\u00e9flation &#8211; l\u2019Europe et les Etats-Unis. Ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme un moindre mal, \u00e0 condition que la crise sociale reste contenue dans des limites supportables (par ceux qui sont en place). <\/p>\n<p>Tous les dirigeants occidentaux s\u2019interrogent aujourd\u2019hui, s\u00e9par\u00e9ment mais sur la m\u00eame question\u00a0: o\u00f9 faut-il placer le curseur, entre mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de relance publique, une fois admis qu\u2019il ne peut plus \u00eatre compt\u00e9 sur la relance priv\u00e9e ? Quels moyens avons-nous de rassurer <i>les march\u00e9s<\/i> ? tentent-ils aussi de jauger. Une des r\u00e9ponses a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e \u00e0 cette derni\u00e8re question : ne pas imposer \u00e0 leurs repr\u00e9sentants, les m\u00e9gabanques, des contraintes r\u00e9glementaires aux incidences financi\u00e8res trop lourdes. Mais cela ne sera pas suffisant.<\/p>\n<p>Sortir de ce dilemme n\u00e9cessiterait de tourner le dos \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9. C\u2019est \u00e0 dire d\u2019entamer rien de moins qu\u2019une politique de redistribution de la richesse, gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019outil fiscal. Cela n\u2019impliquerait d&rsquo;ailleurs ni de faire fonctionner la planche \u00e0 billet, ni d\u2019accro\u00eetre les d\u00e9ficits, ces deux \u00e9pouvantails honnis. Mais c&rsquo;est une horreur impensable ! <\/p>\n<p>Il est donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de continuer \u00e0 s\u2019enfermer dans des choix impossibles, r\u00e9solus sur le papier par de belles phrases inapplicables qui conjuguent harmonieusement rigueur et croissance \u00e0 tous les temps. Tant que la magie du pouvoir des mots peut encore op\u00e9rer aupr\u00e8s de ceux qui les prononcent comme de ceux qui doivent les \u00e9couter. <\/p>\n<p>Sur ce registre, on parle encore beaucoup des grands d\u00e9s\u00e9quilibres mondiaux, en opposant pays exportateurs et importateurs nets. En esp\u00e9rant vainement qu\u2019une fois ce d\u00e9s\u00e9quilibre corrig\u00e9, dont l\u2019origine est sans surprise analys\u00e9e comme r\u00e9sultant d&rsquo;un simple d\u00e9s\u00e9quilibre mon\u00e9taire, tout rentrera dans l\u2019ordre, est-il assur\u00e9. C\u2019est bien entendu illusoire, car il faut chercher dans le d\u00e9veloppement m\u00eame du capitalisme financier les raisons de l\u2019\u00e9mergence de nouvelles puissances \u00e9conomiques, ainsi que de la d\u00e9sindustrialisation des pays <i>avanc\u00e9s<\/i> qui l\u2019a accompagn\u00e9e. <\/p>\n<p>Il suffit d\u2019observer les flux de capitaux mondiaux : la recherche de nouveaux eldorados, en l\u2019occurrence de nouveaux march\u00e9s \u00e0 fort rendement pour les capitaux, est \u00e0 l\u2019origine du d\u00e9s\u00e9quilibre dont on s\u2019aper\u00e7oit un peu tard des cons\u00e9quences, quand les belles m\u00e9caniques de la finance se grippent. <\/p>\n<p>Car le filet de sauvetage financier qui avait \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 pour contenir la dette des particuliers &#8211; et donc la consommation &#8211; a c\u00e9d\u00e9. S\u2019il y a une raison au d\u00e9s\u00e9quilibre actuel, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il faut la rechercher\u00a0: m\u00eame rapi\u00e9c\u00e9 tant bien que mal, le filet en question ne va plus soutenir un tel volume d\u2019endettement. La tritrisation ne repartira pas comme avant. <\/p>\n<p>La cons\u00e9quence en est redoutable, non seulement au sein des pays <i>d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>, o\u00f9 la consommation va globalement mais in\u00e9galement baisser, mais \u00e9galement pour les pays <i>\u00e9mergents<\/i>. Car ceux-ci n\u2019ont pas de march\u00e9 de remplacement, si ce n\u2019est \u00e0 terme (mais lentement) \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du monde dont ils font partie. C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que l\u2019on observe d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent un accroissement des flux commerciaux entre les pays <i>\u00e9mergents<\/i>, afin de suppl\u00e9er aux d\u00e9ficiences du commerce Nord-Sud (avec les pays <i>avanc\u00e9s<\/i>). <\/p>\n<p>Le grand d\u00e9s\u00e9quilibre qui est la cause de la crise majeure actuelle n\u2019est donc pas de la nature que l\u2019on cro\u00eet. En raison d&rsquo;un magistral contre-sens dont la source n\u2019est autre que l\u2019incapacit\u00e9 du syst\u00e8me capitaliste financier \u00e0 se remettre en question. En r\u00e9alit\u00e9, le d\u00e9s\u00e9quilibre auquel il faudrait rem\u00e9dier r\u00e9sulte du d\u00e9veloppement in\u00e9galitaire des soci\u00e9t\u00e9s occidentales, auquel il a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 de suppl\u00e9er gr\u00e2ce \u00e0 la machine produisant de la dette. Elle maintenait la consommation dans les pays <i>d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>au niveau requis, tout en apportant sa contribution \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 du syst\u00e8me financier. <\/p>\n<p>Cette machine est cass\u00e9e et avec elle disparaissent progressivement les effets qu\u2019elle produisait. Cela atteint par ricochet ceux dont il \u00e9tait faussement pr\u00e9dit qu\u2019ils allaient relancer la croissance mondiale et qui, dans le cadre de la nouvelle division internationale de la production, reproduisaient en leur sein &#8211; accentuant celui d\u2019origine &#8211; un d\u00e9veloppement in\u00e9galitaire similaire. Dans des contextes diff\u00e9rents mais en application d\u2019une logique commune.  <\/p>\n<p>A la crise actuelle, il n\u2019y a qu\u2019un seul enjeu, mais de taille, sans tenir compte des nouveaux d\u00e9rapages plus ou moins contr\u00f4l\u00e9s qui peuvent survenir. Soit d\u2019assister \u00e0 une forte accentuation des in\u00e9galit\u00e9s sociales, accompagn\u00e9e d\u2019un renforcement du contr\u00f4le social &#8211; sous les formes les plus sophistiqu\u00e9es et primaires \u00e0 la fois &#8211; soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la repr\u00e9sentent. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>UN SCENARIO D&rsquo;\u00c9POUVANTE OU D&rsquo;HORREUR ?<\/strong><\/p>\n<p>De mani\u00e8re peu \u00e9vocatrice mais n\u00e9anmoins mena\u00e7ante, un <i>sc\u00e9nario \u00e0 la japonaise<\/i> est r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9voqu\u00e9, description de ce qui pourrait atteindre l\u2019Europe, et peut-\u00eatre m\u00eame les Etats-Unis. 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