{"id":14373,"date":"2010-07-27T15:13:55","date_gmt":"2010-07-27T13:13:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=14373"},"modified":"2013-01-02T17:58:42","modified_gmt":"2013-01-02T16:58:42","slug":"verite-et-realite-du-marche-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/07\/27\/verite-et-realite-du-marche-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"V\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9alit\u00e9 du march\u00e9 (*), par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>R\u00e9alit\u00e9 incompl\u00e8te du march\u00e9 financier<\/strong><\/p>\n<p>Les tests de stress des bilans bancaires de la zone euro illustrent \u00e0 la caricature les contradictions de la finance sans march\u00e9. Ils montrent d&rsquo;abord que le march\u00e9 financier europ\u00e9en n&rsquo;existe pas. Bien s\u00fbr il y a libert\u00e9 de circulation des biens et des services. Mais le march\u00e9 n&rsquo;existe pas faute de d\u00e9finition commune effective de ce qu&rsquo;on \u00e9change. L&rsquo;inconv\u00e9nient est r\u00e9dhibitoire en mati\u00e8re financi\u00e8re. Pour des biens et des services mat\u00e9riels, l&rsquo;objet physique \u00e9chang\u00e9 exprime l&rsquo;identit\u00e9 \u00e9conomique de la transaction. Une voiture est une voiture partout en Europe et m\u00eame en dehors : apr\u00e8s l&rsquo;avoir achet\u00e9e, elle d\u00e9marre et avance une fois la cl\u00e9 de contact entre les mains de son propri\u00e9taire. Les normes europ\u00e9ennes de s\u00e9curit\u00e9, de performance et de maintenance am\u00e9liorent la s\u00fbret\u00e9 du service automobile mais ne produisent pas l&rsquo;objet. En cas de litige, le juge ou l&rsquo;expert d&rsquo;assurance peut se prononcer sur le respect effectif des normes connaissables et accessibles. L&rsquo;existence physique d&rsquo;un objet marchand induit une diff\u00e9rence mat\u00e9riellement limit\u00e9e entre sa visibilit\u00e9 et sa d\u00e9finition normative.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re financi\u00e8re, la situation est radicalement diff\u00e9rente. Non seulement les cons\u00e9quences mat\u00e9rielles, physiques et directes d&rsquo;une transaction sont toujours \u00e0 terme, non visibles au pr\u00e9sent, mais encore, la d\u00e9finition contractuelle de l&rsquo;objet d&rsquo;une transaction ne suffit pas \u00e0 l&rsquo;identifier ni \u00e0 prouver son existence. La mention d&rsquo;une r\u00e9glementation europ\u00e9enne dans un contrat, quand elle est exhaustive, n&rsquo;\u00e9voque qu&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;une transaction. L&rsquo;inscription de la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une action de capital chez un d\u00e9positaire europ\u00e9en soumis \u00e0 une r\u00e9glementation unique ne dit rien de l&rsquo;entreprise sous-jacente, de ses projets, de son \u00e9quipe dirigeante, de l&rsquo;implication de son actionnariat, de la mesure de ses fonds propres et de son endettement. M\u00eame le prix qui fait partie de l&rsquo;utilit\u00e9-m\u00eame du titre n&rsquo;est pas identique selon les diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s de le n\u00e9gocier.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence fondamentale entre un objet financier et un objet non financier est la cause d&rsquo;existence : m\u00e9taphysique pour une anticipation financi\u00e8re et physique pour un bien ou un service comptant. Les causes d&rsquo;existence d&rsquo;un objet financier sont les d\u00e9cisions de celui qui emprunte et de celui qui pr\u00eate, de celui qui \u00e9tablit ou constate le prix, de celui qui ex\u00e9cute le paiement et de celui qui assume l&rsquo;\u00e9cart entre la promesse d&rsquo;origine et la r\u00e9alisation \u00e0 terme. Les r\u00e9alit\u00e9s financi\u00e8res sont m\u00e9taphysiques