{"id":14462,"date":"2010-07-31T20:45:26","date_gmt":"2010-07-31T18:45:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=14462"},"modified":"2013-01-02T17:58:22","modified_gmt":"2013-01-02T16:58:22","slug":"ce-qui-les-attend-partie-ii-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/07\/31\/ce-qui-les-attend-partie-ii-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"Ce qui les attend (partie II), par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>CE QUI LES ATTEND<\/strong><\/p>\n<p>Au fil des p\u00e9rip\u00e9ties de la crise, on ne compte plus les nombreux soupirs de soulagement pouss\u00e9s, d\u00e8s que survient une p\u00e9riode de d\u00e9tente succ\u00e9dant \u00e0 l\u2019un de ses nouveaux \u00e9pisodes. <\/p>\n<p>Le dernier rebondissement d&rsquo;importance \u00e9tait europ\u00e9en et une accalmie est ensuite venue, en cours, qui a rendu moins pressante la mise en oeuvre d\u2019un sauvetage improvis\u00e9. Amenant cependant les plus lucides \u00e0 se demander o\u00f9 l\u2019\u00e9difice va craquer la prochaine fois, de mani\u00e8re impr\u00e9visible comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e. <\/p>\n<p>C&rsquo;est dans cette perspective que peuvent survenir des obstacles \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=14450\">Ce qui pourrait nous attendre<\/a>. Suscitant des rejets collectifs et des confrontations, modifiant des rapports de force qui sans cela paraissent intangibles. Car la dynamique de la crise reste tr\u00e8s forte et tout concourt \u00e0 ce qu\u2019elle perdure longtemps, puis \u00e0 ce qu\u2019elle se transpose aux plans politique et social, selon son propre rythme. <\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on est sous un bombardement, on voudrait que les phases de silence qui se substituent au fracas, la terre arr\u00eatant de trembler sous les pieds et les gravats de pleuvoir sur la t\u00eate, durent \u00e9ternellement. Mais l\u2019on ne peut s\u2019emp\u00eacher de craindre la rupture de cette fragile tr\u00eave, en venant \u00e0 savourer ces r\u00e9pits comme l\u2019expression de la normalit\u00e9, faute de mieux. <\/p>\n<p>Nous ne vivons pas autre chose actuellement, constatant que la crise s\u2019est install\u00e9e dans une phase chronique, tout en n\u2019excluant pas le retour inopin\u00e9 de phases aig\u00fces , comme l\u2019on vient d\u2019en conna\u00eetre une en Europe. Essayant depuis de d\u00e9tecter les bombes \u00e0 retardement qui ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es. <\/p>\n<p><!--more-->Dans ce domaine, la crise du cr\u00e9dit hypoth\u00e9caire a fait les choses en grand. Et l\u2019on sait que, faute d\u2019un red\u00e9marrage de ce march\u00e9 &#8211; toujours annonc\u00e9 et \u00e0 chaque fois d\u00e9menti &#8211; le syst\u00e8me financier restera en p\u00e9ril. Cela n&rsquo;en prend pas le chemin, si la croissance devait continuer \u00e0 chuter. <\/p>\n<p>Aux Etats-Unis, la Fed et l\u2019Etat &#8211; via Fannie Mae et Freddie Mac &#8211; tiennent ce march\u00e9 \u00e0 bout de bras sans autre alternative que de poursuivre leur soutien financier. A ce sujet, on devrait assister \u00e0 la rentr\u00e9e \u00e0 la sortie de terre de montages priv\u00e9s aussi farfelus que l\u2019ont \u00e9t\u00e9 en leur temps les tentatives de faire racheter les actifs toxiques, qui n\u2019ont jamais vu le jour. Sans Fannie Mae et Freddie Mac, qui garantissent 96,5% des nouveaux pr\u00eats hypoth\u00e9caires, le march\u00e9 immobilier aurait disparu. Le portefeuille qu\u2019elles garantissent est estim\u00e9 \u00e0 5.000 milliards de dollars. <\/p>\n<p>Les ordres de grandeur sont plus modestes en Espagne, o\u00f9 la crise immobili\u00e8re a aussi fait ses ravages dans le syst\u00e8me des Caisses d\u2019\u00e9pargne, que le