{"id":14650,"date":"2010-08-09T13:01:54","date_gmt":"2010-08-09T11:01:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=14650"},"modified":"2013-01-02T17:58:13","modified_gmt":"2013-01-02T16:58:13","slug":"comment-la-vraie-monnaie-va-chasser-la-fausse-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/08\/09\/comment-la-vraie-monnaie-va-chasser-la-fausse-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"Comment la vraie monnaie va chasser la fausse, par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<h1>La monnaie entre la mati\u00e8re et l&rsquo;esprit<\/h1>\n<p><b>Quantification de la valeur dans le temps<\/b><\/p>\n<p>Depuis des milliers d&rsquo;ann\u00e9es, la monnaie est un outil empirique de mesure de la valeur. L&rsquo;homme a besoin d&rsquo;attribuer des prix aux objets mat\u00e9riels pour les produire et les \u00e9changer. Pour transformer la mati\u00e8re physique, il lui est n\u00e9cessaire de se la repr\u00e9senter par des nombres. La valeur m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre produite si le nombre de la destruction de valeur qu&rsquo;elle impose demeure inf\u00e9rieure au nombre du r\u00e9sultat de la production. D\u00e9cider de produire quelque chose, c&rsquo;est juger que la chose est potentiellement rentable pour soi-m\u00eame. Cette rentabilit\u00e9 se confirme par l&rsquo;\u00e9change avec un autre, quand le nombre attach\u00e9 \u00e0 ce qui est achet\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre reste sup\u00e9rieur au nombre attribu\u00e9 int\u00e9rieurement \u00e0 l&rsquo;objet de la vente. Tous ces nombres sont des prix. Ils forment un syst\u00e8me logique de valeur d&rsquo;action propre \u00e0 chaque personne individuelle.<\/p>\n<p>Les prix pour soi-m\u00eame ne sont pas visibles. Ils sont int\u00e9rieurs \u00e0 la personne du sujet du raisonnement \u00e9conomique de la valeur. En revanche, par le march\u00e9, sont visibles les prix d&rsquo;\u00e9change de ce qui est consomm\u00e9 pour produire et finalement vendu \u00e0 un autre qui va consommer. Les prix visibles sont des nombres partag\u00e9s entre plusieurs personnes pour un m\u00eame objet \u00e9chang\u00e9 sur le march\u00e9. Les prix visibles s&rsquo;inscrivent dans les limites invisibles propres \u00e0 chaque agent \u00e9conomique. Le prix de la vente se r\u00e9alise effectivement dans l&rsquo;\u00e9change si le prix de la production a \u00e9t\u00e9 anticip\u00e9 en dessous du prix de l&rsquo;objet achet\u00e9 en contrepartie. Personne ne produit pour de l&rsquo;insatisfaction nette \u00e0 terme. L&rsquo;unit\u00e9 de compte des prix visibles marchands et invisibles personnels est commune aux individus dans la collectivit\u00e9 marchande ; donc commune \u00e0 tous les objets de valeur form\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9. L&rsquo;unit\u00e9 de compte de la valeur est la monnaie dont la mati\u00e8re est le fruit de la pens\u00e9e \u00e9conomique rationnelle des personnes en soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>La monnaie est un syst\u00e8me logique de valeur sociale qui na\u00eet des \u00e9changes des objets mat\u00e9riels entre personnes. Une soci\u00e9t\u00e9 construit un r\u00e9seau d&rsquo;\u00e9changes qui d\u00e9termine un march\u00e9. De l&rsquo;ensemble des \u00e9changes du march\u00e9, na\u00eet un ensemble de prix associant \u00e0 chaque instant dans la dur\u00e9e un nombre \u00e0 chaque objet. Si la soci\u00e9t\u00e9 a institu\u00e9 un objet de r\u00e9f\u00e9rence, tous les prix s&rsquo;expriment par une quantit\u00e9 de cet objet. La relation de cet objet \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de valeur est la d\u00e9finition mat\u00e9rialis\u00e9e de la monnaie, la mat\u00e9rialit\u00e9 du sens social des nombres que les individus attachent aux objets produits et \u00e9chang\u00e9s. La mat\u00e9rialit\u00e9 mon\u00e9taire transpose la conception de la valeur dans les limites de la mat\u00e9rialit\u00e9 physique des objets \u00e9conomiques. La mat\u00e9rialit\u00e9 mon\u00e9taire n&rsquo;est pas naturelle mais culturelle. Elle r\u00e9sulte de l&rsquo;exercice de la libert\u00e9 humaine dans l&rsquo;attribution d&rsquo;un prix aux objets de transformation de la mati\u00e8re physique. Par le calcul \u00e9conomique, la personne physique d\u00e9cide ou non de s&rsquo;engager dans la transformation de la mat\u00e9rialit\u00e9 physique. Ce qui est vendu a \u00e9t\u00e9 physiquement produit par une n\u00e9cessit\u00e9 de calcul qui n&rsquo;est pas une n\u00e9cessit\u00e9 physique. La n\u00e9cessit\u00e9 libre du calcul d\u00e9gage une valeur ajout\u00e9e qui motive la production et l&rsquo;\u00e9change.<\/p>\n<p><!