au sens o\u00f9 elles sont purs produits de la pens\u00e9e, de la volont\u00e9 et de l&rsquo;ambition. Toutes les traces d&rsquo;une op\u00e9ration financi\u00e8re sont artificielles, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment produites, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance de l&rsquo;op\u00e9ration qui n&rsquo;implique pas n\u00e9cessairement la livraison d&rsquo;un objet physique. La conclusion d&rsquo;une transaction financi\u00e8re peut \u00eatre un simple r\u00e8glement mon\u00e9taire traduit par une \u00e9criture dans des comptes bancaires.<\/p>\n<p><strong><!--more-->Virtualit\u00e9 du march\u00e9 sans autorit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour que le march\u00e9 financier existe compl\u00e8tement comme un march\u00e9 physique, il faut une autorit\u00e9 d&rsquo;arbitrage unique ind\u00e9pendante des parties engag\u00e9es. Quand une voiture est livr\u00e9e, la visibilit\u00e9 et l&rsquo;utilisation de la voiture fournit la preuve de l&rsquo;ex\u00e9cution de la vente. Mais l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance d&rsquo;une transaction financi\u00e8re peut survenir sans que rien n&rsquo;arrive concr\u00e8tement, m\u00eame pas un r\u00e8glement mon\u00e9taire ; par exemple l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance d&rsquo;une assurance sans sinistre. Sans le tra\u00e7age du temps et de la mesure de l&rsquo;obligation sous-jacente, l&rsquo;existence du contrat n&rsquo;a ni mat\u00e9rialit\u00e9, ni d\u00e9but, ni fin. Il est admis dans le monde financier contemporain que les contrats soient trac\u00e9s par un gestionnaire qui soit \u00e9galement engag\u00e9 par l&rsquo;obligation vendue. L&rsquo;oblig\u00e9 supervise lui-m\u00eame les limites de son engagement alors que l&rsquo;objet est invisible en lui-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;obligataire. Cette situation pr\u00e9vaut depuis la fin des ann\u00e9es 70 quand les \u00c9tats ont cess\u00e9 d&rsquo;encadrer a priori les activit\u00e9s financi\u00e8res et de les garantir par la d\u00e9tention de leur capital.<\/p>\n<p>Les r\u00e9glementations financi\u00e8res extr\u00eamement \u00e9labor\u00e9es dans les d\u00e9mocraties d\u00e9velopp\u00e9es ont remplac\u00e9 l&rsquo;arbitrage public. Mais elles ne suffisent pas \u00e0 identifier de fa\u00e7on unique un m\u00eame objet financier. <em>Le tiers, garant moral de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 mat\u00e9rielle entre les parties, a le plus souvent disparu.<\/em> La partie professionnelle ma\u00eetrise l&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;obligation hors la vue de la partie non professionnelle. Les l\u00e9gislations applicables sont multiples et arbitrables par la partie professionnelle, en asym\u00e9trie par rapport \u00e0 la partie non professionnelle. Ainsi l&rsquo;objet financier n\u00e9goci\u00e9 qui n&rsquo;a pas d&rsquo;autre existence que ce qu&rsquo;en comprennent les parties n&rsquo;est-il pas n\u00e9cessairement le m\u00eame. Les parties ne voient pas n\u00e9cessairement la m\u00eame chose et ne mettent pas la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 derri\u00e8re le prix. Il ne peut \u00e9videmment en advenir de m\u00eame pour un objet physique n\u00e9goci\u00e9 comptant. La partie financi\u00e8re professionnelle peut changer unilat\u00e9ralement la nature du contrat sans que l&rsquo;autre partie puisse r\u00e9ellement s&rsquo;en rendre compte. Enfin la solvabilit\u00e9 d&rsquo;un op\u00e9rateur financier qui d\u00e9termine la valeur de ses engagements est arbitrable unilat\u00e9ralement par lui-m\u00eame. Il change la domiciliation juridique r\u00e9elle de ses engagements en les d\u00e9composant et en choisissant son autorit\u00e9 publique de supervision.