{"id":1546,"date":"2009-01-17T20:36:07","date_gmt":"2009-01-17T19:36:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=1546"},"modified":"2009-01-17T20:36:59","modified_gmt":"2009-01-17T19:36:59","slug":"lactualite-de-la-crise-laddition-cest-pour-qui-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/01\/17\/lactualite-de-la-crise-laddition-cest-pour-qui-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : L&rsquo;addition, c&rsquo;est pour qui ? par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>L&rsquo;ADDITION, C&rsquo;EST POUR QUI ? <\/strong><\/p>\n<p>Nous arrivons \u00e0 une premi\u00e8re phase de maturation de la crise. J&#8217;emprunte \u00e0 dessein ce vocabulaire un peu ampoul\u00e9 et distanci\u00e9 au monde dans lequel je baigne d\u00e9sormais, peut-\u00eatre un peu contamin\u00e9 mais plus certainement ironique. Plusieurs tendances, d\u00e9j\u00e0 perceptibles, se r\u00e9v\u00e8lent maintenant dans toute leur ampleur. Les banques s&rsquo;engagent de mani\u00e8re acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e dans un processus de concentration aboutissant \u00e0 la naissance de \u00ab m\u00e9ga banques \u00bb au poids financier accru. Lloyds Banking Group (LBG), va ainsi \u00eatre \u00e0 Londres le fruit du mariage de raison entre Lloyds TSB et Halifax-Bank of Scotland (HBOS). De nouveaux plongeons spectaculaires interviennent sans cesse en Europe ou aux USA, assortis de leurs mesures de sauvetage d&rsquo;urgence. Apr\u00e8s HSBC, c&rsquo;est Barclays qui cristallise actuellement les craintes en Grande-Bretagne. Sa chute boursi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par l&rsquo;expiration de l&rsquo;interdiction des ventes \u00e0 d\u00e9couvert sur les valeurs financi\u00e8res, qui a pris effet ce vendredi, conform\u00e9ment \u00e0 une d\u00e9cision de la FSA (l&rsquo;autorit\u00e9 britannique des march\u00e9s).<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me bancaire, les gouvernements qui l&rsquo;assistent pays par pays, ainsi que les banques centrales, cherchent dans la panoplie disponible des solutions pour vidanger d&rsquo;un seul coup de leurs bilans de gros paquets d&rsquo;actifs douteux. La zone Euro est \u00e0 terme en danger potentiel d&rsquo;\u00e9clatement, vu le diff\u00e9rentiel grandissant entre les \u00ab spreads \u00bb des obligations des diff\u00e9rents Etats qui la composent. Des pans entiers de l&rsquo;\u00e9conomie cherchent \u00e0 se r\u00e9fugier sous l&rsquo;aile protectrice des Etats, qui commencent \u00e0 glisser vers un protectionnisme hier vilipend\u00e9. Le contre-feu allum\u00e9 en direction de l&rsquo;opinion publique, cette lutte impitoyable que m\u00e8nent les gouvernements contre les bonus, stocks options, distributions de dividende et autres parachutes dor\u00e9s, qui les scandalisent dor\u00e9navant, est attis\u00e9 par la perspective de devoir prochainement annoncer une nationalisation des pertes bancaires en bonne et due forme et \u00e0 grande \u00e9chelle. <\/p>\n<p><!--more-->Enfin, pour la sortir de l&rsquo;inattention g\u00e9n\u00e9rale dont l&rsquo;Afrique est une fois de plus victime, retenons la d\u00e9claration accabl\u00e9e faite le 16 janvier \u00e0 Johannesburg, \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une r\u00e9union du Comit\u00e9 des 10 qui regroupe les ministres des finances et gouverneurs des banques centrales africains, par le pr\u00e9sident de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, Donald Kaberuka : \u00ab Nous craignons que deux d\u00e9cennies de croissance ne soient compromises \u00bb. Le ministre sud-africain des Finances, Trevor Manuel, soulignait pour sa part que la crise avait fait s&rsquo;effondrer le cours des mati\u00e8res premi\u00e8res et que la plupart des entreprises africaines n&rsquo;avaient plus acc\u00e8s au cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>Voici donc les t\u00eates de chapitre de l&rsquo;actualit\u00e9. Sans naturellement oublier l&rsquo;orchestration qui d\u00e9bute du \u00ab New Deal \u00bb d&rsquo;Obama, second volet du TARP