--more--><b>Justice contenue dans la monnaie<\/b><\/p>\n<p>Pour le vendeur qui ach\u00e8te un prix, le prix de march\u00e9 tend en logique de justice \u00e0 se placer entre les deux nombres qui calcule le co\u00fbt de l&rsquo;objet et qui calcule sa contrevaleur finale d&rsquo;\u00e9change. L&rsquo;objet achet\u00e9 dans la vente d&rsquo;une contrepartie n&rsquo;a pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour son consommateur final si sa valeur d&rsquo;\u00e9change reste sup\u00e9rieure \u00e0 sa valeur de consommation. Elle n&rsquo;a pas non plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le producteur de la contrepartie si le prix de vente reste inf\u00e9rieur au prix de production. La logique du calcul \u00e9conomique veut qu&rsquo;un prix d&rsquo;\u00e9change se situe pour les deux parties entre le prix de production du produit c\u00e9d\u00e9 et le prix de consommation du produit acquis. Sinon l&rsquo;une et l&rsquo;autre conservent ce qu&rsquo;elles ont produit car l&rsquo;\u00e9change ne contient aucune justice. Elles n&rsquo;\u00e9changent rien et gardent pour elles-m\u00eames la plus ou moins-value de satisfaction de l&rsquo;effort de production. Un prix en monnaie issu d&rsquo;un \u00e9change est la mat\u00e9rialisation d&rsquo;une plus-value pour les \u00e9changistes : la valeur sup\u00e9rieure du produit achet\u00e9 sur le produit vendu. Cette plus-value a bien sa cause dans la soci\u00e9t\u00e9 qui permet l&rsquo;\u00e9change et mat\u00e9rialise la justice.<\/p>\n<p>L&rsquo;existence de la soci\u00e9t\u00e9 est n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;instauration d&rsquo;une loi de rentabilit\u00e9 par laquelle s&rsquo;\u00e9changent les objets qui rapportent \u00e0 leur vendeur davantage qu&rsquo;ils ne co\u00fbtent. Si la soci\u00e9t\u00e9 instaure le principe de la libre responsabilit\u00e9 des prix, alors ils expriment l&rsquo;accroissement de la valeur par les \u00e9changes. La mesure sous-jacente au march\u00e9 par l&rsquo;objet de r\u00e9f\u00e9rence mon\u00e9taire est la mat\u00e9rialit\u00e9 positive garantie de la valeur. La monnaie r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par le march\u00e9 garantit qu&rsquo;on ne produit pas ce qui n&rsquo;augmente pas la valeur. Sans l&rsquo;existence de la plus-value pour toute personne \u00e9changiste, la libert\u00e9 de transaction interdit la non-valeur par le non-paiement ; le non-\u00e9change d&rsquo;un objet mat\u00e9riel contre monnaie. Le nombre ainsi attribu\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 de march\u00e9 \u00e0 chaque objet est un prix juste parce qu&rsquo;il augmente la valeur pour tout acheteur et tout vendeur.<\/p>\n<p>Si un march\u00e9 n&rsquo;est pas l&rsquo;expression d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 form\u00e9e par une m\u00eame loi de la valeur, alors le prix de l&rsquo;un ne signifie plus ce qui est valeur pour l&rsquo;autre. Les prix ne sont pas justes et la monnaie ne mat\u00e9rialise aucune garantie. La monnaie est bien la mati\u00e8re comptable de la Loi. Elle implique que la loi qui exprime la valeur instaure la libert\u00e9 des \u00e9changes en prot\u00e9geant l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de jugement des personnes. La loi de la valeur ajout\u00e9e d\u00e9finit le march\u00e9 par des sujets inviolables, des sujets qui doivent ne pas \u00e9changer des objets s&rsquo;ils leur apportent moins de valeur qu&rsquo;il ne leur en prennent. Le march\u00e9 qui engendre la monnaie est un syst\u00e8me de calcul, une m\u00e9taphysique adopt\u00e9e par les individus rassembl\u00e9s en soci\u00e9t\u00e9 par une m\u00eame loi d&rsquo;une valeur commune. La structure de la monnaie est vuln\u00e9rable au flottement historique des soci\u00e9t\u00e9s ; aux lois qu&rsquo;elles se donnent et s&rsquo;appliquent par le march\u00e9 ; au langage du Droit qui justifie les lois.<\/p>\n<p><b>Mythe invaincu de la mat\u00e9rialit\u00e9 mon\u00e9taire<\/b><\/p>\n<p>Selon le statut effectivement accord\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9sentation de la personne dans le march\u00e9, les soci\u00e9t\u00e9s ont prosp\u00e9r\u00e9 ou p\u00e9riclit\u00e9 avec leur monnaie. Il a fallu une tr\u00e8s longue maturation pour explorer la nature m\u00e9taphysique de la monnaie. Le 15 ao\u00fbt 1971 apr\u00e8s plusieurs mill\u00e9naires d&rsquo;histoire mon\u00e9taire, la civilisation a d\u00e9finitivement renonc\u00e9 \u00e0 attacher la d\u00e9finition de la monnaie \u00e0 une quantit\u00e9 physique de mati\u00e8re. En l&rsquo;occurrence, le prix de l&rsquo;or en dollar s&rsquo;est mis \u00e0 flotter. Cette mutation fondamentale a r\u00e9sult\u00e9 de l&rsquo;intuition non d\u00e9montr\u00e9e de la d\u00e9termination de la monnaie par la bonne gouvernance du march\u00e9 et non par la mati\u00e8re physique. La crise actuelle est la cons\u00e9quence du d\u00e9tachement mat\u00e9riel de la monnaie fictivement gouvern\u00e9e.<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;il avait toujours fallu mat\u00e9rialiser physiquement la monnaie d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, l&rsquo;id\u00e9e s&rsquo;est ancr\u00e9e dans la grande majorit\u00e9 des consciences que la substance mon\u00e9taire est physique ; donc qu&rsquo;elle ob\u00e9it aux lois quantifi\u00e9es de la physique. Le triomphe de cette erreur dans le contexte de la mondialisation est en train de vider le concept mon\u00e9taire de sa substance. Avant de dominer la th\u00e9orie de la monnaie, l&rsquo;id\u00e9e de la mat\u00e9rialit\u00e9 a cohabit\u00e9 avec une exp\u00e9rience aussi ancienne : la causalit\u00e9 de la monnaie dans le cr\u00e9dit. Les autorit\u00e9s publiques engendr\u00e9es des soci\u00e9t\u00e9s constitu\u00e9es ont exp\u00e9riment\u00e9 d\u00e8s leurs origines la proportionnalit\u00e9 de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire \u00e0 leur propre cr\u00e9dit de gouvernement. Les pouvoirs politiques savent