{"id":15455,"date":"2010-08-31T13:52:08","date_gmt":"2010-08-31T11:52:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=15455"},"modified":"2013-01-02T17:57:24","modified_gmt":"2013-01-02T16:57:24","slug":"lactualite-de-la-crise-les-irlandais-vont-ils-montrer-le-chemin-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/08\/31\/lactualite-de-la-crise-les-irlandais-vont-ils-montrer-le-chemin-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: les Irlandais vont-ils montrer le chemin ? par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LES IRLANDAIS VONT-ILS MONTRER LE CHEMIN ?<\/strong><\/p>\n<p>Les Etats-Unis sont sans autre perspective que d\u2019assister \u00e0 l\u2019affaiblissement de leur croissance, ce qui menace de les engager dans une claire r\u00e9cession ; le Japon est une fois de plus aux prises avec son vieux d\u00e9mon de la d\u00e9flation, lan\u00e7ant sans conviction un \u00e9ni\u00e8me plan pour en sortir ; quant \u00e0 l\u2019Europe, dont le sort semblait s\u2019am\u00e9liorer, elle va \u00e0 nouveau faire parler d\u2019elle. <\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, c\u2019est l\u2019Irlande qui devrait en \u00eatre l\u2019occasion imm\u00e9diate, la crise grecque destin\u00e9e \u00e0 m\u00fbrir plus lentement, et l\u2019espagnole restant toujours sur le fil du rasoir. Le cas irlandais &#8211; d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 en raison de l\u2019ampleur de la r\u00e9cession qu\u2019a connu le pays et de la rigueur du plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qui y a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 &#8211; est en effet \u00e0 lui tout seul un r\u00e9sum\u00e9 exemplaire des contradictions dans lesquelles se trouve la zone euro. Comme une mise \u00e0 nu des m\u00e9canismes de contagion entre dette priv\u00e9e et publique qui dominent la sc\u00e8ne europ\u00e9enne et ne sont pas pr\u00eats d\u2019\u00eatre r\u00e9solus. <\/p>\n<p>D\u2019ici \u00e0 la fin septembre, les importants besoins de refinancement des banques irlandaises vont \u00eatre le d\u00e9tonateur d\u2019un nouvel \u00e9pisode de la crise de la dette, d\u00e9voilant un cercle vicieux bien enclench\u00e9. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019agence S&#038;P diminue la note de l\u2019Irlande, abaiss\u00e9e \u00e0 <i>AA-<\/i>, en raison du poids que repr\u00e9sentent les garanties que l\u2019Etat a accord\u00e9es au syst\u00e8me bancaire, de l\u2019autre ce dernier cherche \u00e0 en obtenir le renouvellement, afin de ne pas se pr\u00e9senter seul sur le march\u00e9 et supporter des taux qui augmentent avec ceux des obligations souveraines, en raison de l&rsquo;abaissement de la note. Le cercle est boucl\u00e9.<\/p>\n<p><!--more-->Les garanties publiques actuellement en vigueur ne devraient plus \u00eatre disponibles \u00e0 la fin du mois de d\u00e9cembre prochain, et les \u00e9ch\u00e9ances de refinancement des principales banques irlandaises vont intervenir d\u00e8s ce mois de septembre. Un test attendu et redout\u00e9 pour la suite des \u00e9v\u00e9nements. Comment les banques irlandaises vont-elles se pr\u00e9senter sur <i>les march\u00e9s<\/i> et quel accueil vont-elles y recevoir ? Quels montant vont-elles essayer d\u2019y lever et \u00e0 quelle maturit\u00e9 \u00a0? Quels taux vont-elles devoir consentir \u00a0? Toutes questions auxquelles les prochaines r\u00e9ponses augureront des difficult\u00e9s qu\u2019elles doivent se pr\u00e9parer \u00e0 affronter dans un futur qui n&rsquo;est pas lointain. Et qu\u2019elles voudraient continuer d\u2019esquiver. <\/p>\n<p>Le gouvernement irlandais cherche &#8211; et le dit clairement &#8211; \u00e0 se d\u00e9gager de ce poids financier qui n\u2019est pas dans ses moyens et entra\u00eene le pays dans une spirale descendante. Les banques veulent le contraire et le font savoir. La banque centrale irlandaise joue au <i>go between<\/i> et sugg\u00e8re un renouvellement trimestriel du plan de garantie, car l\u2019effondrement des banques n\u2019est pas non plus dans les moyens de l\u2019Etat. Le d\u00e9cor du prochain acte est plant\u00e9. <\/p>\n<p>Ayant connu un d\u00e9ficit d\u00e9passant