gouvernement tente d\u2019endiguer avec le soutien de la BCE. Mais pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du pays : 1.000 milliards d&rsquo;euros de dettes li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 immobili\u00e8re sont estim\u00e9es d\u00e9tenues par le syst\u00e8me bancaire national, selon un analyste de RBS. <\/p>\n<p>Ces deux prochaines ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9es comme des \u00e9ch\u00e9ances vitales aux Etats-Unis, tant en ce qui concerne l\u2019immobilier r\u00e9sidentiel que commercial. Il n\u2019y a d\u00e9sormais pas d\u2019autre chose \u00e0 faire que de les attendre pour enregistrer ce qui va survenir si, comme probable, aucune embellie ne va miraculeusement les dissoudre dans l\u2019air du temps. <\/p>\n<p>Une deuxi\u00e8me bombe a depuis peu \u00e9t\u00e9 localis\u00e9e, cette fois-ci en Europe. Elle pourrait exploser si la crise de la dette publique, qui se manifeste par de fortes tensions sur les march\u00e9s obligataires, aboutissait \u00e0 &#8211; sinon un \u00e9clatement de la zone euro &#8211; du moins \u00e0 une restructuration n\u00e9goci\u00e9e de la dette des pays les plus menac\u00e9s. Car cela risque d&rsquo;\u00eatre \u00e0 terme la seule solution afin de sortir de la spirale de l\u2019endettement, accentu\u00e9e par l\u2019irr\u00e9sistible augmentation de son co\u00fbt, qui annihile les effets de la rigueur budg\u00e9taire. Les banques europ\u00e9ennes en subiraient durement le contrecoup et ne pourraient probablement pas y faire face par elles-m\u00eames. Un cercle vicieux a \u00e9t\u00e9 mis en place entre les banques et les Etats, la faiblesse des uns alimentant celle des autres. Cette bombe-l\u00e0 n&rsquo;est pas pr\u00eate d&rsquo;\u00eatre d\u00e9samorc\u00e9e non plus, ce n&rsquo;est que partie remise.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de gagner du temps, comme pour la premi\u00e8re, ce que l\u2019on fait quand on ne sait pas quoi faire d\u2019autre. <\/p>\n<p>Deux observations s&rsquo;en suivent\u00a0: la premi\u00e8re est que, dans les deux cas, ces bombes menacent l\u2019ensemble du syst\u00e8me financier, quelque soit leur origine g\u00e9ographique. La travers\u00e9e de l\u2019Atlantique ne se fera pas dans le m\u00eame sens, c\u2019est tout. La seconde est que c\u2019est l\u2019Etat qui soutient le syst\u00e8me financier priv\u00e9 aux Etats-Unis, tandis qu\u2019en Europe ce sont les banques qui financent la dette publique, y trouvant leur avantage tant que la crise n\u2019\u00e9clate pas. C\u2019est un peu le monde \u00e0 l\u2019envers<br \/>\n!<br \/>\nDevant tant d\u2019incertitude, une d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise sous l\u2019amicale insistance <i>des march\u00e9s<\/i> qui m\u00e8nent la danse dans les deux domaines de la gestion de la crise et de la future r\u00e9gulation financi\u00e8re, \u00e9troitement li\u00e9s et d\u00e9pendants. Il faut prioritairement et sans attendre d\u00e9gonfler la dette publique, afin de soulager de cette trop forte demande <i>les march\u00e9s<\/i>, afin qu\u2019ensuite, lentement et \u00e0 leur rythme, les \u00e9tablissements financiers puissent s\u2019y pr\u00e9senter dans les meilleures conditions possibles. <\/p>\n<p>L\u2019objectif poursuivi \u00e9tant d\u2019\u00e9viter qu\u2019ils aient \u00e0 subir des taux qui lamineraient leurs marges et donc la reconstitution de leurs fonds propres. Or, une fois \u00e9tir\u00e9 le calendrier de reconstitution de ceux-ci, et pr\u00e9cis\u00e9 le ratio qui va permettre d\u2019en fixer les montants, c\u2019est sur cette accumulation que comptent avant tout les banques pour satisfaire \u00e0 leurs obligations, car c&rsquo;est financi\u00e8rement le plus avantageux. Le pari n\u2019est donc pas gagn\u00e9. <\/p>\n<p>Cette