d&rsquo;exp\u00e9rience que leur autorit\u00e9 forte et respect\u00e9e leur permet d&rsquo;imposer naturellement une d\u00e9finition cr\u00e9dible de la monnaie \u00e9mise. Ce fut d&rsquo;abord le prix nominal de certains objets courants. Mais il apparu tr\u00e8s t\u00f4t que la cr\u00e9dibilit\u00e9 politique pouvait dispenser de constater sur le march\u00e9 la correspondance mat\u00e9rielle effective entre le prix des objets officiels d&rsquo;\u00e9talonnage mat\u00e9riel de la valeur et le nombre d&rsquo;unit\u00e9s mon\u00e9taires \u00e9mises en r\u00e8glement de l&rsquo;\u00e9change. Il \u00e9tait possible d&rsquo;\u00e9mettre plus de signes mon\u00e9taires que d&rsquo;unit\u00e9s de mati\u00e8re mon\u00e9taire effectivement disponible par le march\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;existence de la monnaie a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e par l&rsquo;impression d&rsquo;un nombre dans un objet physique. Le nombre mon\u00e9taire \u00e9talonn\u00e9 par la mati\u00e8re physique \u00e9tablissait une parit\u00e9 entre une mati\u00e8re quantifiable reconnaissable et la mesure affirm\u00e9e de sa valeur. Prisonnier de ses cinq sens en dehors desquels il ne peut interagir avec le monde, l&rsquo;homme confond intellectuellement la r\u00e9alit\u00e9 avec ce qu&rsquo;il ressent physiquement. Il a du mal \u00e0 reconna\u00eetre sa capacit\u00e9 intellectuelle d&rsquo;abstraction qui est en m\u00eame temps sa capacit\u00e9 \u00e0 communiquer m\u00e9taphysiquement avec son semblable comme r\u00e9alit\u00e9 distincte de la physique. Il lui est difficile d&rsquo;\u00e9prouver la valeur qu&rsquo;il ressent par le fonctionnement de son intelligence comme distincte de la mat\u00e9rialit\u00e9 physique qui est son objet. L&rsquo;homme voit naturellement la r\u00e9alit\u00e9 objective mais ne con\u00e7oit pas imm\u00e9diatement qu&rsquo;il en est le sujet ; qui plus est le sujet pluriel. Ainsi se d\u00e9robe-t-il \u00e0 sa responsabilit\u00e9 de choisir son r\u00f4le dans la d\u00e9termination des d\u00e9terminismes physiques. Ainsi est-il imm\u00e9diat de croire que la valeur soit simplement un nombre inscrit dans la mati\u00e8re physique.<\/p>\n<h1>Morale mon\u00e9taire<\/h1>\n<p><b>La monnaie de mati\u00e8re, de mesure et de droit<\/b><\/p>\n<p>Une fois initi\u00e9e, la monnaie s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e mat\u00e9rialisable autrement que par des pi\u00e8ces physiques de mati\u00e8re pr\u00e9cieuse. Il n&rsquo;\u00e9tait pas non plus n\u00e9cessaire pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande de transaction de limiter l&rsquo;\u00e9mission de signes \u00e0 la quantit\u00e9 de mati\u00e8re physique effectivement reconnue par le souverain. Un simple billet nommant un objet de valeur \u00e0 un certain nombre est apparu suffisant \u00e0 repr\u00e9senter la mati\u00e8re de la mesure. Le billet \u00e0 ordre, qui n&rsquo;est pas la mati\u00e8re de son objet, mat\u00e9rialise une mesure disjointe du concret. Une reconnaissance de dette valid\u00e9e par la Loi suffit \u00e0 mat\u00e9rialiser la m\u00e9taphysique mon\u00e9taire. En v\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;acceptation d&rsquo;un paiement en monnaie n&rsquo;est pas une acquisition de valeur pr\u00e9sente en mati\u00e8re physique mais bien la promesse quantifi\u00e9e d&rsquo;une valeur future quelconque. La supervision politique d&rsquo;un march\u00e9 par la d\u00e9termination effective de droits \u00e9quivalents entre tout \u00e9changiste est la contrepartie r\u00e9elle de la monnaie. Un r\u00e8glement en monnaie est d&rsquo;abord la quantification d&rsquo;un droit et ensuite la potentialit\u00e9 de sa transformation en objet de mati\u00e8re physique.<\/p>\n<p>La v\u00e9ritable urgence du paiement est le juste prix puis sa transformation \u00e0 une \u00e9ch\u00e9ance libre en valeur physique. La monnaie contient du temps mat\u00e9riel de justice qui n&rsquo;est pas une simple abstraction. Un vendeur n&rsquo;a pas de mal \u00e0 accepter de la monnaie s&rsquo;il sait que le prix calcul\u00e9 est juste et lui donne droit dans un d\u00e9lai qu&rsquo;il choisit \u00e0 une juste contrevaleur physique. L&rsquo;\u00e9mission mon\u00e9taire v\u00e9ritable est proportionnelle \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat de droit d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. Le Droit garantit la contrevaleur physiquement mat\u00e9rialisable que la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re promet du pr\u00e9sent au futur. La mati\u00e8re r\u00e9elle de la monnaie est le cr\u00e9dit issu d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. La mati\u00e8re du cr\u00e9dit est la somme des prix des objets que la soci\u00e9t\u00e9 anticipe produire. L&rsquo;anticipation du prix des \u00e9changes est cr\u00e9dible si elle est r\u00e9aliste ; r\u00e9aliste si les droits de la demande \u00e9quivalent ceux de l&rsquo;offre. L&rsquo;\u00e9quivalence des droits d&rsquo;offre et de demande n&rsquo;existe pas sans le march\u00e9 r\u00e9gul\u00e9 par l&rsquo;unicit\u00e9 instantan\u00e9e du prix de tout objet d&rsquo;\u00e9change.