{"id":14817,"date":"2010-08-16T08:21:02","date_gmt":"2010-08-16T06:21:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=14817"},"modified":"2013-01-02T17:57:55","modified_gmt":"2013-01-02T16:57:55","slug":"lactualite-de-la-crise-elle-tourne-et-rode-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/08\/16\/lactualite-de-la-crise-elle-tourne-et-rode-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: elle tourne et elle rode, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>ELLE TOURNE ET ELLE RODE<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir s\u00e9vi sous sa forme aigu\u00eb en Europe &#8211; o\u00f9 une pause pr\u00e9vaut actuellement &#8211; elle menace les Etats-Unis, hier pr\u00e9sent\u00e9s comme relevant les premiers la t\u00eate et aujourd\u2019hui devanc\u00e9s d\u2019une longueur par les Europ\u00e9ens. Comment s&rsquo;y retrouver se lamentent les chroniqueurs \u00e0 la mode d&rsquo;antan ?<\/p>\n<p>En Asie, les Japonais continuent d\u2019\u00eatre d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment envas\u00e9s dans une d\u00e9flation end\u00e9mique, tandis que les Chinois tentent de d\u00e9gonfler leur gigantesque bulle financi\u00e8re immobili\u00e8re, devenue noire et mena\u00e7ante. Celle-ci, r\u00e9sultat de leur tentative de relance pr\u00e9cipit\u00e9e et massive, illustre par ses r\u00e9sultats malencontreux qu&rsquo;ils continuent de d\u00e9pendre de la poursuite de leurs exportations vers l\u2019Occident. Ainsi, en interne, qu&rsquo;un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement privil\u00e9giant la mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de leur march\u00e9 int\u00e9rieur est d\u00e9cid\u00e9ment une entreprise de longue haleine, auquel ils ont tourn\u00e9 le dos en s&rsquo;inscrivant dans la logique de la globalisation, et qui n\u00e9cessitera des remises en cause dont on peut se demander s\u2019ils seront en mesure de les accomplir, vu les int\u00e9r\u00eats en jeu. Ce n&rsquo;est pas un probl\u00e8me propre \u00e0 la Chine, il est partag\u00e9 par toutes les puissances <i>\u00e9mergentes<\/i>. <\/p>\n<p>On ne peut toutefois pas s\u2019en tenir \u00e0 cette vision du monde r\u00e9gion par r\u00e9gion. Si la crise ne se manifeste pas simultan\u00e9ment partout de la m\u00eame mani\u00e8re, elle n\u2019en est pas moins globale. <\/p>\n<p><!--more-->La tendance n\u2019est pas \u00e0 ce que le p\u00f4le de croissance asiatique tire irr\u00e9sistiblement derri\u00e8re lui le reste de l\u2019\u00e9conomie mondiale, comme le voulait une autre vision ang\u00e9lique. Au contraire, les difficult\u00e9s des uns se communiquent aux autres et p\u00e8sent sur eux. La globalisation exerce toujours ses effets, mais pas dans le sens de la sortie de crise. Dans l\u2019attente de son prochain \u00e9pisode aigu, on ne sait trop o\u00f9 et comment, elle se confirme sourde et install\u00e9e, aucun des probl\u00e8mes qui en sont \u00e0 l\u2019origine n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement r\u00e9gl\u00e9, continuant d\u2019\u00eatre superbement ignor\u00e9s. Petit \u00e0 petit, l\u2019id\u00e9e s\u2019insinue m\u00eame qu\u2019il va falloir en faire son parti et vivre avec, s\u2019installer pour une p\u00e9riode ind\u00e9finie dans un provisoire durable et d\u00e9testable. <\/p>\n<p>En Europe, l\u2019alerte rouge est pass\u00e9e. La zone euro n\u2019a pas \u00e9clat\u00e9, aucun pays n\u2019a eu \u00e0 restructurer sa dette publique dans l\u2019urgence, le syst\u00e8me bancaire n\u2019a pas craqu\u00e9, le fonds de stabilit\u00e9 n\u2019a pas