et plan de relance, pr\u00e8s de 1.200 milliards de dollars \u00e0 eux deux, qui t\u00e9moigne d&rsquo;une r\u00e9elle inflexion de la politique suivie jusqu&rsquo;alors, mais suscite, pour le compromis politique avec les R\u00e9publicains dont ces plans sont issus, les all\u00e9gements fiscaux, de s\u00e9v\u00e8res critiques, la derni\u00e8re notoire en date \u00e9tant celle de Joseph Stiglitz, dans le \u00ab Financial Times \u00bb. <\/p>\n<p>De nombreuses mesures, devant encore \u00eatre adopt\u00e9es par le Congr\u00e8s, commencent \u00e0 prendre tournure, avec pour objectif central de favoriser l&#8217;emploi. Programme de grands travaux, dispositions pour aider les d\u00e9penses de sant\u00e9 des plus pauvres, 47 millions d&rsquo;am\u00e9ricains vivant sans couverture maladie. D&rsquo;autres sont en faveur des \u00e9conomies d&rsquo;\u00e9nergie et de l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique du pays. Le volet fiscal controvers\u00e9 devrait, lui, consister en un abattement de 500 dollars d&rsquo;imp\u00f4t par contribuable. <\/p>\n<p>Jeudi dernier, le principal conseiller \u00e9conomique de Barack Obama, Lawrence Summers, a pr\u00e9sent\u00e9 au Congr\u00e8s les nouvelles mesures qui vont accompagner le deuxi\u00e8me volet du plan, d&rsquo;un montant de 350 milliards de dollars. Le secteur automobile pourrait b\u00e9n\u00e9ficier de ces aides publiques. 50 \u00e0 100 milliards devraient servir \u00e0 lutter contre la multiplication des saisies immobili\u00e8res. Mais les entreprises qui b\u00e9n\u00e9ficieront de ces aides devront faire approuver leur politique de r\u00e9mun\u00e9ration des dirigeants et de dividendes par les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales. D&rsquo;autres sources font \u00e9tat d&rsquo;aides aux municipalit\u00e9s et aux Etats am\u00e9ricains. Dimanche dernier, Barack Obama, avait d\u00e9clar\u00e9 que l&rsquo;argent restant devait aller en priorit\u00e9 aux m\u00e9nages et aux petites entreprises. La situation, en r\u00e9alit\u00e9, reste ouverte quant \u00e0 la destination des fonds du TARP d\u00e9bloqu\u00e9s par le S\u00e9nat. Il faudra soit faire des choix drastiques, soit obtenir de nouvelles enveloppes financi\u00e8res, d&rsquo;autres urgences criantes se profilant du c\u00f4t\u00e9 des institutions financi\u00e8res, qui sont loin d&rsquo;\u00eatre stabilis\u00e9es. C&rsquo;est un puits sans fond. <\/p>\n<p>Alors que Citigroup va tenter d&rsquo;isoler dans une filiale intitul\u00e9e Citi Holdings ses actifs douteux pour conserver les bons dans une autre, d\u00e9nomm\u00e9e Citicorp, et que Bank of America ne parvient pas \u00e0 dig\u00e9rer son acquisition de Merrill Lynch, en raison de la qualit\u00e9 des actifs de cette derni\u00e8re, les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines, de la Fed et du Tr\u00e9sor, ainsi que les conseillers du futur pr\u00e9sident, travaillent \u00ab dur \u00bb (c&rsquo;est le clich\u00e9 habituel employ\u00e9 dans les d\u00e9clarations et communiqu\u00e9s) \u00e0 un projet. Il s&rsquo;agirait de cr\u00e9er une  \u00ab bad bank \u00bb (ou \u00ab aggregator bank \u00bb, d\u00e9nomination faisant tout de m\u00eame moins voyou), qui recueillerait les actifs de mauvaise qualit\u00e9 du secteur bancaire, afin d&rsquo;arr\u00eater d&rsquo;avoir \u00e0 jouer les pompiers au coup par coup et de pouvoir faire face aux nouveaux \u00e9pisodes catastrophiques attendus. <\/p>\n<p>\u00ab Citigroup a perdu 40% en une semaine, et il y a toujours une grande part de ventes \u00e0 d\u00e9couvert dans les baisses en ce moment. On peut imaginer que ce sont des prises de b\u00e9n\u00e9fices de gens qui ont profit\u00e9 d&rsquo;une baisse importante \u00bb, a expliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AFP Gregori Volokhine, de Meeschaert New York. \u00ab Si les provisions d\u00e9pendent de pertes futures li\u00e9es au cr\u00e9dit, tout ce que nous voyons actuellement laisse pr\u00e9sager qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas de rel\u00e2chement dans les provisions pendant au moins plusieurs trimestres \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 M. Lewis, PDG de Bank of America lors d&rsquo;une conf\u00e9rence d&rsquo;analystes. Ce qui veut dire, en langage d\u00e9cod\u00e9, qu&rsquo;il envisage de d&rsquo;importantes pertes \u00e0 venir en raison de nouvelles provisions pr\u00e9visibles sur ses activit\u00e9s de pr\u00eats.