<\/p>\n<p>La multiplicit\u00e9 des prix d&rsquo;un m\u00eame objet au m\u00eame instant signifie qu&rsquo;un vendeur a pu priver un acheteur d&rsquo;une satisfaction sup\u00e9rieure par un prix plus \u00e9lev\u00e9 ; ou qu&rsquo;un acheteur a pu priver un producteur du prix de son effort par un prix moins \u00e9lev\u00e9 que l&rsquo;\u00e9quilibre r\u00e9el du march\u00e9. La monnaie est le cr\u00e9dit du syst\u00e8me des prix \u00e9tablis en \u00e9quivalence de droit. Elle implique le march\u00e9 pour fabriquer le cr\u00e9dit par les prix n\u00e9goci\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9 physique pr\u00e9sente et future ; pour transformer m\u00e9taphysiquement la mat\u00e9rialit\u00e9 physique pr\u00e9sente en prix de la mat\u00e9rialit\u00e9 physique anticip\u00e9e. La n\u00e9gociation d&rsquo;un prix futur engage le vendeur dans la production d&rsquo;un objet mat\u00e9rialisable \u00e0 une valeur certaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance du cr\u00e9dit. Un emprunteur en monnaie est un vendeur \u00e0 terme non pas d&rsquo;un objet mat\u00e9riel mais du prix dont il est le sous-jacent. Le pr\u00eateur en monnaie est un acheteur \u00e0 terme du prix sans conna\u00eetre l&rsquo;objet mat\u00e9riel sous-jacent mais sa seule d\u00e9finition en valeur. Pour que le march\u00e9 produise le cr\u00e9dit qui mat\u00e9rialise la monnaie, il faut un droit qui stabilise la valeur des engagements dans le temps ; qui oblige r\u00e9ellement les emprunteurs \u00e0 livrer au prix promis un objet de valeur restituable aux pr\u00eateurs.<\/p>\n<p><b>Monnaie d&rsquo;interm\u00e9diation financi\u00e8re de march\u00e9<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;escroquerie m\u00e9taphysique des subprimes a montr\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas en r\u00e9alit\u00e9 de cr\u00e9dit sans interm\u00e9diation financi\u00e8re. Elle garantit le droit par l&rsquo;anticipation du prix et l&rsquo;application effective du droit par l&rsquo;anticipation du prix. La premi\u00e8re interm\u00e9diation financi\u00e8re a \u00e9man\u00e9 historiquement de l&rsquo;autorit\u00e9 publique souveraine. Elle \u00e9tablissait d&rsquo;un m\u00eame acte un ordre marchand, des droits et la monnaie de mesure mat\u00e9rielle des droits \u00e9chang\u00e9s. La banque primitive est un tr\u00e9sor public. Du d\u00e9veloppement des \u00e9changes qu&rsquo;elle engendre au fil des si\u00e8cles a surgi la mon\u00e9tisation des dettes entre personnes priv\u00e9es. Les activit\u00e9s marchandes r\u00e9guli\u00e8res suscitent cr\u00e9ances et dettes au nom de leur propri\u00e9taire. Le marchand exp\u00e9riment\u00e9 est propri\u00e9taire d&rsquo;une mesure de la valeur ajout\u00e9e future de ses ventes sur ses achats. Si cette valeur nette anticip\u00e9e est substantielle, r\u00e9elle et v\u00e9rifiable, des tiers se mettent \u00e0 conserver leurs cr\u00e9ances sur le marchand pour r\u00e9gler leurs dettes. La fonction initiale du marchand est de prendre des marchandises en d\u00e9p\u00f4t contre reconnaissance de dette, engagement de vendre et livraison finale \u00e0 un acheteur. En d\u00e9membrant la mesure et le r\u00e8glement du prix de la livraison effective d&rsquo;une marchandise. la fonction de cr\u00e9dit se s\u00e9pare de la fonction commerciale. Le banquier est un marchand qui ne s&rsquo;occupe pas de la marchandise physique.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la garantie d&rsquo;un \u00c9tat de droit, la fonction de march\u00e9 produit en cr\u00e9dit le prix de mesure de la valeur certaine future. Le marchand a prouv\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 livrer la valeur physique contre un prix en monnaie. Le Droit l&rsquo;engage \u00e0 certifier par anticipation le prix de ce qu&rsquo;il pourra livrer par le march\u00e9 dont il est acteur. C&rsquo;est l&rsquo;anticipation de la valeur ajout\u00e9e propre de l&rsquo;interm\u00e9diation marchande qui suscite le cr\u00e9dit. Parce que le vrai march\u00e9 d\u00e9gage des plus-values r\u00e9elles de l&rsquo;\u00e9change des objets mat\u00e9riels, l&rsquo;interm\u00e9diaire marchand en porte par lui-m\u00eame une fraction. L&rsquo;existence probable mesur\u00e9e de la plus-value marchande entre les mains d&rsquo;un m\u00eame interm\u00e9diaire lui donne le cr\u00e9dit suffisant \u00e0 r\u00e9gler par des cr\u00e9ances de march\u00e9 des dettes entre des tiers. Pour que le marchand devienne banquier, il faut que les fonds propres qui r\u00e9sultent de l&rsquo;anticipation de sa propre activit\u00e9 d&rsquo;\u00e9change soient mesurables. Les cr\u00e9anciers et d\u00e9posants doivent pouvoir constater que l&rsquo;exc\u00e9dent des cr\u00e9ances sur les dettes marchandes est r\u00e9el. Soit l&rsquo;exc\u00e9dent provient du pass\u00e9 et se mat\u00e9rialise par des biens physiques comme un stock de m\u00e9tal et autres actifs mat\u00e9riels, soit il provient du futur sous forme de ventes \u00e0 terme ; une r\u00e9alit\u00e9 non visible livrable dans le futur n\u00e9goci\u00e9e par un prix pr\u00e9sent qui contient le prix du temps.