incertitude se confirme, si l\u2019on observe la situation am\u00e9ricaine. Les atermoiements dont la Fed fait preuve ces derniers temps quand \u00e0 ses futurs choix strat\u00e9giques d\u00e9montrent combien la conduite de la politique \u00e9conomique des Etats est faite de contradictions difficiles \u00e0 trancher. Qu\u2019expriment aussi le FMI et la BCE, franchement oppos\u00e9s &#8211; mais sans le dire &#8211; derri\u00e8re leurs formules cisel\u00e9es quand ils dissertent du savant m\u00e9lange qui devrait \u00eatre fait entre restrictions budg\u00e9taires et mesures de relance \u00e9conomique. Dans le cas des Etats-Unis, il est question de relancer l\u2019\u00e9conomie, face au risque de r\u00e9cession, en s\u2019appuyant sur l\u2019achat d\u2019obligations souveraines par la Fed &#8211; en application d\u2019une autre relance, celle de la politique de cr\u00e9ation mon\u00e9taire. La Bank of England est pr\u00eate \u00e0 s\u2019engager sur le m\u00eame chemin et semble n\u2019en attendre que le signal donn\u00e9 par <i>les cousins<\/i>. A d\u00e9faut d&rsquo;un signal, une chose est en tout cas d\u00e9j\u00e0 visible, c\u2019est la confusion qui r\u00e8gne dans ces instances supr\u00eames, exprimant une profonde ind\u00e9cision et, pour le coup, un grand manque de <i>confiance<\/i>&#8230;<\/p>\n<p>Entre deux maux, choisir le moindre. Il faut se rendre \u00e0 une \u00e9vidence, le rythme soutenu auquel est cens\u00e9e intervenir la r\u00e9duction de la dette publique, qui n\u2019a m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e aux Etats-Unis, est intenable et ne sera pas tenu. Non pas en raison de hautes consid\u00e9rations financi\u00e8res et \u00e9conomiques, mais \u00e0 cause des cons\u00e9quences sociales et politiques de la crise, dont les manifestations sont incertaines et redout\u00e9es, car incontr\u00f4lables une fois qu\u2019elles ont d\u00e9marr\u00e9. <\/p>\n<p>On mesure encore mal en Europe, en d\u00e9pit du ch\u00f4mage important et des restrictions budg\u00e9taires s\u00e9v\u00e8res qui y ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es, dont les effets ne se sont pas encore fait pleinement sentir, la profondeur de la crise sociale am\u00e9ricaine au sein des <i>classes moyennes<\/i>. Dire que le r\u00eave am\u00e9ricain est bris\u00e9 est une formule, dire que la vie de nombreuses familles, parents et enfants, est boulevers\u00e9e n\u2019en est pas une. Leur standard de vie est profond\u00e9ment atteint, la croyance mythique qu\u2019ils partageaient dans la capacit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine &#8211; celle qu\u2019ils repr\u00e9sentaient &#8211; \u00e0 toujours retomber sur ses pieds est abandonn\u00e9e sur le bas-c\u00f4t\u00e9. <\/p>\n<p>Le d\u00e9sendettement des Etats va en g\u00e9n\u00e9ral \u00eatre plus difficile et long que pr\u00e9vu, perturbant les calculs qui voulaient qu\u2019il y soit proc\u00e9d\u00e9 rapidement. Cela complique l\u2019\u00e9quation que les banques doivent r\u00e9soudre, qui sont face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de refinancer une importante partie de leurs dettes dans les deux ann\u00e9es \u00e0 venir. <\/p>\n<p>Il va donc leur falloir aller sur les march\u00e9s avec un double handicap\u00a0: \u00eatre en forte concurrence avec les Etats, dont la signature des plus demandeurs reste tr\u00e8s valoris\u00e9e sur <i>les march\u00e9s<\/i>, proposer \u00e0 ces derniers de nouveaux instruments financiers regard\u00e9s avec une certaine distance\u00a0: les titres <i>hybrides<\/i> (susceptibles d\u2019\u00eatre convertis en actions en cas de grosses bourrasque, ce qui implique de devenir actionnaire d\u2019une banque en faillite). Deux circonstances qui ne peuvent que contribuer \u00e0 faire monter les taux