{"id":14450,"date":"2010-07-30T22:20:45","date_gmt":"2010-07-30T20:20:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=14450"},"modified":"2013-01-02T17:58:22","modified_gmt":"2013-01-02T16:58:22","slug":"ce-qui-pourrait-nous-attendre-partie-i-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/07\/30\/ce-qui-pourrait-nous-attendre-partie-i-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"Ce qui pourrait nous attendre (partie I), par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>CE QUI POURRAIT NOUS ATTENDRE  (partie I)<\/strong><\/p>\n<p>Ne pas faire de promesses, c\u2019est ne pas prendre le risque qu\u2019elles vous soient rappel\u00e9es quand on ne les a pas tenues. Voil\u00e0 une le\u00e7on que beaucoup de politiciens ont retenue et dont ils ont m\u00eame fait un argument trop entendu, en la retournant : \u00ab faites-moi confiance, puisque je ne vous promets rien \u00bb ! <\/p>\n<p>En cette poursuite d\u2019une crise qui n\u2019en finit pas &#8211; et n\u2019est pas pr\u00eate de se terminer &#8211; est-il possible d\u2019anticiper sur ce qui pourrait nous \u00eatre r\u00e9serv\u00e9, que les d\u00e9tenteurs du pouvoir se gardent de revendiquer ? Agissant avec pr\u00e9caution, soucieux d\u2019\u00e9viter les \u00e9clats et les affrontements, convaincus que le temps travaille pour eux. Sans appliquer un plan pr\u00e9con\u00e7u, car il leur faut en permanence s\u2019adapter \u00e0 une crise dont ils ne ma\u00eetrisent pas les rebondissements. Avec pour mission d\u2019exercer toute leur habilit\u00e9 afin de faire accepter comme in\u00e9vitable et n\u00e9cessaire &#8211; dans la nature des choses, du monde, de l\u2019homme&#8230; &#8211; la poursuite d\u2019un syst\u00e8me qui a piteusement failli. Car ils en sont les ex\u00e9cutants. <\/p>\n<p>Il n\u2019est pas interdit de tracer une premi\u00e8re \u00e9bauche de la suite, une sorte de sc\u00e9nario, en mettant en relation tout ce que l\u2019on peut d\u00e9j\u00e0 percevoir d\u2019annonciateur. En allant \u00e0 l&rsquo;essentiel et sans tenir compte d\u2019importantes variantes entre r\u00e9gions du monde et pays. En projetant les grandes lignes d\u2019un avenir sur lequel p\u00e8se encore beaucoup d\u2019incertitudes, que de nombreux incidents de parcours peuvent bouleverser. Car il n\u2019y a pas de fatalit\u00e9, il y a des logiques, parfois inattendues. <\/p>\n<p>Allons-y !<\/p>\n<p><!--more-->L\u2019expression <i>sortie de crise<\/i> ne faisant plus partie du vocabulaire de base, il est en premier lieu acquis que celle-ci est d\u00e9sormais r\u00e9put\u00e9e introuvable. Amenant \u00e0 logiquement consid\u00e9rer que nous sommes engag\u00e9s dans une nouvelle p\u00e9riode dont la dur\u00e9e n\u2019est pas connue. Seule r\u00e9f\u00e9rence, la pr\u00e9c\u00e9dente clairement identifi\u00e9e a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9e de \u00ab trente glorieuses \u00bb, mais c\u2019est chose dat\u00e9e (de la fin de la seconde guerre mondiale au choc p\u00e9trolier de 1973). La suivante, que nous venons donc de quitter, mais seulement officieusement, aura donc dur\u00e9 presque trente-cinq ann\u00e9es. Plus tard, l\u2019histoire lui attribuera un nom. Nous n\u2019en sommes donc pas \u00e0 en chercher un pour celle dans laquelle nous venons tout juste de p\u00e9n\u00e9trer. En nous disant donc que son esp\u00e9rance de vie pourrait encore \u00eatre d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es, par simple analogie. C&rsquo;est long et nous allons voir pourquoi. <\/p>\n<p>Dans le monde occidental, la croissance \u00e9conomique &#8211; cet indice phare exprim\u00e9 en pourcentage du Produit Int\u00e9rieur Brut &#8211; ne va pas retrouver ses niveaux pr\u00e9c\u00e9dents. Un d\u00e9bat s\u2019est m\u00eame instaur\u00e9 sur les tendances \u00e0 la r\u00e9cession qui se manifestent et le risque de la d\u00e9flation qui pourrait survenir. En tout \u00e9tat de cause, il s\u2019agira d\u2019une croissance sans emploi. Entendez par l\u00e0 qu\u2019une grande partie des emplois perdus ne seront pas retrouv\u00e9s, exprimant un ch\u00f4mage <i>structurel<\/i>, correspondant \u00e0 des activit\u00e9s qui ne reprendront pas. La dur\u00e9e effective d\u2019insertion dans la vie <i>active<\/i> \u00e9tant par ailleurs appel\u00e9e \u00e0 continuer de diminuer, aboutissant \u00e0 ce que l\u2019on rentre sur le march\u00e9 du travail de plus en plus tardivement pour en sortir de plus en plus pr\u00e9cocement. <\/p>\n<p>Sous l\u2019impact des pr\u00e9occupations environnementales montantes, de premi\u00e8res interrogations ont d\u00e9j\u00e0 vu le jour et se sont largement d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 propos des modes de calcul de cette croissance et de son bien fond\u00e9 en soi. Celle-ci va d\u00e9sormais faire l&rsquo;objet d&rsquo;interrogations compl\u00e9mentaires, afin de trouver de nouveaux moteurs &#8211; des activit\u00e9s productives &#8211; pour remplacer ceux que les pays <i>\u00e9mergents<\/i> ont appris \u00e0 faire fonctionner \u00e0 