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de cr\u00e9dit sans fonds propres, sans valeur r\u00e9elle \u00e0 terme exc\u00e9dent la mesure de la valeur due. Le prix de la valeur promise en certitude doit en Droit \u00eatre inf\u00e9rieur au prix de la r\u00e9alit\u00e9 future incertaine. Le cr\u00e9dit est fictif sans le march\u00e9 r\u00e9gul\u00e9 par le Droit, sans la constatation possible \u00e0 terme d&rsquo;une valeur r\u00e9elle incertaine sup\u00e9rieure \u00e0 la valeur nominale juridiquement certaine. Pour qu&rsquo;un prix soit certain en droit, il faut une plus-value d&rsquo;autant plus ample par rapport au prix que la contre-r\u00e9alit\u00e9 est \u00e9loign\u00e9e dans le futur. Un prix de contre-r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9sente est juste s&rsquo;il d\u00e9gage une plus-value de satisfaction \u00e0 la fois pour l&rsquo;acheteur et le vendeur. C&rsquo;est le march\u00e9 r\u00e9gul\u00e9 par l&rsquo;\u00c9tat de droit qui garantit cette plus-value. Quand la contre-r\u00e9alit\u00e9 du prix est future, il faut ajouter une plus-value de r\u00e9alit\u00e9 physique visible \u00e0 terme pour que le prix promis dans le cr\u00e9dit soit juste. Il faut r\u00e9mun\u00e9rer le portage de l&rsquo;incertitude par une fraction de la r\u00e9alit\u00e9 produite ; une incertitude dont la mesure de la r\u00e9alit\u00e9 est mise en r\u00e9serve d\u00e8s l&rsquo;origine du cr\u00e9dit pour combler les erreurs de calcul.<\/p>\n<p><b>Couverture du prix de la r\u00e9alit\u00e9 future<\/b><\/p>\n<p>Sans plus-value r\u00e9elle \u00e0 terme de l&rsquo;origine \u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance d&rsquo;un cr\u00e9dit, la justice est suspendue du fait qu&rsquo;\u00e0 un moment de la dur\u00e9e du cr\u00e9dit, le pr\u00eateur perd la raison de croire que la valeur de sa cr\u00e9ance soit totalement r\u00e9elle. La valeur r\u00e9elle de justice n&rsquo;est pas seulement une promesse hors du temps universellement satisfaisante en elle-m\u00eame ; elle doit \u00eatre r\u00e9alisable de son origine \u00e0 son \u00e9ch\u00e9ance. L&rsquo;\u00e9conomie de la justice est de dur\u00e9e autant que de mat\u00e9rialit\u00e9. A moins d&rsquo;admettre que le cr\u00e9dit puisse cesser d&rsquo;\u00eatre un engagement de la r\u00e9alit\u00e9 du futur, il n&rsquo;est pas acceptable que dans le moment d&rsquo;un cr\u00e9dit la r\u00e9alit\u00e9 soit \u00e0 un quelconque instant insuffisante \u00e0 terme pour certifier le prix remboursable. C&rsquo;est le march\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9tat de droit qui relie la mesure des promesses \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 terme. Il signifie deux prix pour chaque promesse : le prix de la certitude en cr\u00e9dit et le prix de l&rsquo;incertitude en fonds propres. Le cr\u00e9dit qui anticipe la valeur future ne peut pas \u00eatre vrai sans march\u00e9 r\u00e9gul\u00e9 par la s\u00e9paration mat\u00e9rielle de la r\u00e9alit\u00e9 promise et de la mesure de l&rsquo;incertitude de la r\u00e9alit\u00e9 promise. Ce march\u00e9-l\u00e0 n&rsquo;existe pas encore.<\/p>\n<p>Une banque est un interm\u00e9diaire qui applique le droit par l&rsquo;anticipation du prix certain des objets de l&rsquo;\u00e9change futur. Une banque transforme en monnaie la mesure de l&rsquo;anticipation de la valeur par ses d\u00e9biteurs. Elle extrait le prix \u00e0 terme de la production engag\u00e9e par ses d\u00e9biteurs. Elle comptabilise \u00e0 leur b\u00e9n\u00e9fice puis \u00e0 celui de ses d\u00e9posants un pouvoir d&rsquo;achat mon\u00e9taire. La monnaie issue du cr\u00e9dit est un droit \u00e0 d\u00e9penser accord\u00e9 \u00e0 un d\u00e9biteur engag\u00e9 \u00e0 produire une valeur future certaine ; valeur qui est la contre-r\u00e9alit\u00e9 de la consommation diff\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;\u00e9pargne. L&rsquo;interm\u00e9diation bancaire adosse la mesure de la production \u00e9pargn\u00e9e \u00e0 la mesure de la production investie ; la production imm\u00e9diatement consomm\u00e9e dans l&rsquo;investissement de la valeur future. Le banquier transforme le prix pr\u00e9sent de l&rsquo;investissement en prix \u00e0 terme des cr\u00e9dits remboursables. Les d\u00e9posants ach\u00e8tent dans leur \u00e9pargne la mesure de la valeur future. Les emprunteurs la vendent. Ils empruntent au pr\u00e9sent par l&rsquo;interm\u00e9diation bancaire la mesure certaine de la valeur anticip\u00e9e dans la r\u00e9alit\u00e9 incertaine qu&rsquo;ils vont produire. Les d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 vue bancaire sont des droits \u00e0 d\u00e9pense imm\u00e9diate. Les cr\u00e9dits remboursables \u00e0 tr\u00e8s court terme sont la mati\u00e8re de la monnaie que repr\u00e9sentent les d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 vue. La monnaie de d\u00e9p\u00f4t existe dans une banque tant qu&rsquo;elle est capable d&rsquo;afficher une mesure de ses fonds propres suffisante pour garantir la contre-r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir d&rsquo;achat comptabilis\u00e9. Les fonds propres garantissent la transformation du cr\u00e9dit pr\u00eat\u00e9 en cr\u00e9dit emprunt\u00e9 et la transformation mon\u00e9taire des objets de production en objets de d\u00e9pense \u00e9quivalents.