eu besoin d\u2019\u00eatre activ\u00e9. Mieux, la croissance globale de la zone remonte, bien que faiblement et surtout tr\u00e8s in\u00e9galement. <\/p>\n<p>Il faut toutefois y regarder de plus pr\u00e8s avant de chanter victoire, car la partie n&rsquo;est qu&rsquo;engag\u00e9e. Les r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019export obtenus par l\u2019\u00e9conomie allemande ne font que renforcer les \u00e9carts \u00e9conomiques au sein de la zone euro. Ce qui, pour une zone mon\u00e9taire, n\u2019est pas exactement ce qui devrait \u00eatre recherch\u00e9 si l\u2019on voulait la renforcer. Par ailleurs, les pays qui \u00e9taient menac\u00e9s par la crise obligataire, et se sont engag\u00e9s \u00e0 marche forc\u00e9e vers la r\u00e9duction de leur d\u00e9ficit, font d\u00e9j\u00e0 face une forte d\u00e9t\u00e9rioration de leur situation \u00e9conomique et sociale. Accr\u00e9ditant l\u2019id\u00e9e qu\u2019une restructuration de leur dette s&rsquo;imposera vraisemblablement dans les deux ou trois ans \u00e0 venir. <\/p>\n<p>L\u2019accalmie qui pr\u00e9vaut sur le march\u00e9 obligataire, aboutissant \u00e0 une baisse des taux des pays les mieux dot\u00e9s, ne doit pas masquer que les taux consentis par les autres pays aux seigneurs les <i>march\u00e9s<\/i> restent tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s, pesant sur le service de la dette et renvoyant au risque de restructuration pr\u00e9c\u00e9dent. Cette dynamique vers le bas n\u2019est pas bris\u00e9e, d\u2019autant que les retomb\u00e9es effectives de la croissance allemande vers les pays <i>\u00e9mergents<\/i> risquent d\u2019\u00eatre limit\u00e9es en Europe. Et que ces r\u00e9sultats sont fragiles. L&rsquo;imbrication dette priv\u00e9e-dette publique, ainsi que le cumul des deux, restent le probl\u00e8me num\u00e9ro un de l&rsquo;Europe, qu&rsquo;aucun r\u00e9pit passager ne peut effacer. <\/p>\n<p>Enfin, le r\u00f4le apaisant qu&rsquo;a jou\u00e9 la Chine sur le march\u00e9 de la dette publique ne doit pas \u00eatre ignor\u00e9, car ce sont ses acquisitions, notamment de la dette espagnole, qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la souscription des r\u00e9centes \u00e9missions. La BCE pouvant fortement r\u00e9duire ses interventions pour cette raison et non parce que les choses rentrent dans l\u2019ordre, comme elle le pr\u00e9tend en brouillant les pistes. <\/p>\n<p>Les Chinois n\u2019ont en effet aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 laisser se poursuivre la baisse de l\u2019euro, qui pourrait restreindre leurs flux d\u2019exportation vers le march\u00e9 europ\u00e9en, et encore moins \u00e0 un rebondissement de la crise qu\u2019a connu la zone euro, qui pourrait la d\u00e9stabiliser brutalement. Enfin, ils poursuivent avec pers\u00e9v\u00e9rance leur objectif strat\u00e9gique de diversification de leurs avoirs. Comme ils viennent de le faire de mani\u00e8re spectaculaire avec le yen japonais, ils acqui\u00e8rent \u00e9galement des euros afin de ne pas accentuer leur dangereux t\u00eate \u00e0 t\u00eate avec le dollar. Car ils font l\u2019analyse que c\u2019est celui-ci qui est \u00e0 terme prioritairement menac\u00e9 de d\u00e9valorisation, ce qui les atteindrait particuli\u00e8rement vu la masse de leurs avoirs dans cette monnaie.  <\/p>\n<p>D\u00e9crire ainsi la situation, c\u2019est reconna\u00eetre que la Chine a d\u00e9j\u00e0 largement en mains &#8211; de facto &#8211; les cl\u00e9s du syst\u00e8me mon\u00e9taire international, pour la simple raison qu\u2019elle continue d\u2019amasser de gigantesques surplus et dispose des plus grandes r\u00e9serves mon\u00e9taires. Ce qui n\u2019est pas parti pour changer, au rythme qui est actuellement constat\u00e9 d\u2019accroissement de ces derni\u00e8res. Les dirigeants chinois sont donc \u00e0 la man\u0153uvre, apr\u00e8s avoir formellement abandonn\u00e9 le <i>peg<\/i> (la cheville) &#8211; la parit\u00e9 fixe entre le dollar et le yuan &#8211; tout en limitant drastiquement les variations de change de la <i>monnaie du peuple<\/i> (le renminbi, \u00e5\u2026\u0192\u00e4\u00ba\u00ba\u00e6\u00b0\u2018\u00e5\u00b8\u0081). <\/p>\n<p>Dans ces conditions, le moment viendra in\u00e9vitablement o\u00f9 ils pourront faire valoir avec succ\u00e8s la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019engager sans plus tarder la r\u00e9forme du SMI (syst\u00e8me mon\u00e9taire international). Elle bouleversera en d\u00e9faveur du dollar la donne, sanctionnant les nouveaux rapports de force \u00e9conomique mondiaux. Les dirigeants chinois ont d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 qu\u2019ils entendaient proc\u00e9der avec prudence et progressivement, afin de ne pas jouer contre eux en pr\u00e9cipitant une crise am\u00e9ricaine qu\u2019au contraire ils redoutent. <\/p>\n<p>Mais revenons en Europe. Si les \u00e9ch\u00e9ances ne sont plus imm\u00e9diates, cela ne signifie pas qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9es tr\u00e8s loin dans le temps. <\/p>\n<p>Que 15 \u00e0 20% des commerces de la r\u00e9gion d\u2019Ath\u00e8nes aient \u00e9t\u00e9 contraints dans les derni\u00e8res semaines \u00e0 la fermeture, pour ne prendre que cet exemple frappant, illustre l\u2019ampleur du recul \u00e9conomique que conna\u00eet le pays, r\u00e9sultat de la baisse du pouvoir d\u2019achat et de la hausse de l\u2019endettement du commerce de d\u00e9tail. La semaine derni\u00e8re en visite d&rsquo;inspection sur place, le groupe des experts de l\u2019Union europ\u00e9enne et du FMI a indiqu\u00e9 que la contraction de l&rsquo;\u00e9conomie allait atteindre 4% en 2010 et, toujours selon les pr\u00e9visions, se r\u00e9duire de 2,5% suppl\u00e9mentaires en 2011, alors que l&rsquo;inflation devrait atteindre 4,75% \u00e0 la fin de cette ann\u00e9e. Le taux de ch\u00f4mage officiel a en cons\u00e9quence atteint 12% en mai dernier, 32,5% des jeunes de 15 \u00e0 24 ans sont d\u00e9sormais sans emploi. La r\u00e9duction du d\u00e9ficit est par contre dans les clous, se sont f\u00e9licit\u00e9s les m\u00eames experts. Combien de temps le pays pourra-t-il r\u00e9sister \u00e0 ce traitement \u00a0? <\/p>\n<p>Le gouvernement espagnol vient pour sa part d\u2019annoncer qu&rsquo;il prendrait, si n\u00e9cessaire, des \u00ab\u00a0mesures additionnelles\u00a0\u00bb d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 pour atteindre son objectif de r\u00e9duction des d\u00e9ficits. Car ses propres pr\u00e9visions sont consid\u00e9r\u00e9es comme optimistes par le FMI et la Banque d\u2019Espagne. Elena Salgado, la ministre de l\u2019\u00e9conomie, vient encore une fois de marteler que la r\u00e9duction du d\u00e9ficit restait \u00ab\u00a0la priorit\u00e9 num\u00e9ro un\u00bb. C\u2019est que si en fa\u00e7ade la crise espagnole est contenue, c\u2019est autre chose quand on retourne les cartes. <\/p>\n<p>Les banques espagnoles ont actuellement emprunt\u00e9 un montant historique de 130,2 milliards d\u2019euros \u00e0 la BCE, quasiment la seule source accessible de financement, <i>les march\u00e9s<\/i> continuant \u00e0 leur \u00eatre largement inaccessibles. Cela repr\u00e9sente 30% des encours