<\/p>\n<p><em>En l&rsquo;absence de tiers de confiance neutre entre les parties de l&rsquo;origine \u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance d&rsquo;un contrat financier, l&rsquo;asym\u00e9trie d&rsquo;information r\u00e8gne<\/em>. Elle se manifeste dans la n\u00e9gociation du prix d&rsquo;origine, dans l&rsquo;ex\u00e9cution du contrat ou dans le calcul du prix d&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance. La partie professionnelle est bien oblig\u00e9e et g\u00e9n\u00e9ralement engag\u00e9e \u00e0 un comportement honn\u00eate vis-\u00e0-vis de sa contrepartie ; mais au mieux, les \u00e9carts \u00e9ventuels ne sont pas visibles ni mesurables. <em>Le march\u00e9 financier n&rsquo;est pas efficient parce que les parties ne sont pas \u00e0 \u00e9galit\u00e9 dans la n\u00e9gociation du prix, dans l&rsquo;ex\u00e9cution du contrat, dans l&rsquo;interpr\u00e9tation des textes ni dans l&rsquo;arbitrage de l&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/em> En Europe, les autorit\u00e9s publiques de contr\u00f4le et d&rsquo;arbitrage sont nationales. Les op\u00e9rateurs financiers changent leur prix selon le co\u00fbt anticip\u00e9 des arbitrages de la juridiction sous laquelle ils se placent. Le march\u00e9 financier europ\u00e9en est donc fonci\u00e8rement incomplet et morcel\u00e9 par la multiplicit\u00e9 des autorit\u00e9s de r\u00e9gulation et de contr\u00f4le. Le march\u00e9 \u00e9tatsunien l&rsquo;est tout autant mais par la profusion juridique et l&rsquo;inefficience de la r\u00e9gulation divis\u00e9e et sans moyen.<\/p>\n<p><strong>Conditions de r\u00e9alisation du march\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Parce que les objets financiers sont m\u00e9taphysiques, le march\u00e9 financier est efficient si et seulement si : tous les acteurs sont mis \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de droit par un arbitre commun repr\u00e9sentant l&rsquo;\u00c9tat de droit commun ; les r\u00e8gles applicables \u00e0 un seul pour un m\u00eame objet sont applicables \u00e0 tous pour tout objet identique ; la n\u00e9gociation de march\u00e9 couvre toutes les \u00e9tapes de transformation de l&rsquo;anticipation en r\u00e9alit\u00e9 physique r\u00e9pondant \u00e0 un besoin r\u00e9el ; l&rsquo;\u00e9cart possible entre le prix anticip\u00e9 et l&rsquo;\u00e9quilibre r\u00e9el comptant de l&rsquo;offre \u00e0 la demande est pris en charge par un garant solvable du prix d&rsquo;origine. <em>La condition de l&rsquo;\u00c9tat de droit commun est n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;existence et \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre de l&rsquo;offre et de la demande : sinon l&rsquo;objet financier n&rsquo;est pas identique entre l&rsquo;offre et la demande.<\/em> Le d\u00e9tenteur allemand d&rsquo;une obligation de l&rsquo;\u00c9tat allemand agit sur la solvabilit\u00e9 de son d\u00e9biteur par l&rsquo;interm\u00e9diaire de sa citoyennet\u00e9 alors que le d\u00e9tenteur fran\u00e7ais de la m\u00eame obligation publique allemande ne le peut pas.<\/p>\n<p>La condition de l&rsquo;universalit\u00e9 objective du march\u00e9 implique son ouverture aux seules personnes effectivement soumises \u00e0 la m\u00eame loi. Elle implique aussi que les contrats soient d\u00e9composables en atomes de droit : un atome par mode de calcul du prix. Le prix d&rsquo;un cr\u00e9dit n&rsquo;est pas celui de son risque ; le prix comptant d&rsquo;un objet physique n&rsquo;est pas le prix anticip\u00e9 qui permet de l&rsquo;acqu\u00e9rir \u00e0 terme ; le prix d&rsquo;un risque de cr\u00e9dit issu d&rsquo;une d\u00e9cision humaine n&rsquo;est pas le prix d&rsquo;un risque d&rsquo;assurance issu d&rsquo;un fait mat\u00e9riel. Tous ces prix tendent aujourd&rsquo;hui \u00e0 se m\u00e9langer et se confondre parce que