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilit\u00e9 du march\u00e9 \u00e0 l&rsquo;existence de la monnaie de cr\u00e9dit est triple. Elle produit les prix de la r\u00e9alit\u00e9, puis les prix de la mesure certaine de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 terme et enfin les prix de la r\u00e9serve de valeur r\u00e9elle disponible \u00e0 terme en comblement de la moins-value potentielle de tout cr\u00e9dit. Pour que la monnaie compte la valeur, il n&rsquo;est pas acceptable en droit que sa contre-r\u00e9alit\u00e9 soit incertaine. Cela signifie qu&rsquo;une fois d\u00e9finie par la puissance souveraine la valeur r\u00e9elle de la monnaie, il ne doit pas \u00eatre possible de mesurer une cr\u00e9ance de cr\u00e9dit en monnaie sans que le banquier m\u00e9treur ne dispose par lui-m\u00eame d&rsquo;une r\u00e9serve de valeur r\u00e9elle. Si le droit se mesure et s&rsquo;il a une valeur r\u00e9elle, alors le m\u00e9treur de la r\u00e9alit\u00e9 en droit doit \u00eatre capable de combler ses erreurs de mesure \u00e0 terme. Les r\u00e8gles de couverture de la mesure du cr\u00e9dit par des fonds propres sont les fondations d&rsquo;un syst\u00e8me mon\u00e9taire de cr\u00e9dit. Paradoxalement, cette v\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e ignor\u00e9e dans la crise provoqu\u00e9e par la sp\u00e9culation des subprimes. Ce n&rsquo;est pas la n\u00e9cessit\u00e9 de disposer de fonds propres pour faire cr\u00e9dit qui a \u00e9t\u00e9 m\u00e9connue mais leur nature-m\u00eame qui les diff\u00e9rencie des cr\u00e9dits. Trois ans apr\u00e8s le d\u00e9but de la crise, la confusion reste totale entre ce qui est propre dans un passif de banque et ce qui est d\u00fb avec certitude.<\/p>\n<h1>Capital de la monnaie de droit<\/h1>\n<p><b>Inach\u00e8vement du capital d\u00e9li\u00e9 de la monnaie<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire conceptuelle de la monnaie n&rsquo;est en fait pas arriv\u00e9e \u00e0 son terme. A partir de l&rsquo;\u00c9tat de droit du march\u00e9, la possibilit\u00e9 s&rsquo;est faite jour de mat\u00e9rialiser physiquement l&rsquo;unit\u00e9 de compte de la valeur. Puis la mat\u00e9rialisation physique s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e conceptuellement inutile avec le d\u00e9veloppement du cr\u00e9dit. Mais pour ma\u00eetriser la certitude du cr\u00e9dit, il fallait limiter son \u00e9mission \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 future mesurable. Il fallait que les fonds propres bancaires soient du capital, de la valeur future incertaine mesurable qui respecte le droit du cr\u00e9dit. Le march\u00e9 financier permet depuis plusieurs si\u00e8cles de mesurer le capital par l&rsquo;offre et la demande de sa contrevaleur r\u00e9elle \u00e0 terme. Le capital se mesure en lui-m\u00eame par les sujets qui le rendent actif. Mais apr\u00e8s un mill\u00e9naire d&rsquo;histoire du capitalisme, la loi de la transformation de la valeur r\u00e9elle future en mesure certaine pr\u00e9sente du cr\u00e9dit a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e du Droit. Les normes appliqu\u00e9es sont dites prudentielles. Leur sens est interpr\u00e9table et leur effet sans garantie objective non d\u00e9pendante des sujets qui les appliquent.<\/p>\n<p>Le droit de nommer la mesure du capital en cr\u00e9dit et la mesure du cr\u00e9dit en capital n&rsquo;existe pas sans la r\u00e9alit\u00e9 du march\u00e9 qui oblige sans interruption les vendeurs de promesses financi\u00e8res. Les obligations du cr\u00e9dit en capital et du capital en cr\u00e9dit ne sont pas d\u00e9finissables objectivement. Mais elles le sont par l&rsquo;engagement durable de tout sujet de droit \u00e0 condition que le capital soit juridiquement la mesure de l&rsquo;incertitude qui d\u00e9coule du cr\u00e9dit. La condition du capital d\u00e9termine juridiquement le cr\u00e9dit comme mati\u00e8re mesur\u00e9e invariable de la monnaie. Le capital devient formellement la mesure variable dans le temps de la mesure certaine du cr\u00e9dit. Tant que le Droit admet la notion de responsabilit\u00e9 limit\u00e9e dans la transformation d&rsquo;anticipations financi\u00e8res en monnaie, il nie la r\u00e9alit\u00e9 humaine et physique du changement et la possibilit\u00e9 d&rsquo;engager la stabilit\u00e9 du langage. Le march\u00e9 n&rsquo;est que la circulation d&rsquo;objets sans sujets ; l&rsquo;information ne s&rsquo;\u00e9change pas. Le sujet humain est dispens\u00e9 de s&rsquo;engager dans la valeur comme s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;individu isol\u00e9 de son histoire en soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le monde actuel de la finance ne contr\u00f4le pas conceptuellement la transformation de la mesure de la valeur r\u00e9elle en cr\u00e9dit. Les banques r\u00e8glent empiriquement leur cr\u00e9dit \u00e0 partir des fonds propres dont elles disposent. Et les op\u00e9rateurs financiers utilisent les emprunts bancaires pour transformer en plus-value \u00e0 terme la mesure de leur capital. Le droit de la responsabilit\u00e9 financi\u00e8re limit\u00e9e d\u00e9tache les prix de la r\u00e9alit\u00e9 objective. L&rsquo;autorit\u00e9 politique croit assumer ses responsabilit\u00e9s mon\u00e9taires en \u00e9dictant des r\u00e8gles sans v\u00e9rifier leurs effets. Elle ne donne pas son avis dans des contrats financiers bilat\u00e9raux qui compromettent le bien commun. Elle n&rsquo;oblige pas la qualification publique certaine ou incertaine \u00e0 l&rsquo;origine des mesures calcul\u00e9es de la valeur future. Elle permet \u00e0 l&rsquo;op\u00e9rateur financier de changer la nature de ses engagements par la gestion sous un m\u00eame int\u00e9r\u00eat du risque et du cr\u00e9dit. La finance utilise la m\u00e9taphysique du calcul pour transformer la mat\u00e9rialit\u00e9 physique pr\u00e9sente en mat\u00e9rialit\u00e9 future abstraite du pr\u00e9sent. La civilisation contemporaine en d\u00e9duit insensiblement que l&rsquo;abstraction est immanente \u00e0 la mati\u00e8re physique alors qu&rsquo;elle est un choix responsable de l&rsquo;intelligence humaine.