de la BCE dans la zone euro. Javier Ariztegui, gouverneur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la banque centrale d&rsquo;Espagne, avait en avril dernier d\u00e9clar\u00e9 que cette situation de d\u00e9pendance ne pouvait pas durer \u00e9ternellement, c&rsquo;est toujours largement le cas. Ainsi, lorsque BBVA, pourtant l\u2019un des deux fleurons du syst\u00e8me bancaire espagnol, s\u2019est rendu le mois dernier sur le march\u00e9 obligataire pour y chercher 2 milliards d\u2019euros, la banque n&rsquo;y est parvenue qu&rsquo;au prix d&rsquo;un rendement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. <\/p>\n<p>L\u2019Espagne reste donc suspendue en l&rsquo;air, et avec elle la zone euro. Une affaire d&rsquo;une autre dimension que la Gr\u00e8ce et qui pourrait d\u00e9raper \u00e0 plus court terme. <\/p>\n<p>Au Royaume-Uni, George Osborne, le ministre des finances, essaye de d\u00e9bloquer le cr\u00e9dit bancaire en faveur des PME, afin que ces entreprises contribuent \u00e0 relancer la machine \u00e9conomique toujours en panne. Par del\u00e0 les communiqu\u00e9s diplomatiques de l\u2019Association des banques britanniques (BBA), qui reconna\u00eet que ses membres ont \u00ab\u00a0un r\u00f4le collectif \u00e0 jouer\u00a0\u00bb &#8211; voulant dire que chacune d\u2019entre elle ne peut \u00eatre tenue responsable de ne pas y contribuer &#8211; un groupe de travail portant sur le financement de la reprise du secteur priv\u00e9 et regroupant les patrons des six principales banques du pays m\u00e8ne une r\u00e9flexion \u00e0 ce sujet, en vue de pr\u00e9senter ses conclusions au gouvernement en octobre prochain. <\/p>\n<p>Sans surprise, mais non sans perplexit\u00e9, on apprend que la principale piste qui est propos\u00e9e, hors la relance des exportations via des m\u00e9canismes financiers de soutien \u00e0 celle-ci (\u00e0 laquelle la baisse de la livre apporte sa contribution), est la relance du march\u00e9 de la titrisation&#8230; Ce qui n\u2019est pas sp\u00e9cialement de bonne augure, \u00e9tant donn\u00e9 que la titrisation est dans l&rsquo;ensemble du monde financier occidental quasiment au point mort et que personne ne sait comment et \u00e0 quels co\u00fbts elle va pouvoir reprendre. Certainement pas de mani\u00e8re aussi flamboyante qu\u2019avant la crise, en tout cas, consid\u00e8rent les analystes qui gardent les pieds sur terre. <\/p>\n<p>George Osborne, chancelier de l\u2019\u00e9chiquier, et Mervyn King, gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre, se sont tout derni\u00e8rement \u00e9tonn\u00e9s du fait que les banques britanniques ne pr\u00eatent pas davantage aux PME, bien qu&rsquo;ayant renou\u00e9 avec les b\u00e9n\u00e9fices cette ann\u00e9e. C\u2019\u00e9tait faire peu de cas de la logique dans laquelle elles inscrivent leur activit\u00e9, avant tout pr\u00e9occup\u00e9es par le rendement de leurs propres fonds propres, ainsi que par la recherche d\u2019op\u00e9rations plus rentables et moins risqu\u00e9es sur les march\u00e9s financiers que de pr\u00eater aux PME britanniques. Elles sont donc pr\u00eates \u00e0 l&rsquo;envisager, \u00e0 condition de pouvoir se d\u00e9fausser du risque, d&rsquo;o\u00f9 leur int\u00e9r\u00eat pour la titrisation.