tous calcul\u00e9s en monnaie. Dans le monde physique, des objets de m\u00eame mati\u00e8re se diff\u00e9rencient par leur forme. Une voiture et un s\u00e9cateur contiennent de l&rsquo;acier mais se diff\u00e9rencient imm\u00e9diatement par leur forme. Dans le monde financier m\u00e9taphysique, c&rsquo;est le professionnel engag\u00e9 qui est le crit\u00e8re de diff\u00e9renciation des objets et donc du prix. Entre une garantie de cr\u00e9dit et une garantie d&rsquo;assurance de 100k\u20ac, la diff\u00e9renciation est incertaine si l&rsquo;une ne vient pas d&rsquo;une banque d&rsquo;investissement et l&rsquo;autre d&rsquo;un assureur. Un m\u00eame objet de 100k\u20ac peut \u00eatre financ\u00e9 par un cr\u00e9dit garanti et assur\u00e9. Il doit y avoir trois contrats distincts qui all\u00e8gent le co\u00fbt de chaque nature de risque pour l&rsquo;investisseur, le pr\u00eateur, l&#8217;emprunteur et l&rsquo;assureur. Cet all\u00e8gement provient de la vraie division des risques qui est juridique et non math\u00e9matique.<\/p>\n<p>La condition de continuit\u00e9 temporelle objective du march\u00e9 garantit que toute la chaine d&rsquo;anticipation financi\u00e8re d\u00e9bouche bien sur une r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle physique qui satisfasse r\u00e9ellement des \u00eatres humains physiques. Elle signifie qu&rsquo;un contrat financier se relie par une chaine continue de contrats \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 terme physique et n\u00e9gociable. Par exemple, l&rsquo;achat ou la vente \u00e0 terme d&rsquo;une dette publique doit avoir pour contrepartie directe ou indirecte un vrai \u00c9tat qui a effectivement n\u00e9goci\u00e9 son besoin de financement en pr\u00e9sentant ses comptes et en engageant la loi dont il est d\u00e9positaire. Hors d&rsquo;une telle r\u00e8gle, la vente \u00e0 d\u00e9couvert fait baisser le prix de quelque chose qui n&rsquo;existe pas ; les transactions financi\u00e8res ne r\u00e9pondent \u00e0 aucun besoin et ne suscitent pas d&rsquo;autres r\u00e9alit\u00e9s que des informations fausses. <em>Le pari sur la v\u00e9rit\u00e9 ou la fausset\u00e9 d&rsquo;une affirmation sort du champ de la finance identifi\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><strong>Autorit\u00e9 marchande de l&rsquo;\u00c9tat de droit<\/strong><\/p>\n<p>La derni\u00e8re condition de couverture syst\u00e9matique du risque est n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle du droit<em>. La garantie du risque de cr\u00e9dit par un tiers non int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;objet du cr\u00e9dit certifie que la mesure de l&rsquo;interm\u00e9diaire de cr\u00e9dit n&rsquo;est pas pollu\u00e9e par la r\u00e9mun\u00e9ration du prix pr\u00eat\u00e9.<\/em> Le banquier d&rsquo;investissement acheteur du risque de cr\u00e9dit se substitue \u00e0 l&#8217;emprunteur si celui-ci fait d\u00e9faut \u00e0 rembourser le banquier de cr\u00e9dit. Comme un banquier d&rsquo;investissement ne peut pas se r\u00e9mun\u00e9rer avec l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;argent mais uniquement l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du risque, son calcul de la prime de risque \u00e0 l&rsquo;origine du cr\u00e9dit est le plus r\u00e9aliste qui puisse \u00eatre. S&rsquo;il est trop cher, l&rsquo;acheteur du risque de cr\u00e9dit est r\u00e9cus\u00e9 par l&#8217;emprunteur. S&rsquo;il est trop bon march\u00e9, l&rsquo;acheteur assume \u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance des cr\u00e9dits un co\u00fbt du risque sup\u00e9rieur aux primes per\u00e7ues. Pour \u00eatre bon march\u00e9 et rentable, la n\u00e9gociation du risque doit intervenir sur un march\u00e9 du risque unique par objet de cr\u00e9dit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du march\u00e9 financier. Offre et demande de risque se confrontent selon des r\u00e8gles de transparence communes qui sont un \u00e9l\u00e9ment int\u00e9grant des contrats de garantie entre acheteurs et vendeurs.