<\/p>\n<p><b>Comptabilit\u00e9 internationale de l&rsquo;efficience du Droit<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;intelligence de la mati\u00e8re transcende la mati\u00e8re physique ; le temps ne peut pas se r\u00e9duire \u00e0 une accumulation lin\u00e9aire ni \u00e0 un effet d&rsquo;usure de la mati\u00e8re. L&rsquo;information de la mati\u00e8re au fil du temps est une r\u00e9alit\u00e9 sans \u00eatre de nature physique. L&rsquo;\u00e9coulement du temps manifeste l&rsquo;action de la libert\u00e9 humaine dans les d\u00e9terminations de la physique. L&rsquo;homme est \u00e0 la fois libre par son intelligence et d\u00e9termin\u00e9 par sa mat\u00e9rialit\u00e9 physique. La finance contemporaine utilise la diminution de l&rsquo;autorit\u00e9 sociale publique de la libert\u00e9 pour simuler une d\u00e9termination purement physique de la valeur future ; pour suspendre la finalit\u00e9 incertaine de la valeur humaine. Elle pr\u00e9tend produire du cr\u00e9dit en calculant un risque seulement mat\u00e9riel. En r\u00e9alit\u00e9 elle calcule du faut cr\u00e9dit qui contient le risque de la d\u00e9cision financi\u00e8re et du faux risque qui ne contient pas l&rsquo;engagement humain que constitue le capital. La fausse finance repose sur le faux march\u00e9 qui fond le risque de l&rsquo;engagement humain dans la stabilit\u00e9 de la mati\u00e8re physique. La fausse finance produit de la fausse monnaie qui ne contient pas la valeur de l&rsquo;engagement humain.<\/p>\n<p>Cette pathologie m\u00e9taphysique de la civilisation se r\u00e9v\u00e8le brutalement dans la crise pr\u00e9sente \u00e0 cause de deux ph\u00e9nom\u00e8nes nouveaux : l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9volution humaine comprime le temps et densifie la cr\u00e9ativit\u00e9 de l&rsquo;intelligence ; la mondialisation cr\u00e9e un r\u00e9seau unique d&rsquo;intelligence entre des cultures humaines diff\u00e9rentes. La fiction juridique d&rsquo;un Droit universellement connu et compris dans son abstraction ne tient plus. Le march\u00e9 o\u00f9 s&rsquo;\u00e9change la mati\u00e8re doit servir \u00e0 partager la forme. Sinon la mati\u00e8re \u00e9chang\u00e9e transporte des formes qui ne sont pas un bien universel probable. Les Am\u00e9ricains exportent dans leurs dollars un droit dont les Chinois ne comprennent pas la valeur comme les Europ\u00e9ens importent dans leurs paiements en euro des marchandises dont ils ne comprennent pas la non-valeur. Le vrai march\u00e9 ne fait pas seulement circuler des objets mat\u00e9riels mais les formes de la valeur. Pour que les formes existent humainement dans leur immat\u00e9rialit\u00e9 en d\u00e9pit des langues et des cultures diff\u00e9rentes, il est n\u00e9cessaire de leur attribuer un prix distinct de celui des objets de mati\u00e8re. La r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9taphysique num\u00e9ris\u00e9e en monnaie est accessible \u00e0 toute intuition humaine. Cela signifie que le prix du capital doit \u00eatre mat\u00e9riellement distinct du prix en cr\u00e9dit et que le prix des monnaies doit \u00eatre d\u00e9composable en r\u00e9alit\u00e9 stable et en capital variable. La mesure de l&rsquo;incertitude des monnaies selon la valeur mat\u00e9rielle relative des droits nationaux doit se mesurer en engagement ind\u00e9pendant des nationalit\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;issue \u00e9conomique de la mutation pr\u00e9sente de la civilisation est transparente : le vrai march\u00e9 ne donnera pas seulement le prix de la mati\u00e8re mais aussi celui de la r\u00e9alisation du droit quelle que soient ses formulations nationales. La conceptualisation de la monnaie arrive \u00e0 son terme. Aux monnaies nationales qui anticipent et soldent la r\u00e9alisation de droits nationaux va s&rsquo;ajouter une monnaie internationale qui anticipe et solde la valeur universelle des droits nationaux. L&rsquo;unit\u00e9 de compte internationale de la valeur reposera sur trois principes naturels du droit humain : la mesure de la valeur est finalis\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9 physique \u00e0 terme des personnes ; le cr\u00e9dit de la valeur est un engagement r\u00e9el personnel sans limite juridique ; l&rsquo;engagement humain de la valeur mesur\u00e9e est garanti par les relations sociales de solidarit\u00e9 inter-personnelles. De ces principes d\u00e9coulent un march\u00e9 international garanti par des autorit\u00e9s publiques nationales ; concurrentes dans l&rsquo;application d&rsquo;un droit commun d&rsquo;humanit\u00e9 qui les transcende, souveraines dans l&rsquo;interpr\u00e9tation nationale du Droit.