<\/p>\n<p>Faute d\u2019une relance de cette derni\u00e8re &#8211; un march\u00e9 que les investisseurs abordent d\u00e9sormais de mani\u00e8re plus que circonspecte pour avoir \u00e9t\u00e9 durement \u00e9chaud\u00e9s, craignant d\u2019importants taux de d\u00e9faut des collat\u00e9raux en raison des perspectives \u00e9conomiques ambiantes &#8211; il est en effet peu vraisemblable que la machine \u00e0 faire de la dette puisse \u00eatre relanc\u00e9e, et avec elle l\u2019\u00e9conomie qui en est devenue totalement d\u00e9pendante par manque de fonds propres. C\u2019est sans doute le cercle vicieux le plus redoutable auquel le capitalisme financier doit faire face.<\/p>\n<p>En Allemagne, nouveau miracle encens\u00e9 par les commentateurs, le niveau des exportations a retrouv\u00e9 celui d\u2019avant la crise. Entra\u00eenant une hausse des exc\u00e9dents commerciaux et de la balance des comptes courants. Le miracle a une explication qu\u2019il faut chercher principalement en Asie, o\u00f9 la demande en machines-outils, voitures haut de gamme et produits chimiques s\u2019est brutalement r\u00e9veill\u00e9e. Le taux de croissance de l\u2019\u00e9conomie allemande s\u2019est en cons\u00e9quence \u00e9lev\u00e9 de 2,2% au second trimestre par rapport au premier. Ce qui a diminu\u00e9 le ch\u00f4mage partiel subventionn\u00e9 par l&rsquo;Etat, mais pas am\u00e9lior\u00e9 le niveau de vie individuel des Allemands, sur lequel la hausse des prix et le co\u00fbt de la sant\u00e9 p\u00e8sent.  <\/p>\n<p>Quant \u00e0 elle, la situation politique empoisonne le climat, depuis la baisse qui se poursuit de la popularit\u00e9 d\u2019Angela Merkel jusqu\u2019aux dissensions qui continuent de se faire jour au sein de la coalition au pouvoir. Elle ne cesse de perdre du terrain dans les sondages \u00e9lectoraux. Le plan d\u2019\u00e9conomies budg\u00e9taires en vigueur a \u00e9pargn\u00e9 les plus ais\u00e9s et fait peser le poids de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 sur les classes moyennes, d\u00e9j\u00e0 lourdement mises \u00e0 contribution durant ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. Paradoxalement, en raison des r\u00e9sultats \u00e9conomiques enregistr\u00e9s, la situation se tend dans le pays. <\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 que ces performances reposent, pour une part significative, sur la vente de BMW, Audi, Daimler et Mercedes haut de gamme aux client\u00e8les les plus fortun\u00e9es des pays <i>\u00e9mergents<\/i>, un march\u00e9 qui n\u2019est pas extensible \u00e0 l\u2019envi. 120.000 BMW seront cette ann\u00e9e vendues sur le march\u00e9 chinois, environ 10% de la production mondiale de la marque. <\/p>\n<p>Les milieux d&rsquo;affaire allemands expriment leur inqui\u00e9tude face \u00e0 cette nouvelle d\u00e9pendance des exportations vis \u00e0 vis de la Chine, dont la croissance tend \u00e0 se tasser. Une situation de ralentissement g\u00e9n\u00e9ral de la croissance, aux Etats-Unis et en Europe \u00e9galement, ne permettrait pas de r\u00e9p\u00e9ter les performances actuellement enregistr\u00e9es.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui procure une image saisissante de la crise actuelle, au sein de laquelle les minorit\u00e9s plus fortun\u00e9es se donnent la main sans consid\u00e9ration du statut de leur pays d\u2019appartenance, <i>d\u00e9velopp\u00e9<\/i> ou <i>\u00e9mergent<\/i>\u00a0: riches de tous les pays, unissez-vous! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>ELLE TOURNE ET ELLE RODE<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir s\u00e9vi sous sa forme aigu\u00eb en Europe &#8211; o\u00f9 une pause pr\u00e9vaut actuellement &#8211; elle menace les Etats-Unis, hier pr\u00e9sent\u00e9s comme relevant les premiers la t\u00eate et aujourd\u2019hui devanc\u00e9s d\u2019une longueur par les Europ\u00e9ens. 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