<\/p>\n<p>La question qui n&rsquo;est pas encore publiquement \u00e9voqu\u00e9e, tellement l&rsquo;addition qu&rsquo;elle impliquera est vertigineuse, est toujours de savoir comment diff\u00e9rencier les bons actifs des mauvais. Pas seulement dans le moment, mais en perspective de la suite des \u00e9v\u00e8nements. Il faudra, de toute \u00e9vidence, tailler large ou alors s&rsquo;y reprendre \u00e0 plusieurs fois.  Une alternative \u00e0 cette cr\u00e9ation de structure de d\u00e9faisance serait de garantir les actifs qui resteraient inscrits dans les livres de compte des banques. On parle aussi d&rsquo;injecter du capital dans les banques. Toutes les options sont \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude, y compris des combinaisons d&rsquo;entre elles, et les sp\u00e9culations se multiplient dans les m\u00e9dias, alors que tout le monde y va de son avis. <\/p>\n<p>Une fois ce d\u00e9bat tranch\u00e9, la voie serait ouverte pour que puissent \u00e0 nouveau \u00ab \u00eatre achet\u00e9es les actions posant probl\u00e8me et recapitalis\u00e9es les banques \u00bb a estim\u00e9 un analyste cit\u00e9 par Bloomberg, qui ne pr\u00e9cise pas par qui. \u00ab Le cr\u00e9dit ne va pas r\u00e9appara\u00eetre tant que les portefeuilles des banques n&rsquo;auront pas \u00e9t\u00e9 nettoy\u00e9s et que les valeurs des collat\u00e9raux n&rsquo;auront pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9tablis \u00bb a-t-il ajout\u00e9, en veine de franchise. D&rsquo;apr\u00e8s Lawrence Summers, principal conseiller \u00e9conomique du pr\u00e9sident \u00e9lu, celui-ci n&rsquo;entend donc pas poursuivre la politique d&rsquo;actions au coup par coup men\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant par le Tr\u00e9sor et la Fed. \u00ab On doit absolument faire quelque chose de d\u00e9terminant \u00bb a d\u00e9clar\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 Kenneth Rogoff, l&rsquo;un des membres du groupe de conseillers du pr\u00e9sident \u00e9lu, professeur \u00e0 Harvard et ancien chef \u00e9conomiste du FMI, . <\/p>\n<p>En Grande-Bretagne, un nouveau plan de soutien aux banques devrait \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 la semaine prochaine par le chancelier de l&rsquo;Echiquier, Alistair Darling, selon des sources en provenance du Tr\u00e9sor britannique cit\u00e9es par Reuters.<\/p>\n<p>Ce plan pourrait inclure des nouvelles mesures destin\u00e9es \u00e0 restaurer la confiance des march\u00e9s envers les banques, afin de faciliter leur financement. Mais, selon un analyste de Fox-Pitt Kelton, interrog\u00e9 \u00e9galement par Reuters, il n&rsquo;inclura pas \u00e0 nouveau des injections de fonds propres. Le but du gouvernement serait de faciliter les pr\u00eats aux m\u00e9nages et aux entreprises. En particulier en octroyant des garanties publiques sur des titres financiers adoss\u00e9s \u00e0 des cr\u00e9dits immobiliers. <\/p>\n<p>Le \u00ab Times \u00bb et le \u00ab Daily Telegraph \u00bb ont pour leur part d\u00e9voil\u00e9 vendredi que le gouvernement britannique \u00e9tudiait la mise sur pied d&rsquo;une \u00ab bad bank \u00bb qui recueillerait les actifs pourris. <\/p>\n<p>En France, le gouvernement serait quant \u00e0 lui, dans l&rsquo;imm\u00e9diat, pr\u00eat comme d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 \u00e0 apporter une nouvelle aide de 10,5 milliards d&rsquo;euros aux banques fran\u00e7aises. Mais, cette fois, il n&rsquo;exclurait plus d&rsquo;entrer directement au capital en souscrivant des actions sans droit de vote. A noter, par ailleurs, que l&rsquo;agence de notation financi\u00e8re Moody&rsquo;s a annonc\u00e9 vendredi dans un communiqu\u00e9 avoir