<\/p>\n<p><b>Responsabilit\u00e9 personnelle internationale de la monnaie<\/b><\/p>\n<p>Enferm\u00e9 dans un march\u00e9 commun mat\u00e9rialis\u00e9 par une monnaie commune exclusive de toute autre, le syst\u00e8me financier international distinct des syst\u00e8mes nationaux et du syst\u00e8me international non r\u00e9gul\u00e9 s&rsquo;auto-r\u00e9gule par la responsabilit\u00e9 personnelle illimit\u00e9e. Cette responsabilit\u00e9 est instaur\u00e9e par la s\u00e9paration du capital et du cr\u00e9dit, surveill\u00e9e par les pouvoirs judiciaires nationaux engag\u00e9s dans la transnationalit\u00e9 du Droit : celui qui fait cr\u00e9dit n&rsquo;est aucunement propri\u00e9taire du capital qui le garantit ; celui qui garantit la mesure d&rsquo;un cr\u00e9dit ne peut pas s&rsquo;approprier la monnaie qui en r\u00e9sulte ; la transformation par le temps de la monnaie en valeur r\u00e9elle est visible et v\u00e9rifiable par le march\u00e9. La th\u00e9orie financi\u00e8re de la valeur est en gestation depuis l&rsquo;aube de la civilisation. Elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e faute d&rsquo;une humanit\u00e9 unifi\u00e9e. L&rsquo;unit\u00e9 mat\u00e9rielle de la civilisation est maintenant r\u00e9alit\u00e9. Mais incompl\u00e8te en l&rsquo;absence d&rsquo;intelligibilit\u00e9 commune de la valeur, c&rsquo;est \u00e0 dire en l&rsquo;absence de march\u00e9 financier international qui compte le droit dans une m\u00eame monnaie. L&rsquo;\u00e9tape \u00e0 franchir est politique. Il faut que les hommes d\u00e9cident vraiment de vivre ensemble dans leurs diff\u00e9rences et que les pouvoirs politiques en assument vraiment la responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re la simplicit\u00e9 des mots, la mutation en cours affecte les racines de la religion, de la politique et de l&rsquo;\u00e9conomie. Le monde occidental est \u00e0 nouveau un parmi d&rsquo;autres dans une civilisation terrestre mat\u00e9riellement unifi\u00e9e. L&rsquo;\u00e9conomie mondiale s&rsquo;est unifi\u00e9e sur le paradigme religieux et politique occidental construit sur le syst\u00e8me causal gr\u00e9co-jud\u00e9o-chr\u00e9tien. La religion est l&rsquo;ensemble des motifs et des fins du vivre ensemble. La politique est l&rsquo;ensemble des formes du vivre ensemble. L&rsquo;\u00e9conomie est la mati\u00e8re du vivre ensemble. La monnaie qui sert \u00e0 compter la valeur synth\u00e9tise dans l&rsquo;\u00e9conomie de la mati\u00e8re le paradigme de pens\u00e9e du vivre ensemble. Sur un dollar il est \u00e9crit : \u00ab\u00a0in god we trust\u00a0\u00bb ; la monnaie mat\u00e9rialise une profession de foi. La crise provoqu\u00e9e par les subprimes est le d\u00e9classement d\u00e9finitif de la monnaie internationale construite sur le dollar, c&rsquo;est \u00e0 dire de la supr\u00e9matie politique et religieuse de l&rsquo;Occident.<\/p>\n<p>Les subprimes ont \u00e9t\u00e9 l&rsquo;ultime et vaine tentative de relever par la sp\u00e9culation le d\u00e9fi de civilisation de la Chine. L&#8217;empire du milieu a cass\u00e9 le jeu financier occidental. La civilisation chinoise repose davantage sur la soci\u00e9t\u00e9 que sur la personne individuelle : elle se sert de la monnaie pour acheter de la s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re au reste du monde avant de d\u00e9velopper la valeur par les \u00e9changes interpersonnels domestiques. Une \u00e9norme accumulation de dettes s&rsquo;est produite que le syst\u00e8me financier international ne sait pas g\u00e9rer. Le mod\u00e8le de la monnaie exclusivement port\u00e9e par la religion et le syst\u00e8me politique de l&rsquo;Occident est en train de s&rsquo;effondrer.<\/p>\n<p>La crise ne sera pas surmont\u00e9e par une simple substitution mon\u00e9taire comme celle de la livre par le dollar entre 1914 et 1945. Elle le sera par une refondation du capital et du cr\u00e9dit qui permette un \u00e9talon v\u00e9ritable de la valeur internationale. Un \u00e9talon qui ne repose pas seulement sur la s\u00e9paration occidentale du temporel et du spirituel mais sur le mod\u00e8le holistique que pratique la Chine. Le respect de la conscience personnelle en Occident admet le faire sans le dire et le dire sans le faire. Il est possible de pr\u00eater une parole qui n&rsquo;est pas concr\u00e8tement r\u00e9alisable et de r\u00e9aliser sans dire contre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9. Par le culte de la patrie des anc\u00eatres, la Chine met son unicit\u00e9 p\u00e9renne au-dessus de tout : elle r\u00e9duit le faire au dire et le dire au faire. En fixant par elle-m\u00eame la valeur de sa monnaie, elle impose par son mod\u00e8le politique une \u00e9conomie rentable par d\u00e9finition. Par sa masse, elle manipule la d\u00e9finition du dollar que l&rsquo;\u00c9tat de droit \u00e9tatsunien d\u00e9laisse. La substantification des monnaies ne peut plus reposer sur des d\u00e9finitions juridiques, politiques et religieuses nationales ; ni celles des \u00c9tats-Unis, ni celles de la Chine ni d&rsquo;aucune autre nation. Keynes l&rsquo;avait dit \u00e0 Bretton Woods dans sa proposition du bancor. Il n&rsquo;y a plus de raison de ne pas l&rsquo;\u00e9couter.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<h1>La monnaie entre la mati\u00e8re et l&rsquo;esprit<\/h1>\n<p><b>Quantification de la valeur dans le temps<\/b><\/p>\n<p>Depuis des milliers d&rsquo;ann\u00e9es, la monnaie est un outil empirique de mesure de la valeur. L&rsquo;homme a besoin d&rsquo;attribuer des prix aux objets mat\u00e9riels pour les produire et les \u00e9changer. 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