<\/p>\n<p>Les quatre conditions d&rsquo;existence du march\u00e9 financier r\u00e9el unifi\u00e9 ont pour cons\u00e9quence de mettre toute n\u00e9gociation marchande d&rsquo;un quelconque objet financier sous arbitrage d&rsquo;une autorit\u00e9 commune \u00e0 l&rsquo;offre et \u00e0 la demande. Une autorit\u00e9 qui ne peut ni acheter ni vendre du cr\u00e9dit, du risque de cr\u00e9dit ou des assurances ; mais qui vend ou ach\u00e8te du risque de march\u00e9, c&rsquo;est \u00e0 dire l&rsquo;existence syst\u00e9matique du prix de tout objet admis \u00e0 la n\u00e9gociation. Un prix autoris\u00e9 renvoie \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 de droit mat\u00e9rialis\u00e9e en quantit\u00e9 mon\u00e9taire et arbitrable par un juge du Droit. L&rsquo;interm\u00e9diaire de march\u00e9 repr\u00e9sente l&rsquo;\u00c9tat de droit dans le march\u00e9 et le march\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9tat de droit. Le vrai march\u00e9 est \u00e0 la fois public et priv\u00e9. Un bien est n\u00e9gociable parce qu&rsquo;il est commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente dans le march\u00e9. Un bien est n\u00e9goci\u00e9 parce que son objet physique sous-jacent n&rsquo;est utilisable que dans un int\u00e9r\u00eat priv\u00e9 distinct des autres.<\/p>\n<p>L&rsquo;autorit\u00e9 de march\u00e9 est op\u00e9rateur financier du bien public qui fait exister une offre et une demande de tout objet licite. Elle est divisible en personnes morales ayant des int\u00e9r\u00eats distincts par des objets distincts de bien n\u00e9gociables ; mais solidaires dans l&rsquo;enregistrement, la connaissance et l&rsquo;agr\u00e9ment de tous les acteurs impliqu\u00e9s dans la n\u00e9gociation de march\u00e9. Une banque de march\u00e9 agr\u00e9e les sujets et les objets de la n\u00e9gociation financi\u00e8re. Elle produit les r\u00e8gles de n\u00e9gociation des objets dont elle supervise la compensation du prix entre offre et demande. Elle accepte ou repr\u00e9sente les acheteurs et vendeurs dont elle garantit la capacit\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier avec la collectivit\u00e9 de march\u00e9. Les garanties de n\u00e9gociation sont achet\u00e9es par les vendeurs d&rsquo;objets r\u00e9els sous forme d&rsquo;option de conformit\u00e9 au bien public de march\u00e9. Un banquier de march\u00e9 per\u00e7oit une prime de conformit\u00e9 contre laquelle il garantit la bonne application des r\u00e8gles qu&rsquo;il \u00e9dicte sur son compartiment de march\u00e9. L&rsquo;achat d&rsquo;une prime de conformit\u00e9 par le vendeur d&rsquo;un objet r\u00e9el de droit lui garantit le paiement en monnaie de ses ventes au prix d&rsquo;\u00e9quilibre entre l&rsquo;offre et la demande. Le banquier de march\u00e9 se substitue \u00e0 l&rsquo;acheteur d\u00e9biteur du paiement s&rsquo;il fait d\u00e9faut malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9valuation a priori de sa solvabilit\u00e9 et la d\u00e9limitation de sa capacit\u00e9 d&rsquo;engagement r\u00e9elle.