abaiss\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0n\u00e9gative\u00a0\u00bb, contre \u00ab\u00a0stable\u00a0\u00bb auparavant, la perspective attach\u00e9e \u00e0 la dette senior de BNP Paribas (Aa1), pr\u00e9sent\u00e9e comme un roc in\u00e9branlable il y a encore peu de temps. <\/p>\n<p>Impossible de ne pas faire mention, sur un sujet connexe et toujours en France et dans le cadre du d\u00e9bat qui enfle sur les bonus et les distributions de dividendes, de la conf\u00e9rence de presse de Georges Pauget, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration bancaire fran\u00e7aise (FBF) : \u00ab Les dividendes rel\u00e8vent de la comp\u00e9tence exclusive du conseil d&rsquo;administration et des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales. Certes, personne ne vit en-dehors de son contexte, mais notre droit pr\u00e9voit cela \u00bb a-t-il d\u00e9clar\u00e9. Nicolas Sarkozy ayant demand\u00e9 jeudi aux banques, \u00e0 qui l&rsquo;Etat a d\u00e9j\u00e0 accord\u00e9 un pr\u00eat de 10,5 milliards d&rsquo;euros, de prendre des engagements \u00ab sur les dividendes \u00e0 verser, sur la r\u00e9mun\u00e9ration des dirigeants et sur les bonus \u00bb. \u00ab Ce sont les conseils d&rsquo;administration, le moment venu, qui d\u00e9finiront leur position \u00bb a r\u00e9pliqu\u00e9 Georges Pauget. Il a \u00e9galement, lors de la m\u00eame conf\u00e9rence de presse, rejet\u00e9 l&rsquo;accusation selon laquelle les banques auraient  \u00ab coup\u00e9 \u00bb le cr\u00e9dit en utilisant un argument d\u00e9cisif : \u00ab La r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est que la demande de cr\u00e9dit est en baisse et il faut qu&rsquo;on cesse de rendre les banques responsables de cette baisse \u00bb, s&rsquo;est-il emport\u00e9. <\/p>\n<p>Le d\u00e9bat n&rsquo;en restera pas l\u00e0 de toute \u00e9vidence, il est en train de s&rsquo;\u00e9tendre au monde de l&rsquo;entreprise. La pr\u00e9sidente de l&rsquo;Association de d\u00e9fense des actionnaires minoritaires (Adam), Colette Neuville, a critiqu\u00e9 samedi le salaire du PDG de l&rsquo;\u00e9quipementier automobile en difficult\u00e9 Valeo, Thierry Morin, estimant que le groupe ne respectait pas les recommandations du Medef en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Prenons aussi le temps encore de graver au fronton des meilleures d\u00e9claration du jour, par analogie avec le dipl\u00f4me du meilleur employ\u00e9 du mois si cher aux entreprises am\u00e9ricaines, celle d&rsquo;Ernest-Antoine Selli\u00e8res, dont on esp\u00e8re qu&rsquo;elle conna\u00eetra le m\u00eame sort sur ce blog que celle de Michel Cicurel, Pr\u00e9sident de la compagnie financi\u00e8re Edmond de Rotschild (o\u00f9 il \u00e9tait question d&rsquo;une arme de premi\u00e8re cat\u00e9gorie) : \u00ab le d\u00e9bat politique \u00bb (lire public, dois-je rajouter) engag\u00e9 en France sur la question du versement ou non de dividendes aux actionnaires \u00ab n&rsquo;est pas tr\u00e8s opportun \u00bb a-t-il d\u00e9clar\u00e9 dans une interview donn\u00e9e \u00e0 \u00ab La Tribune \u00bb de samedi. Il a poursuivi : \u00ab Il revient aux actionnaires de d\u00e9cider si la situation de l&rsquo;entreprise commande, ou pas, le versement d&rsquo;un dividende \u00bb. <\/p>\n<p>Pr\u00eatant moins \u00e0 l&rsquo;indignation, pour ceux qui en ont encore en r\u00e9serve, la nouvelle la plus pertinente du jour aura sans doute \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par \u00ab Der Spiegel \u00bb. Elle tourne encore autour des \u00ab bad banks \u00bb, un sujet qui sollicite d\u00e9cid\u00e9ment beaucoup l&rsquo;attention. Des d\u00e9pr\u00e9ciations d&rsquo;actifs colossales seraient \u00e0 craindre de la part des banques allemandes, car elles n&rsquo;auraient pour l&rsquo;instant d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 qu&rsquo;un quart de leurs actifs toxiques en \u00e9voquant la perspective de pertes \u00e0 venir en milliards. L&rsquo;hebdomadaire cite une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s de vingt instituts bancaires par la Bundesbank, la banque centrale Allemande, et l&rsquo;autorit\u00e9 allemande des march\u00e9s financiers (Bafin), selon laquelle les banques allemandes poss\u00e8dent au total 300 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;actifs toxiques et n&rsquo;ont pour l&rsquo;instant d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 que les plus \u00ab pourris \u00bb, soit \u00e0 peine un quart de la somme. \u00ab Le reste est encore inscrit dans les comptes \u00e0 des valeurs illusoires \u00bb, affirme le journal.