l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re les 14% de son PIB, ce dernier chutant de plus de 11% la m\u00eame ann\u00e9e, comment l\u2019Irlande pourrait-elle en effet remonter la pente, si en plus du fardeau qu\u2019elle supporte d\u00e9j\u00e0 elle devait continuer \u00e0 financer son syst\u00e8me bancaire\u00a0? M\u00eame sans celui-ci, le chemin va \u00eatre dans le meilleur des cas tr\u00e8s long \u00e0 parcourir. Le poids de la structure de d\u00e9faisance mise en place par le gouvernement &#8211; NAMA &#8211; pourrait m\u00eame s\u2019accro\u00eetre, si comme il est plus que probable de nouvelles d\u00e9pr\u00e9ciations des actifs toxiques qu\u2019elle a recueillis des banques devaient intervenir. <\/p>\n<p>Dans un \u00e9ditorial remarqu\u00e9 \u00e0 propos de l&rsquo;Irlande, le Financial Times d\u00e9clarait tout derni\u00e8rement qu\u2019il \u00e9tait temps \u00ab\u00a0d\u2019arr\u00eater la saign\u00e9e\u00bb, pr\u00e9cisant que \u00ab\u00a0la remise de ch\u00e8ques en blanc\u00a0aux banques\u00a0\u00bb devait y cesser et qu\u2019elles devaient engager un programme de conversion de leurs dettes en actions. Une d\u00e9testable issue apparaissant finalement comme un moindre mal, y compris pour les partenaires europ\u00e9ens des banques, au premier rang desquels figurent des banques britanniques. Car si un d\u00e9rapage intervenait, il ne concernerait pas seulement l\u2019Irlande, ce qui explique le ton pr\u00e9occup\u00e9 du quotidien financier.<\/p>\n<p>On peut se poser la question : si les banques irlandaises, n&rsquo;ayant pas d&rsquo;autre choix, devaient s&rsquo;engager sur cette voie, cela ne donnerait-il pas le signal \u00e0 d&rsquo;autres banques dans d&rsquo;autres pays, afin qu&rsquo;elles proc\u00e8dent de m\u00eame ? Aboutissant \u00e0 une reconfiguration du syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en, dont l&rsquo;interp\u00e9n\u00e9tration est grande ? Cela remettrait au premier plan la crise de la dette priv\u00e9e et pourrait engager le d\u00e9but du d\u00e9samor\u00e7age  de celle-ci. <\/p>\n<p>La BCE va se r\u00e9unir \u00e0 nouveau, jeudi prochain, et il en est attendu la confirmation d\u2019une nouveaut\u00e9\u00a0: la conversion sans restriction du pr\u00e9sident de la Bundesbank, Alex Weber, \u00e0 la poursuite du programme d\u2019injection des liquidit\u00e9s de la banque centrale. Les faits sont l\u00e0 et sont install\u00e9s d\u00e9sormais, le syst\u00e8me bancaire ne peut toujours pas se passer de cette attelle, qui tend \u00e0 s\u2019inscrire de mani\u00e8re permanente dans le paysage, ses maillons les plus faibles en d\u00e9pendant \u00e9troitement pour se refinancer. Confront\u00e9s \u00e0 la crise de leur propre syst\u00e8me bancaire, qu&rsquo;ils ne parviennent pas \u00e0 r\u00e9gler, les Allemands en viennent \u00e0 faire de n\u00e9cessit\u00e9 vertu.<\/p>\n<p>Une autre le\u00e7on pourrait \u00eatre tir\u00e9e par la BCE, qui se gardera bien de le faire publiquement : son programme d\u2019achat sur le march\u00e9 secondaire de la dette souveraine n\u2019est pas parvenu \u00e0 faire baisser les taux que doivent consentir les pays dans la ligne de mire des <i>march\u00e9s<\/i>, comme leurs r\u00e9centes \u00e9missions de l\u2019\u00e9t\u00e9 l&rsquo;ont montr\u00e9. <\/p>\n<p>Avant m\u00eame de s\u2019interroger sur les cons\u00e9quences \u00e0 terme de l\u2019accroissement des <i>spreads<\/i> (\u00e9carts) entre les tr\u00e8s bas taux dont b\u00e9n\u00e9ficient l\u2019Allemagne et la France &#8211; en raison du refuge relatif mais recherch\u00e9 que leurs obligations souveraines offrent &#8211; et les taux \u00e9lev\u00e9s que subit le reste de la zone euro, il faut enregistrer que la BCE est dans l\u2019imm\u00e9diat au mieux parvenue \u00e0 calmer le jeu, sans rien r\u00e9gler. Comment les pays les plus \u00e9trangl\u00e9s par leur dette vont-ils pouvoir continuer \u00e0 la refinancer, si les taux restent obstin\u00e9ment au niveau \u00e9lev\u00e9 actuel, remettant en question les efforts qu\u2019ils imposent en application de leurs restrictions budg\u00e9taires et accroissement de leur fiscalit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>La crise de la dette publique n\u2019est plus dans l\u2019imm\u00e9diat aigu\u00eb, mais elle est \u00e9galement devenue chronique, comme sa petite soeur priv\u00e9e. Dans l\u2019attente d\u2019une nouvelle \u00e9ruption qui ne manquera pas d\u2019intervenir. <\/p>\n<p>Dans l\u2019avenir, quelle politique commune \u00e0 tous les pays de la zone euro la BCE pourra-t-elle dopter en mati\u00e8re mon\u00e9taire, pour red\u00e9finir ses taux directeurs, avec une Europe \u00e9cartel\u00e9e et n\u2019ayant d\u2019autre avenir que l\u2019\u00e9clatement\u00a0?