<\/p>\n<p><strong>Preuve logique de la faisabilit\u00e9 du march\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Le portage d&rsquo;option de conformit\u00e9 est le <em>brokerage<\/em> sur les march\u00e9s anglo-saxons. Mais les commissions per\u00e7ues par le broker ne sont pas des primes si elles n&rsquo;ont pas pour contrepartie des obligations quantifiables de liquidit\u00e9 du prix du sous-jacent dans une dur\u00e9e born\u00e9e. <em>C&rsquo;est la garantie mat\u00e9rielle d&rsquo;existence du prix qui fait la r\u00e9alit\u00e9 du march\u00e9 financier. <\/em>Elle implique des op\u00e9rateurs capables de s&rsquo;engager sur une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 terme ; c&rsquo;est \u00e0 dire l&rsquo;existence d&rsquo;un objet mat\u00e9riel sous-jacente \u00e0 tout prix g\u00e9n\u00e9rateur de flux mon\u00e9taires pr\u00e9sent ou futurs. <em>La parole financi\u00e8re n&rsquo;est pas r\u00e9elle si elle est asym\u00e9trique : si elle contient des flux mon\u00e9taires dont la contrepartie juridique n&rsquo;est pas connaissable donc mesurable sur un march\u00e9 public. <\/em>La conformit\u00e9 financi\u00e8re n&rsquo;est pas un assemblage de mots l\u00e9gaux ou contractuels mais bien la possibilit\u00e9 r\u00e9elle de satisfaire un besoin humain, mat\u00e9riel et physique \u00e0 terme. Or un besoin individuel \u00e0 terme ne peut pas exister financi\u00e8rement sans une soci\u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e qui fournisse une langue commune n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;expression de son anticipation.<\/p>\n<p>L&rsquo;interm\u00e9diation financi\u00e8re est n\u00e9cessairement marchande, donc sociale, donc verbale, donc risqu\u00e9e par l&rsquo;\u00e9coulement du temps. L&rsquo;actuelle crise de civilisation est issue de la confusion entre n\u00e9cessit\u00e9 mat\u00e9rielle, n\u00e9cessit\u00e9 formelle et n\u00e9cessit\u00e9 finale. L&rsquo;individualisme passe par le mat\u00e9rialisme qui ne con\u00e7oit ni les obligations de l&rsquo;intelligence ni la libert\u00e9 des fins. Tout est d\u00e9termin\u00e9 comme dans la mat\u00e9rialit\u00e9 physique. Toute logique est individuelle car la mati\u00e8re individualise. Il n&rsquo;y a pas de logique de la fin puisque la mati\u00e8re est immuable, n&rsquo;a pas de fin variable dans le temps. Du coup offre et demande sont des artifices intellectuels qui ne sont nullement d\u00e9termin\u00e9s par la libert\u00e9 personnelle de choisir, d&rsquo;expliquer son choix et d&rsquo;essayer de le r\u00e9aliser par la reconnaissance du choix des autres. Le march\u00e9 virtuel est inexistence de la soci\u00e9t\u00e9 humaine. <em>Si la soci\u00e9t\u00e9 veut exister, elle organise le march\u00e9 par la loi de la parole vraie r\u00e9alisable. Et le march\u00e9 se met \u00e0 produire les r\u00e8gles qui rendent ses anticipations d&rsquo;objets r\u00e9alisables par l&rsquo;\u00e9change entre sujets de droit \u00e9gaux.<\/em><\/p>\n<p>===========<\/p>\n<p>(*) Clin d&rsquo;oeil \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?page_id=5116\">Comment la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 furent invent\u00e9es<\/a>, Paul Jorion, Gallimard 2009<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>R\u00e9alit\u00e9 incompl\u00e8te du march\u00e9 financier<\/strong><\/p>\n<p>Les tests de stress des bilans bancaires de la zone euro illustrent \u00e0 la caricature les contradictions de la finance sans march\u00e9. Ils montrent d&rsquo;abord que le march\u00e9 financier europ\u00e9en n&rsquo;existe pas. Bien s\u00fbr il y a libert\u00e9 de circulation des biens et des services. Mais le march\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[276,1,307],"tags":[57,170,162,765,70,764,696,766],"class_list":["post-14373","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-droit","category-economie","category-finance","tag-assurance","tag-credit","tag-economie-de-marche","tag-etat-de-droit-commun","tag-formation-des-prix","tag-reglementations-financieres","tag-risque","tag-tiers-impartial"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14373"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14373\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48109,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14373\/revisions\/48109"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}