<\/p>\n<p>Les experts \u00e9conomiques du gouvernement estimeraient in\u00e9vitables des d\u00e9pr\u00e9ciations consid\u00e9rables, \u00ab qui devraient entra\u00eener de nouvelles pertes tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es pour les banques \u00bb. Le minist\u00e8re des Finances a pour sa part \u00e9valu\u00e9 \u00e0 1.000 milliards d&rsquo;euros l&rsquo;ensemble du volume des actifs \u00e0 risque du secteur bancaire allemand. Vu l&rsquo;addition, le ministre des Finances Peer Steinbr\u00fcck juge irresponsable la cr\u00e9ation d&rsquo;une \u00ab\u00a0Bad Bank\u00a0\u00bb qui se chargerait des actifs douteux des banques. \u00ab Dans le pire des cas, cela conduirait \u00e0 plus que doubler la dette f\u00e9d\u00e9rale \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 au journal l&rsquo;un de ses collaborateurs. <\/p>\n<p>O\u00f9 allons-nous, selon toute probabilit\u00e9, sur ces questions de financement et sur la cr\u00e9ation mon\u00e9taire intensive qui en d\u00e9coulera obligatoirement ? Willem Buiter, professeur \u00e0 la London School of Economics, ancien membre du Comit\u00e9 mon\u00e9taire de la Banque centrale britannique, fait autorit\u00e9 sur les questions mon\u00e9taires et vient de publier un article retentissant dans le \u00ab Financial Times \u00bb. En voici le substrat. Les politiques de mon\u00e9tisation de la dette, publique comme priv\u00e9e, qui consistent pour les banques centrales \u00e0 racheter ou prendre en pension des obligations, vont n\u00e9cessairement se d\u00e9velopper. Mais la BCE n&rsquo;\u00e9tant pas adoss\u00e9 aux recettes fiscales d&rsquo;un pays, comme ses homologues, se trouve devant un probl\u00e8me. La d\u00e9faillance d&rsquo;un d\u00e9biteur priv\u00e9, ou bien la n\u00e9cessit\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une d\u00e9pr\u00e9ciation des titres de ceux-ci, qu&rsquo;elle d\u00e9tient en pension, pourrait n\u00e9cessiter une recapitalisation que ses statuts n&rsquo;envisagent pas. Willem Buiter propose donc la cr\u00e9ation d&rsquo;un fonds europ\u00e9en pour y suppl\u00e9er, qui devrait, selon lui, \u00eatre dot\u00e9 de 3.000 milliards de dollars. <\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;issue magique, les banques se d\u00e9faussent sur les banques centrales ou bien sur les Etats, donc les contribuables. Il faudra toujours \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre r\u00e9gler l&rsquo;addition. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>L&rsquo;ADDITION, C&rsquo;EST POUR QUI ? <\/strong><\/p>\n<p>Nous arrivons \u00e0 une premi\u00e8re phase de maturation de la crise. J&#8217;emprunte \u00e0 dessein ce vocabulaire un peu ampoul\u00e9 et distanci\u00e9 au monde dans lequel je baigne d\u00e9sormais, peut-\u00eatre un peu contamin\u00e9 mais plus certainement ironique. Plusieurs tendances, d\u00e9j\u00e0 perceptibles, se r\u00e9v\u00e8lent maintenant dans toute leur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,18,17],"tags":[],"class_list":["post-1546","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1546","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1546"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1546\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1549,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1546\/revisions\/1549"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1546"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1546"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1546"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}