<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019exportation de l\u2019Allemagne font actuellement l\u2019objet d\u2019\u00e9valuations contradictoires. Mais il semble admis que sa croissance actuelle ne va pas se poursuivre, apr\u00e8s son red\u00e9marrage en fl\u00e8che. Les incertitudes \u00e0 ce propos ne doivent cependant pas masquer ce qui est par contre une certitude\u00a0: l\u2019\u00e9conomie allemande, en raison m\u00eame de son moteur, continue d\u2019alimenter la crise en accentuant les disparit\u00e9s au sein de la zone euro. Ce paradoxe-l\u00e0 sera-t-il finalement pris en compte, sous la pression des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir\u00a0? <\/p>\n<p>Le FMI vient de son c\u00f4t\u00e9 d\u2019anticiper, sans attendre. Il a annonc\u00e9 que sa <i>ligne de cr\u00e9dit par pr\u00e9caution<\/i> \u00e9tait d\u00e9sormais totalement d\u00e9plafonn\u00e9e. Cette facilit\u00e9, qui a encore \u00e9t\u00e9 peu utilis\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 mise en place en 2009, afin de fournir aux pays \u00ab bien g\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb  une sorte de coussin, a-t-il \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9 en choisissant le terme le moins alarmiste possible. <\/p>\n<p>Cette nouvelle disposition a toutes les apparences d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 prise en pensant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de conforter des pays devant faire face \u00e0 d\u2019importantes obligations financi\u00e8res sans qu&rsquo;ils soient dans l&rsquo;obligation d&rsquo;aller sur <i>les march\u00e9s<\/i>. Comme par exemple un nouveau sursaut pr\u00e9visible de la crise de la dette europ\u00e9enne. L&rsquo;id\u00e9e pourrait \u00eatre de sauter l&rsquo;\u00e9tape des euro obligations, injouable en raison du veto allemand, et de mutualiser des \u00e9l\u00e9ments constituants de la dette europ\u00e9enne via le FMI. <\/p>\n<p>Ce dernier continue de placer ses pions afin d\u2019occuper une position centrale quand des grandes d\u00e9cisions seront finalement in\u00e9luctables. En particulier \u00e0 propos de l\u2019\u00e9volution du syst\u00e8me mon\u00e9taire international, dont la crise actuelle du yen japonais &#8211; contrecoup de la faiblesse du dollar &#8211; illustre la criante n\u00e9cessit\u00e9. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LES IRLANDAIS VONT-ILS MONTRER LE CHEMIN ?<\/strong><\/p>\n<p>Les Etats-Unis sont sans autre perspective que d\u2019assister \u00e0 l\u2019affaiblissement de leur croissance, ce qui menace de les engager dans une claire r\u00e9cession ; le Japon est une fois de plus aux prises avec son vieux d\u00e9mon de la d\u00e9flation, lan\u00e7ant sans conviction un \u00e9ni\u00e8me plan [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[94,80,142,75,4479,31,160,451,76,243],"class_list":["post-15455","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","tag-allemagne","tag-bce","tag-dette-publique","tag-espagne","tag-europe","tag-fmi","tag-grece","tag-irlande","tag-japon","tag-zone-euro"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15455","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15455"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15455\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48052,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15455\/revisions\/48052"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15455"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15455"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15455"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}