moindre co\u00fbt. <\/p>\n<p>Car le monde a bascul\u00e9, la mondialisation y a fortement contribu\u00e9 bien avant que la crise n\u2019intervienne, pr\u00e9cipitant les pays <i>\u00e9mergents<\/i> dans une croissance \u00e9conomique d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e et destructrice, accentuant en leur sein les in\u00e9galit\u00e9s sociales, contribuant \u00e0 l\u2019accession \u00e0 un mode de consommation <i>occidental<\/i> d&rsquo;une marge significative de leur population. Les pays occidentaux, qui en subissaient d\u00e9j\u00e0 le contrecoup, le compensaient partiellement par la machine \u00e0 faire des dettes et du cr\u00e9dit. Or celle-ci ne retrouvera pas ses rendements perdus. <\/p>\n<p>Seconde caract\u00e9ristique de cette nouvelle p\u00e9riode, le double mouvement de d\u00e9sengagement de l\u2019Etat et de financiarisation de nouvelles activit\u00e9s jusque-l\u00e0 publiques, d\u00e9j\u00e0 largement engag\u00e9, va se poursuivre, en d\u00e9pit de la crise qui devrait sonner son glas. Les plans de sant\u00e9 priv\u00e9s et les fonds de pension par capitalisation vont continuer \u00e0 se d\u00e9velopper, r\u00e9serv\u00e9s aux cat\u00e9gories les plus ais\u00e9es. Les Etats vont multiplier les partenariats avec le priv\u00e9, afin de r\u00e9duire leurs investissements, pour louer des \u00e9quipements et des services dont ils avaient auparavant la charge. De nouveaux syst\u00e8mes d\u2019incitation financi\u00e8re par\u00e9s des vertus environnementales vont \u00eatre mis sur pied, en lieu et place de contraintes r\u00e9glementaires. Les terrains de jeux des activit\u00e9s financi\u00e8res vont \u00eatre agrandis, les activit\u00e9s r\u00e9galiennes de l\u2019Etat vont \u00eatre r\u00e9duites. <\/p>\n<p>Ce que l\u2019on appelle <i>la crise de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative<\/i> va se poursuivre, non seulement en raison de la professionnalisation de l\u2019activit\u00e9 politique et de la disparition des derni\u00e8res fragiles barri\u00e8res entre service public et priv\u00e9, \u00e0 tous les niveaux, mais \u00e9galement \u00e0 cause de l\u2019opacit\u00e9 grandissante dans laquelle les grandes d\u00e9cisions sont prises, hors de tout contr\u00f4le et d\u00e9bat ouvert. Les dispositifs institutionnels que le monde financier est en train de se donner pour assurer sa surveillance et sa r\u00e9gulation en sont un inqui\u00e9tant exemple. C&rsquo;est tout le d\u00e9bat sur les nouvelles oligarchies. <\/p>\n<p>Enfin, cette \u00e9volution va encore accentuer les disparit\u00e9s sociales existantes, qui ne s\u2019expriment pas uniquement en terme de revenus et de pouvoir d\u2019achat, ou bien de patrimoine et de r\u00e9partition de la richesse, mais se cristallisent de plus en plus en des <i>soci\u00e9t\u00e9s<\/i> diff\u00e9rentes, coexistant sur des territoires s\u00e9par\u00e9s. Disposant de leur environnement culturel propre, de leurs codes sociaux et de leur mode de fonctionnement distincts. Les passerelles entre elles, pour ne pas parler des ascenseurs, sont peu nombreuses et de moins en moins poreuses entre ces mondes qui se c\u00f4toient. <\/p>\n<p>Un univers id\u00e9ologique virtuel tient lieu de lien social fictif, tandis que les \u00e9l\u00e9ments d\u2019un contr\u00f4le social multiforme et \u00e9tendu g\u00e8re les d\u00e9viances, quand elles atteignent des proportions inacceptables. L&rsquo;int\u00e9riorisation r\u00e8gne en ma\u00eetre. Les contingences de la d\u00e9mocratie et de la libert\u00e9 ne sont pas revendiqu\u00e9es mais masqu\u00e9es, pour \u00eatre muscl\u00e9es. La soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait \u00e9clat\u00e9e, elle est encore plus compartiment\u00e9e. Les in\u00e9galit\u00e9s sont accrues, ceux dont le statut est d&rsquo;\u00eatre dans la moyenne sont \u00e0 la recherche d&rsquo;un \u00e9quilibre de plus en pr\u00e9caire, faisant la connaissance d&rsquo;un inconfort anxiog\u00e8ne permanent. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 la promesse qui ne nous est pas faite mais qui pourrait \u00eatre tenue. Chacun peut y reconna\u00eetre les contours de bien des \u00e9v\u00e9nements et des situations dont il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 t\u00e9moin dans le monde, autour de lui et dans sa vie. Par de nombreux aspects, elle est d\u00e9j\u00e0 en voie de r\u00e9alisation. De la m\u00eame mani\u00e8re que se manifestent aussi, dans les batailles d&rsquo;id\u00e9es comme dans certaines pratiques sociales, les pr\u00e9mices de ce qu&rsquo;une alternative pourrait \u00eatre. <\/p>\n<p>C&rsquo;est sans compter avec la dynamique de la crise actuelle, qui n&rsquo;a pas dit son dernier mot.<\/p>\n<p>A suivre, partie II : CE QUI LES ATTEND. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>CE QUI POURRAIT NOUS ATTENDRE (partie I)<\/strong><\/p>\n<p>Ne pas faire de promesses, c\u2019est ne pas prendre le risque qu\u2019elles vous soient rappel\u00e9es quand on ne les a pas tenues. 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