pour motiver les clients, et \u00e0 r\u00e9duire d\u2019autant les marges op\u00e9rationnelles des banques. Restreignant leur capacit\u00e9 \u00e0 augmenter gr\u00e2ce \u00e0 celles-ci leurs fonds propres. Tout est li\u00e9 et ne s\u2019enclenche pas comme souhait\u00e9. <\/p>\n<p>Prenant les devants, mais ayant pr\u00e9vu de pouvoir revenir en arri\u00e8re si le Comit\u00e9 de B\u00e2le ne les acceptait pas comme \u00e9ligibles dans le d\u00e9compte des fonds propres, HSBC, UniCredit et Cr\u00e9dit Suisse viennent de se pr\u00e9senter avec succ\u00e8s sur ce march\u00e9, confirmant qu\u2019ils craignent qu\u2019il n\u2019y en ait pas pour tout le monde, tout du moins aux conditions qu&rsquo;ils ont obtenues. <\/p>\n<p>Une autre cons\u00e9quence va en r\u00e9sulter, aboutissant \u00e0 une disparit\u00e9 de traitement entre les banques, selon qu\u2019elles sont puissantes et fortes ou faibles et d\u00e9j\u00e0 en p\u00e9ril. On le voit aux Etats-Unis, si l\u2019on consid\u00e8re le tissu des banques r\u00e9gionales en pleine crise, ou en Europe, quand une partie des banques continue de voir ferm\u00e9 son acc\u00e8s au <i>march\u00e9<\/i>, n\u2019ayant d\u2019autre ressource que de frapper au guichet de la BCE. A terme, ce sont des processus de concentration, d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s, qui vont se poursuivre, ne pouvant qu\u2019accro\u00eetre les risques <i>syst\u00e9miques<\/i> dont on a abandonn\u00e9 dans la pratique, par ailleurs, l\u2019id\u00e9e de les combattre. <\/p>\n<p>Les Caisses d\u2019\u00e9pargne espagnoles ont effectu\u00e9 fin juin un <i>road show<\/i> destin\u00e9 \u00e0 convaincre les investisseurs de souscrire \u00e0 leurs futures \u00e9missions. Il en a r\u00e9sult\u00e9 qu\u2019il leur serait n\u00e9cessaire, afin d\u2019y parvenir, de rendre leur offre plus attractive en augmentant s\u00e9rieusement les taux. Le FMI, qui vient d&rsquo;effectuer ses propres <em>stress tests<\/em> globaux des banques am\u00e9ricaines a rendu son verdict\u00a0: en cas de r\u00e9cession, les besoins de financement des banques seraient de 76 milliards de dollars, environ la moiti\u00e9 d\u2019entre eux \u00e9tant destin\u00e9s aux banques r\u00e9gionales et aux petites banques, dont la capacit\u00e9 \u00e0 les trouver sur les march\u00e9s reste \u00e0 d\u00e9montrer.<\/p>\n<p>Une autre in\u00e9galit\u00e9 de traitement va appara\u00eetre au grand jour entre banques am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes. Les premi\u00e8res trouvent \u00e0 bas prix les financements qu\u2019elles recherchent, ayant bien davantage titris\u00e9 leurs pr\u00eats et moins dans le besoin. Elles auraient d\u00e9j\u00e0 refinanc\u00e9 200 milliards des 372 milliards de dollars de dette venant \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance en 2010. Les europ\u00e9ennes n\u2019en auraient fait autant que pour environ 40 \u00e0 50% des 450 milliards d\u2019euros de dette arrivant \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance.  D\u2019ici \u00e0 2012, les banques europ\u00e9ennes devraient refinancer 1.600 milliards d\u2019euros de dettes. Cela permet de mesurer leur sensibilit\u00e9 \u00e0 une augmentation des taux, d\u2019autant que les liquidit\u00e9s de la BCE, qui ne sont d\u00e9sormais disponibles qu&rsquo;\u00e0 trois mois, ne r\u00e9pondent donc pas \u00e0 ce besoin. Les grandes banques trouveront \u00e0 se refinancer et pourront s&rsquo;accommoder de taux \u00e9lev\u00e9s, mais les autres \u00a0?  <\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat final est que les banques, elles aussi, vont avoir besoin de plus de temps qu\u2019elles ne l\u2019escomptaient, pour se redonner une assise, si les bombes \u00e0 retardement n\u2019explosent pas entre temps. Le calendrier est de ce point de vue mal fichu, car celles-ci risquent de ne pas attendre sagement qu\u2019il leur en soit donn\u00e9 la permission. Cette assise relative, de toute fa\u00e7on, reposera sur des accommodements comptables destin\u00e9s \u00e0 continuer de masquer des d\u00e9valorisations d\u2019actifs auxquels ont ne peut pas proc\u00e9der sans glisser dans un tobogan, laissant peu de marge pour le retour d&rsquo;une <i>confiance<\/i> franche et massive.  <\/p>\n<p>La crise financi\u00e8re \u00e9tait am\u00e9ricaine \u00e0 son origine, elle s\u2019est vite g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et plusieurs foyers tenaces existent d\u00e9sormais, aux Etats-Unis et en Europe. Ces points d&rsquo;ancrage sont consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 ce point instables que tout le monde marche sur des oeufs. Les agences de notation, par exemple, ont en choeur annonc\u00e9 qu\u2019elles n\u2019envisageaient pas de d\u00e9grader les banques qui avaient \u00e9chou\u00e9 aux tests europ\u00e9ens, ne se privant pourtant pas de le faire pour les Etats. <i>La chronique de la crise<\/i> a encore de beaux jours devant elle. <\/p>\n<p>Un analyste utilisait derni\u00e8rement une image tr\u00e8s parlante, pour \u00e9voquer les rapports entre l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle et la finance, \u00e9voquant \u00ab\u00a0une queue qui remue un chien\u00a0\u00bb. Consid\u00e9rant l\u2019augmentation fulgurante de la part repr\u00e9sent\u00e9e par les services financiers dans la formation du PIB comme \u00e0 l\u2019origine de cette troublante innovation biologique que l\u2019on ne sait plus remettre \u00e0 l\u2019endroit. <\/p>\n<p>Au lieu de s\u2019engager dans le resserrement de la sp\u00e9culation financi\u00e8re par tous les moyens disponibles, taxes sur les transactions comme interdiction de certains instruments financiers &#8211; en application du principe selon lequel les paris sur les fluctuations des prix deviennent interdits &#8211; on pr\u00e9tend emprunter d\u2019agr\u00e9ables chemins de traverse. Cr\u00e9ant toutes les conditions pour que l\u2019\u00e9difice p\u00e9niblement maintenu sur ses bases s\u2019\u00e9croule \u00e0 nouveau. <\/p>\n<p>A une crise de la dette, devenue priv\u00e9e et publique \u00e0 la fois, rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 de mieux comme parade que de cr\u00e9er de nouvelles dettes afin de refinancer les premi\u00e8res. C\u2019est bien une r\u00e9action de banquier qui ne veut conna\u00eetre du monde que le sien et veut faire marcher celui des autres \u00e0 sa mesure. Le probl\u00e8me est qu&rsquo;elle est \u00e0 contretemps. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>CE QUI LES ATTEND<\/strong><\/p>\n<p>Au fil des p\u00e9rip\u00e9ties de la crise, on ne compte plus les nombreux soupirs de soulagement pouss\u00e9s, d\u00e8s que survient une p\u00e9riode de d\u00e9tente succ\u00e9dant \u00e0 l\u2019un de ses nouveaux \u00e9pisodes. <\/p>\n<p>Le dernier rebondissement d&rsquo;importance \u00e9tait europ\u00e9en et une accalmie est ensuite venue, en cours, qui a rendu [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307,17],"tags":[],"class_list":["post-14462","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14462","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14462"}],"version-history":[{"count":45,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14462\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48103,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14462\/revisions\/48103"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14462"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14462"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14462"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}